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jeudi 18 mai 2017

ACAT. Procès de Gdeim Izik : la défense se retire


ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - Communiqué de presse

Maroc - Procès de Gdeim Izik : la défense se retire du procès, deux avocates françaises expulsées du tribunal

Deux avocates françaises de la défense dans le procès de Gdeim Izik, Maître Olfa Ouled et Maître Ingrid Metton, ont été violemment expulsées de la Cour d’appel de Rabat lundi 16 mai dans l’après-midi.

Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « cet épisode choquant n’est que le climax d’un procès que les magistrats n’essaient même plus de faire passer pour équitable. Entre la comparution de faux témoins, la partialité manifeste de la Cour, les interrogatoires sur la base d’aveux signés sous la torture et la réalisation d’expertises médico-légales truquées pour écarter les allégations de torture des accusés, il ne se trouve plus personne d’un tant soit peu honnête pour louer la qualité de la justice dans ce procès »

Le 16 mai, lassés par de longs mois d’un procès marqué par une iniquité manifeste, les accusés et leurs avocats marocains et Sahraouis ont annoncé leur volonté de ne plus participer à ce qu’ils estiment être un simulacre de procès. Les avocates françaises représentant les accusés ont demandé d’adresser un mot à la cour, comme venaient de le faire leurs confrères, avant de donner leur décision sur leur retrait. Le président a refusé, ordonnant aux avocates de répondre uniquement par oui ou par non. Devant le refus des avocates françaises de répondre de cette manière, le président a annoncé qu’il faisait acter d’office leur retrait et a ordonné leur expulsion de la salle d’audience.

Les avocates françaises ont voulu contester cette décision inique ; les policiers ont saisi Me Olfa Ouled par le bras pour la trainer jusqu’à la porte et ont poussé violemment Me Ingrid Metton jusqu’à la sortie de la salle. Me Ouled souffre d’une élongation et d’un hématome au bras.

Les accusés ont été l’objet de nombreuses atteintes au droit à un procès équitable depuis la première audience du procès en appel, le 26 décembre 2016. Parmi les dernières en date, des témoins de l’accusation apparus mystérieusement sept ans après les faits et qui ont formellement identifié des accusés sur commande dans la salle d’audience après avoir été pourtant incapables de les décrire physiquement lors de leur interrogatoire précédent l’identification. Certains témoins ont assuré avoir vécu une vingtaine de jours dans le camp de Gdeim Izik mais ont été incapables de citer les noms des personnes avec qui ils ont vécu. L’un d’eux a même assuré avoir vu Naâma Asfari dans le camp le 8 novembre 2010, alors que ce dernier avait été arrêté la veille…

En outre, les avocats des accusés ont reçu les rapports d’expertises médico-légales réalisées sur 16 des 24 accusés qui allèguent avoir été torturés pendant leur garde à vue. Ces expertises, prétendument menées conformément aux standards internationaux définis par le Protocole d’Istanbul, ont été analysées par des experts internationaux qui ont relevé des erreurs essentielles flagrantes, entachant totalement la crédibilité et donc la validité desdits rapports.

Pour rappel, les 24 accusés ont été arrêtés, torturés et condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en 2010. Les condamnations ont été prononcées le 16 février 2013 par le tribunal militaire à l’issue d’un procès inique marqué notamment par le refus d’entendre les témoins cités par la défense et d’ordonner une expertise médico-légale concernant les allégations de torture des accusés. Les noms des victimes que les accusés sont présumés avoir tuées n’ont même pas été mentionnés lors du procès. Le 27 juillet 2016, la cour de cassation a cassé le jugement et renvoyé les accusés devant la cour d’appel de Rabat.

Contact presse :
Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr

jeudi 10 avril 2014

EM : Liberté d’expression et ses conséquences en territoires occupés



Mercredi 26 mars 2014, dans le quartier "les appartements rouges" prés de la rue Essmara, à El Aaiun, territoires occupés du Sahara Occidental, plus de 300 sahraouis se sont rassemblés dans une manifestation pacifique. Ils ont brandi les drapeaux de la RASD et chanté des slogans pour l'autodétermination et l'indépendance du Sahara Occidental.
La manifestation s'est élargie pour inclure la rue Essmara, le rue Mezouar, le quartier El Fath, la rue Tan Tan et le quartier Lhchicha. Les nombres des participants ont dépassé 700.

Le lendemain, à 5h45 du matin  dans le quartier "les appartements rouges", plus de 40 véhicules de police et forces auxiliaires ont encerclé la maison d'El Moujahid Mayara, un jeune activiste et ex-prisonnier politique sahraoui pour l'arrêter.
Ce groupe d'intervention dirigé par un commando est venu spécialement aux territoires occupés pour le mois d'avril. Ce groupe a pris d'assaut la maison et détruit porte et mobilier avant d'arrêter Mayara et un autre jeune activiste, Hajoub Hmaidi.
Les deux jeunes sont restés 72 heures au poste de police où ils ont été interrogés et torturés.
Moujahid Mayara a été blessé, il a du être hospitalisé, et 27 points de suture ont été nécessaires pour recoudre les blessures ouvertes qu'il avait au ventre.
Les deux militants ont comparu le 1er avril devant la cour de première instance pour les chefs d'accusation possession de drogue et d'armes blanche, désobéissance aux autorités.

Les prisonniers sont entrés dans la salle d'audience en chantant des slogans en faveur de l'autodétermination et l'indépendance du Sahara Occidental. Les policiers avaient empêché Moujahid Mayara de porter le Dar’aa, habit traditionnel  des hommes sahraouis. Le tribunal était sous haute surveillance, le quartier cerné de 10 véhicules de police. La cour a reporté le procès au 7 avril, à la demande de la défense.

Lundi 7 avril, arrivé au poste du 4ème arrondissement de la police à El Aaiun à 10h45 pour demander un certificat de casier judiciaire, Mohamed Lamin Al Idrissi, journaliste du centre sahraoui des medias et de la communication a été retenu pendant 4 heures.
Le commissaire d’arrondissement  l'a en effet informé qu'il était impliqué dans une affaire de " bagarre avec une personne " et l’a fait attendre. Le jeune journaliste a ensuite été amené à préfecture de police dans une Renault 19 banalisée.
Al Idrissi a été interrogé par un officier sur son nom, le nom de son père et sa mère, puis laissé seul dans le bureau pendant plus d’une heure. 
Un autre officier est ensuite venu l’informer qu'il y avait aucun problème sauf avec ses engagements militants. L’officier a demandé à Mohamed Lamin Al Idrissi d'arrêter ses activités de journaliste et de défenseur des droits des Sahraouis.

EM, El Aaun occupé
Le 9 avril 2014

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dimanche 17 février 2013

Procès du goupe "Gdaym Izik", le verdict



Le procès des 24 Sahraouis prisonniers politiques après la manifestation pacifique de Gdaim Izik en 2010, s'est terminé aujourd'hui 17 février avec huit condamnations à perpétuité, quatre condamnations à 30 ans de prison, sept condamnations à 25 ans et deux condamnations au temps déjà effectué en prison.

Le procès a duré neuf jours sans interruption et le verdict a été prononcé par la cour martiale aux premières heures ce matin. Les délibérations à huit clos ont duré sept heures.
 Il est probable que le verdict n’a été rendu ce matin que pour éviter les manifestations devant la cour toute la nuit, comme celles qui ont eu lieu toute la semaine.

Le verdict, pas plus que les chefs d’accusation ou la parodie de procès n’ont de réalité. Tout n’est que mise en scène, et l’objectif réel et l’atteinte à la résistance Sahraouie contre l’occupation.

En effet, alors que les détenus politiques Sahraouis ont déjà passés deux ans et trois mois en détention, ont régulièrement nié devant la cour les chefs d'accusations et ont déclaré qu'ils  avaient été torturé dans le but de leurs soustraire des aveux, le juge a refusé d'enquêter sur leurs déclarations.

Les armes présentées comme preuves de la violence des accusés ne portent  aucune trace d'empreintes des détenus. La projection vidéo présentée comme preuve elle aussi, ne permettait d'identifier aucun des accusés.

L'absence d'autopsie sur le corps des victimes et l'absence de tests d'ADN ont été certains des arguments de la défense sur la faiblesse des autres tests.

Et dernière trouvaille, le procureur du roi a présenté, comme nouvelles preuves plus «fortes» contre les accusés, des vieilles photographies de certains des accusés avec le président de la RASD.

La défense a démontré que les vraies raisons et motifs des arrestations des accusés sont leurs convictions politiques mais aucunement  leurs implications dans les incidents du 8 novembre 2010

Les verdicts pour chacun des accusés sont les suivants

Condamnation à perpétuité
SIDAHMED LEMJAYED
ABDELJALIL LEMGHAIMAD
ISMAILI BRAHIM
MOHAMED ELBACHIR BOUTENGUISA
ABDELAHI LEKHFAWNI
ABDELAHI ABHAH
AHMED SBAI
MOHAMED BANI
HASSANA ALEYA

30  ans
NAAMA ASFARI
CHAIKH BANGA
MOHAMED BOURIAL
DAH HASSAN

25  ans
DAICH DAFI
MOHAMED LAMIN HADDI
MOHAMED EMBAREK LEFKIR
MOHAMEDJUNA BABAIT
ELBAKAY LARABI
HOSSEIN ZAOUI
ABDELAHI TAOUBALI

20 ans
BACHIR KHADDA
MOHAMED TAHLIL

Peine du temps déjà effectué
 SIDI ABDERRAHMAN ZAOU
TAKI ELMACHDOUFI

20 ans de prison avec sursis
MOHAMED LAYOUBI

EM, Sahara Occidental occupé
Le 17 février 2013