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mardi 13 juin 2017

ACAT. Procès Gdeim Izik, saisine Rapporteurs ONU, visite Macron au Maroc

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - Communiqué de presse

Procès de Gdeim Izik - Requête de l'ACAT auprès des rapporteurs spéciaux de l’ONU
Visite de M. Macron au Maroc – Le président doit affirmer sa vigilance sur les droits de l’homme
 
Emmanuel Macron sera en visite officielle au Maroc les 14 et 15 juin, où il rencontrera le roi Mohammed 6. Selon l’ACAT, il est nécessaire que le président français évoque publiquement la question du procès emblématique de Gdeim Izik actuellement qui se déroule actuellement devant la Cour d’appel de Rabat. Mardi 13 juin, l’ACAT a déposé une requête [1] auprès de plusieurs rapporteurs spéciaux  de l’ONU [2] pour dénoncer les violations graves subies par les 24 militants politiques et défenseurs des droits de l’homme sahraouis qui font l’objet d’un procès inique, caractérisé notamment par la prise en compte d’aveux signés sous la torture.
 
Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « Nous espérons qu’Emmanuel Macron fera preuve, à l’égard de Mohammed VI, de la même fermeté qu’avec Vladimir Poutine. Le procès de Gdeim Izik est emblématique du peu d’égard du Royaume pour les droits de l’homme en général et les droits des sahraouis en particulier. La France, en tant que premier partenaire du Maroc, ne peut décemment pas fermer les yeux sur cette affaire. »
 
L’iniquité du procès se révèle chaque jour de plus en plus criante. Bien que le président de la Cour d’appel de Rabat ait finalement consenti à ce que certains des accusés soient soumis à des expertises médico-légales, ces dernières ne sont absolument pas conformes aux standards d’enquête détaillés par le Protocole d’Istanbul et servent d'alibi à la Cour pour qu'elle puisse une nouvelle fois se fonder sur les aveux que les accusés ont signés sous la torture. Les avocats de la défense n'ont cessé d'être censurés tout au long du procès et n’ont pu aborder la question de la torture ainsi que celle de l’applicabilité du droit international humanitaire. Depuis l'expulsion dans la violence de deux avocates françaises de la défense, les accusés n'assistent plus à leur procès et sont représentés par des avocats dont certains suivaient jusqu'à présent le procès aux côtés de la partie civile adverse.
 
Les 24 accusés de Gdeim Izik ont été arrêtés, torturés et condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation  à un camp de protestation sahraoui en 2010. Les condamnations ont été prononcées le 16 février 2013 par le tribunal militaire à l’issue d’un procès inique. Le 27 juillet 2016, la cour de cassation a cassé le jugement et renvoyé les accusés devant la cour d’appel de Rabat. Le 12 décembre 2016, le Comité contre la torture des Nations unies a condamné le Maroc pour les tortures infligées à l’un des 24 accusés, Naâma Asfari. A ce jour, la décision n’a toujours pas été mise en œuvre par le Maroc qui a annoncé au Comité qu’il la rejetait en tous points.
 
Notes :
• [1] Notre requête aux rapporteurs spéciaux de l’ONU est en pièce jointe et peut être consultée en suivant ce lien : https://www.acatfrance.fr/public/communication_rs_gdeim_izik.pdf
• [2] L’ACAT a saisi les rapporteurs spéciaux sur la torture, sur l’indépendance des juges et des avocats, sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression et sur la droit de réunion pacifique et d’association.

jeudi 8 juin 2017

EM. Une perpétuité ne pourra occulter les 200 millions de dollars annuel du phosphate volé


Lundi 5 juin 2016, le procès des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik s’est ouvert devant la cour d’appel de Salé. Les militants sahraouis pour l'indépendance et le respect des droits mais aussi les avocats de la défense par leur absence, protestent contre ce procès inique, dont les premières audiences ont eu lieu le 13 mars 2017 après plusieurs mois de reports.

Le 6 juin dans l'espace autorisé aux manifestations sahraouies, entouré du brouhaha de sonos marocaines, les amis du condamné à perpétuité Sid Ahmed Lemjayed affirmait leur soutien et leurs revendications, parmi 80 autres manifestants.
Sur les panneaux on pouvait lire : "Agrium shame on you", "Le phosphate est sahraoui, il est à notre peuple"
Sid Ahmed Lemjayed est président du CSPRON, comité de soutien au plan de paix et de protection des ressources naturelles au Sahara Occidental.

Interrogé, Mohamed Jaaim, secrétaire général de CSPRON a affirmé : "je dénonce le pillage systématique des ressources naturelles au Sahara Occidental par le Maroc et ses complices, en particulier le phosphate, élément indispensable dans l’agriculture mondiale. 
Sid Ahmed a été condamné à perpétuité parce qu'il a pris position politiquement, et non pour des actes qui n'ont jamais été prouvés. 
Nous avons créé le CSPRON en 2005 et depuis cette date et même avant il affirme que l'occupation de notre pays a pour but le pillage de nos ressources naturelles, et que c'est totalement illégale parce que nous ne sommes pas d'accord. Voila pourquoi il a été condamné si lourdement. Le noeud du problème est là, la volonté de s'approprier nos ressources et notre refus catégorique. 
Nos pancartes saluent aussi le gouvernement d'Afrique du Sud qui a arrêté une cargaison de phosphate sahraoui représentant environ 6 millions de dollars, et va juger le 9 juin de sa propriété. Ce navire allait vers la Nouvelle Zélande pour une coopérative qui s'appelle Ballance Agri-Nutrients. Un autre navire d'une cargaison similaire a été arrêté à Panama, lui allait vers le Canada, pour la compagnie Agrium. Ces seuls deux navires valent probablement 12 millions de dollars. Par comparaison le Programme alimentaire Mondial donne l'équivalent de 7,9 millions de dollars pour les campements de réfugiés où survivent nos familles. 
Nous, le peuple sahraoui, nous ne sommes pas des mendiants pourtant et nous pourrions vivre en paix sans demander d'aide à personne si nous étions libre sur notre terre."
 

Jaaim est un ancien employé de Phosboucraa. Il a été envoyé vers le Maroc en 2006 en raison des ses activités syndicales.
 

Selon l'Observatoire international des ressources du Sahara Occidental, WSRW, le phosphate extrait de la mine sahraouie de Boucraa par l'OCP marocain représente 200 millions de dollars pour l'année 2016. L'Onu et, en décembre dernier, la cour de justice européenne, ont dit clairement que les phosphates et tout autre ressource du Sahara Occidental, renouvelable ou non, ne sont utilisables qu'à la condition de la consultation et l'accord du peuple sahraoui.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 7 juin 2017


jeudi 18 mai 2017

ACAT. Procès de Gdeim Izik : la défense se retire


ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - Communiqué de presse

Maroc - Procès de Gdeim Izik : la défense se retire du procès, deux avocates françaises expulsées du tribunal

Deux avocates françaises de la défense dans le procès de Gdeim Izik, Maître Olfa Ouled et Maître Ingrid Metton, ont été violemment expulsées de la Cour d’appel de Rabat lundi 16 mai dans l’après-midi.

Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « cet épisode choquant n’est que le climax d’un procès que les magistrats n’essaient même plus de faire passer pour équitable. Entre la comparution de faux témoins, la partialité manifeste de la Cour, les interrogatoires sur la base d’aveux signés sous la torture et la réalisation d’expertises médico-légales truquées pour écarter les allégations de torture des accusés, il ne se trouve plus personne d’un tant soit peu honnête pour louer la qualité de la justice dans ce procès »

Le 16 mai, lassés par de longs mois d’un procès marqué par une iniquité manifeste, les accusés et leurs avocats marocains et Sahraouis ont annoncé leur volonté de ne plus participer à ce qu’ils estiment être un simulacre de procès. Les avocates françaises représentant les accusés ont demandé d’adresser un mot à la cour, comme venaient de le faire leurs confrères, avant de donner leur décision sur leur retrait. Le président a refusé, ordonnant aux avocates de répondre uniquement par oui ou par non. Devant le refus des avocates françaises de répondre de cette manière, le président a annoncé qu’il faisait acter d’office leur retrait et a ordonné leur expulsion de la salle d’audience.

Les avocates françaises ont voulu contester cette décision inique ; les policiers ont saisi Me Olfa Ouled par le bras pour la trainer jusqu’à la porte et ont poussé violemment Me Ingrid Metton jusqu’à la sortie de la salle. Me Ouled souffre d’une élongation et d’un hématome au bras.

Les accusés ont été l’objet de nombreuses atteintes au droit à un procès équitable depuis la première audience du procès en appel, le 26 décembre 2016. Parmi les dernières en date, des témoins de l’accusation apparus mystérieusement sept ans après les faits et qui ont formellement identifié des accusés sur commande dans la salle d’audience après avoir été pourtant incapables de les décrire physiquement lors de leur interrogatoire précédent l’identification. Certains témoins ont assuré avoir vécu une vingtaine de jours dans le camp de Gdeim Izik mais ont été incapables de citer les noms des personnes avec qui ils ont vécu. L’un d’eux a même assuré avoir vu Naâma Asfari dans le camp le 8 novembre 2010, alors que ce dernier avait été arrêté la veille…

En outre, les avocats des accusés ont reçu les rapports d’expertises médico-légales réalisées sur 16 des 24 accusés qui allèguent avoir été torturés pendant leur garde à vue. Ces expertises, prétendument menées conformément aux standards internationaux définis par le Protocole d’Istanbul, ont été analysées par des experts internationaux qui ont relevé des erreurs essentielles flagrantes, entachant totalement la crédibilité et donc la validité desdits rapports.

Pour rappel, les 24 accusés ont été arrêtés, torturés et condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en 2010. Les condamnations ont été prononcées le 16 février 2013 par le tribunal militaire à l’issue d’un procès inique marqué notamment par le refus d’entendre les témoins cités par la défense et d’ordonner une expertise médico-légale concernant les allégations de torture des accusés. Les noms des victimes que les accusés sont présumés avoir tuées n’ont même pas été mentionnés lors du procès. Le 27 juillet 2016, la cour de cassation a cassé le jugement et renvoyé les accusés devant la cour d’appel de Rabat.

Contact presse :
Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr

samedi 10 septembre 2016

Appel à libération immédiate de prisonniers politiques sahraouis



Appel pour la libération immédiate des prisonniers politiques sahraouis
du groupe de Gdeim Izik

Les 21 prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik sont incarcérés à Rabat-Salé, au Maroc, depuis novembre 2010, bientôt 6 ans, à plus de mille kilomètres de leurs lieux de résidence et de leurs familles, à plus de mille kilomètres de l’endroit où ils sont censés avoir commis les faits qui leur sont reprochés : le Sahara occidental, territoire non autonome occupé de force par le régime marocain depuis 1976.

En février 2013, leur procès devant un tribunal militaire a eu lieu à Rabat. Ils y furent condamnés à de très lourdes peines (de 20 ans à perpétuité), sans autre preuve que des aveux obtenus sous la torture, sans témoins, sans indice matériel, sans autopsie des corps des victimes, avec le refus du Président du tribunal de donner suite à leurs dénonciations de tortures et de viols. Un jugement inéquitable, dénoncé par de nombreux observateurs au procès, par les ONG comme Amnesty International, Human Rights Watch, l’Association Internationale des Juristes Démocrates, le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme, en France par l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) ou le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement), et par les associations marocaines de défense des droits humains, l’AMDH et l’ASDHOM.

Mais cette injustice est amplifiée par d’autres éléments : les pourvois en cassation déposés par les avocats au lendemain du procès auraient dû, selon le code de procédure pénale marocain lui-même, être instruits dans un délai maximal de trois mois. Ce n’est finalement que le 27 juillet dernier, soit plus de trois ans plus tard, que la Cour a annoncé la cassation du procès. Ce maintien prolongé en détention, sans justification, est inique.

Il y a ensuite la motivation donnée à la cassation du procès de 2013: l’incompétence de la juridiction militaire. Or, si incompétence il y a, elle existe depuis l’origine, c’est-à-dire depuis le mandat d’amener d’El Aïoun à Rabat émis par un juge d’instruction militaire ; ce mandat est donc nul et non avenu pour les 21 détenus, de même que le mandat de dépôt émis lui aussi par le juge d’instruction militaire.

Après cette annonce de la cassation, le maintien en détention des 21 de Gdeim Izik est donc totalement arbitraire. C’est pourtant le moment qu’a choisi l’administration centrale des prisons marocaines pour déménager le 31 août, sans préavis, les militants sahraouis vers la prison d’El Aarjate, située à une dizaine de kilomètres, sans ménagement, en particulier pour leurs conditions de santé, et en confisquant leurs quelques biens. Leurs familles, qui avaient droit de visite quotidienne à la prison de Salé 1, ne l’auront plus qu’une fois par semaine d’après ce qui leur a été dit.

Bref, de nouvelles brimades et humiliations pour des prisonniers politiques dont le seul « crime » avéré est d’être actifs en faveur de l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, et alors que tout ce que l’appareil judiciaire marocain a tenté de mettre en place est frappé d’invalidité. Les faux semblants ne servent qu’à gagner du temps. Ils doivent cesser. 
 
Les 21 prisonniers du Groupe de Gdeim Izik doivent être libérés immédiatement et sans condition !

Premières associations signataires, le 7 septembre 2016 :
Association de la Communauté sahraouie en France, Association des Sahraouis en France, AFAPREDESA (Association des Familles de prisonniers et disparus sahraouis), AFASPA (Associations française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique), Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique, Droit Solidarité, Plateforme pour la solidarité avec le peuple du Sahara occidental, CORELSO (Comité pour le Respect des Libertés et des droits humains au Sahara occidental), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)

mercredi 30 mars 2016

1976-2016, 40 années d'exil, 40 années d'occupation

1976-2016, 40 années d'exil, 40 années d'occupation
«Sahara Occidental, dernière colonie d’Afrique, urgence Référendum ! »
Les Sahraouis doivent enfin pouvoir exercer leur droit à l’autodétermination.
C’est le sens de l’appel de la pétition internationale lancée depuis le 1er janvier 2016, appel que vous trouverez sur http://www.westernsahara-referendum.org/?section=2&lang=fr

Sachez que depuis le 1er mars, 13 des 21 prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, incarcérés dans la prison militaire Rabat-Salé sont en grève de la faim illimitée ; ils se sont engagés dans cette action au nom de tout le groupe qui comporte des prisonniers malades ou très affaiblis par la détention et les mauvais traitements depuis novembre 2010 ou avant. La situation des grévistes se détériore chaque jour. Ils ne bénéficient d’aucun suivi médical ou sanitaire, bien que requis par le droit international.

Ces prisonniers politiques sahraouis demandent :
- leur transfert à la prison d’El Aaiun, à proximité de leurs familles dont ils sont éloignés de plus de 1200 km depuis plus de 5 ans ;
- l’annulation du jugement du tribunal militaire de Rabat de février 2013, qui les a condamnés, eux qui étaient tous des civils, a des peines extrêmement lourdes (de 20 ans à perpétuité), sur la seule base d’aveux obtenus par la police ; leurs allégations d’avoir été soumis à des actes de torture pour obtenir ces aveux n’ont fait l’objet d’aucune enquête par les magistrats du tribunal militaire ;
- leur libération immédiate suivant cette annulation ;
- un nouveau procès devant un tribunal civil, si besoin est.

Les autorités marocaines n’ont pas encore bougé à ce jour ni répondu à ces demandes.

Par contre, elles viennent de prendre la décision de réduire leur participation au fonctionnement de la Minurso, mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental. Cette mission onusienne créée en 1991 est la seule mission de l'ONU au monde qui n’est toujours pas autorisée à contrôler le respect des droits de l’homme et à enquêter sur leurs violations dans ce « territoire non-autonome », malgré les demandes régulières des Sahraouis, les appuis de diverses organisation non gouvernementales et de nombreux pays, y compris le Parlement européen en décembre dernier favorable à cet élargissement.

Cette décision marocaine est probablement destinée à faire pression sur le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon - dont le mandat finit cette année -, avant la remise du rapport annuel de son envoyé spécial, Christopher Ross, aux membres du Conseil de sécurité en avril prochain.

Notons néanmoins que le 10 décembre 2015, le tribunal de la Cour européenne de justice a prononcé l'annulation de l'accord UE-Maroc relatif aux mesures de libéralisation réciproques en matière de produits agricoles, de produits agricoles transformés, de poissons et de produits de la pêche, du fait de l'exploitation de ces richesses dans un territoire encore «occupé», le Sahara Occidental !!

Constatons enfin l'attitude contradictoire du peuple marocain et de sa diaspora qui soutiennent les Palestiniens mais s’accoutument sans état d’âme à l'occupation du Sahara Occidental.
Les marocains seraient-ils encore victimes d'un régime totalitaire et de sa propagande mensongère multiforme dans les médias de leur pays, victimes du silence de la plupart des médias en France, mais aussi victimes de l'hyperactivité des lobbies dans les antichambres de Bruxelles ?

M. BRUN, citoyenne française

Le 30 mars 2016

jeudi 1 octobre 2015

Conférence/débat à Rabat (Maroc) le 8 oct 2015 à 17 heures


Antidote Editions (www.antidote.be), le Comité Free Ali Aarrass (www.freeali.eu) et l’Association marocaine des droits humains (http://www.amdh.org.ma/fr)
 vous invitent

Jeudi 8 octobre 2015 à 17 heures Rabat Maroc

Au siège de l'AMDH
Imm6, App 1, rue Akensous,  sur Avenue Hassan II,  Rabat.
 
Conférence/débat autour du livre
 « Marraine des deux plus anciens prisonniers politiques marocains » de Marie-Jo Fressard
 et
 de l’affaire Ali Aarrass
en grève de la faim depuis le 25 août à la prison de Salé II

Avec la participation de
Marie-Jo Fressard, auteure
Luk Vervaet et Farida Aarrass du Comité Free Ali
Khalil Idrissi et Lahcen Dadsi, avocats d’Ali Aarrass

vendredi 18 septembre 2015

Apso répond à Milena Rampoldi pour ProMosaik

Sahara Occidental : "Une occupation coloniale qui dure depuis 40 ans"
Interview de l'association APSO

Commander le livre:
apsolument@yahoo.fr
15 € (+ frais de port si envoi)


par Milena Rampoldi, ProMosaik e.V.
Un entretien très important avec François de l’association APSO, Amis du
Peuple du Sahara Occidental, une association française qui a pour but de faire connaitre la tragédie de l’occupation marocaine du Sahara Occidental. L’association représente une source d’information essentielle sur ce pays tombé dans l'oubli. ProMosaik e.V. vient de parler avec François pour lui poser de questions sur l’association et ses activités, sur la situation du pays et sur les similarités avec la PALESTINE. Il faut lutter pacifiquement pour permettre la décolonisation du Sahara Occidental et son indépendance. Au nom de l’anti-impérialisme il faut s’opposer à cette occupation et à l’injustice. Et il faut aider les prisonniers politiques sahraouis. 

Milena: ProMosaik voit la question du Sahara Occidental comme une question coloniale. Le peuple du Sahara Occidental a le droit de vivre en liberté et dans son identité culturelle. Que vous pensez de cela ?
François : Votre formulation est intéressante, parce que dans la question sahraouie, ce que nous pensons ou considérons personnellement n’est pas très important puisque c’est une question de droit international. Les Nations Unies disent et répètent depuis 1963 que le Sahara Occidental est un territoire à décoloniser et que le peuple sahraoui, qui l’a toujours revendiqué, a le droit d’autodéterminer son avenir et celui des ressources de sa terre, ce qui veut dire aussi le droit de choisir pour l’indépendance. Choisir de parler sa langue, la Hassanya, et de vivre selon sa culture ancestrale nomade… Le Sahara Occidental était depuis 1884 une colonie espagnole. Le mouvement de décolonisation de l’Afrique valait aussi pour ce territoire. La Cour Internationale de Justice l’a réaffirmé en 1975 juste avant l’invasion du territoire par le Maroc et la Mauritanie. L’Assemblée Générale de l’ONU l’a répété en 1979 quand la Mauritanie s’étant retirée et ayant reconnu la République Sahraouie, le Maroc a persisté dans son occupation militaire et a tenté d’envahir tout le territoire, en construisant dans les années 80 un mur de défense qui fait maintenant plus de 2500 km de long.
La charte de l’ONU, et particulièrement le chapitre 73 (chapitre XI) pose précisément les devoirs des colonisateurs, envers le peuple, envers la terre et les ressources qu’ils occupent. Ils « reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires. Ils acceptent comme une mission sacrée l'obligation de favoriser dans toute la mesure possible leur prospérité, dans le cadre du système de paix et de sécurité internationales établi par la présente Charte » … voir http://www.un.org/fr/documents/charter/chap11.shtml
Chaque année, l’ONU répète donc que les Sahraouis ont le droit à s’autodéterminer, et jamais le référendum d’autodétermination n’a encore eu lieu. Le blocage vient du Maroc qui, depuis la signature du cessez le feu en 1991 dont c’était la condition, ne tient pas l’engagement pris. Si l’ONU a pris en compte cette volonté de destin sahraoui, c’est que le peuple l’a manifesté, qu’il s’est organisé. En effet, les mouvements de résistance des Sahraouis - quelques soient leurs formes - contre les envahisseurs ont toujours existé, d’abord contre l’Espagne, puis contre les deux nouveaux occupants. Maroc et Mauritanie.
En 1973, les Sahraouis refondent un mouvement de résistance qu’ils appellent le front Polisario, Front pour la libération de Saguia el Hamra et Rio de Oro. En 1976, au lendemain de l’annonce officielle de son départ par l’Espagne, les Sahraouis proclament en exil leur République, la RASD.
Géographiquement, le territoire dont les frontières sont internationalement reconnues est actuellement et depuis la fin des années 80, coupé en deux par le mur évoqué plus haut. C’est un mur militaire marocain, technologiquement très équipé, un mur de défense de la partie dans laquelle le Maroc exploite et pille pour son compte les ressources naturelles du Sahara Occidental. Là encore le droit international ne laisse pas matière à interprétation.
En 2002, Hans Corel, conseiller juridique et secrétaire général adjoint de l’ONU a rendu un avis portant spécialement sur les ressources minérales du Sahara Occidental, leur exploration et exploitation, reprenant les règles du droit international. Sa conclusion était que pour utiliser les ressources naturelles du territoire sahraoui il fallait l’avis et l’autorisation du peuple et que cela soit pour son bénéfice. Cela vaut pour toutes les ressources du territoire. Cette partie occupée représente les ¾ du territoire à l’ouest, côté océan. La partie gérée par les Sahraouis est à l’est, côté désert.
Le territoire dans son ensemble est encore largement pollué des restes de la guerre, mines terrestres et autres engins explosifs, et donc très dangereux. Le mur est un vrai mur, qui sépare les familles sahraouies qui vivent sur leur terre, ou en territoire libéré et à proximité en exil en Algérie comme réfugiés. Concrètement donc les Sahraouis vivent actuellement dans les territoires libérés, en exil, ou dans les territoires occupés militairement par le Maroc, à l’ouest du mur.
De 160 à 200 000 Sahraouis vivent dans les campements de réfugiés, dans le désert salin et aride du sud ouest algérien, proche de la ville de Tindouf, en total dépendance de l’aide humanitaire internationale et dans des conditions extrêmes, 50° d’amplitude thermique, aucune végétation… En territoire occupé, les Sahraouis qui revendiquent leur nationalité le font au risque de leur liberté et parfois de leur vie. Les discriminations par la puissance coloniale sont quotidiennes dans tous les domaines, et les droits humains des Sahraouis bafoués dans tous leurs articles, nous en parlerons plus après dans ce texte.
Cette situation bloquée depuis 40 ans est possible parce que les puissances occidentales la tolèrent et ne font pas suffisamment prévaloir l’impératif du respect du droit international. La France notamment, tout en affirmant que le conflit doit se régler dans le cadre du plan de paix de l’ONU soutient tacitement le Maroc, même au pire de ses exactions, et sans aucune cohérence avec les valeurs nationales de notre pays des droits de l’homme.

 Milena : Quel sont les objectifs principaux de votre organisation ?
François : APSO, les Amis du Peuple du Sahara Occidental, est une association française de solidarité avec les Sahraouis, Nous avons deux axes, l’information et la solidarité directe aux Sahraouis. Nous informons les francophones sur la question du Sahara Occidental par des textes d’actualité ou d’analyse publiés sur les blogs Apso, des contributions dans des médias engagés ou sans concessions comme les vôtres. Nous venons aussi de contribuer à un dossier Sahara Occidental qui paraitra dans le prochain Afrique en Lutte ». Nous assurons des conférences pour tous publics et sur les différents domaines de nos interventions, des débats…
Nous avons aussi réalisé et produit un film documentaire « L’autre côté du mur » (2011) grâce aux compétences d’un de nos membre, Denis Véricel. Ce film documentaire est un support que nous utilisons pour nos conférences, et qui peut aussi s’acquérir en DVD pour des projections privées de ceux que ça intéresse. Et nous avons publié cette année un ouvrage collectif rassemblant des textes que des spécialistes et témoins directs ont écrit à notre demande, c’est « Lutter au Sahara ». C’est aussi Denis qui a coordonné cet énorme travail. Nous y consacrons une partie de cet article plus loin.
La solidarité directe avec les Sahraouis est multiforme, et tient compte de ce que nous avons des compétences mais très peu de moyens financiers. Nous partageons donc avec les Sahraouis connaissances et expériences, avec ceux qui sont en exil en France, dans les campements de réfugiés, où nous soutenons plus particulièrement les démarches en direction de la jeunesse, ou en territoire occupé où nous soutenons les média locaux sahraouis. Nos thématiques d’intervention sont le sport, les arts, les sciences, la culture, les ressources naturelles, l’information et les problématiques jeunesses, la question en général…
Milena : ProMosaik part de l’idée que pour changer quelque chose il faut de l’information engagée, et qu’il faut se mettre en réseau. Comment est-ce que vous pratiquez ça dans votre organisation ?
François : APSO est une association et un réseau. Nous essayons de partager entre nous les actions que nous menons, les courriers, documents, nos expériences, connaissances… ce que nous produisons. Il nous semble plus efficace de ne pas toujours refaire un travail déjà fait, et de garder l’énergie pour autre chose. Nous essayons d’entrer en contact avec d’autres organisations, et de créer et garder des relations, pour croiser les problématiques et occasions d’action. Et nous appartenons au réseau international WSRW, Western Sahara Resource Watch, qui est un observatoire des ressources naturelles du Sahara Occidental. Nous sommes coordinateurs pour la France et de fait spécialistes ici de cette question. Travailler en réseau n’est pas évident, et représente un investissement, mais qu’il faut effectivement faire pour espérer faire changer les choses.
Milena : Parlez à nos lecteurs de votre publication « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental ».
François :  « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental » est un ouvrage très important, et qui fait référence sur la question du Sahara Occidental. L’ouvrage a été édité par APSO en avril 2015, avec les encouragements de Noam Chomsky. Les auteurs des 15 articles sélectionnés pour cet ouvrage sont des témoins ou spécialistes directs, qui proposent leur récit ou analyse. Ce sont : Denis Véricel, Edouardo Galeano, Francesco Bastagli, Anna Theofilopoulou, Oliver Quarante, Bill Fletcher Jr, Jacob Mundy, Vincent Chapaux, Ayad Ahram, Juan Soroeta, Jeffrey Smith, Erik Hagen, Alice Wilson, Tara Deubel, Sebastien Boulay, Mohamed Mouloud Mohamed Fadel.
Les chapitres et thématiques sont : Géopolitique du conflit, Le Maroc face au Sahara Occidental, Le Droit - Les ressources naturelles, Regards anthropologiques Les titres des textes : Murs, Fragments du Sahara Occidental, La saga du Sahara Occidental continue aux Nations Unies : Un point de vue de l’intérieur, Le rôle de la France, La lutte au Sahara Occidental : dépasser son invisibilité aux États-Unis, Les Colons marocains au Sahara Occidental : Colonisateurs ou cinquième colonne? , Le rôle de la monarchie dans la fabrique de l’opinion publique marocaine, Sur le conflit du Sahara Occidental et les Droits de l’Homme dans la région, Palestine et Sahara Occidental : Analyse comparative des deux conflits et du droit applicable, L’appropriation du Sahara : Le rôle des ressources naturelles dans l’occupation du Sahara Occidental, Le poisson passe avant la paix, Comment sont organisées les élections dans les camps de réfugiés sahraouis?, Identité sahraouie et intégration des minorités : Point de vue des étudiants sahraouis vivant au Maroc, Résister par la culture, résister pour sa culture. La poésie sahraouie face aux politiques d’occupation du Maroc au Sahara Occidental, Notre jeunesse sahraouie.
Après avoir lu l’introduction et le très beau texte d’Eduardo Galeano qui le suit, il est possible de lire le livre dans l’ordre que l’on veut, selon ses intérêts premiers.
Milena : Comment on peut connecter la question du Sahara Occidental aux autres mouvements anti-impérialistes comme par exemple en Palestine ? Quels sont les points communs ?
François : Les questions sahraouie et palestinienne ont effectivement de grandes similitudes au regard du droit international. Colonies, pratiques coloniales, colons, mur, pillage des ressources naturelles, guerre et bombardements, mines terrestres … Israël et Maroc assoient leur occupation illégale des territoires de Palestine et Sahara Occidental sur une violation constante des résolutions de l'ONU. L’information est très contrôlée dans les deux cas, les médias ou délégations d’étrangers ne peuvent travailler ni attester par leur venue dans les territoires occupés. Une version officielle subjective est diffusée avec insistance, et reprise au niveau international. Cette version ne parle jamais de la répression brutale, des enlèvements, tortures, assassinats, incarcérations arbitraires et abusives… des infrastructures construites pour les colons et militaires, leurs présences, leur maintien, bâtiments dans les villes les ports, les routes et les murs de défense.
Les droits humains violés au Sahara Occidental, que nous avons évoqués ci-dessus, le sont aussi en Palestine. Dans notre ouvrage « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental », Juan Soroeta propose une analyse comparative des deux conflits et du droit applicable. Cela peut permettre d’approfondir pour ceux qui le souhaitent.
Au niveau populaire, et pour ce que nous avons pu contraster, les Sahraouis rencontrés dans les campements ou en territoire occupé du Sahara Occidental sont très au fait de l’actualité de la Palestine, attentifs, inquiets et solidaires. Nous ne savons pas si la réciproque existe. Les échanges dont nous avons connaissance ont lieu en diaspora. La très belle rencontre entre le réalisateur palestinien devenu anglais, Saeed Tajy Farouki, et l’athlète sahraoui Salah Amaidan, a donné le poignant film « The Runner », Regard d’un Palestinien sur un Sahraoui… En France les nombreux militants de la cause palestinienne sont à l’écoute de ce nous expliquons du problème sahraoui similaire, mais ils ont beaucoup à faire. Peut-être serait-il intéressant de faire plus d’actions - sensibilisations communes, comme une action pour la journée des prisonniers politiques où l’attention avait été attirée conjointement sur Kurdes, Palestiniens et Sahraouis.
Milena : Quelles sont les violations des droits humains les plus importantes en Sahara Occidental ?
François
: La première des violations des droits humains des Sahraouis est celle du non respect de l’autodétermination du peuple. De là découlent toutes les autres. En territoire occupé, le colonisateur marocain use de tous les artifices « classiques » d’un occupant pour priver le peuple de sa dignité, pour tenter de le faire disparaître, et par le pillage de ses ressources naturelles en lui confisquant son avenir. Pour développer en quelques lignes, et considérant les 30 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, on peut ajouter les aspects suivants. Les Sahraouis en territoire occupé n’ont donc pas le droit d’exprimer leurs pensées si elles ne suivent pas la ligne officielle marocaine qui nie leur existence. Ils n’ont pas le droit d’utiliser leur langue, de suivre leurs coutumes, de donner à leurs enfants les prénoms qu’ils souhaitent. Ils ne peuvent pas posséder leur terre, choisir librement leur travail et y être traités équitablement, ils ne peuvent développer leur personnalité sous un régime de peur, espionnage et délation…
Certains Sahraouis reçoivent une allocation de survie accordée par le Maroc pour le prix de leur docilité, et à cette condition, leur indignité. La discrimination quotidienne, violence psychologique, côtoie la violence physique sur les Sahraouis. La violence, la torture et l’assassinat, les arrestations et incarcérations arbitraires, les procès truqués, et aveux extorqués sous la torture sont des pratiques courantes. L’iniquité de la justice marocaine garantit de fait l’impunité aux Marocains, policiers, militaires ou civils qui agressent des Sahraouis.
 
Milena : Parlez-nous de la souffrance des prisonniers politiques
François : Il n’est pas facile de parler de la souffrance des prisonniers politiques sahraouis parce qu’eux-mêmes sont très discrets et pudiques sur leurs ressentis, leurs vécus et quand nous arrivons à être en contact direct avec eux, ils s’inquiètent plus volontiers de notre santé que de nous livrer les difficultés de leur quotidien. Néanmoins, être condamné pour ses opinions, ou en fonction de ses opinions politiques est une injustice fondamentale. Les familles sahraouies ne s’y trompent pas qui fêtent le retour de leurs parents libérés comme des héros quand ils ont purgé la peine qui leur a été imposée pour leurs activités en faveur du respect du droit dû à leur peuple. Nous savons que les prisonniers sahraouis sont particulièrement maltraités dans les prisons marocaines. Ils sont incarcérés avec les prisonniers de droits communs puisque le Maroc nie la présence de prisonniers politiques – Sahraouis et Marocains – dans ses prisons. Ils sont brimés, dévalisés, torturés, mis au cachot aux premiers prétextes… Des membres de notre association ont plus particulièrement soutenu ou parrainé des jeunes hommes pour lesquels des articles ont été écrits. Ce sont Salek Laasairi, condamné à perpétuité, Hassan Dah, condamné à 30 ans après Gdaym Izik, et Saleh Amidan, maintenant libéré après 10 ans de prison. Pour Salek, lire http://apsoinfo.blogspot.fr/2014/05/em-38-jours-sans-manger-pour-protester.html et http://ap-so.blogspot.fr/2014/04/destin-brise-double-peine.html, pour Hassan http://apsoinfo.blogspot.fr/2013/03/hassan-dah-sahraoui-prisonnier.html et pour Saleh http://apsoinfo.blogspot.fr/2012/08/info-em-les-sahraouis-prisonniers.html et http://apsoinfo.blogspot.fr/2012/09/appel-de-jeunes-prisonniers-au-maroc.html.
Saleh avait fait parvenir un message à son cousin lui aussi incarcéré pour ses actes politiques et sorti avant lui, ce sont quelques mots presque poétiques qui sont lisibles ici :
Les prisonniers sahraouis de droit commun emprisonnés à la Prison Noire de El Aaiun, outre des conditions d’incarcérations inacceptables et proches de l’insalubre, subissent eux aussi des violences de la part des autorités coloniales. Les journalistes sahraouis de l’Équipe Média en ont récemment fait état dans un article qui est disponible dans sa traduction en français en suivant ce lien : http://apsoinfo.blogspot.fr/2015/08/abus-et-violences-la-prison-noire-el.html.

dimanche 2 février 2014

EM. Prisonniers politiques, manifestation et bléssés : la resistance sahraouie



Informations sur les prisonniers politiques sahraouis, 31 janvier 2014

Procès
Jeudi 30 janvier 2014, la cour martiale permanente à Rabat a reporté le procès du prisonnier politique sahraoui M'barek Daoudi sin die parce qu’il ne pouvait pas être présenté le fusil de chasse confisqué, motif de l’arrestation, et gardé maintenant dans la caserne militaire à Guelmim au sud du Maroc. La famille du prisonnier, des observateurs et des défenseurs sahraouis des droits de l'homme ont été interdit d'entrer dans la salle d'audience par les autorités militaires, sans que la cour ne leur présente des arguments.
Selon notre correspondant, le prisonnier est entré dans le tribunal en faisant le signe de la victoire et en criant des slogans politiques tels que « aucune alternative à l'autodétermination » et « l'Etat sahraoui indépendant est l'unique solution ». Selon le code judiciaire militaire marocain il faudra attendre 3 mois avant que soit fixée une date précise pour le jugement. Le prisonnier était défendu par 3 avocats sahraouis venus d’El Aaiun occupée.

Prison noire, El Aaiun occupée
Mahjoub Chaikh et  Loumadi Abdesalam, deux prisonniers politiques sahraouis ont entamé Jeudi 30 janvier 2014 une grève de la faim illimitée.
Mahjoub Chaikh pour protester contre les actes de l'administration pénitentiaire qui le prive de son droit de visite de sa famille depuis trois mois. Il proteste aussi contre sa privation de droit à lire les journaux et les livres. Mahjoub Chaikh a été condamné à trois ans en prison ferme pour avoir participé aux manifestations sahraouies de Dakhla le 28 septembre 2011. Il a toujours nié tous les accusations, « constitution d’un gang criminel, complicité d’assassinat, violence contre des agents de l'état, destruction de biens public », mais a confirmé qu'il était alors à Dakhla pour commencer ses activités en tant qu'un militant des droits de l'homme.
Loumadi Abdesalam a entamé sa grève de la faim le 24 janvier 2014 à son arrivée en prison ou il est en attente de jugement, pour protester contre l’absence d’instruction de la  part du procureur général d’une enquête sur la torture qu'il a subi dans le centre de la police à El Aaiun. Selon sa mère qui a pu le visiter, il est en cellule d’isolement et n’a accès à rien. La famille de Loumadi Abdesalam a dénoncé auprès la cour d'appel la décision du procureur général. La cour d’appel a refusé de recevoir la plainte. Il faudrait selon les informations données aux parents que « le prisonnier écrive sa plainte pour l’absence d’enquête sur la torture et la donne à l'administration pénitentiaire ». La mère a précisé que c’était impossible puisque le prisonnier n’a pas le droit à du papier ni un stylo.

Prison de Ait Meloul, Maroc
Le prisonnier politique sahraoui Amidan Chaikh a entamé vendredi 31 janvier 2014, une grève de la faim de 48 heures pour protester contre le harcèlement permanent des gardiens de la prison contre lui. Mercredi dernier, des agents ont saccagé sa cellule, ont détruit et confisqué des objets lui appartenant comme des livres, des vêtements...

Après 3 jours de traitement a l'hôpital d'Agadir, les autorités marocaines ont ramenés le 31 janvier 2014, le prisonnier politique sahraoui Yahya La'aza dans sa cellule de la prison d'Ait Meloul.
M. La'aza souffre des maladies du système digestif et intestinal, et c'est la première fois que les autorités marocaines acceptent de lui faire passer des examens. M. Yahya La'aza a informé d’autre part sa famille que l'administration pénitentiaire avait fouillé sa cellule et confisqué certains de ses effets personnels.
M. La'aza a été arrêté le 28 février 2008 après une manifestation pacifique et condamné à une peine de 15 ans de prison ferme pour avoir dirigé une manifestation ayant entraîné la mort d'un policier marocain, touché à la tête par une pierre.

Prison de Tiznit, sud du Maroc
Le prisonnier politique sahraoui Moulod Fatouh a été attaqué le 28 janvier 2014 par le chef des gardiens, Abdelkarim Ben Omar. Ce dernier a frappé Moulod Fatouch avec une clé à molette, lui entaillant profondément le cuir chevelu.
EM, Sahara Occidental occupé
Le 31 janvier 2014

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Mutilé après une manifestation pacifique
Lors de sa participation a une manifestation pacifique sahraoui organisée le 15 janvier à El Aaiun occupée par la coordination des associations et comité de défense des droits des sahraouis, pour demander l'élargissement du mandat de la MINURSO, Abdelouadoud Mkeirim, 30 ans, avait été brutalement attaqué par la police, et blessé au niveau de son testicule droit.
Il avait été transporté évanoui à l’hôpital Ben El Mehdi d’ El Aaiun où un médecin marocain l’a opéré et lui a enlevé le testicule droit sans son autorisation. Sorti de l’hôpital le 18 il a cherché à protester malgré sa convalescence et en a informé les médias.
EM, Sahara Occidental occupé
Le 31 janvier 2014

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Dakhla proteste contre le pillage des ressources naturelles sahraouies
Mercredi 29 Janvier 2014, les forces d'occupation sont intervenues contre plus de 50 sahraouis rassemblés devant la Wilaya de Dakhla occupée pour revendiquer leurs droits au travail et aux logements.
Les manifestants ont soulevé des pancartes et des bannières qui dénoncent le pillage systématique des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc dans la partie occupée, et ont dénoncé également d'arrivée massive et constante de colons marocains dans les territoires occupés à qui sont fournis des emplois au détriment des sahraouis qui sont poussés et encouragés à migrer.
10 jeunes sahraouis ont été blessés lors de cette intervention.
EM, Sahara Occidental occupé
Le 31 janvier 2014


 Version arabe

أخبار المعتقلين السياسيين الصحراويين 31 كانون الثاني 2014

أجلت المحكمة العسكرية الدائمة بالعاصمة المغربية الرباط الخميس 30 كانون الثاني يناير 2014 محاكمة السجين السياسي الصحراوي مبارك الداودي إلى اجل غير مسمى بمبرر انه لم يتم إحضار بندقية الصيد المحجوزة وهي سبب الاعتقال و لايزال محتفظا بها بمقر الحامية العسكرية بكليميم جنوب المغرب .
عائلة المعتقل وعدد من المراقبين و مدافعين صحراويين عن حقوق الإنسان منعتهم السلطات العسكرية من دخول قاعة المحاكمة دون أن تقدم لهم الأسباب.
 وقال مراسلنا أن المعتقل دخل قاعة المحكمة رافعا شارة النصر وهو يردد شعارات سياسية من مثل ’’ لابديل لابديل عن تقرير المصير,, و  ’’ الدولة الصحراوية المستقلة هي الحل ,, .  المعتقل كان مؤزرا من طرف ثلاث محاميين صحراويين قدموا من العيون المحتلة .
بحسب قانون العدل العسكري المغربي  يجب الانتظار مدة ثلاثة أشهر قبل أن يتم تحديد موعد جديد للمحاكمة .

السجن لاكحل ، العيون المحتلة

دخل المعتقلان السياسيان الصحراويان أولاد الشيخ المحجوب و اللومادي عبد السلام إضرابا مفتوحا عن الطعام بدأ من يوم الخميس الثلاثين من كانون الثاني يناير .
يحتج أولاد الشيخ المحجوب ضد تصرفات الإدارة السجنية التي تستمر في منعه من الزيارة العائلية منذ ثلاثة أشهر كما يحتج ضد منعه من حقوقه المتعلقة بقراءة الجرائد والكتب .
ويقضي أولاد الشيخ حكما بالسجن لمدة ثلاث سنوات لمشاركته في مظاهرات صحراوية جرى تنظيمها في مدينة الداخلة في 28 من سبتمبر من العام 2011. نافيا التهم الموجهة له وهي ’’ تكوين عصابة إجرامية ، التواطؤ بهدف القتل ، والعنف ضد موظفي الدولة إضافة إلى تدمير الممتلكات العامة ,, ويؤكد بأنه كان موجودا بالداخلة ويقوم بأنشطته كناشط ومدافع عن حقوق الإنسان .
ويخوض المعتقل السياسي الصحراوي اللومادي عبد السلام إضرابه المفتوح عن الطعام منذ 24 من كانون الثاني يناير وهو تاريخ نقله إلى  السجن الأكحل وذلك احتجاجا على تجاهل النائب العام فتح تحقيق حول التعذيب الذي تعرض له بمقر الشرطة بالعيون المحتلة .
بحسب شهادة والدة اللومادي التي تمكنت من زيارته ، فلا يزال ابنها يقبع في زنزانة انفرادية محروما من كل شئ . عائلة الناشط الصحراوي  نددت بقرار النائب العام بمحكمة الاستئناف الذي رفض تسلم شكاية تقدمت بها والدته بمبرر انه يجب على السجين كتابة الشكاية حول طلب التحقيق بشان التعذيب الذي تعرض له وان يسلمها إلى إدارة السجن . والدة السجين أكدت بان ذلك مستحيلا طالما أن ابنها محروم حتى من الحصول على قلم وورق .

السجن المحلي ايت ملول , المغرب

خاض المعتقل السياسي الصحراوي أميدان الشيخ الجمعة 31 كانون الثاني 2014 إضرابا انذاريا عن الطعام لمدة 48 ساعة احتجاجا على المضايقة المستمرة من طرف موظفي السجن بحقه . الأربعاء الماضي قام حراس السجن باقتحام زنزانته وحطموا وصادروا بعض من حاجياته كالكتب والملابس وغيرها.....

بعد ثلاثة أيام من العلاج بمستشفى أغادير ،أعادت السلطات المغربية الجمعة 31 كانون الثاني يناير المعتقل السياسي الصحراوي يحيي اعزة إلى زنزانته بسجن ايت ملول
يعاني اعزة من الجهاز الهضمي والأمعاء ، وهذه هي المرة الأولى التي توافق  السلطات على إجرائه فحصا طبيا ، المعتقل السياسي الصحراوي اخبر أسرته بان إدارة السجن قامت بتفتيش زنزانته في غيابه وصادرت بعضا من أغراضه الشخصية .
وكان اعزة قد اعتقل في 28 من شباط فبراير 2008 عقب مظاهرات سلمية جرت بمدينة طنطان جنوب المغرب وأدين بالسجن لمدة 15 عاما بتهمة إدارته لتلك المظاهرات التي أسفرت عن وفاة شرطي أصيب بحجر على الرأس .
السجن المحلي تزنيت , جنوب المغرب
تعرض السجين السياسي الصحراوي مولود فتوح للاعتداء يوم 28 كانون الثاني يناير من طرف موظفي السجن ، قاد الاعتداء المسمى عبد الكريم بن عمر الذي ضرب السجين الصحراوي بمفتاح عجلات حديدي على الرأس ما أسفر عن إصابته بجرح بليغ .

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عاهة بعد مظاهرة سلمية

خلال مشاركته في مظاهرة سلمية جرى تنظيمها بالعيون المحتلة في 15 من كانون الثاني يناير الماضي دعت إليها تنسيقية الفعاليات الحقوقية الصحراوية للمطالبة بتوسيع صلاحيات المينورسو ، تعرض المواطن الصحراوي عبد الودود مكيريم 30 عاما الى اعتداء عنيف من طرف الشرطة المغربية  وأصيب على مستوى خصيته اليمنى.
نقل مكيريم فاقدا للوعي إلى مستشفى بن المهدي بالمدينة ، أجريت له عملية تم بموجبها تم استئصال الخصية دون موافقته ، اخرج من المستشفى في 18 من الشهر حيث حاول الاحتجاج على الرغم من ضرورة خضوعه لفترة نقاهة ,  الا انه قضل الاتصال بوسائل الاعلام  واخبارهم بما تعرض له .


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الداخلة المحتلة تحتج على استمرار نهب الثروات الطبيعية

تدخلت قوات الاحتلال المغربي الأربعاء 29 كانون الثاني يناير 2014 بشكل عنيف ضد أكثر من خمسين مواطنا صحراويا تجمعوا أمام  ولاية المدينة  للمطالبة بحقهم في الشغل والسكن .
المتظاهرون حملوا يافطات ولافتات تندد بالنهب الممنهج للثروات الطبيعية لإقليم الصحراء الغربية  من طرف المغرب ، كما نددوا أيضا استمرار تدفق المستوطنين المغربيين على المناطق المحتلة وتوفيرهم مناصب عمل وإقصاء الصحراويين بل ودفعهم وتشجيعهم من اجل الهجرة .
عشرة شبان صحراويين أصيبوا خلال التدخل " انظر الصور"

الفريق الإعلامي الصحراوي
31 كانون الثاني يناير 2014