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mercredi 9 décembre 2020

EM. Facebook soutient le Maroc dans sa guerre contre les Sahraouis ?

Alors que le Maroc ne communique pas sur ses engagements militaires dans le conflit armé qui a repris entre son armée et l’Armée de Libération Sahraouie, ses agents cibles les moyens de communication des Sahraouis, et notamment des journalistes indépendants.

Les réseaux dits sociaux sont un des rares moyens pour les Sahraouis de se rassembler virtuellement, s’organiser et s’exprimer.

Depuis le 13 novembre, date de la reprise des combats au Sahara Occidental, les comptes de plusieurs Sahraouis, dans les territoires occupés, dans les campements de réfugiés ou ailleurs en exil, ont été ou sont temporairement - et pour des durées variables – inaccessibles ou restreints.

Dans le territoire occupé militairement par le Maroc, les bloggeurs et militants suivants ont connu des restriction ou interdiction d’utilisation de leurs comptes facebook.

El Mammia Habibi, une étudiante bloggeuse, vivant a Boujdour occupé, a été empêchée d’activité sur son compte Facebook pendant un mois suite à des « signalements ». Elle est pourtant convaincue de respecter les règles de vocabulaire et messages de ses publications. Cependant le contenu de ses informations reflète la réalité, c’est-à-dire la reprise de la guerre à cause du pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc, avec au moins la collaboration l’Europe, la Russie, la Nouvelle-zélande, l’Inde, la Chine, la Turquie…

Moulay Lehssan Douihi vit à El Aaiun occupée, il est un des blogueurs sahraouis les plus influents sur les réseaux sociaux. Il a été menacé à plusieurs reprises par messages, mais il a continué de s’exprimer sur les réseaux sociaux et de diffuser des informations sur l'évolution des opérations militaires mené par le front Polisario depuis le 13 novembre 2020.
« J’ai publié de façon respectueuse et pacifique. Mais ça ne plait pas les services marocains qui ne veulent pas que les marocains trouvent des informations sur la guerre. Ils m’ont signalé et je ne peux plus accéder à mon compte. La punition de Facebook fonde sur des fausses déclarations. Pendant 7 jours je ne pourrai pas publier ou diffuser des infos. »

Babouzayed Mohamed Said, Président de l’association sahraouie Codesa, de El Aaiun occupée a lui aussi était interdit d’activité sur son compte pendant une semaine.

Baih Jamaa est bloggeur et activiste des droits de l’homme. Il habite à El Aaiun et a été de même empêché d’activité sur son compte facebook pendant une semaine.

Isalmou Etaoubali est lui aussi bloggeur de El Aaiun et il a partagé des informations sur la guerre et les restrictions de circulation, les oppressions et surveillances imposées aux civils sahraouis depuis le 13 novembre. Il a été « signalé » et a aussi été empêché de toute publication pendant une semaine.

Les Sahraouis militants qui relaient ou écrivent des informations sont aussi visés dans le monde entier.

Said Zeroual, rédacteur en chef au site web futurosaharaui.net est interdit de publier des vidéos en direct pendant un mois sur son compte Facebook. Les publications écrites ont été bloquées pour 24 heures. Il est actif depuis la Suède.

Mohamed Limam Dih, membre d’Équipe Média, agence sahraouie de presse indépendante du territoire occupé, et vivant en Espagne, a été sporadiquement empêché de publier sur son compte Facebook. Puis il lui a été impossible d’accéder à son compte pour 24 heures.

L’administration de Facebook a justifié cette interdiction d’expression par un manquement au respect de leur charte. Néanmoins les informations publiées ne concernent que la cause sahraouie, des échanges sur le conflit et sa qualification par l’ONU d’affaire de décolonisation, comme avant la reprise de la guerre. Il est très probable que les « signalements » ayant entraîné les restrictions soient l’œuvre des services marocains, du fait que certaines vidéos dépassent le million de vue.

Bachir Mohamed El Hassan, rédacteur en chef du journalespanaenarabe.com, spécialisé sur l’immigration et le terrorisme a lui aussi été interdit de publier des vidéos en direct pendant un mois. Les supposés services marocains ont particulièrement signalé ses remarques sur la guerre et son avis du silence du Maroc sur les pertes et dégâts matériels et humains de son armée. Il vit en Espagne.

Zaini Talb, bloggeur sahraoui vivant au Canada et El Ghouth Said journaliste des camps de réfugiés pour l’Agence Sahraouie de presse n’ont pu accéder à leur comptes Facebook pendant 48 heures suites à leur publication des déclarations militaires de l ALS.

Ali Bouya Ettafah Moussa est activiste bloggeur, il vit en Espagne. Son compte Facebook a beaucoup de fans. Il donne des informations sur la guerre du mur et le silence des médias marocains. « Les réseaux sociaux sont les véritables outils qui peuvent lever toute ambiguïté sur ce qui se passe au Sahara Occidental. Je poste régulièrement les déclarations de ALPS ainsi des informations et interviews avec des combattants sahraouis. Mon but est d’arrêter la propagande marocaine et sa tromperie constantes. » Son compte a été suspendu pour 7 jours.

Quand le silence marocain, sa capacité à étouffer et nier la réalité du conflit, du droit international et de la guerre sont appuyés par les systèmes de communication dit libres entre les humains, alors il y a fort à soupçonner que ces moyens ne sont pas aussi indépendants ni gratuits et libres qu’ils l’affirment. Il semble qu’il soit possible de mettre le prix pour leur complicité au silence et à l’injustice.

Équipe Média, le 9 décembre 2020
El Aaiun, Sahara Occidental occupé

mercredi 2 décembre 2020

EM. Malgré la guerre, les exportations de farine et huile de poissons continuent

Alors que la guerre d'indépendance a repris le 13 novembre au Sahara Occidental entre le Maroc et l'Armée de libération sahraouie, deux navires viennent de quitter le port de El Aaiun après avoir chargé des produits transformés de poissons pêchés dans les eaux sahraouies sans le consentement du peuple sahraoui.

Le bateau Oramalia, immatriculation 9392640, pavillon Gibraltar, qui peut transporter 6 863 tonnes de marchandises, a chargé de l'huile de poisson. Il est parti ce 1er décembre pour Tan-Tan au Maroc où il va charger aussi.
Ces huiles sont probablement à destination de la Hollande ou d'un autre port d'Europe.

Le bateau Ekmen Trans, immatriculation 9204348, pavillon Panama, qui peut transporter 6 687 tonnes de marchandises, a chargé de la farine de poissons.
La cargaison est probablement à destination de Gulluk en Turquie, comme celle d'environ moins 5 500 tonnes, chargée à bord du bateau le Tango Sol (OMI 915901, pavillon Iles Cook), qui est parti de El Aaiun le 26 novembre, soit il y a 5 jours, pour la même destination.

Les cargaisons sont chargées depuis des camions arrivant au moins depuis les usines de transformation de El Marsa, zone industrielle située juste à côté du port de El Aaiun.

Équipe Média a fait une évaluation prudente de la valeur des cargaisons potentiellement chargées, sur la base des prix mondiaux.

La valeur de la quantité de farine de poisson des deux navires concernés par le pillage depuis la reprise de la guerre, Ekmen Trans et Tango Sol, est d'environ 12 millions d'euros.
Le prix de la tonne est actuellement estimé a 1 200 euros, selon Index Mundi.

Le précédent navire parti avec une cargaison illégale de farine de poisson, le Princess Nabiha (OMI 9144457, pavillon panama) avait quitté le port de Elaaiun 3 jours avant la reprise de la guerre, le 10 novembre, avec environ 5 000 tonnes de farine de poisson, de même pour la Turquie.

La valeur de la cargaison d'huile de poisson partie à bord de l’Oramalia est de 3, 6 millions d'euros (3 600 000), si la quantité chargée est de 3 000 tonnes, et le prix de la tonne à 1 200 euros (données Statista 2019).

Une grande quantité de poissons est nécessaire à la transformation en farines et huiles, qui sont toutes exportées du Sahara Occidental vers l’Europe ou la Turquie. Les prises sont sans commune mesure avec les besoins de la population vivant sur le territoire occupé, les Sahraouis, les colons marocains, les immigrants africains.

La pêche industrielle et intensive pratiquée abusivement par le Maroc et ses partenaires dans les eaux sahraouies ne respecte absolument pas le rythme des poissons, ni l’écosystème marin.

Cette pêche est d’autre part totalement illégale, de même que la vente des produits transformés, puisqu’il est interdit d'acheter les produits sahraouis obtenus sans le consentement du Polisario, représentant du peuple légitime du Sahara Occidental.

Équipe Média, El Aaiun, le 1er décembre 2020
Sahara Occidental occupé

lundi 23 novembre 2020

Actions militaires de l’armée sahraouie - Bulletin 1 à 10 - Extraits

Actions militaires de l’armée de libération sahraouie
Extraits

Déclaration militaire 10
Samedi 21 novembre 2020, cible des positions retranchées des forces marocaines dans la zone de Fudra Al’ach dans le secteur de Hawza
Dans l'extrême sud, bombardement des positions marocaines dans la zone d'Athaim Um Ajloud dans le secteur d'Aousserd.

Dimanche 22 novembre, violents bombardements sur les tranchées marocaines stationnées dans le secteur d’Es-Smara.
Des bombardements directs ont visé les soldats marocains dans la vallée de Rouss, Oudeyat Ghalia, dans le secteur d'Amgala.
Bombardements d'un centre marocain dans la zone Athaim Um Ajloud dans le secteur Aousserd, à nouveau.

Déclaration militaire 09
Samedi 21 novembre des unités de l'ALPS ont attaqué contre les bases marocaines dans le secteur d'Amgala, la zone d'Aghzalat-Lakhcheibi dans le secteur de Smara, la zone de Fadrat-Bruk dans le secteur de Hawza, et la zone de Fadrat-Lamras dans le même secteur.

Déclaration militaire 08
Attaques jeudi 19 novembre des positions marocaines dans les zones : Alfayine dans le secteur Farsia, Umdegan dans le secteur Bagari, Rus-Sabti dans le secteur Mahbas, Shaidmia et Umlagta dans le secteur Mahbas et Glaibat-Alagaya dans le secteur Aousserd.

Vendredi 20 novembre, attaques contre les zones de Rus-Audei-Umrukba dans le secteur de Mahbas, et de Rus-Fadrat-Tamat dans le secteur de Hawza.

Déclaration militaire 07
Nuit de mercredi 18 à jeudi 19 novembre 2020
Bombardement des forces marocaines dans le secteur d'Oum Dreyga
Opérations de bombardement concentrées sur plusieurs sites de retranchement des forces d'occupation marocaines dans les secteurs Amgala, Haouza, Farsia et (Oum Dreyga deux fois violemment)

Déclaration militaire 06
Mardi et mercredi 17 et 18 novembre 2020,
Attaques intenses derrière le mur
Plusieurs opérations de bombardement concentré sur les sites marocains du secteur de Farsia et d’Amgala.
Autres bombardements des sites marocains du secteur de Smara et El Baggari.

Déclaration militaire 05
À l’aube du 17 novembre 2020
Attaque contre le point d’alerte/sonnette 51 - légion 29 secteur Amgala
Sonnette 71 dans le secteur de Haouza, la base n°4 du secteur Amgala,
Bombardement de la base n°20 près d’El Rous Essabti et du point d’alerte/sonnette191 du secteur de Farsia, ciblé deux fois
Bombardement de la base n°12 du bataillon 47 dans le secteur Oum Dreyga et la base n°4 du bataillon 63 dans le secteur Baggari

Déclaration militaire 04
Le 16 novembre 2020
Les frappes sur le point d’alerte 71 dans le secteur Haouza, la base n°4 du secteur Amgala durant une heure (de 8h30 à 9h30).
Bombardements :
- de la base n°20 près d’El Rous Essabtti a 12h00
- du point d’alerte 191 du secteur de Farsia, ciblé deux fois a 10h50 et 14h30
- de la base n°12 du bataillon 47 dans le secteur Oum Dreyga à 11h50
- de la base n°4 du bataillon 63 dans le secteur El Baggari a 14h15.

Déclaration militaire 03
Le 15 novembre 2020
Survols aériens marocains et réponses aux attaques
Les bombardements de l'armée de libération ont ciblé plusieurs centres marocains,
- les bases 17 et 18 à El Farsia
- la base 13 relevant du régiment 67 à El Baggari
- la base 04 du régiment 64 dans la région de Diret,
- le point d'observation/sonnette 71 de la base n°7 entre Laariche et Fedret Laghrab à Haouza.

Bombardement de la base 13 à Glaib diret a Hauza
Bombardement de la base 25 relevant du régiment 40 dans la région Oum Lagta
On a vu des flammes dans cette base lors du bombardement
La base 20 du bataillon d’infanterie 68 dans la région d’Adhaim Ajloud.

Déclaration militaire 02
Le 14 novembre 2020
Bombardement de la base 13 régiment 67 du secteur El Baggari hier près de la région Tinligue .
Les secteurs El Mahbes et El Gargarat des attaques missiles et mitrailleuse.

Déclaration militaire 01
Vendredi 13 novembre 2020
Attaques intensives contre les positions marocaines de Mahbes, Haouza, Aousserd et Farsia
A El Mahbes bombardement successif de la base 23
Haouza, bombardement similaire particulièrement sur la base n°4 et la sonnette 71
Aousserd des attaques sur les bases 17 et 172
Farsia, attaque des bases 18 et 17 à 16h00 et 17h00 à la mitrailleuse.
Constat de panique chez les militaires marocains.


Traduction EM-Apso, non officielle

samedi 10 octobre 2020

EM. Les associations sahraouies sont en pleine activité en territoire occupé

Dimanche 20 septembre, des militants sahraouis des droits de l’homme ont fondé l’Instance Sahraouie Contre l’Occupation Marocaine, l'ISACOM. Le but de cette association est de défendre les droits du peuple sahraoui à la liberté, à l'indépendance et à la dignité, par des moyens légitimes pacifiques, contre la colonisation militaire marocaine de son pays. 

Les 33 fondateurs sont des défenseurs des droits de l’homme, des syndicalistes, rescapés de prisons secrètes et ex-prisonniers politiques, et parmi eux des militants connus au niveau international. L'assemblée a élu un bureau exécutif, composé de Aminatou Haidar - sa présidente -, El GhaliaDjimi, Mina Baal, Lehsan Dalil, Ahmed Naciri, Abderahmane Zayou, et Mohamed El Moutawakil.

Immédiatement, le Maroc a déployé intimidations et menaces contre les citoyens militants de l'organisation. Une enquête judiciaire est ouverte pour "atteinte à l'intégrité territoriale". L'intégrité territoriale au sens du régime marocain signifie qu'une entité existe entre les deux pays Maroc et Sahara Occidental. Néanmoins, le régime marocain est le seul au monde à soutenir son propre acte militaire d'occupation d'une partie du Sahara Occidental. Pour rappel, la cour de justice de l'Union Européenne a rappelé à plusieurs reprises les dernières années que les deux pays sont séparés et distincts, en cohérence avec le droit international. 

À la même période, le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme, CODESA, a tenu une réunion suite au départ d'Aminatou Haidar de sa présidence, a réorganisé son fonctionnement et émis plusieurs communiqués de presse et rapports d'actualité de la situation des droits de l'homme au Sahara Occidental occupé. 

EM a récemment interrogé les organisations sur le point précis des ressources naturelles du pays. Madame Oum El Moumnin Yaya, membre du bureau exécutif du CODESA a dénoncé l'exploitation excessive et non raisonnée des ressources halieutiques, pêche et fonds marins, et des ressources minérales - phosphate - du territoire par le Maroc. 

Selon elle ce pillage compromet l'avenir du pays pour les Sahraouis, par l'épuisement des ressources mais aussi par son saccage de la nature et de l'environnement. Selon elle "c'est d'autant plus déplorable que les entreprises étrangères concernées sont engagées de façon agressive dans l'exploitation et le pillage effrénés des ressources naturelles de notre peuple sans nous avoir consulté, ni avoir reçu notre consentement." 

"Bien évidemment nous sommes opposés à la sur-pêche des stocks de poissons de la mer de notre pays, par les centaines de navires marocains, européens, turcs, chinois, japonais, et russes, qui entraîne leurs épuisements." 

À propos des énergies renouvelables solaires ou éoliennes, Madame Oum El Moumnin Yaya à souligné que leur "intérêt écologique‫ ‬est confronté au paradoxe de leur soutien à l'occupation marocaine et à l'injustice envers le peuple sahraoui. Une production écologique ne peut pas être complice d’une occupation militaire et violente. Les actions de sociétés comme l’Allemand Siemens, l’Italien Enel et d'autres entreprises européennes sont illégales, et violent nos droits fondamentaux sur notre avenir et notre terre". 

La recrudescence des pressions des autorités sécuritaires marocaines, sur les militants des droits de l'homme et journalistes sahraouis, si elle réussit à faire perdre du temps à chacun, semble ne pas avoir d'effet sur l'énergie déployée à l’information et à la défense de leurs droits légitimes par les citoyens sahraouis. 

 Équipe Média, El Aaiun - Sahara Occidental occupé, le 8 octobre 2020

mardi 22 janvier 2019

EM. Pas d’innovation au Sahara Occidental occupé, interdictions et répressions

Parmi les déplorables poncifs d'une colonisation militaire, soit les multiples contraintes, interdictions, entraves, privations, discriminations, répressions sur la population autochtone, le Maroc ne fait preuve d'aucune originalité dans la partie du Sahara Occidental qu'il occupe illégalement par la force armée.

S'il est besoin de redire que les citoyens Sahraouis n'y sont pas libres de circuler, ou de parler, alors les faits récents sont à relater.

Un groupe de 13 civils sahraouis avisés a effectué une visite dans les campements de réfugiés sahraouis en terre algérienne, et dans le territoire libéré du Sahara Occidental géré par la République Sahraouie en exil. Leurs activités du 30 décembre au 13 janvier 2019 étaient privées et citoyennes, rencontres familiales, échanges et réflexions politiques.

De retour au Sahara Occidental, de la volonté de partager, ils ont fait le projet d'aller ensemble à Smara, Bougdour et Tantan pour rencontrer des groupes de Sahraouis intéressés. Insultés à la descente de l'avion, - et même frappé pour le coordinateur d'EM -, le groupe a ensuite rencontré des barrages policiers et militaires sur chacune de leurs routes.

À chaque fois les forces d'occupation, cocktail de militaires, policiers et agents du renseignement, les ont obligé à faire demi tour, parfois à quelques kilomètres de leur destination.
Aux commandes pour empêcher les 13 civils pacifiques d'aller à Smara, le préfet Hassan Abou Dahab et le Pacha, escortés de 30 véhicules de police, force auxiliaires et les forces paramilitaire.
Sur la route de Bougdour, 150km au sud de El Aaiun, au poste de contrôle «  Agtti El Ghazi » : 5 camions de gendarmerie et deux des forces auxiliaires. Les habitants de Bougdour qui ont voulu faire le trajet inverse pour rencontrer leurs amis n’ont pas pu passer non plus.
Au poste contrôle direction Tantan, 30 véhicules de police, force auxiliaires et les forces paramilitaires.

Certains que la Minurso, instance onusienne sur place chargée de défendre au moins le droit de vote référendaire des Sahraouis, devait être informée avant que la rumeur ne déforme les faits, le groupe a décidé de rencontrer son chef Colin Stewart, et  a butté à nouveau sur un important groupe policier et paramilitaire. Personne n’a pu passer la porte.
Un policier marocain a commenté que la nation sahraouie n'arriverait jamais à rien avec une femme comme cheffe, en voyant la militante Aminatou Haidar mener la délégation. Il n'a pas voulu donner son nom aux journalistes de la délégation.

Les Sahraouis ne peuvent pas non plus librement protester en manifestant collectivement contre les multiples irrespects de leurs droits fondamentaux, quelques soient les formes administratives qu'ils aient respectées.

Ces mêmes jours du 15 au 18 janvier 2019, des Sahraouis ont tenté de protester à Smara contre la décision des députés européens d'adopter un accord commercial avec le Maroc qui inclut le Sahara Occidental, d’autres à Dakhla contre les discriminations constantes à leur égard et le pillage des ressources de leur terre occupée. Tentations réprimées…

Hélas, rien ne change au Sahara Occidental occupé.


Équipe Média, El Aaiun, le 21 janvier 2019
Sahara Occidental occupé

samedi 20 octobre 2018

Consignes aux douanes UE après le jugement de la Cour Européenne de 2016

Note d'orientation aux autorités douanières suite au jugement le 21 décembre 2016 de la Cour de Justice de l'Union Européenne - affaire C-104/16P (Sahara Occidental)

Original en anglais à télécharger ici (ou voir dessous) https://ec.europa.eu/taxation_customs/sites/taxation/files/guidance-2017-03-15.pdf
Traduction en français par Apso

Implications douanières du jugement de la CJUE dans l'affaire C-104/16P (Sahara Occidental)

Le 21 décembre 2016, la Cour Européenne de justice (CJUE) a déclaré que le champ d'application territorial de l'accord d'association UE-Maroc (et les protocoles y annexés) ne couvre pas le Sahara Occidental
(WS).
La Commission a informé les États membres de cet arrêt de la CJUE par le biais du Groupe d'experts de la Commission (GEC - Questions douanières internationales et GEC - Origine).
Des orientations pratiques à l'intention des autorités douanières des États membres sur les conséquences de la décision de la CJCE concernant l’importation de biens en provenance de WS sont nécessaires. Les conseils doivent être basés sur la législation et la jurisprudence européennes pertinentes.

Principes généraux :

• Les orientations s’appliquent aux marchandises importées dans l’Union européenne à compter du 22 décembre 2016.
Les biens importés dans l'UE avant le 22 décembre 2016 ne sont pas inclus.
• Les marchandises importées dans l’Union Européenne, dont l’origine est Sahara Occidental, doivent être déclarées comme telles (le code approprié qui doit figuré sur la déclaration en douane est EH) ; les préférences tarifaires ne peuvent être revendiquées dans la déclaration en douane et ne sont pas accordés : les taux de le nation la plus favorisée (NPF) s’appliquent.
• Le titre VI du protocole n ° 4 de l'accord d'association est applicable en cas de doute raisonnable concernant l’origine des marchandises couvertes par une preuve d’origine préférentielle.

Coopération administrative dans le cadre de l'accord d'association :
L'article 32, paragraphe 2, du protocole n°4 stipule que, pour garantir la bonne application du protocole, l'UE et le Maroc se prêtent assistance, par l'intermédiaire des autorités douanières compétentes.
En cas de doute raisonnable sur l'authenticité des preuves de l'origine et sur l'exactitude des informations fournies dans ces documents, les autorités douanières de l'État membre d'importation adressent une demande de vérification aux autorités marocaines compétentes.
Dans le contexte de la décision de la CJUE, la demande de vérification doit spécifier que l'autorité requérante souhaite obtenir une réponse sur le lieu de production / de fabrication précis des produits couverts par la preuve d'origine. Tous les documents et informations obtenus suggérant que les informations fournies sur la preuve d'origine sont incorrectes sont transmis à l'appui de la demande de vérification.

L'autorité douanière de l'État membre importateur refuse le traitement tarifaire préférentiel dans les cas suivants :
• La réponse confirme que les produits ne relèvent pas du champ d'application territorial de l'accord d'association UE-Maroc ;
• la réponse ne contient pas les informations demandées ;
Aucune réponse n’est reçue dans le délai imparti (soit 10 mois).
Le traitement préférentiel ne doit pas être refusé sans invoquer le titre VI du protocole n ° 4 de l'accord d'association (c'est-à-dire sans demander de vérification).


Texte original en anglais
Customs implications of ECJ judgement in case C-104/16P (Western Sahara)
On 21 December 2016, the European Court of Justice (ECJ) ruled that the territorial scope of the EU-Morocco Association Agreement (and the protocols hereto) does not cover Western Sahara
(WS).
The Commission made Member States aware of this ECJ judgement through the Customs Expert Group (CEG - International customs matters and CEG - Origin).
Practical guidance to the customs authorities of the Member States on the implications of the ECJ ruling as regards the import of goods from WS is needed. The guidance must be based on relevant EU legislation and jurisprudence.

General principles:

• The guidance applies to goods imported into the EU as of 22 December 2016. Goods imported into the EU before 22 December 2016 are not included.
• Goods imported into the EU, whose origin is WS shall be declared so (the appropriate code to be mentioned in the customs declaration is ΈΗ’); tariff preferences cannot be claimed in the customs declaration and shall not be granted: the MFN duty rates apply.
• Title VI of Protocol 4 of the Association Agreement is applicable in case of reasonable doubt regarding the origin of goods covered by a preferential proof of origin.

Administrative cooperation under the Association Agreement:
Article 32(2) of Protocol 4 stipulates that in order to ensure the proper application of the protocol, the EU and Morocco assist each other, through the competent customs authorities.
In case of reasonable doubt about the authenticity of the proofs of origin and the correctness of the information given in these documents, the customs authority of the Member State of import sends a request for verification to the competent Moroccan authorities.
In the context of the ECJ ruling, the request for verification should specify that the requesting authority wants to obtain a reply on the precise place of production/manufacture of the products covered by the proof of origin. Any documents and information obtained suggesting that the information given on the proof of origin is incorrect is forwarded in support of the request for verification.
The customs authority of the importing Member State denies preferential tariff treatment where:
• The reply confirms that the products do not fall within the territorial scope of the EUMorocco Association Agreement;
• The reply does not contain the requested information;
No reply is received within the established deadline (i.e. 10 months).
Preferential treatment should not be denied without invoking Title VI of Protocol 4 of the Association Agreement (i.e. without requesting verification).

mercredi 14 mars 2018

EM. Invasion de bateaux pirates au Sahara Occidental occupé

Bientôt plus de 250 000 tonnes de phosphate seront expédiés hors du Sahara Occidental, pour une valeur de plus de 25 millions de dollars US. Il n’y a aucune information concernant l’accord des propriétaires, les Sahraouis, à la vente de ce phosphate par l’OCP, une compagnie marocaine. L’absence de consultation et assentiment rend l’opération illégale.
Les premiers 50 000 tonnes de minerai de phosphate sont en cours de chargement à bord du vraquier le Triton Swan actuellement amarré à quai. 4 autres vraquiers sont en attente à l’ancre au sud du port.

Les 4 vraquiers en question sont les suivants, détaillés par leur ordre d’arrivée au large de El Aaiun.
Le Triton Swan, IMO 9632985, bat pavillon du Panama, son port en lourd est de 61457 tonnes. Il est arrivé le 15 février en provenance de Fos sur mer (France), et après une escale à Gibraltar. Selon les informations disponibles, son propriétaire est Triton Navigation - Amsterdam, Netherlands.
L’African Sunbird, IMO 9397884, bat pavillon du Panama, son port en lourd est de 55688 tonnes. Il est arrivé le 22 février en provenance de Rotterdam (Pays-Bas) avec une escale à Las Palmas (Espagne). Son propriétaire semble être Misuga Kaiun - Tokyo, Japan
L’Ultra Passion, IMO 9811907, bat pavillon du Panama, son port en lourd 63472 tonnes. Il est arrivé le 27 février en provenance de Oran (Algérie) via Las Palmas. Son propriétaire est Ultrabulk A/S, Denmark
Le Zeyno, IMO 9700421, bat pavillon de Malte. Son port en lourd 63064 tonnes. Il est arrivé le 27 février en provenance de Fos sur mer (France). Son propriétaire est Gsd Denizcilik Gayrimenkul, Turquie.
Le Bi Jia Shan, IMO 9632272, bat pavillon de Hong Kong. Son port en lourd est de 56625 tonnes. Il est arrivé le 14 mars en provenance de Civitavecchia (Italie) via Las Palmas. Son propriétaire et opérateur est China Shipping International Shipmanagement Co, Shanghai, Chine.

Les raisons de cette affluence de vraquiers et la longue attente de certains n’est pas connue. Des marins interrogés ont fait allusion à des périodes de vent fort qui pourraient avoir empêché une approche du quai, mais ont douté de la pertinence de cette raison sur une telle durée.
Les travailleurs du phosphate n’ont pas fait état de problème avec le convoyeur de 100km qui relie les mines de Boucraa au port.
Une autre hypothèse serait que cette attente pourrait être liée au jugement finalement rendu par la justice sud-africaine le 24 février, statuant que la cargaison de 55 000 tonnes de phosphate immobilisée depuis 9 mois à Port Elisabeth à bord du NM Cherry Blossom, originairement transportée pour être vendue par l’OCP, l’était illégalement et appartient en droit au peuple Sahraoui.
Néanmoins la logique ne tient pas. Les risques juridiques et financiers inhérents au transport de ce phosphate sont clairement réels, et ont probablement des incidences sur les stratégies des compagnie de transports et leurs commanditaires, mais ces 5 navires sont en attente de chargement. Cela d’autant que de gros acheteurs déclarés, comme Nutrien, ont annoncé avoir décidé de ne plus s’approvisionner en territoire occupé à partir de cette année.
Un importateur cherche-t-il à faire des stocks prévisionnels ?
Au moment de la publication de cet article, les destinations des navires ne sont pas connues, ni les identités des entreprises pour qui sont les cargaisons.

De récents mouvements de bateaux européens au port de El Aaiun sont rapportés ici pour leur collaboration aux activités marocaines sur le territoire occupé militairement.
Les navires sont le Marley, le Oceanic, le Eems Dublin.
Le 12 mars 2018 le bateau Belge le Marley, IMO 9116814, a jeté l'ancre dans la baie du port d’El Aaiun. C’est son 4ème transport en provenance de Casablanca depuis début février. Il a, à chaque fois, déchargé sa cargaison à El Aaiun.
Le Océanic, sous pavillon des Pays-bas, IMO 9624550, est arrivé le même jour, en provenance de Ceuta.
Le Eems Dublin, sous pavillon des Pays-bas aussi, vient de partir à vide du port de El Aaiun après avoir déchargé. Il était arrivé le 8.
Ces trois navires ont la capacité de transporter des éléments d’éoliennes.
Des sources ont confirmé que le Eems Dublin avait apporté des nacelles, rotors, multiplicateurs et des générateurs. Ces appareils seraient destinés aux projets éoliens de Boujdour.
Les parcs de production d’énergie à origine éolienne sont construits au Sahara Occidental par le Maroc pour servir ses activités d’occupation illégale, et selon nos connaissances, ils n’ont pas reçu l’autorisation des représentants du peuple sahraoui.
La cour de justice de l’Union Européenne vient de rappeler à tous ses membres, par son jugement de décembre 2016 sur l’accord commercial EU-Maroc, puis de janvier 2018 sur l’accord de pêche entre les mêmes parties, que les activités avec ou pour le Maroc au Sahara Occidental sont illégales sans l’accord des Sahraouis. Les navires européens indiqués ci-dessus ont donc des activités litigieuses.

D’autre part, depuis le 15 février 2018, le bateau russe Akademik Primakov, IMO 9187514, accompagné des navires d’appui et sécurité le Sursum Corda, et le Marja, ont été observés au large de El Aaiun. C’est à cette période qu’ont commencées les boucles des relevés sismiques. Le navire de 92,5 mètres de long est équipé de 16 treuils de flûtes sismiques pour l'acquisition de données sismiques 3D. Il a une capacité de 68 personnes à bord.
Le BGP Prospector, IMO 9545986 et pavillon Bahamas, effectue lui des relevés sismiques au large de Bougdour au moins depuis le 5 février. Le navire est accompagné du Geo Service 1, du Flamingo et du Shannon.
Les deux navires opèrent sans l’autorisation des Sahraouis.

À Dakhla, le bateau Italien Rhapsody, IMO 9104835, propriété de Grandi Navi Veloci, en provenance de Marseille via Las Palmas est arrivé au port le 10 mars 2018. Avec une capacité de 2650 passagers et 708 véhicules, le bateau est au service de l’édition 2018 du Forum Crans Montana, prévu jusqu’au 20 mars 2018. Il l’avait été de même en 2016. Le site d’information Tourmag précise « 600 participants seront invités à bord. Du 10 au 18 mars 2018, GNV met à disposition ses services d'hébergement et d'hôtellerie et un service de pension complète. Il accueillera également la soirée de gala avant de partir pour une mini-croisière vers Casablanca. »
Le Forum Crans Montana censé réunir « des chefs d’État, des organisations internationales et des entreprises autour de l'Afrique » est en fait l’organisation d’un événement marocain de promotion de sa colonisation du Sahara Occidental. L’instrumentalisation de l’objet et du lieu de la réunion sont dénoncés par l’Union Africaine qui a appelé, comme en 2015, tous les États membres, les organisations de la société civile africaine et les autres acteurs concernés à boycotter la présente édition.

À noter, le 9 octobre 2017 EM avait publié un article informant d’un phénomène similaire de file d’attente de vraquiers de transport du phosphate. Ils étaient alors 3. Ce ne sont pas les seuls transports de phosphate des derniers 6 mois. Les informations systématiques sur les navires du phosphate, leurs cargaisons, destinations et propriétaires, sont étudiées et rapportées par l’organisation internationale WSRW, observatoire des ressources naturelles du Sahara Occidental. Elles sont disponibles en ligne.

Équipe Média, Sahara Occidental occupé
El Aaiun, le 14 mars 2018

Capture écran vesselfinder.com

mardi 13 mars 2018

EM. Sahara Occidental occupé : une semaine d'arrestations et manifestations


Le 19 février 2018, Malainine Sine lycéen sahraoui de18 ans a été enlevé sur la voie publique par trois policiers marocains en civil, à environ 200 mètres de son domicile quartier les appartements rouges à El Aaiun. Il a été inculpés 23 février pour avoir lancé des pierres.
Pendant 48h de garde-à-vue il a été interrogé et torturé en vue de l’obtention d’aveux, puis il a été présenté au juge d'instruction du tribunal de première instance à El Aaiun
La famille Sine est inquiète parce qu’une détention de leur fils, footballeur talentueux, pourrait détruire ses espoirs d’évoluer et jouer à un haut niveau. Le juge d’instruction a fixé le procès au 6 mars.

Le  24 février, 40 ex-travailleurs du port de Boujdour ont manifesté à proximité du port contre leurs expulsions et leur écartement du travail. Ils demandaient à être ré-embauchés.
Ils ont travaillé comme porteurs de poissons de 2013 à 2017 et ont été licenciés en août 2017 sans explication.
Ils déchargeaient les cargaisons des bateaux vers les camions et selon eux cela représentait le déchargement de 3 600 caisses de poisson chaque jour.
Les revendications des manutentionnaires n’ont pas été entendues. 6 manifestants ont été blessés lors de  l’intervention de la police marocaine. 
Les 16 bateaux inscrits dans le port appartiennent tous aux colons marocains.

Le 25 février, dans le quartier Zemla de El Aaiun, 50 jeunes sahraouis ont pris part à des manifestations marquant le 42ème anniversaire de la proclamation de la République Arabe Sahraouie Démocratique. Les slogans et pancartes dénonçaient l'Accord de pêche entre l’UE et le Maroc. Les policiers marocains les ont dispersés de force. 7 manifestants ont été arrêtés et 20  ont été blessés.
Après 72h en garde-à-vue, les 7 ont mis en liberté provisoire sous contrôle judiciaire jusqu'au 26 mars, date de leur présentation devant le juge d’instruction.
Ils sont : Abidin Bougzatni, 20 ans ; Omar Lbhaih, 18 ans ; Mohamed Guergar, 19 ans ; Othman El Moussaoui, 18 ans ; Mohamed Mraizig, 19 ans ; Hassan Daoudi, 21 ans ; Zerouali Hamma,  17 ans.
Pendant la comparution devant le juge d’instruction, la police marocaine a bloqué les rues menant à la cour d’appel pour empêcher aux familles des détenus d'accéder au tribunal.
Les agents se sont rassemblés devant les portes de la cour et ont même empêché les fonctionnaires de rejoindre leurs bureaux. Un fonctionnaire a été agressé par des policiers.
Dans un communiqué, le syndicat régional de la justice a vivement protesté contre l’état de siège imposé à la cour d’appel et contre les agressions  des fonctionnaires et cadres de la cour par la police. Le syndicat incrimine l’officier El Alji personnellement et exige l’ouverture d’une enquête judiciaire immédiate sur les faits.

Le 27 février à Essmara occupée, environ 100  Sahraouis ont manifesté pour commémorer le 42ème anniversaire de la RASD. Ils ont bruyamment protesté contre le pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc et ses complices dans le monde.
Les forces d'occupation sont intervenues et ont jeté des pierres sur les Sahraouis qui résistaient à cette attaque. Elles ont aussi entravé les soins aux blessés.
3 femmes ont été blessées, dont Soukeina Jed Ahlu, présidente du FAFESA (Forum de l'Avenir de la Femme Sahraouie).
Lors de cette manifestation, deux  journalistes ont été attrapés par la police marocaine alors qu'il couvrait la manifestation. Ce sont Mohamed Joumaai  et Ahmed Essalami. Ils ont été relâchés après un interrogatoire d’une heure.

Équipe Média, Sahara Occidental occupé
El Aaiun, le 3 mars 2018

lundi 9 octobre 2017

EM. Embouteillage au quai de phosphate de El Aaiun occupé


En quelques jours, ce début octobre, plus de 100 000 tonnes de phosphate sahraouis ont été expédiées loin du territoire colonisé. Les phosphates ont été extraits et vendu par l’occupant, le Maroc, à son propre profit. En septembre, les navires Ultra Dynamic et Ultra Crimson, avaient déjà emportés une quantité similaire de phosphates sahraouis. Un suivi attentif des informations internationalement disponibles, ainsi que des contrôles de visu ont permis à Équipe Média d’établir les présents constats.

Le 3 octobre 2017 le bateau Glovis Madrid. imo 9610999, pavillon Singapour, en provenance de Bremen, est arrivé à El Aaiun. Son tirant d'eau était alors de 6,7 m et son maximum possible de 12,85m, son port en lourd 56 605 tonnes.
Le vraquier chargé de phosphate est reparti dans la nuit du 5 au 6 en direction du canal du Suez, qu’il est estimé atteindre le 15 octobre prochain. Son tirant d’eau était alors de 12,9m.
Selon les informations qu’Équipe Média a pu trouver, son propriétaire est  PST Management de Singapour, et son gestionnaire Pacific International Lines de Singapour.

Le soir du 4 octobre, le Panagiotis,(ex Maverick Gunner), Imo 9461063, pavillon des îles Marshall, en provenance de Hadera (Israël) est arrivé au large de El Aaiun avec un tirant d'eau à 7m. Son port en lourd est de 80 717 tonnes. À son départ d’El Aaiun le 8 octobre, chargé de phosphates, son tirant d’eau était de 11m. Il se dirige vers South West à la Nouvelle-Orléans, Usa.

En  décembre 2016, la Cour de Justice  de l’Union Européenne, selon les principes du droit international, dont l’avis juridique de Hans Corell au Conseil de Sécurité de l’ONU, a jugé illégal toute activité avec ou en relation avec les ressources naturelles, renouvelables ou non,  du territoire du Sahara Occidental. Seul l’accord des autorités sahraouies, soit le Polisario, rend possible exploration ou exploitation de ces ressources. C’est-à-dire que les entreprises qui exploitent ou utilisent les phosphates peuvent être désormais poursuivies devant les tribunaux.

Au début de cette année, un bateau chargé de 55 000 tonnes de minerai de phosphate en provenance du Sahara Occidental a été arrêté par la justice sud africaine, après l’alerte du caractère illégale de sa cargaison. La procédure ayant été jugée recevable, et le procès légitime, l’OCP, exploitant marocain des phosphates sahraouis, a décidé d’abandonner sa défense de la cargaison, peinant probablement à trouver des arguments justifiant son pillage.

En juin dernier, WSRW, observatoire international des ressources du Sahara Occidental a publié un rapport dans lequel se trouvent tous les navires qui ont chargé et emporté du phosphate sahraoui depuis El Aaiun, pour la période du 1er janvier 2016 au 9 juin 2017. S’y trouve aussi une estimation des quantités transportées, ainsi que les informations administratives. (http://www.wsrw.org/a111x3929)

Au moment de la publication de cet article, le SBI Tango, Imo 9714707, pavillon des îles marshals, port en lourd de 61 192 t, est amarré au quai de chargement de phosphate à El Aaiun. S’il charge lui aussi plus de 50 000 t, cela fera plus de 150 000 tonnes de phosphate expédiés du port d’El Aaiun en une semaine.

La haute surveillance militaire et policière du port d’El Aaiun par le Maroc rend difficile le travail des journalistes, qui n’ont pas l’autorisation d’y accéder pour photographier ou enquêter.

Équipe Média. El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 9 octobre 2017

 

vendredi 28 juillet 2017

EM. Qui convoite la clientèle de la pharmacie sahraouie de nuit d’El Aaiun ?

Salek Abdelmajid Mohamed est pharmacien à El Aaiun. Il a commencé à exercer son métier en 1974, alors que le Sahara Occidental était sous occupation espagnole. Sahraoui né en 1958, il possède donc de documents d’identité espagnols.

Depuis 1992, sa pharmacie, située rue rue Hassan 1 dans le quartier Hay Hadjari est ouverte 7 jours sur 7 de 22h à 9h. C’est un grand service, et il a la reconnaissance notamment de la population sahraouie.
Après 43 années d’activité professionnelle et consciencieuse, mais aussi d’engagement, puisqu’il est responsable du dépôt de médicaments de El Aaiun, d’incompréhensibles attaques administratives, policières et judiciaires s’enchaînent contre lui depuis le début de cette année 2017.

Les premiers, le syndicat national des pharmaciens de Casablanca et l’association des pharmaciens à El Aaiun, déposent plainte contre Salek Abdelmajid Mohamed auprès du procureur du roi du Maroc. Le motif de la plainte est la vente de médicaments sans autorisation. Peu après, comme en réponse à ces accusations sans fondement, le gouverneur de El Aaiun, Yahdih Boucha’ab, invite Salek Abdelmajid Mohamed (ci-après nommé « Salek » par commodité) à venir le rencontrer, pour lui proposer de fermer sa pharmacie en échange de 4 cartes de promotion nationale et d’une parapharmacie.
Salek refuse et s’explique. Le métier n’est pas le même ni son intérêt. Il n’y a aucune raison pour qu’il change de travail.

Les intimidations administratives et policières se poursuivent, Salek est forcé de fermer sa pharmacie  sans que lui soit présenté de notification de « décision d’interdiction ». Le Pacha répond à sa demande par une affirmation : il n’y a «  que des ordres ». Chaque tentative de réouverture est empêchée par la force sans justification.

Le 24 février 2017 une autre plainte est déposée contre Salek par le syndicat national des pharmaciens et l’association des pharmaciens à El Aaiun. Il ne connaît les chefs d’accusation que lors de l’audience au tribunal le 4 avril : vente de médicaments sans autorisation. Salek réfute cette accusation, portée sans preuve.

Il est condamné à deux mois de prison avec sursis et à des amendes de 20 milles dirhams pour le syndicat et l’association. Salek fait appel et maintient la pharmacie ouverte pendant tout le mois du Ramadan, soit juin 2017.

Fin juin, une nouvelle plainte cette fois d’individu l’accusant de vendre des « drogues sans recette médicale » lui valent une nouvelle audition. Les accusateurs sont Khattari El Aaloui et une dame Ahlam.

Il présente le registre sur lequel sont consignés tous les noms des clients qui ont acheté avec ordonnance des médicaments qualifiés médicalement de « drogue » de 1995 jusqu'au 28 juin 2017. Ce registre répond à une obligation légale qu’il a scrupuleusement respectée.
Il est arrêté le 3 juillet 2017, interrogé par la police judiciaire pendant 2 jours en garde-à-vue. Il ne peut alors contacter ni sa famille ni son avocat, ni l’ambassade espagnole – puisqu’il est de nationalité espagnole.

Le procureur du roi marocain devant qui il comparait l’envoie à la prison noire.
Lors d’une nouvelle comparution le 7 juillet, le procureur et l’accusateur El Alaoui Khattari essaient de le convaincre d’accepter 4 cartes de promotion nationale, la fonction de Chaikh – soit informateur des autorités marocaines, fonctionnaire dépendant du ministère de l’intérieur – assortie d’un salaire  mensuel de 25 milles dirhams. (environ 2 280 euros)
Salek refuse, il est reconduit à la prison noire.

Le 13 juillet, la cour de première instance prononce un verdict de 6 mois de prison avec sursis et l’obligation de fermeture provisoire de la pharmacie jusqu'au règlement de la situation juridique.
La situation juridique problématique en question n’est pas connue du pharmacien.

Son parcours semble au contraire plutôt caution de sa probité.
En mars 1974, avec le bac, il entre en stage dans la pharmacie de l’Espagnol Rodriguez Umberto. En 1975 Umberto lui demande de faire les démarches pour obtenir une carte d’identité espagnole, puis il l’affilie à l’assurance sociale. Il lui propose aussi d’aller en l’Espagne pour travailler et continuer ses études. Mais Salek est soutien de famille, et sa mère refuse de le laisser partir.
En juin 1975 le gouverneur espagnol au Sahara Occidental, le général Salazar lui donne une autorisation pour la gestion d’une pharmacie.
En 1977, après le passage de l’occupation espagnole à l’occupation marocaine, le gouverneur Ahmed Bensouda et son adjoint Said Ouasso, confirme oralement que l’Espagnol Juan Umberto « fils de Rodriguez », les Sahraouis Sbaiti Mohamed et Salek Abdelmajid Mohamed sont autorisés par le Maroc à travailler.
En 1986 l’Espagnol Juan décide de quitter El Aaiun pour aller vers les îles Canaries, et vend sa pharmacie à Salek.
Salek n’a pu obtenir la nationalité marocaine qu’en 1988 et un passeport en 1998. Le Maroc lui donne le nom de Salek Hmaima. C’est donc en 1999 seulement qu’il peut partir en Espagne pour continuer ses études. Il obtient en 2002 le diplôme d'assistant de laboratoire de l’institut américain de Madrid.
À partir de 2007, il gère seul la pharmacie avec une assistante.

Un des griefs avancé par le juge contre Salek est sa méconnaissance de la langue française, utilisée principalement pour les ordonnances et notices des médicaments. Un argument réfuté par Salek par le bon sens. Les langues française et espagnole sont proches, utilisent le même alphabet, et sa longue pratique fait que si Salek ne sait pas parler Français, il sait le lire et le comprendre.

D’après de rapides investigations menées par l’Équipe, il apparaît que de nombreux pharmaciens marocains de El Aaiun ont des diplômes obtenus en Ukraine, sans que soit interrogée leur capacité à lire le Français.

Salek est actuellement sans emploi après la fermeture arbitraire de sa pharmacie.

Interrogé, un pharmacien marocain a expliqué sous couvert d’anonymat qu’il n’avait pas de problème administratif, ni d’approvisionnement en médicaments dans les deux laboratoires attitrés,  Sremed et Sorepha d’Agadir. Un autre a émis l’hypothèse que les attaques contre Salek venaient de pharmaciens marocains, désireux de faire fermer la pharmacie pour récupérer la clientèle sahraouie qui place toute sa confiance en Salek.

Équipe Média restera vigilant pour rapporter tout complément d’information à cette affaire, qui prive une partie de la population d’El Aaiun d’un service sanitaire indispensable, notamment dans les situations d’urgences nocturnes. Ce n’est pas la première fois que la colonisation marocaine, imposant dans la partie occupée du Sahara Occidental son fonctionnement corrompu, agit de telle façon. C’est néanmoins une nouveauté que la cible soit un service du domaine du soin, sans lien aucun à la politique.

Équipe Média, Sahara Occidental, El Aaiun occupée
Le 28 juillet 2017

* Carte de promotion nationale : allocation de subsistance de 2100 dirhams par mois, (env 185€) contre des travaux de ménage. La somme est attribuée par et subordonnée à, la décision arbitraire du wali.

mardi 20 juin 2017

EM. La "promotion nationale" au prix du silence sahraoui


Vendredi 16 juin 2017 à El Aaiun, Mahfouda Lafkir, Zaina Chtouki  et El Hussein Naciri ont manifesté dans le dépôt de la promotion nationale contre la décision des autorités d’occupation de geler leur bénéfice de cette allocation marocaine.

Au titre de la promotion nationale du ministère de l'intérieur marocain des centaines des Sahraouis travaillent comme hommes et femmes de ménage pour un salaire mensuel du 185 euros. Les "cartes" sont attribuées au bon vouloir du wali local, et pour le Sahara Occidental en coordination avec des délégués locaux qui sont des militaires. Elle n'ouvrent pas droit à congé, ni retraite, ni couverture maladie.

Dans le contexte particulier de l'occupation et de la discrimination à l'embauche quand les emplois vont majoritairement aux colons marocains, cette allocation est pour beaucoup de Sahraouis la base de la survie de la famille.
Les 3 militants font partie du comité sahraoui des expulsés de leur travail.

Sur leurs pancartes ils dénonçaient la politique d’appauvrissement des Sahraouis, le pillage systématique des phosphates et poissons sahraouis et les facilités accordées aux colons marocains pour tous les aspects de la vie quotidienne.

Mahfouda Lafkir mère de 4 enfants qualifie la suppression du bénéfice de la carte de vengeance des autorités d’occupation contre les Sahraouis qui militent pour indépendance de leurs pays.
 

La manifestation a duré une heure, avant que la police et un qaid n'oblige les militants à partir.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
le 18 juin 2017

jeudi 18 mai 2017

EM. Le parlement panafricain est au travail, mai 2017

Le Parlement panafricain tient sa 4ème session ordinaire du 8 au 19 mai 2017 à Midrand en Afrique du Sud.
Quelques points et faits marquants sont rapportés ci-dessous.
 

Le 9 mai, la Palestine a présenté une demande officielle au parlement panafricain pour être admise en tant qu'État observateur, devançant ainsi une possible demande similaire d'Israël. Le parlement a accepté le statut de membre observateur de la Palestine le 16 mai 2017.
 

Le 11 mai le président Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a présenté son rapport en réunion plénière. Un paragraphe concernait le Sahara Occidental. Le Président a rappelé que le pays est inscrit sur la liste onusienne des pays non décolonisé depuis 50 ans, et qu'aucune solution n'a été trouvée jusqu’à maintenant. La position de l’Union africaine est claire dans ce cas. Il faut que l’Union africaine intervienne en urgence pour garantir l’expression libre du peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination à travers un référendum. Le président espère que l’admission du Maroc à l’Union africaine permettra l'aboutissement proche à une solution.
Plusieurs députés ont critiqué ce rapport du président du conseil.
Stephens Julius de Tanzanie a déploré que le rapport n’aborde pas les racines du problème, soit l’invasion et l’occupation marocaine, et ce qu'est maintenant le grand défi de la sécurité et la paix dans la région.
Jean Patrick de l'Ile Maurice a souligné que le Maroc doit permettre au peuple Sahraoui d'exercer son droit à l’autodétermination pour maintenir la paix et le stabilité au continent.
Le député du Kenya Keer Oubilio a exprimé son étonnement et questionné la raison pour laquelle le conseil de paix et sécurité n’a pas utilisé la rigueur contre le Maroc. Le problème pour lui ce n’est pas tant un problème de décolonisation que celui d'un pays qui occupe son voisin.

Le 13 mai, Maria Suarez du Mozambique est intervenue dans la réunion plénière sur le sujet « participation des jeunes femmes aux efforts de maintien de la paix et sécurité sur le continent. Elle a souligné dans cette intervention "l’importance de participation des femmes aux mécanismes de paix et sécurité parce que la femme est plus affecté par des phénomènes fabriqués par les êtres humains tels que les guerres les sécheresses, les inondations et les tremblements de terre, et qui exacerbent plus les disparités entre les hommes et les femmes."
Mme Suarez a donné des statistiques qui montrent l’incapacité de nombreuses femmes à avoir les ressources suffisantes pour se protéger elles-mêmes. Cela entraine qu'elles sont, avec les enfants, la majorité des personnes déplacées et réfugiées de plusieurs conflits, elles sont vulnérables et subissent toutes les violences y compris sexuelles.
Mme Suarez a appelé à renforcer les efforts et à ce que les missions de maintien de la paix et l'intégration travaillent dans une perspective d'égalité de genre, de renforcement des capacités, et d’intégration des femmes dans les armées.
 

Le 15 mai, une autre séance en plénière a provoqué des discussions sur la femme et l'éducation. Mm Senia Ahmed Merhba députée sahraouie au parlement panafricain a détaillé l’expérience et le rôle que la femme sahraouie a joué pendant la période de la guerre malgré tous les défis, et dans les camps des réfugies, pour la constitution de la République et son effort particulier pour l'éducation nationale.
Un caucus particulier était dédié aux défis des pays Mauritanie, Sahara Occidental, Algérie, Tunisie et Libye. Les marocains ont assisté à la réunion en observateurs.

Le Maroc, représenté par cinq députés, est en effet présent en qualité d'observateur.
En effet, si le gouvernement a adopté le projet de loi portant approbation du protocole au traité instituant la communauté économique africaine relatif au Parlement panafricain et du protocole relatif au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, le parlement marocain ne s'est pas encore prononcé.
Néanmoins, étant donné les agissements irrespectueux des députés marocains, dont les rumeurs et faits attestent qu'ils ont pour objectif de semer le trouble, d'insulter les spécialistes et de tenter de corrompre les plus tentés, le sérieux de l'engagement du Maroc à participer à l'Union Africaine pour un meilleur avenir du continent est plus qu'hypothétique.

Équipe Média. Midrand. le 17 mai 2017

ACAT. Procès de Gdeim Izik : la défense se retire


ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - Communiqué de presse

Maroc - Procès de Gdeim Izik : la défense se retire du procès, deux avocates françaises expulsées du tribunal

Deux avocates françaises de la défense dans le procès de Gdeim Izik, Maître Olfa Ouled et Maître Ingrid Metton, ont été violemment expulsées de la Cour d’appel de Rabat lundi 16 mai dans l’après-midi.

Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « cet épisode choquant n’est que le climax d’un procès que les magistrats n’essaient même plus de faire passer pour équitable. Entre la comparution de faux témoins, la partialité manifeste de la Cour, les interrogatoires sur la base d’aveux signés sous la torture et la réalisation d’expertises médico-légales truquées pour écarter les allégations de torture des accusés, il ne se trouve plus personne d’un tant soit peu honnête pour louer la qualité de la justice dans ce procès »

Le 16 mai, lassés par de longs mois d’un procès marqué par une iniquité manifeste, les accusés et leurs avocats marocains et Sahraouis ont annoncé leur volonté de ne plus participer à ce qu’ils estiment être un simulacre de procès. Les avocates françaises représentant les accusés ont demandé d’adresser un mot à la cour, comme venaient de le faire leurs confrères, avant de donner leur décision sur leur retrait. Le président a refusé, ordonnant aux avocates de répondre uniquement par oui ou par non. Devant le refus des avocates françaises de répondre de cette manière, le président a annoncé qu’il faisait acter d’office leur retrait et a ordonné leur expulsion de la salle d’audience.

Les avocates françaises ont voulu contester cette décision inique ; les policiers ont saisi Me Olfa Ouled par le bras pour la trainer jusqu’à la porte et ont poussé violemment Me Ingrid Metton jusqu’à la sortie de la salle. Me Ouled souffre d’une élongation et d’un hématome au bras.

Les accusés ont été l’objet de nombreuses atteintes au droit à un procès équitable depuis la première audience du procès en appel, le 26 décembre 2016. Parmi les dernières en date, des témoins de l’accusation apparus mystérieusement sept ans après les faits et qui ont formellement identifié des accusés sur commande dans la salle d’audience après avoir été pourtant incapables de les décrire physiquement lors de leur interrogatoire précédent l’identification. Certains témoins ont assuré avoir vécu une vingtaine de jours dans le camp de Gdeim Izik mais ont été incapables de citer les noms des personnes avec qui ils ont vécu. L’un d’eux a même assuré avoir vu Naâma Asfari dans le camp le 8 novembre 2010, alors que ce dernier avait été arrêté la veille…

En outre, les avocats des accusés ont reçu les rapports d’expertises médico-légales réalisées sur 16 des 24 accusés qui allèguent avoir été torturés pendant leur garde à vue. Ces expertises, prétendument menées conformément aux standards internationaux définis par le Protocole d’Istanbul, ont été analysées par des experts internationaux qui ont relevé des erreurs essentielles flagrantes, entachant totalement la crédibilité et donc la validité desdits rapports.

Pour rappel, les 24 accusés ont été arrêtés, torturés et condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en 2010. Les condamnations ont été prononcées le 16 février 2013 par le tribunal militaire à l’issue d’un procès inique marqué notamment par le refus d’entendre les témoins cités par la défense et d’ordonner une expertise médico-légale concernant les allégations de torture des accusés. Les noms des victimes que les accusés sont présumés avoir tuées n’ont même pas été mentionnés lors du procès. Le 27 juillet 2016, la cour de cassation a cassé le jugement et renvoyé les accusés devant la cour d’appel de Rabat.

Contact presse :
Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr

jeudi 23 mars 2017

Communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine sur le Sahara occidental, mars 2017

Communiqué de la 668ème réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) sur la situation au Sahara occidental

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), en sa 668ème réunion tenue le 20 mars 2017, a adopté la décision qui suit sur la situation au Sahara occidental :

Le Conseil,

1.    Prend note du rapport du Président de la Commission sur la situation au Sahara occidental [PSC/PR/2 (CDXCVI)], ainsi que de la mise à jour faite par le Représentant spécial de l'UA pour le Sahara occidental, l'Ambassadeur Tadesse Yilma. Le Conseil prend également note de la déclaration faite par la délégation de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) conduite par Son Excellence Mohamed Salem Ould Salek, Ministre des Affaires étrangères, ainsi que de celle faite par les Nations unies;


2.    Rappelle la décision EX.CL/DEC.758 (XXII) adoptée par la vingt-deuxième Session ordinaire du Conseil exécutif tenue à Addis Abéba, les 24 et 25 janvier 2013, demandant à la Commission de prendre toutes les mesures nécessaires pour organiser un referendum pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément aux décisions pertinentes de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) et des Nations unies, ainsi que la décision EX.CL/DEC.773(XXIII) adoptée par la 23ème Session ordinaire du Conseil exécutif tenue à Addis Abéba du 19 au 23 mai 2013, réitérant les décisions et prises de position antérieures de l'OUA/UA sur la situation au Sahara occidental et demandant au Président de la Commission de poursuivre ses efforts, y compris davantage de consultations avec les Nations unies et les autres parties prenantes internationales concernées;

3.    Rappelle en outre la décision Assembly/AU/Dec.559(XXIV) adoptée par la 24ème  Session ordinaire de la Conférence de l'Union, tenue à Addis Abéba, les 30 et 31 janvier 2015, réitérant les appels du Conseil de sécurité des Nations unies aux Parties à continuer des négociations sans conditions préalables et en bonne foi, exprimant le plein appui de l'UA aux efforts de l'Envoyé personnel des Nations unies, saluant les mesures prises par  la Présidente de la Commission pour assurer le suivi de la décision pertinente du Conseil exécutif et lui demandant de poursuivre ses efforts, afin de mobiliser l’appui nécessaire au processus sous conduite des Nations unies;

4.    Rappelle également la décision Assembly/AU/629 (XXVIII) adoptée par la 28ème Session ordinaire des chefs d'État et de Gouvernement tenue à Addis Abéba, les 30 et 31 janvier 2017, dans laquelle la Conférence a noté avec une profonde préoccupation l'impasse actuelle dans le processus de paix au Sahara occidental, a souligné la nécessité urgente de redoubler d'efforts pour faciliter le règlement rapide du conflit, et a réitéré son appel à l'Assemblée générale des Nations unies pour qu’elle détermine une date pour la tenue du referendum d'autodétermination du peuple du Sahara occidental et assure la préservation de l'intégrité du Sahara occidental, en tant que territoire non autonome de tout acte susceptible de la compromettre. Le Conseil souligne d'autres dispositions pertinentes de la décision de la Conférence relatives à l'exhortation du Conseil de sécurité des Nations unies à assumer pleinement ses responsabilités pour que la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) puisse de nouveau exercer ses fonctions, ce qui est indispensable pour la supervision du cessez-le-feu et à l’organisation du référendum au Sahara occidental , ainsi qu’ à trouver des réponses aux questions du respect des droits de l'homme et de l'exploration et de l'exploitation illégales des ressources naturelles du territoire, en particulier dans le cadre de l'important arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le 21 décembre 2016, sur l'Accord entre l'UE et le Maroc signé en 2012 sur la libéralisation mutuelle des échanges de produits agricoles et de la pêche.

5.    Rappelle ses décisions antérieures sur la situation au Sahara occidental, à savoir le Communiqué PSC/PR/COMM/.1 (CDXCVI) du 27 mars 2015 (496ème réunion), Communiqué de presse PSC/PR/COMM.2 (DII) du 30 avril 2015 (503ème réunion) et le Communiqué PSC/PR/COMM (DLXXXVIII) du 6 avril 2016 (588ème), ainsi que son Communiqué PSC/PR/COMM (DCXVII) du 12 août 2016 (617ème). Rappelle également le Communiqué PSC/AHG/COMM.4 (DXLVII) adopté lors de la 547ème réunion du Conseil tenue le 26 septembre 2015, à New York, au niveau des chefs d'État et de gouvernement, dans lequel il a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à assumer pleinement ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour régler rapidement le conflit du Sahara occidental et trouver une réponse efficace aux questions liées au respect des droits de l'homme et à l'exploitation illégale des ressources naturelles du territoire;

6.    Félicite le Royaume du Maroc pour son adhésion à l'UA, sans conditions préalables ni réserves. Le Conseil salue la disponibilité du Maroc à s’asseoir côte à côte de la RASD lors des délibérations des organes délibérants de l'UA;

7.    Regrette le fait que le Royaume du Maroc, qui a été invité par le Conseil à participer à sa 668ème réunion sur la situation au Sahara occidental, ne soit pas venu à la réunion. Le Conseil appelle, par conséquent, le Royaume du Maroc à apporter la coopération nécessaire conformément  aux dispositions de l’Acte constitutif de l’UA et du Protocole relatif à la création du CPS;

8.    Salue les efforts continus déployés par le Secrétaire général des Nations unies, ainsi que de ceux de son Envoyé personnel pour trouver une solution dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris les consultations menées par l'Envoyé personnel dans le cadre de sa nouvelle approche, telle que définie dans le rapport du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara occidental du 10 avril 2016 (S/2016/355). Le Conseil regrette la démission de l'Ambassadeur Christopher Ross, Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, et le félicite pour les efforts qu'il avait déployé pour surmonter l'impasse dans le processus de paix.

9.    Se félicite des mesures prises par le Président de la Commission en application des décisions pertinentes des organes directeurs de l'UA et des efforts déployés par les Nations unies, y compris les efforts déployés par l'ancien Président Joaquim Chissano en tant qu’Envoyé spécial de l'UA. Le Conseil exprime sa satisfaction quant aux efforts déployés par l'Envoyé spécial pour surmonter l'impasse actuelle dans le processus de paix et le félicite pour son engagement dans l'accomplissement de son mandat;

10.    Note avec une profonde préoccupation que, quatre décennies après le déclenchement du conflit au Sahara occidental, et cinquante-quatre ans après la décision de décoloniser le Sahara occidental, tous les efforts visant à trouver une solution n'ont pas encore abouti aux résultats escomptés et l'impasse dans le processus de paix ne renforce pas seulement les tensions sur le territoire, mais compromet également les efforts visant à promouvoir l'intégration continentale. En conséquence, le Conseil exprime l'urgence de redoubler d'efforts pour parvenir à un règlement rapide et définitif de ce conflit. À cet égard, le Conseil:

(i)    rappelle les dispositions pertinentes de l'article 4 de l'Acte constitutif de l'Union africaine qui stipule, entre autres, le règlement pacifique des conflits entre les États membres de l'Union;

(ii)    souligne qu'il est impératif que le Royaume du Maroc et la RASD, en tant qu'États membres de l'Union, engagent immédiatement des pourparlers directs et sérieux, sans conditions préalables et conformément à l'article 4 de l'Acte constitutif;

(iii)    décide de renforcer le mandat de l'ancien Président Joaquim Chissano du Mozambique, pour être nommé Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental, chargé de faciliter les pourparlers directs entre les deux États membres et de mobiliser les efforts de l'Afrique et des Nations unies à cet effet. Le Conseil demande au Président de la Commission de prendre les mesures nécessaires pour permettre au Haut Représentant de l'UA d'assumer immédiatement son mandat;

(iv)    décide également de réactiver le Comité ad hoc des chefs d'État et de Gouvernement sur le conflit au Sahara occidental, créé en application de la résolution AHG/Res.92 (XV), adoptée lors de la 15ème Session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de Gouvernement de l'OUA, qui s'est tenue à Khartoum (Soudan) du 18 au 22 juillet 1978. Le Conseil demande au Président de la Commission d'entreprendre les consultations nécessaires pour finaliser la composition et l’opérationnalisation du Comité ad hoc;

(v)    appelle tous les États membres de l'UA, dans l'esprit du panafricanisme et conformément aux dispositions de l'Acte constitutif, à mobiliser et à apporter d’autres formes d’appui politique, diplomatique aux deux États membres et au Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental, afin de faciliter leurs pourparlers directs;

(vi)    demande en outre à la Commission de l'UA de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour la réouverture du Bureau de l'UA à Laayoune, au Sahara occidental, y compris la fourniture des ressources humaines et financières et des moyens logistiques nécessaires;

(vii)    lance un appel aux Nations unies et à l’ensemble de la communauté internationale pour qu'elles apportent leur plein appui aux efforts africains visant à surmonter l'impasse actuelle dans le processus de paix au Sahara occidental;

(viii)    décide en outre d'examiner régulièrement la situation au Sahara occidental, sur la base de mises à jour et des recommandations fournies par le Président de la Commission et le Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental;

(ix)    décide également d’effectuer une mission sur le terrain au Sahara occidental en cours de l’année 2017.

11.    Attend avec intérêt le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) à l'expiration de son mandat actuel, le 30 avril 2017, conformément à la décision 2285 (2016) du 29 Avril 2016. Le Conseil exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à prendre les mesures nécessaires pour que la MINURSO puisse de nouveau exercer pleinement ses fonctions, afin qu’elle supervise efficacement l’accord de cessez-le-feu et d’éviter la reprise des violations. Le Conseil demande en outre au Conseil de sécurité des Nations unies d’attribuer à la Mission un mandat en matière de droits de l'homme, en tenant compte de la nécessité d'assurer un suivi indépendant et impartial des droits de l'homme aussi bien dans le territoire que dans les camps de réfugiés. Le Conseil demande également au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme de prendre les mesures appropriées à cet égard;

12.    Demande en outre à la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) d'entreprendre, dans les meilleurs délais possibles, une mission au Sahara occidental et aux camps de réfugiés de Tindouf, afin d'évaluer la situation des droits de l'homme et de formuler des recommandations au Conseil, sur la base des résultats de sa visite dans la région en septembre 2012. À cet égard, le Conseil exhorte les deux États membres à coopérer pleinement avec la mission de la CADHP;

13.    Souligne qu'il est urgent de trouver des réponses à la question de l'exploration et de l'exploitation illégales des ressources naturelles du territoire, en ayant à l’esprit l'appel lancé dans le rapport du Secrétaire général des Nations unies du 10 avril 2014 à tous les acteurs concernés, à la lumière de l'intérêt croissant pour les ressources naturelles du Sahara occidental, afin de «reconnaître le principe selon lequel les intérêts des habitants de ces territoires sont primordiaux», conformément au Chapitre XI de l'Article 73 de la Charte », ainsi qu'aux nombreux avis juridiques et jugements émis par des organisations internationales et régionales sur la question. À cet égard, le Conseil exhorte le Royaume du Maroc à ne pas conclure d’accords pour l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental.

14.    Demande à la Commission, par les voies appropriées, d'entreprendre une démarche envers le Conseil de sécurité des Nations unies, afin que le Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental ait la possibilité de s'adresser au Conseil de sécurité lors de sa réunion sur le Sahara occidental prévue le mois d'avril 2017. Le Conseil demande en outre aux membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies, travaillant dans le cadre de l'A3, d’appuyer et de faciliter cette demande ;

15.    Prie le Président de la Commission de transmettre le présent communiqué aux deux États membres, à savoir le Royaume du Maroc et la RASD, pour qu'ils prennent des mesures immédiates. Le Conseil prie en outre le Président de la Commission de transmettre le communiqué au Secrétaire général des Nations unies et de demander qu'il soit distribué en tant que document officiel du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu'aux autres parties prenantes internationales concernées;

16.    Décide de rester activement saisi de la question.

Source : http://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-668eme-reunion-du-conseil-de-paix-et-de-securite-de-l-union-africaine-ua-sur-la-situation-au-sahara-occidental 
Télécharger le communiqué ici : http://www.peaceau.org/uploads/psc-comm-western-sahara-fr.pdf