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mercredi 9 décembre 2020

EM. Facebook soutient le Maroc dans sa guerre contre les Sahraouis ?

Alors que le Maroc ne communique pas sur ses engagements militaires dans le conflit armé qui a repris entre son armée et l’Armée de Libération Sahraouie, ses agents cibles les moyens de communication des Sahraouis, et notamment des journalistes indépendants.

Les réseaux dits sociaux sont un des rares moyens pour les Sahraouis de se rassembler virtuellement, s’organiser et s’exprimer.

Depuis le 13 novembre, date de la reprise des combats au Sahara Occidental, les comptes de plusieurs Sahraouis, dans les territoires occupés, dans les campements de réfugiés ou ailleurs en exil, ont été ou sont temporairement - et pour des durées variables – inaccessibles ou restreints.

Dans le territoire occupé militairement par le Maroc, les bloggeurs et militants suivants ont connu des restriction ou interdiction d’utilisation de leurs comptes facebook.

El Mammia Habibi, une étudiante bloggeuse, vivant a Boujdour occupé, a été empêchée d’activité sur son compte Facebook pendant un mois suite à des « signalements ». Elle est pourtant convaincue de respecter les règles de vocabulaire et messages de ses publications. Cependant le contenu de ses informations reflète la réalité, c’est-à-dire la reprise de la guerre à cause du pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc, avec au moins la collaboration l’Europe, la Russie, la Nouvelle-zélande, l’Inde, la Chine, la Turquie…

Moulay Lehssan Douihi vit à El Aaiun occupée, il est un des blogueurs sahraouis les plus influents sur les réseaux sociaux. Il a été menacé à plusieurs reprises par messages, mais il a continué de s’exprimer sur les réseaux sociaux et de diffuser des informations sur l'évolution des opérations militaires mené par le front Polisario depuis le 13 novembre 2020.
« J’ai publié de façon respectueuse et pacifique. Mais ça ne plait pas les services marocains qui ne veulent pas que les marocains trouvent des informations sur la guerre. Ils m’ont signalé et je ne peux plus accéder à mon compte. La punition de Facebook fonde sur des fausses déclarations. Pendant 7 jours je ne pourrai pas publier ou diffuser des infos. »

Babouzayed Mohamed Said, Président de l’association sahraouie Codesa, de El Aaiun occupée a lui aussi était interdit d’activité sur son compte pendant une semaine.

Baih Jamaa est bloggeur et activiste des droits de l’homme. Il habite à El Aaiun et a été de même empêché d’activité sur son compte facebook pendant une semaine.

Isalmou Etaoubali est lui aussi bloggeur de El Aaiun et il a partagé des informations sur la guerre et les restrictions de circulation, les oppressions et surveillances imposées aux civils sahraouis depuis le 13 novembre. Il a été « signalé » et a aussi été empêché de toute publication pendant une semaine.

Les Sahraouis militants qui relaient ou écrivent des informations sont aussi visés dans le monde entier.

Said Zeroual, rédacteur en chef au site web futurosaharaui.net est interdit de publier des vidéos en direct pendant un mois sur son compte Facebook. Les publications écrites ont été bloquées pour 24 heures. Il est actif depuis la Suède.

Mohamed Limam Dih, membre d’Équipe Média, agence sahraouie de presse indépendante du territoire occupé, et vivant en Espagne, a été sporadiquement empêché de publier sur son compte Facebook. Puis il lui a été impossible d’accéder à son compte pour 24 heures.

L’administration de Facebook a justifié cette interdiction d’expression par un manquement au respect de leur charte. Néanmoins les informations publiées ne concernent que la cause sahraouie, des échanges sur le conflit et sa qualification par l’ONU d’affaire de décolonisation, comme avant la reprise de la guerre. Il est très probable que les « signalements » ayant entraîné les restrictions soient l’œuvre des services marocains, du fait que certaines vidéos dépassent le million de vue.

Bachir Mohamed El Hassan, rédacteur en chef du journalespanaenarabe.com, spécialisé sur l’immigration et le terrorisme a lui aussi été interdit de publier des vidéos en direct pendant un mois. Les supposés services marocains ont particulièrement signalé ses remarques sur la guerre et son avis du silence du Maroc sur les pertes et dégâts matériels et humains de son armée. Il vit en Espagne.

Zaini Talb, bloggeur sahraoui vivant au Canada et El Ghouth Said journaliste des camps de réfugiés pour l’Agence Sahraouie de presse n’ont pu accéder à leur comptes Facebook pendant 48 heures suites à leur publication des déclarations militaires de l ALS.

Ali Bouya Ettafah Moussa est activiste bloggeur, il vit en Espagne. Son compte Facebook a beaucoup de fans. Il donne des informations sur la guerre du mur et le silence des médias marocains. « Les réseaux sociaux sont les véritables outils qui peuvent lever toute ambiguïté sur ce qui se passe au Sahara Occidental. Je poste régulièrement les déclarations de ALPS ainsi des informations et interviews avec des combattants sahraouis. Mon but est d’arrêter la propagande marocaine et sa tromperie constantes. » Son compte a été suspendu pour 7 jours.

Quand le silence marocain, sa capacité à étouffer et nier la réalité du conflit, du droit international et de la guerre sont appuyés par les systèmes de communication dit libres entre les humains, alors il y a fort à soupçonner que ces moyens ne sont pas aussi indépendants ni gratuits et libres qu’ils l’affirment. Il semble qu’il soit possible de mettre le prix pour leur complicité au silence et à l’injustice.

Équipe Média, le 9 décembre 2020
El Aaiun, Sahara Occidental occupé

mercredi 2 décembre 2020

EM. Malgré la guerre, les exportations de farine et huile de poissons continuent

Alors que la guerre d'indépendance a repris le 13 novembre au Sahara Occidental entre le Maroc et l'Armée de libération sahraouie, deux navires viennent de quitter le port de El Aaiun après avoir chargé des produits transformés de poissons pêchés dans les eaux sahraouies sans le consentement du peuple sahraoui.

Le bateau Oramalia, immatriculation 9392640, pavillon Gibraltar, qui peut transporter 6 863 tonnes de marchandises, a chargé de l'huile de poisson. Il est parti ce 1er décembre pour Tan-Tan au Maroc où il va charger aussi.
Ces huiles sont probablement à destination de la Hollande ou d'un autre port d'Europe.

Le bateau Ekmen Trans, immatriculation 9204348, pavillon Panama, qui peut transporter 6 687 tonnes de marchandises, a chargé de la farine de poissons.
La cargaison est probablement à destination de Gulluk en Turquie, comme celle d'environ moins 5 500 tonnes, chargée à bord du bateau le Tango Sol (OMI 915901, pavillon Iles Cook), qui est parti de El Aaiun le 26 novembre, soit il y a 5 jours, pour la même destination.

Les cargaisons sont chargées depuis des camions arrivant au moins depuis les usines de transformation de El Marsa, zone industrielle située juste à côté du port de El Aaiun.

Équipe Média a fait une évaluation prudente de la valeur des cargaisons potentiellement chargées, sur la base des prix mondiaux.

La valeur de la quantité de farine de poisson des deux navires concernés par le pillage depuis la reprise de la guerre, Ekmen Trans et Tango Sol, est d'environ 12 millions d'euros.
Le prix de la tonne est actuellement estimé a 1 200 euros, selon Index Mundi.

Le précédent navire parti avec une cargaison illégale de farine de poisson, le Princess Nabiha (OMI 9144457, pavillon panama) avait quitté le port de Elaaiun 3 jours avant la reprise de la guerre, le 10 novembre, avec environ 5 000 tonnes de farine de poisson, de même pour la Turquie.

La valeur de la cargaison d'huile de poisson partie à bord de l’Oramalia est de 3, 6 millions d'euros (3 600 000), si la quantité chargée est de 3 000 tonnes, et le prix de la tonne à 1 200 euros (données Statista 2019).

Une grande quantité de poissons est nécessaire à la transformation en farines et huiles, qui sont toutes exportées du Sahara Occidental vers l’Europe ou la Turquie. Les prises sont sans commune mesure avec les besoins de la population vivant sur le territoire occupé, les Sahraouis, les colons marocains, les immigrants africains.

La pêche industrielle et intensive pratiquée abusivement par le Maroc et ses partenaires dans les eaux sahraouies ne respecte absolument pas le rythme des poissons, ni l’écosystème marin.

Cette pêche est d’autre part totalement illégale, de même que la vente des produits transformés, puisqu’il est interdit d'acheter les produits sahraouis obtenus sans le consentement du Polisario, représentant du peuple légitime du Sahara Occidental.

Équipe Média, El Aaiun, le 1er décembre 2020
Sahara Occidental occupé

lundi 23 novembre 2020

Actions militaires de l’armée sahraouie - Bulletin 1 à 10 - Extraits

Actions militaires de l’armée de libération sahraouie
Extraits

Déclaration militaire 10
Samedi 21 novembre 2020, cible des positions retranchées des forces marocaines dans la zone de Fudra Al’ach dans le secteur de Hawza
Dans l'extrême sud, bombardement des positions marocaines dans la zone d'Athaim Um Ajloud dans le secteur d'Aousserd.

Dimanche 22 novembre, violents bombardements sur les tranchées marocaines stationnées dans le secteur d’Es-Smara.
Des bombardements directs ont visé les soldats marocains dans la vallée de Rouss, Oudeyat Ghalia, dans le secteur d'Amgala.
Bombardements d'un centre marocain dans la zone Athaim Um Ajloud dans le secteur Aousserd, à nouveau.

Déclaration militaire 09
Samedi 21 novembre des unités de l'ALPS ont attaqué contre les bases marocaines dans le secteur d'Amgala, la zone d'Aghzalat-Lakhcheibi dans le secteur de Smara, la zone de Fadrat-Bruk dans le secteur de Hawza, et la zone de Fadrat-Lamras dans le même secteur.

Déclaration militaire 08
Attaques jeudi 19 novembre des positions marocaines dans les zones : Alfayine dans le secteur Farsia, Umdegan dans le secteur Bagari, Rus-Sabti dans le secteur Mahbas, Shaidmia et Umlagta dans le secteur Mahbas et Glaibat-Alagaya dans le secteur Aousserd.

Vendredi 20 novembre, attaques contre les zones de Rus-Audei-Umrukba dans le secteur de Mahbas, et de Rus-Fadrat-Tamat dans le secteur de Hawza.

Déclaration militaire 07
Nuit de mercredi 18 à jeudi 19 novembre 2020
Bombardement des forces marocaines dans le secteur d'Oum Dreyga
Opérations de bombardement concentrées sur plusieurs sites de retranchement des forces d'occupation marocaines dans les secteurs Amgala, Haouza, Farsia et (Oum Dreyga deux fois violemment)

Déclaration militaire 06
Mardi et mercredi 17 et 18 novembre 2020,
Attaques intenses derrière le mur
Plusieurs opérations de bombardement concentré sur les sites marocains du secteur de Farsia et d’Amgala.
Autres bombardements des sites marocains du secteur de Smara et El Baggari.

Déclaration militaire 05
À l’aube du 17 novembre 2020
Attaque contre le point d’alerte/sonnette 51 - légion 29 secteur Amgala
Sonnette 71 dans le secteur de Haouza, la base n°4 du secteur Amgala,
Bombardement de la base n°20 près d’El Rous Essabti et du point d’alerte/sonnette191 du secteur de Farsia, ciblé deux fois
Bombardement de la base n°12 du bataillon 47 dans le secteur Oum Dreyga et la base n°4 du bataillon 63 dans le secteur Baggari

Déclaration militaire 04
Le 16 novembre 2020
Les frappes sur le point d’alerte 71 dans le secteur Haouza, la base n°4 du secteur Amgala durant une heure (de 8h30 à 9h30).
Bombardements :
- de la base n°20 près d’El Rous Essabtti a 12h00
- du point d’alerte 191 du secteur de Farsia, ciblé deux fois a 10h50 et 14h30
- de la base n°12 du bataillon 47 dans le secteur Oum Dreyga à 11h50
- de la base n°4 du bataillon 63 dans le secteur El Baggari a 14h15.

Déclaration militaire 03
Le 15 novembre 2020
Survols aériens marocains et réponses aux attaques
Les bombardements de l'armée de libération ont ciblé plusieurs centres marocains,
- les bases 17 et 18 à El Farsia
- la base 13 relevant du régiment 67 à El Baggari
- la base 04 du régiment 64 dans la région de Diret,
- le point d'observation/sonnette 71 de la base n°7 entre Laariche et Fedret Laghrab à Haouza.

Bombardement de la base 13 à Glaib diret a Hauza
Bombardement de la base 25 relevant du régiment 40 dans la région Oum Lagta
On a vu des flammes dans cette base lors du bombardement
La base 20 du bataillon d’infanterie 68 dans la région d’Adhaim Ajloud.

Déclaration militaire 02
Le 14 novembre 2020
Bombardement de la base 13 régiment 67 du secteur El Baggari hier près de la région Tinligue .
Les secteurs El Mahbes et El Gargarat des attaques missiles et mitrailleuse.

Déclaration militaire 01
Vendredi 13 novembre 2020
Attaques intensives contre les positions marocaines de Mahbes, Haouza, Aousserd et Farsia
A El Mahbes bombardement successif de la base 23
Haouza, bombardement similaire particulièrement sur la base n°4 et la sonnette 71
Aousserd des attaques sur les bases 17 et 172
Farsia, attaque des bases 18 et 17 à 16h00 et 17h00 à la mitrailleuse.
Constat de panique chez les militaires marocains.


Traduction EM-Apso, non officielle

dimanche 5 décembre 2010

Qu’est devenu « le peuple d’amour et de paix » ?

Le 17 mai 2003, au lendemain des attentats de Casablanca, quatre des plus anciens prisonniers politiques marocains -18 à 28 années de prison- condamnaient « ces actes gratuits et criminels ayant pris pour cible un peuple d’amour et de paix ». Au fond de leur prison d’Oukacha, ils croyaient vraiment que la page des années de plomb était tournée et ils attendaient leur libération avec l’espoir de lendemains qui chantent…

Novembre 2010 un militant m’écrit « Au Maroc personne ne peut exprimer librement ses opinions sur ce qui se passe au Sahara. Le ministre de la communication vient de déclarer que "nous sommes en état de guerre" et tout le monde doit défendre la position officielle. Une atmosphère de terreur règne au Maroc. »
Décembre 2010, des Marocains habitant des bidonvilles qui ont été inondés jusqu’au toit, ont manifesté leur indignation face à l’incurie des pouvoirs. Six habitants ont été arrêtés hier pour constitution de "bande criminelle, destruction de biens publics..."
La liste d’exemples de la politique de la terreur est infiniment longue.

Comment en est-on arrivé là ?
Le peuple sahraoui, qui est réellement un peuple d’amour et de paix, respecte le cessez-le-feu depuis 1991. Face à l’apartheid, au mépris, aux violentes répressions, aux mensonges, aux tortures cruelles il résiste par des actes pacifiques. Son langage n’est jamais guerrier. Il préfère parler d’amitié et de respect des droits.
Attaqué, le peuple se défend et il attaque le symbole de l’occupation.
Le langage quotidien commun du gouvernement, et d’une grande partie du peuple marocain, est celui de la guerre. Il y a des ennemis, des traîtres, des idiots… Les commentaires reçus sur les blogs en témoignent.
Les Sahraouis ont inventé une nouvelle forme de protestation pacifique, et planté leurs tentes hors des villes du Sahara occupé. A Gdeim Izik, à une vingtaine de km d’El Ayoun, 7000 tentes et entre 20 000 et 25 000 hommes, femmes, enfants, bébés se sont installés pour un séjour de longue durée… Même encerclés par la police dès les premiers jours, ils goûtaient à la liberté.

Un ami marocain m’écrit le 31 octobre « C’est la première fois qu’une population s’organise pour fuir la prétention de ce Maroc qui n’a cessé de tromper l’opinion sur ses méfaits dans cette région qu’il annexe contre toute légitimité. Il s’expose à la risée de l’ensemble des chancelleries, même celles qui le soutiennent jusqu’à présent. Il ne cesse de s’embourber dans ses paradoxes et ses incohérences qui vont lui coûter très cher et c’est tant mieux. Et ceci même si les médias (français) semblent ignorer cet exode inédit…
Je pense que ce mouvement n’en est qu’à ses débuts et il va s’amplifier et capitaliser aux Sahraouis une solidarité sans précédent. Le Maroc aura des comptes à rendre (…) Je suis pour l'autodétermination du peuple sahraoui. C'est une culture qu'il faut préserver: la culture des sables et du mariage du sol et du soleil, de la mer et de la liberté. Le Maroc opprime son peuple et va en opprimer d'autres. Pour moi c'est une question de démocratie et d’Etat de Droit »

La violence dictatoriale du Maroc balaye sans finesse cette protestation démocratique. Un jeune de 14 ans est tué alors qu’il apportait de l’approvisionnement aux camps, et ceux ci sont attaqués et violemment détruits par les forces sécuritaires marocaines le 8 novembre avant le lever du soleil. Les observateurs, les journalistes sont expulsés. La parole, les faits sont confisqués par les oppresseurs. Pays fermé, violence à huis clos…
Néanmoins, le courage surmonte la peur, la technologie détourne l’opacité, les photos, les vidéos sortent du Sahara, des témoins racontent.

Une jeune Sahraouie se livre : « J'étais dans le campement de Gdeim Izik quand les Marocains nous ont attaqués.
Il y avait vraiment beaucoup de Marocains, et toutes les forces de sécurités possibles. L'armée, la police, la gendarmerie royale, les forces auxiliaires, les sapeurs pompiers et d'autres que je n'ai pas reconnus nous ont attaqués.
Toutes les sirènes des ambulances sonnaient constamment, et l'hélicoptère tournait pour nous effrayer. Les enfants pleuraient et hurlaient de peur. Ils s'étouffaient à cause des gaz lacrymogènes. On avait l'impression que les Marocains voulaient nous encercler pour tous nous tuer. C'était terrible, vraiment horrible (…) Même quand ils sont allés saccager les maisons (d’El Aaiun) ils avaient les fusils. J'ai ramassé des cartouches par terre. Elles sont en plastique. Maintenant je suis toujours cachée. Je sais que la police me cherche.»

La chasse à l’homme et la terreur sur El Aaiun sont décrits par la députée marocaine Gajmoula Abbi, Sahraouie acquise à la thèse marocaine : « A aucun moment je n’ai pensé que le démantèlement du campement sahraoui serait fait de cette manière, de manière violente, où il y a eu des pertes humaines, beaucoup de blessés et beaucoup de gens – beaucoup de femmes et d'enfants - qui ont traversé ce désert pendant 18 km dans des conditions très très très difficiles, en marchant et avec beaucoup de peur. La vérité est que ça a été très impressionnant de voir des citoyens marocains, avec la police, menaçant les Sahraouis et détruisant les maisons et pillant les biens des Sahraouis (…)"
Elle explique aussi le pillage des maisons sahraouies par les civils marocains et l’arrestation par la police des jeunes garçons à partir de 12 ans, les disparitions... Elle avait annoncé vouloir protester, mais on n’entend plus parler d’elle…

Après quatre jours de terreur et de répression à huis clos l’ONG américaine Human Rights Watch réussit à obtenir l’autorisation de se rendre sur les lieux. Son rapport accablant contredit les déclarations officielles marocaines. Deux journalistes espagnols ont également pu se rendre sur place. Ana Romero, la journaliste de El Mundo, est traitée de menteuse par le Maroc et menacée de mort lors de son expulsion. L’accès au Sahara Occidental est de nouveau interdit à tout étranger : un journaliste danois, deux médecins belges envoyées en mission humanitaires, des députés européens sont renvoyés du Maroc. Pas de témoins quand on cogne, pas de témoins quand on nettoie.
A Smara et El Aaiun, le 29 novembre, des dizaines de lycéens Sahraouis, attaqués par leurs collègues sous les yeux de la police marocaine impassible doivent être évacués dans les hôpitaux d’El Aaiun.

En juin 2008 la population de Sidi Ifni, petite ville côtière marocaine à moins de 500 km d’El Ayoun a connu les mêmes humiliations, la même haine envers les militants des droits de l’homme, la même répression sauvage, la mise à sac des maisons, les arrestations, les pillages, les menaces de viol (et probablement les viols)…
C’est le même pouvoir arrogant qui agit.
Comment comprendre qu’une partie du peuple marocain, qui subit les mêmes agressions du même potentat voue de la haine au peuple sahraoui, haine étalée sans vergogne dans sa presse, sur Internet et dans son coupable comportement ?

Les résistants, les hommes et les femmes libres de part et d’autre, ne seraient-ils pas prêts à se comprendre si la liberté d’opinion marocaine n’était pas muselée ? Peut-être est ce que craint le pouvoir ?

Le Maroc cherche la guerre, sans égard pour son peuple ni son/ses voisins.
Dans une correspondance urgente envoyée à la Maison Blanche à propos du dossier ayant trait à l'axe Maroc-Algérie-Espagne, la CIA a prévenu que le Maroc a mis en état d'alerte ses forces armées au sud du Maroc qui sont prêtes à mener une attaque militaire sur le Front Polisario à tout moment, au cas où ce dernier tenterait de mener une quelconque action contre le Maroc. (Algeria ISP) Le Maroc qui est l’agresseur, se place encore en victime…

La solution non violente ne peut être autre que le référendum par lequel les Sahraouis sous l’égide de l’ONU, auto-détermineront s’ils veulent être Sahraouis indépendants ou Marocains. Nous devons soutenir le processus légal international.
Voilà bientôt 20 ans que la mission de l’ONU ne remplit pas son contrat. Et 35 ans que le Maroc tente d’imposer par la force sa présence, qu’il vole et pille les ressources naturelles du Sahara sur lesquelles il n’a aucune souveraineté.
Le Maroc et ses complices volent au Sahara le produit de la pêche, les tomates, les concombres et les melons, la spiruline, les phosphates et bientôt le pétrole.
Le Maroc et ses complices détruisent l’écosystème, et déciment les espèces végétales et animales rares, oiseaux, gazelles, ou arbre endémique, le talha…

Le peuple marocain d'amour et de paix est devenu un peuple belliqueux et aigri…
Ou peut être est-il un peuple en très grande souffrance qui subit - sans plus pourvoir réagir - les manipulations et la répression d'un gouvernement qui n'est plus que haine et abus de pouvoir.

Solidmar05 et APSO, le 5 décembre 2010