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mardi 22 janvier 2019

EM. Pas d’innovation au Sahara Occidental occupé, interdictions et répressions

Parmi les déplorables poncifs d'une colonisation militaire, soit les multiples contraintes, interdictions, entraves, privations, discriminations, répressions sur la population autochtone, le Maroc ne fait preuve d'aucune originalité dans la partie du Sahara Occidental qu'il occupe illégalement par la force armée.

S'il est besoin de redire que les citoyens Sahraouis n'y sont pas libres de circuler, ou de parler, alors les faits récents sont à relater.

Un groupe de 13 civils sahraouis avisés a effectué une visite dans les campements de réfugiés sahraouis en terre algérienne, et dans le territoire libéré du Sahara Occidental géré par la République Sahraouie en exil. Leurs activités du 30 décembre au 13 janvier 2019 étaient privées et citoyennes, rencontres familiales, échanges et réflexions politiques.

De retour au Sahara Occidental, de la volonté de partager, ils ont fait le projet d'aller ensemble à Smara, Bougdour et Tantan pour rencontrer des groupes de Sahraouis intéressés. Insultés à la descente de l'avion, - et même frappé pour le coordinateur d'EM -, le groupe a ensuite rencontré des barrages policiers et militaires sur chacune de leurs routes.

À chaque fois les forces d'occupation, cocktail de militaires, policiers et agents du renseignement, les ont obligé à faire demi tour, parfois à quelques kilomètres de leur destination.
Aux commandes pour empêcher les 13 civils pacifiques d'aller à Smara, le préfet Hassan Abou Dahab et le Pacha, escortés de 30 véhicules de police, force auxiliaires et les forces paramilitaire.
Sur la route de Bougdour, 150km au sud de El Aaiun, au poste de contrôle «  Agtti El Ghazi » : 5 camions de gendarmerie et deux des forces auxiliaires. Les habitants de Bougdour qui ont voulu faire le trajet inverse pour rencontrer leurs amis n’ont pas pu passer non plus.
Au poste contrôle direction Tantan, 30 véhicules de police, force auxiliaires et les forces paramilitaires.

Certains que la Minurso, instance onusienne sur place chargée de défendre au moins le droit de vote référendaire des Sahraouis, devait être informée avant que la rumeur ne déforme les faits, le groupe a décidé de rencontrer son chef Colin Stewart, et  a butté à nouveau sur un important groupe policier et paramilitaire. Personne n’a pu passer la porte.
Un policier marocain a commenté que la nation sahraouie n'arriverait jamais à rien avec une femme comme cheffe, en voyant la militante Aminatou Haidar mener la délégation. Il n'a pas voulu donner son nom aux journalistes de la délégation.

Les Sahraouis ne peuvent pas non plus librement protester en manifestant collectivement contre les multiples irrespects de leurs droits fondamentaux, quelques soient les formes administratives qu'ils aient respectées.

Ces mêmes jours du 15 au 18 janvier 2019, des Sahraouis ont tenté de protester à Smara contre la décision des députés européens d'adopter un accord commercial avec le Maroc qui inclut le Sahara Occidental, d’autres à Dakhla contre les discriminations constantes à leur égard et le pillage des ressources de leur terre occupée. Tentations réprimées…

Hélas, rien ne change au Sahara Occidental occupé.


Équipe Média, El Aaiun, le 21 janvier 2019
Sahara Occidental occupé

mardi 13 mars 2018

EM. Sahara Occidental occupé : une semaine d'arrestations et manifestations


Le 19 février 2018, Malainine Sine lycéen sahraoui de18 ans a été enlevé sur la voie publique par trois policiers marocains en civil, à environ 200 mètres de son domicile quartier les appartements rouges à El Aaiun. Il a été inculpés 23 février pour avoir lancé des pierres.
Pendant 48h de garde-à-vue il a été interrogé et torturé en vue de l’obtention d’aveux, puis il a été présenté au juge d'instruction du tribunal de première instance à El Aaiun
La famille Sine est inquiète parce qu’une détention de leur fils, footballeur talentueux, pourrait détruire ses espoirs d’évoluer et jouer à un haut niveau. Le juge d’instruction a fixé le procès au 6 mars.

Le  24 février, 40 ex-travailleurs du port de Boujdour ont manifesté à proximité du port contre leurs expulsions et leur écartement du travail. Ils demandaient à être ré-embauchés.
Ils ont travaillé comme porteurs de poissons de 2013 à 2017 et ont été licenciés en août 2017 sans explication.
Ils déchargeaient les cargaisons des bateaux vers les camions et selon eux cela représentait le déchargement de 3 600 caisses de poisson chaque jour.
Les revendications des manutentionnaires n’ont pas été entendues. 6 manifestants ont été blessés lors de  l’intervention de la police marocaine. 
Les 16 bateaux inscrits dans le port appartiennent tous aux colons marocains.

Le 25 février, dans le quartier Zemla de El Aaiun, 50 jeunes sahraouis ont pris part à des manifestations marquant le 42ème anniversaire de la proclamation de la République Arabe Sahraouie Démocratique. Les slogans et pancartes dénonçaient l'Accord de pêche entre l’UE et le Maroc. Les policiers marocains les ont dispersés de force. 7 manifestants ont été arrêtés et 20  ont été blessés.
Après 72h en garde-à-vue, les 7 ont mis en liberté provisoire sous contrôle judiciaire jusqu'au 26 mars, date de leur présentation devant le juge d’instruction.
Ils sont : Abidin Bougzatni, 20 ans ; Omar Lbhaih, 18 ans ; Mohamed Guergar, 19 ans ; Othman El Moussaoui, 18 ans ; Mohamed Mraizig, 19 ans ; Hassan Daoudi, 21 ans ; Zerouali Hamma,  17 ans.
Pendant la comparution devant le juge d’instruction, la police marocaine a bloqué les rues menant à la cour d’appel pour empêcher aux familles des détenus d'accéder au tribunal.
Les agents se sont rassemblés devant les portes de la cour et ont même empêché les fonctionnaires de rejoindre leurs bureaux. Un fonctionnaire a été agressé par des policiers.
Dans un communiqué, le syndicat régional de la justice a vivement protesté contre l’état de siège imposé à la cour d’appel et contre les agressions  des fonctionnaires et cadres de la cour par la police. Le syndicat incrimine l’officier El Alji personnellement et exige l’ouverture d’une enquête judiciaire immédiate sur les faits.

Le 27 février à Essmara occupée, environ 100  Sahraouis ont manifesté pour commémorer le 42ème anniversaire de la RASD. Ils ont bruyamment protesté contre le pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc et ses complices dans le monde.
Les forces d'occupation sont intervenues et ont jeté des pierres sur les Sahraouis qui résistaient à cette attaque. Elles ont aussi entravé les soins aux blessés.
3 femmes ont été blessées, dont Soukeina Jed Ahlu, présidente du FAFESA (Forum de l'Avenir de la Femme Sahraouie).
Lors de cette manifestation, deux  journalistes ont été attrapés par la police marocaine alors qu'il couvrait la manifestation. Ce sont Mohamed Joumaai  et Ahmed Essalami. Ils ont été relâchés après un interrogatoire d’une heure.

Équipe Média, Sahara Occidental occupé
El Aaiun, le 3 mars 2018

mardi 8 juillet 2014

EM : Haissan Mahmoud, nouvelle victime de l'atteinte marocaine à la liberté de presse


Jeudi  2 juillet le journaliste Sahraoui Haissan Mahmoud a été arrêté à l'aube par des agents de la police marocaine qui l’attendaient devant son domicile. Le 1er juillet, la TVRASD avait publié une vidéo d'une manifestation pacifique populaire à El Aaiun occupée dans laquelle le journaliste apparaissait.

Notre correspondant sur place a confirmé avoir vu El Haissan couvrir la manifestation organisée rue Tan-Tan pour célébrer joyeusement la performance sportive de l'équipe algérienne au Brésil dans la Coupe du Monde de football.

Selon ses proches, le journaliste sahraoui Haissan a été conduit à la préfecture de la police pour être interrogé, puis il a été présenté devant le procureur le lendemain, sous les accusations « entrave à la circulation, attaque des forces de l'ordre »

Samedi 5 juillet dans l'après midi les avocats de la défense ont rapporté après leur rencontre avec El Haissan avoir vu des signes de torture bien visibles sur le corps du détenu. El Haissan leur a dit d’autre part qu’il avait été intimidé et menacé par le procureur du roi qui a donné l’ordre de le transférer à la Prison Noire.

Les militants de l'intifada et en particulier les journalistes sont régulièrement et de plus en plus la cible des autorités d’occupation marocaines, qui réagissent par la répression à la diffusion de leurs témoignages objectifs sur toutes les violations qu’ils commettent contre la population civile sahraouie dans les territoires occupés. Si l’on ne considère les 4 dernières années,  après le démantèlement de Gdaim Izik, des journalistes sont incarcérés, blessés de manière à entraîner leur incapacité physique, intimidés par la violence, ou dépouillés de leurs matériels professionnels.

Le 5 décembre 2010 les autorités d'occupation ont arrêté les journalistes Bachir Khadda et Hassan Dah du groupe Equipe media qui ont été condamnés après 2 ans de détention préventive à 30 et 20 ans de prison ferme. Le 8  décembre 2010, les journalistes de l’équipe média Hayat Rguibi et Nguia El Haouassi ont été arrêtées à l'aéroport d'El Aaiun occupée alors qu’elles partaient pour l’Afrique du Sud. Elles ont été incarcérées et ont passé plus de six mois dans la  "prison noire" de El Aaiun sans jugement. Le 24 décembre 2010, Khatar Mraizig  et Mohamed Ali Sidzein, deux journalistes de l'équipe media, arrêtés à Casablanca puis transférés à El Aaiun, ont passé plus de huit mois à la "Prison Noire" sans jugement.

Hassana Alya, journaliste de l'équipe media, arrêté en janvier 2011 par la police marocaine est lui relâché après trois jours d’interrogatoire en garde-à-vue. Néanmoins, les autorités marocaines émettent un mandat d'arrêt contre lui lors de son séjour en Espagne en raison de ses activités journalistiques, le jugent par contumace avec le groupe de Gdaim Izik et le condamnent à la prison à vie. Il est depuis en Espagne et ne peut rentrer au Sahara Occidental.

Le 11 février 2014 les journalistes sahraouis Sidi Sbai, Bouamoud Bachir, Jamour Mohamed et Tobali Hafed de l'instance indépendante du media sont arrêtés au check point nord de Sidi Ifni, ville du sud du Maroc. Ils sont condamnés à des peines de 4 à 6 mois de prison ferme.

Le 29 septembre 2013, Mlle Afaf Husseini  journaliste de l'équipe média est attaquée pour une seconde fois en 6 mois par la police marocaine qui lui casse le bras. Outre le préjudice des gros frais nécessaires à l’opération faite à Agadir, elle en garde une incapacité à travailler de plusieurs mois.

Depuis 4 ans, 13 journalistes sahraouis ont été privés de leurs outils de travail, caméra photo, vidéo, enregistreurs, véhicule, confisqués ou endommagés sans contrepartie par la police marocaine. Ce sont des journalistes des équipes EM, TVRASD, Radio Maizirat, et centre sahraoui de la communication.

30 journalistes des mêmes équipes ont été frappés et blessés sérieusement, heureusement sans fractures. L’Equipe Média est solidaire de la RASD TV qui réclame la libération de son journaliste Haissan Mahmoud.

Les arrestations arbitraires, intimidations, agressions des journalistes sahraouis par les autorités marocaines d’occupation sont des atteintes à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, tout à fait contraire aux valeurs revendiquées par le régime marocain, et par les lois internationales.

EM, Sahara Occidental occupé
Le 9 juillet 2014