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mercredi 14 mars 2018

EM. Invasion de bateaux pirates au Sahara Occidental occupé

Bientôt plus de 250 000 tonnes de phosphate seront expédiés hors du Sahara Occidental, pour une valeur de plus de 25 millions de dollars US. Il n’y a aucune information concernant l’accord des propriétaires, les Sahraouis, à la vente de ce phosphate par l’OCP, une compagnie marocaine. L’absence de consultation et assentiment rend l’opération illégale.
Les premiers 50 000 tonnes de minerai de phosphate sont en cours de chargement à bord du vraquier le Triton Swan actuellement amarré à quai. 4 autres vraquiers sont en attente à l’ancre au sud du port.

Les 4 vraquiers en question sont les suivants, détaillés par leur ordre d’arrivée au large de El Aaiun.
Le Triton Swan, IMO 9632985, bat pavillon du Panama, son port en lourd est de 61457 tonnes. Il est arrivé le 15 février en provenance de Fos sur mer (France), et après une escale à Gibraltar. Selon les informations disponibles, son propriétaire est Triton Navigation - Amsterdam, Netherlands.
L’African Sunbird, IMO 9397884, bat pavillon du Panama, son port en lourd est de 55688 tonnes. Il est arrivé le 22 février en provenance de Rotterdam (Pays-Bas) avec une escale à Las Palmas (Espagne). Son propriétaire semble être Misuga Kaiun - Tokyo, Japan
L’Ultra Passion, IMO 9811907, bat pavillon du Panama, son port en lourd 63472 tonnes. Il est arrivé le 27 février en provenance de Oran (Algérie) via Las Palmas. Son propriétaire est Ultrabulk A/S, Denmark
Le Zeyno, IMO 9700421, bat pavillon de Malte. Son port en lourd 63064 tonnes. Il est arrivé le 27 février en provenance de Fos sur mer (France). Son propriétaire est Gsd Denizcilik Gayrimenkul, Turquie.
Le Bi Jia Shan, IMO 9632272, bat pavillon de Hong Kong. Son port en lourd est de 56625 tonnes. Il est arrivé le 14 mars en provenance de Civitavecchia (Italie) via Las Palmas. Son propriétaire et opérateur est China Shipping International Shipmanagement Co, Shanghai, Chine.

Les raisons de cette affluence de vraquiers et la longue attente de certains n’est pas connue. Des marins interrogés ont fait allusion à des périodes de vent fort qui pourraient avoir empêché une approche du quai, mais ont douté de la pertinence de cette raison sur une telle durée.
Les travailleurs du phosphate n’ont pas fait état de problème avec le convoyeur de 100km qui relie les mines de Boucraa au port.
Une autre hypothèse serait que cette attente pourrait être liée au jugement finalement rendu par la justice sud-africaine le 24 février, statuant que la cargaison de 55 000 tonnes de phosphate immobilisée depuis 9 mois à Port Elisabeth à bord du NM Cherry Blossom, originairement transportée pour être vendue par l’OCP, l’était illégalement et appartient en droit au peuple Sahraoui.
Néanmoins la logique ne tient pas. Les risques juridiques et financiers inhérents au transport de ce phosphate sont clairement réels, et ont probablement des incidences sur les stratégies des compagnie de transports et leurs commanditaires, mais ces 5 navires sont en attente de chargement. Cela d’autant que de gros acheteurs déclarés, comme Nutrien, ont annoncé avoir décidé de ne plus s’approvisionner en territoire occupé à partir de cette année.
Un importateur cherche-t-il à faire des stocks prévisionnels ?
Au moment de la publication de cet article, les destinations des navires ne sont pas connues, ni les identités des entreprises pour qui sont les cargaisons.

De récents mouvements de bateaux européens au port de El Aaiun sont rapportés ici pour leur collaboration aux activités marocaines sur le territoire occupé militairement.
Les navires sont le Marley, le Oceanic, le Eems Dublin.
Le 12 mars 2018 le bateau Belge le Marley, IMO 9116814, a jeté l'ancre dans la baie du port d’El Aaiun. C’est son 4ème transport en provenance de Casablanca depuis début février. Il a, à chaque fois, déchargé sa cargaison à El Aaiun.
Le Océanic, sous pavillon des Pays-bas, IMO 9624550, est arrivé le même jour, en provenance de Ceuta.
Le Eems Dublin, sous pavillon des Pays-bas aussi, vient de partir à vide du port de El Aaiun après avoir déchargé. Il était arrivé le 8.
Ces trois navires ont la capacité de transporter des éléments d’éoliennes.
Des sources ont confirmé que le Eems Dublin avait apporté des nacelles, rotors, multiplicateurs et des générateurs. Ces appareils seraient destinés aux projets éoliens de Boujdour.
Les parcs de production d’énergie à origine éolienne sont construits au Sahara Occidental par le Maroc pour servir ses activités d’occupation illégale, et selon nos connaissances, ils n’ont pas reçu l’autorisation des représentants du peuple sahraoui.
La cour de justice de l’Union Européenne vient de rappeler à tous ses membres, par son jugement de décembre 2016 sur l’accord commercial EU-Maroc, puis de janvier 2018 sur l’accord de pêche entre les mêmes parties, que les activités avec ou pour le Maroc au Sahara Occidental sont illégales sans l’accord des Sahraouis. Les navires européens indiqués ci-dessus ont donc des activités litigieuses.

D’autre part, depuis le 15 février 2018, le bateau russe Akademik Primakov, IMO 9187514, accompagné des navires d’appui et sécurité le Sursum Corda, et le Marja, ont été observés au large de El Aaiun. C’est à cette période qu’ont commencées les boucles des relevés sismiques. Le navire de 92,5 mètres de long est équipé de 16 treuils de flûtes sismiques pour l'acquisition de données sismiques 3D. Il a une capacité de 68 personnes à bord.
Le BGP Prospector, IMO 9545986 et pavillon Bahamas, effectue lui des relevés sismiques au large de Bougdour au moins depuis le 5 février. Le navire est accompagné du Geo Service 1, du Flamingo et du Shannon.
Les deux navires opèrent sans l’autorisation des Sahraouis.

À Dakhla, le bateau Italien Rhapsody, IMO 9104835, propriété de Grandi Navi Veloci, en provenance de Marseille via Las Palmas est arrivé au port le 10 mars 2018. Avec une capacité de 2650 passagers et 708 véhicules, le bateau est au service de l’édition 2018 du Forum Crans Montana, prévu jusqu’au 20 mars 2018. Il l’avait été de même en 2016. Le site d’information Tourmag précise « 600 participants seront invités à bord. Du 10 au 18 mars 2018, GNV met à disposition ses services d'hébergement et d'hôtellerie et un service de pension complète. Il accueillera également la soirée de gala avant de partir pour une mini-croisière vers Casablanca. »
Le Forum Crans Montana censé réunir « des chefs d’État, des organisations internationales et des entreprises autour de l'Afrique » est en fait l’organisation d’un événement marocain de promotion de sa colonisation du Sahara Occidental. L’instrumentalisation de l’objet et du lieu de la réunion sont dénoncés par l’Union Africaine qui a appelé, comme en 2015, tous les États membres, les organisations de la société civile africaine et les autres acteurs concernés à boycotter la présente édition.

À noter, le 9 octobre 2017 EM avait publié un article informant d’un phénomène similaire de file d’attente de vraquiers de transport du phosphate. Ils étaient alors 3. Ce ne sont pas les seuls transports de phosphate des derniers 6 mois. Les informations systématiques sur les navires du phosphate, leurs cargaisons, destinations et propriétaires, sont étudiées et rapportées par l’organisation internationale WSRW, observatoire des ressources naturelles du Sahara Occidental. Elles sont disponibles en ligne.

Équipe Média, Sahara Occidental occupé
El Aaiun, le 14 mars 2018

Capture écran vesselfinder.com

lundi 9 octobre 2017

EM. Embouteillage au quai de phosphate de El Aaiun occupé


En quelques jours, ce début octobre, plus de 100 000 tonnes de phosphate sahraouis ont été expédiées loin du territoire colonisé. Les phosphates ont été extraits et vendu par l’occupant, le Maroc, à son propre profit. En septembre, les navires Ultra Dynamic et Ultra Crimson, avaient déjà emportés une quantité similaire de phosphates sahraouis. Un suivi attentif des informations internationalement disponibles, ainsi que des contrôles de visu ont permis à Équipe Média d’établir les présents constats.

Le 3 octobre 2017 le bateau Glovis Madrid. imo 9610999, pavillon Singapour, en provenance de Bremen, est arrivé à El Aaiun. Son tirant d'eau était alors de 6,7 m et son maximum possible de 12,85m, son port en lourd 56 605 tonnes.
Le vraquier chargé de phosphate est reparti dans la nuit du 5 au 6 en direction du canal du Suez, qu’il est estimé atteindre le 15 octobre prochain. Son tirant d’eau était alors de 12,9m.
Selon les informations qu’Équipe Média a pu trouver, son propriétaire est  PST Management de Singapour, et son gestionnaire Pacific International Lines de Singapour.

Le soir du 4 octobre, le Panagiotis,(ex Maverick Gunner), Imo 9461063, pavillon des îles Marshall, en provenance de Hadera (Israël) est arrivé au large de El Aaiun avec un tirant d'eau à 7m. Son port en lourd est de 80 717 tonnes. À son départ d’El Aaiun le 8 octobre, chargé de phosphates, son tirant d’eau était de 11m. Il se dirige vers South West à la Nouvelle-Orléans, Usa.

En  décembre 2016, la Cour de Justice  de l’Union Européenne, selon les principes du droit international, dont l’avis juridique de Hans Corell au Conseil de Sécurité de l’ONU, a jugé illégal toute activité avec ou en relation avec les ressources naturelles, renouvelables ou non,  du territoire du Sahara Occidental. Seul l’accord des autorités sahraouies, soit le Polisario, rend possible exploration ou exploitation de ces ressources. C’est-à-dire que les entreprises qui exploitent ou utilisent les phosphates peuvent être désormais poursuivies devant les tribunaux.

Au début de cette année, un bateau chargé de 55 000 tonnes de minerai de phosphate en provenance du Sahara Occidental a été arrêté par la justice sud africaine, après l’alerte du caractère illégale de sa cargaison. La procédure ayant été jugée recevable, et le procès légitime, l’OCP, exploitant marocain des phosphates sahraouis, a décidé d’abandonner sa défense de la cargaison, peinant probablement à trouver des arguments justifiant son pillage.

En juin dernier, WSRW, observatoire international des ressources du Sahara Occidental a publié un rapport dans lequel se trouvent tous les navires qui ont chargé et emporté du phosphate sahraoui depuis El Aaiun, pour la période du 1er janvier 2016 au 9 juin 2017. S’y trouve aussi une estimation des quantités transportées, ainsi que les informations administratives. (http://www.wsrw.org/a111x3929)

Au moment de la publication de cet article, le SBI Tango, Imo 9714707, pavillon des îles marshals, port en lourd de 61 192 t, est amarré au quai de chargement de phosphate à El Aaiun. S’il charge lui aussi plus de 50 000 t, cela fera plus de 150 000 tonnes de phosphate expédiés du port d’El Aaiun en une semaine.

La haute surveillance militaire et policière du port d’El Aaiun par le Maroc rend difficile le travail des journalistes, qui n’ont pas l’autorisation d’y accéder pour photographier ou enquêter.

Équipe Média. El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 9 octobre 2017

 

jeudi 8 juin 2017

EM. Une perpétuité ne pourra occulter les 200 millions de dollars annuel du phosphate volé


Lundi 5 juin 2016, le procès des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik s’est ouvert devant la cour d’appel de Salé. Les militants sahraouis pour l'indépendance et le respect des droits mais aussi les avocats de la défense par leur absence, protestent contre ce procès inique, dont les premières audiences ont eu lieu le 13 mars 2017 après plusieurs mois de reports.

Le 6 juin dans l'espace autorisé aux manifestations sahraouies, entouré du brouhaha de sonos marocaines, les amis du condamné à perpétuité Sid Ahmed Lemjayed affirmait leur soutien et leurs revendications, parmi 80 autres manifestants.
Sur les panneaux on pouvait lire : "Agrium shame on you", "Le phosphate est sahraoui, il est à notre peuple"
Sid Ahmed Lemjayed est président du CSPRON, comité de soutien au plan de paix et de protection des ressources naturelles au Sahara Occidental.

Interrogé, Mohamed Jaaim, secrétaire général de CSPRON a affirmé : "je dénonce le pillage systématique des ressources naturelles au Sahara Occidental par le Maroc et ses complices, en particulier le phosphate, élément indispensable dans l’agriculture mondiale. 
Sid Ahmed a été condamné à perpétuité parce qu'il a pris position politiquement, et non pour des actes qui n'ont jamais été prouvés. 
Nous avons créé le CSPRON en 2005 et depuis cette date et même avant il affirme que l'occupation de notre pays a pour but le pillage de nos ressources naturelles, et que c'est totalement illégale parce que nous ne sommes pas d'accord. Voila pourquoi il a été condamné si lourdement. Le noeud du problème est là, la volonté de s'approprier nos ressources et notre refus catégorique. 
Nos pancartes saluent aussi le gouvernement d'Afrique du Sud qui a arrêté une cargaison de phosphate sahraoui représentant environ 6 millions de dollars, et va juger le 9 juin de sa propriété. Ce navire allait vers la Nouvelle Zélande pour une coopérative qui s'appelle Ballance Agri-Nutrients. Un autre navire d'une cargaison similaire a été arrêté à Panama, lui allait vers le Canada, pour la compagnie Agrium. Ces seuls deux navires valent probablement 12 millions de dollars. Par comparaison le Programme alimentaire Mondial donne l'équivalent de 7,9 millions de dollars pour les campements de réfugiés où survivent nos familles. 
Nous, le peuple sahraoui, nous ne sommes pas des mendiants pourtant et nous pourrions vivre en paix sans demander d'aide à personne si nous étions libre sur notre terre."
 

Jaaim est un ancien employé de Phosboucraa. Il a été envoyé vers le Maroc en 2006 en raison des ses activités syndicales.
 

Selon l'Observatoire international des ressources du Sahara Occidental, WSRW, le phosphate extrait de la mine sahraouie de Boucraa par l'OCP marocain représente 200 millions de dollars pour l'année 2016. L'Onu et, en décembre dernier, la cour de justice européenne, ont dit clairement que les phosphates et tout autre ressource du Sahara Occidental, renouvelable ou non, ne sont utilisables qu'à la condition de la consultation et l'accord du peuple sahraoui.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 7 juin 2017


mercredi 27 janvier 2016

EM : Pour les Sahraouis, excès de formation pour zéro emploi



Selon l’un d’eux, 9000 Sahraouis diplômés chômeurs sont  inscrits auprès de la Wilaya de El Aaiun comme demandeurs d’emploi.

Nombreux d’entre eux manifestent régulièrement depuis des mois pour demander que cessent les discriminations à leur encontre et que soit respecté leur droit au travail, quand ce sont majoritairement les colons marocains qui sont embauchés au Sahara Occidental occupé.

Le 5 décembre 2015, Mustafa Terrab, directeur général de l’office chérifien du phosphate (OCP), une compagnie de phosphate appartenant au royaume du Maroc, a annoncé la création de 1270 emplois pour les Sahraouis sur le site de Phos Boukra. La démarche en plusieurs étapes consistait en la sélection de 500 premiers Sahraouis, envoyés en formation pendant 2 ans au Maroc avant de rejoindre le travail à l’OCP. L’annonce a été faite à l’occasion de la visite du roi du Maroc à El Aaiun à cette date.

Le 7 décembre 2016 l’OCP a publié sur son site web ses besoins en travailleurs. Les qualifications demandées étaient les suivantes : technicien, technicien spécialisé, diplôme universitaire de technologie (DUT), brevet de technicien supérieur (BTS), licence sciences et techniques (LST), maitrise sciences et techniques (MST), dans les filières : mécanique, électrique/ électronique, thermique et froid, chimie industrielle, génie civil.

Considérant que ce sont des filières et qualifications les moins accessibles aux Sahraouis et les moins choisies, la grogne des manifestants s’est accentuée, notamment actuellement, alors que les entretiens des recrutements ont été repoussés par l’OCP du 18 au 29 janvier 2016.

Pour certains manifestants diplômés chômeurs, comme Ahmed Haidar, l’annonce de décembre avait pour but d’apaiser les récriminations, et il est apparu que les profils recherchés sont en eux-mêmes discriminatoires, ce qui est un acte délibéré de la direction de l’OCP.

Quatre groupes des chômeurs sahraouis ont constitué une coordination et commencé à manifester dès le 7 décembre dernier. Ce sont les cadres (les masters), les OCP Skills, le groupe Ennhda (la renaissance) et le groupe El Amal (l’espoir).



Les manifestations se sont succédées dans plusieurs quartiers de la ville et simultanément.

27 chômeurs de la coordination ont mené une grève de la faim du 12 au 25 janvier, et subi tour à tour intimidation, blocus, menace de violence, coupure de l’eau et électricité, de la part des autorités locales aux ordres du gouvernement d’occupation et des forces sécuritaires. Voir l’article EM.

A Boujdour, le 20 janvier, plus de 200 Sahraouis chômeurs diplômés et citoyens solidaires se  rassemblent dans une marche pacifique pour exprimer leur solidarité avec les chômeurs grévistes de El Aaiun, pour revendiquer le respect de leur droit au travail et bénéficier de leurs ressources naturelles.

Les forces d’occupations intervenues brutalement laissent plusieurs blessés. Les portes des maisons sahraouies du quartier Lakbibat et Um Lamhar  sont défoncées par d’autres agents marocains et leurs habitants agressés.

Une quinzaine des sahraouis sont arrêtés et 3 entre eux transférés à El Aaiun pour comparaitre devant le procureur le 21 janvier, qui donne l’ordre pour les amener à la prison noire. Jeddna Lgrifa , Erraha Younes et Ismail Saili sont accusés des motifs habituels contre les manifestants sahraouis pacifiques, soit attaque de fonctionnaire, destruction de bien public, entrave à la circulation.

A Essmara le 22 janvier 2015, « La coalition unie des chômeurs sahraouis » de Essmara organisent deux manifestations. Les banderoles des 70 manifestants revendiquent le respect de leurs droits au travail et dénoncent le pillage systématique des ressources naturelles du territoire. 4 chômeurs sont blessés suite à l’intervention violente de la police marocaine.

 

En 2011, l’OCP avait mené une opération annonçant le recrutement de 800 chômeurs licenciés ou diplômés. Ils ont appelé le groupe OCP Skills. Il était prévu que les chômeurs bénéficient d’une formation pendant deux ans, grâce à une bourse, avant de trouver une place dans l’entreprise.
400 d’entre eux sont restés à El Aaiun pour une formation de 2 ans à l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) dans les filières : gestion du stock,   secrétariat, développement entreprise. Ils sont reçu une bourse de 1100 dirham mensuel. (env 100 euros/mois)
80 ont suivi des diplômes de la filière développement social à l’école Isiam d’Agadir. Ils ont reçu une bourse de 2000 dirham mensuel (env 185 euros/mois) comme tous ceux qui ont quitté le Sahara Occidental.
200 sont allés à l’université Kadi Aaiad  de Marrakech dans le développement durable.
60 à l’Ecole Nationale Supérieure d'Electricité et de Mécanique, filière dessin bâtiment et informatique, à Casablanca.
35 à l’université Bouchaaib Doukali de El Jadida dans les filières espace fragile + 2 en journalisme + 20 en communication, 20 à Ecole Nationale de Commerce et de Gestion.
20 en stage infirmerie à l’hôpital Zayed de Rabat, 30 en gestion d’entreprise université Med 5 de Rabat



En 2013, à l’issu de leurs formations, ces 800 n’ont trouvé aucune place à l’OCP ni ailleurs au Sahara Occidental. Ils se sont constitué en groupe et gardent donc toujours le nom OCP Skills pour revendiquer ensemble le respect des promesses faites.Le groupe manifeste régulièrement sans résultat. Fin 2015, quelques jours avant l’annonce de l’OCP, le groupe constitue la coordination déjà mentionnée.

La nouvelle annonce de l’OCP propose donc à 500 Sahraouis de partir 2 ans au Maroc en formation. Un scénario 2016 quasi identique à celui de 2011, qui n’a eu d’autres résultats que d’éloigner 800 Sahraouis, dont 600 femmes, de leur pays et famille, d’autant que les formations suivies pendant 2 ans ne sont pas agrées par l’État.



Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
27 janvier 2016

بالنسبة للصحراويين عطالة رغم التدريب


بحسب ما ادلى بها احدهم ،  فان 9000 معطل صحراوي سجلوا في ولاية العيون كطالبي عمل .
البعض من هؤلاء يتظاهر ومنذ اشهر  بشكل منتظم من اجل وقف العنصرية المنتهجة ضدهم واحترام حقهم في العمل طالما ان الاغلبية التي يتم تعيينها للعمل في الصحراء الغربية المحتلة هي من المستوطنين المغاربة .
اعلن مصطفى التراب المدير العام للمكتب الشريف للفوسفات وهو شركة للفوسفات تملكها المملكة المغربية خلق 1270 منصب عمل للصحراويين وذلك عبر موقع شركة فوسبوكراع .  وتبدا الاجراءات بالعديد من الخطوات اولها انتقاء 500 من الصحراويين لاجراء تكوين مدته سنتين في المغرب قبل التحاقهم بالعمل في الشركة . وجاء ذلك الاعلان بمناسبة زيارة قام بها ملك المغرب الى العيون في ذلك التاريخ .
في 7 من ديسمبر 2016 نشر المكتب الشريف للفوسفات على موقعه بلاغا يعلن فيه حاجته الى عمال ، وكانت المؤهلا المطلوبة هي التالية : تقني ، تقني مختص ، شهادة جامعية في التكنولوجيا ، شهادة تقني عال التخصص ، اجازة علوم وتقنيات ، ماستر في العلوم والتقنيات وفي الشعب:  الميكانيك ، الكهرباء / الاليكترونيك الحرارية والباردة الكيمياء الصناعية والهندسة المدنية .
وبالنظر الى ان الشعب المطلوبة لايلجها الصحراويون والاقل اختيارا فان سخط المتظاهرون ازداد حدة بخاصة الان حيث ان مباريات التوظيف اعلنها المكتب في الفترة ما بين 18 الى 29 يناير كانون الثاني 2016 .
 وبحسب عدد من المتظاهرين المعطلين الحاصلين على شهادات مثل احمد حيدار فان اعلان ديسمبر كانون الاول كان يهدف الى وقف الاحتجاجات المستمرة  ويبدو ان الشهادات المطلوبة بحد ذاتها تمييز وهي بالتالي عمل متعمد من ادارة المكتب الشريف للفوسفات.
قررت اربع مجموعات من المعطلين الصحراويين تاسيس تنسيقية و بدأوا في التظاهر ابتداءا من 7 ديسمبر كانون الثاني  الماضي زهم الاطارات ( الحاصلين على الماستر) مجموعة او سي بي سكيلس ، مجموعة النهضة ومجموعة الامل .
نظمت المظاهرات في عدد من احياء المدينة وفي وقت واحد . وخاض 27 معطلا من التنسيقية اضرابا مفتوحا عن الطعام منذ 12 يناير والى 25 منه . وتعرضوا للترهيب والحصار والتهديد بممارسة العنف ، قطع التيار الكهربائي والماء من طرف السلطات المحلية بامر من حكومة الاحتلال وقوات الاحتلال . انظر مقال "ايكيب ميديا" .
في بوجدور ، 20 من يناير ، اكثر من 200 من المعطلين الصحراويين الحاصلين على شهادات و مواطنين متضامنين معهم احتشدوا في مسيرة سلمية للتعبير عن تضامنهم مع المعطلين المضربين في العيون وللمطالبة باحترام حقهم في العمل و الاستفادة من ثرواتهم الطبيعية .
تدخلت قوات الاحتلال بالقوة وخلفت عددا من المصابين ، تم تحطيم ابواب منازل الصحراويين في احياء لقبيبات وام لمحار والاعتداء على قاطنيها من طرف رجال الشرطة المغاربة .
اعتقل اكثر من 15 صحراويا و نقل ثلاثة منهم الى العيون للمثول امام وكيل ملك المغرب في 21 يناير كانون الثاني ، اعطى هذا الاخير اوامره بتحويلهم الى السجن الاكحل .  ويتهم جدنا لكريفة ، الراحة يونس واسماعيل صيلي بتهم اعتادت ان توجه الى المتظاهرين الصحراويين المسالمين كالاعتداء على موظفين عموميين تخريب ممتلكات عامة و عرقلة السير .
22 يناير كانون الثاني وفي السمارة نظم ائتلاف المعطلين الصحراويين مظاهرتين وكتب في اليافطات مطالبة سبعين متظاهرا باحترام حقهم في العمل ونددوا بالنهب الممنهج لثروات بلدهم . اصيب اربعة معطلين بعد تدخل عنيف للشرطة المغربية .
في العام 2011 اعلن المكتب الشريف للفوسفات توظيف 800 معطل حاصل على الاجازة او شهادات مهنية وسميت المجموعة ( اوسي بي سكيلكس) وكان من المنتظر ان يستفيد المعطلون من تكوين لمدة سنتين بفضل منحة قبل العثور على مكان في الشركة .
بقي 400 من هؤلاء في العيون من اجل التكوين في مكتب التكوين المهني وانعاش الشغل في شعب : تسيير المخزون ، السكرتارية و تسيير المقاولات . تلقوا منحة شهرية بميلغ 1100 درهم ( ما يعادل 100 اورو).
80 اخرون اكملوا دراستهم من اجل الحصول على شهادات في التنمية الاجتماعية بالمعهد العالي للاعلاميات التطبيقية و التسيير باغادير وتلقوا منحة ب2000 درهم شهريا (مايعادل 185 اورو) مثلهم مثل كل الذين غادرو الصحراء الغربية.
انتقل 200 للتكوين في شعبة التنمية المستدامة بجامعة القاضي عياض بمراكش .
60 بالمدرسة الوطنية العليا للكهرباء والميكانيك بالدار البيضاء لدراسة تصميم المباني والاعلاميات.
وبجامعة بوشعيب الدكالي بالجديدة تلقى 35 تكوينا في شعب " المجال الهش
 اثنين درسا الصحافة
 20 التواصل في المدرسة الوطنية للتجارة والتسيير.
وفي الرباط تلقى 20 تكوينا في التمريض بمستشفى الشيخ زايد
30 في شعبة تسيير المقاولات بجامعة محمد الخامس بالرباط
في العام 2013 ، وبعد انتهاء تكوينهم ، لم يجد هؤلاء الثمانمائة مكانا لهم في الشركة ولا في مكان في الصحراء الغربية وانتظموا في مجموعة محتفظين بالاسم الذي اطلق عليهم من اجل المطالبة مجتمعين بالتعهدات التي اعلنتها الدولة المغربية .
تظاهرت المجموعة بشكل منتظم لكن دون اي نتيجة . وفي العام 2015 واياما قبل اعلان المكتب الشريف للفوسفات اسست المجموعة التنسيقية المشار اليها اعلاه.
ويقترح المكتب ضمن اعلانه الجديد ان يتم تدريب 500 صحراوي لمدة سنتين في المغرب ، وهو سيناريو يبدو شبيها لذاك في العام 2011 والذي لم تكن من نتائجه سوى ابعاد 800 صحراوي بينهم 600 امراة عن وطنهم وعائلاتهم مع الاخذ بالعلم ان التدريب الذي دام لسنتين لايحظى باعتراف من طرف الدولة المغربية .
الفريق الاعلامي الصحراوي "ايكيب ميديا" الصحراء الغربية المحتلة
27 يناير كانون الثاني 2016

Tel +212 601 003 369

mercredi 7 novembre 2012

WSRW demande le renvoi des ressources naturelles sahraouies à la CIJ

WSRW a présenté ses recommandations à la Quatrième Commission de l'Assemblée Générale des Nations Unies.

Western Sahara Resource Watch a comparu devant la Quatrième Commission de l'Assemblée Générale des Nations Unies à New York, le 9 septembre 2012. Connue comme la Commission politiques spéciales et décolonisation, elle tient des audiences annuelles dans le cadre du mandat de la résolution de l'ONU de 1960 sur la décolonisation dans le but d'assurer l'autodétermination des peuples non autonomes.

L’avocat de l’équipe WSRW, Jeffrey Smith, a comparu devant le Comité, et présenté des détails de la façon dont l’utilisation des ressources naturelles du Sahara Occidental occupé continue à retarder l'autodétermination pour le peuple sahraoui. Voir sa présentation complète ci-dessous.

Smith a expliqué que l'exportation des ressources du territoire – le phosphate, le poisson, les produits agricoles et le sable – a aidé à financer la poursuite de l'occupation illégale du territoire et à priver le peuple sahraoui de ces ressources à l'avenir. Il a pointé que début septembre des jeunes sahraouis ont manifesté dans les bureaux de l'ONU à Smara contre l’utilisation continue des ressources du territoire.    

WSRW a proposé plusieurs recommandations à la commission, en cohérence avec sa présentation de 2011, et suite à l'appel en novembre à l'Organisation des Nations Unies par le gouvernement sahraoui pour l’administration onusienne des ressources du Sahara Occidental jusqu'à l'autodétermination ou la réalisation d’une complète indépendance sahraouie. Les recommandations WSRW sont les suivantes:    

- La commission doit aborder la question des ressources naturelles du Sahara Occidental dans ses recommandations de l’année à l'Assemblée générale;
- La commission doit étudier le problème de l’utilisation et de l'exportation des ressources naturelles du Sahara Occidental;
- La commission doit demander à l'Assemblée générale de renvoyer la question de la légalité de l’utilisation et de l'exportation des ressources naturelles du Sahara Occidental à la Cour internationale de Justice pour une décision juridique définitive légale par un avis consultatif, et
- La commission doit demander la nomination d'un rapporteur des Nations Unies pour les ressources naturelles au Sahara Occidental, à travailler en collaboration avec l'Envoyé personnel du Secrétaire général, l'Ambassadeur Christopher Ross.    

Interviewé au siège de l'ONU après la session du jour sur le Sahara occidental, M. Smith a fait remarquer que: «La poursuite du prélèvement des ressources naturelles du Sahara Occidental est un problème important, qui révèle la corruption et de la nature criminelle de l'occupation illégale que l’organisation de la communauté internationale a tolérée depuis trop longtemps. Le peuple sahraoui s’exprime courageusement et de plus en plus sur le prélèvement des abondantes richesses naturelles de leur pays. WSRW est solidaire avec eux dans leur lutte. "

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PRÉSENTATION À L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS
COMMISSION POLITIQUES SPÉCIALES ET DÉCOLONISATION (QUATRIÈME COMMISSION)
New York, 9 au 11 octobre 2012
     
LA QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL ET DE SES RESSOURCES NATURELLES


Jeffrey Smith
Western Sahara Resource Watch
Bruxelles
 
EXCELLENCES, j'ai le privilège de comparaître devant vous aujourd'hui. Nous, dans l’organisation non gouvernementale Western Sahara Resource Watch, vous sommes reconnaissants de l'occasion pour prendre la parole et vous remercions d’examiner à nouveau la question du Sahara Occidental.

Je tiens à aborder la question des ressources naturelles. Or le Front POLISARIO et le gouvernement de la République Arabe Sahraouie Démocratique, c’est Western Sahara Resource Watch qui a la plus grande appréciation du problème du prélèvement des ressources naturelles du Sahara Occidental occupé. Mon but est de vous laisser avec quelques recommandations pour vous aider dans l’évaluation de la façon dont le peuple sahraoui peut exercer son droit à l'autodétermination.

La semaine dernière, dans la ville de Smara, des jeunes sahraouis ont occupé les bureaux de la mission des Nations Unies. Ils l'ont fait pour protester contre la prise continue des ressources naturelles du territoire. Qu'ils aient choisi d'apporter leur protestation aux Nations Unies, au personnel de l'organisation de la MINURSO, devrait nous préoccuper. Pourquoi est-ce que les habitants du territoire sont concernés par les ressources naturelles? Qu'est-ce que la question des ressources naturelles signifie pour le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination?

Dans le document détaillé, que nous vous avons remis, nous explorons le lien entre la question apparemment sans importance des ressources naturelles au Sahara Occidental occupé et le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Veuillez noter le choix des mots ici. C'est le peuple sahraoui qui nous lorsqu’il s'agit de l'autodétermination, et non une population de colons introduite par la puissance occupante - ce que nous savons être illégal et dans les cas précédents, un crime de guerre contraires aux Conventions de Genève. Et c’est le peuple sahraoui lui-même qui a le droit à la souveraineté sur les ressources naturelles de son territoire. Les jeunes à Smara le savent, et nous aussi, avec l'aide de juristes tel que Hans Corell, qui a rappelé aux Nations Unies en 2002 que l'exploration et le exploitation des ressources du territoire serait contraire au droit international, sans le consentement du peuple sahraoui et leur bénéficiant du développement de leurs ressources.

Il existe quatre ressources naturelles actuellement exportées du Sahara Occidental occupé : des produits agricoles, le sable pour la construction et pour des plages touristiques dans les îles Canaries, les poissons de l'océan Atlantique, et le phosphate de la mine de Bou Craa. En 2011, la valeur de ces ressources, en grande partie les poissons et les phosphates a dépassé les 400 millions de dollars. Une importante partie de cela provient continue des prix élevés sur le marché mondial de phosphate, qui se vendait à 200 $ / tonne pendant la majeure partie de l'année. Nous savons que les contrats à long terme prévoient  de fournir la roche phosphatée à des producteurs dans des endroits aussi variés que l'Australie, la Lituanie et l'Inde.  

Il y a cinq conséquences à ce prélèvement de ressources naturelles du Sahara Occidental occupé. Elles sont les suivantes : (I) le gain financier direct par la puissance occupante ; (II) la privation correspondante pour le peuple sahraoui des recettes provenant des ressources – pour rappel la moitié de la population sahraouie vit dans la pauvreté dans les camps de réfugiés ; (III) la perpétuation d’une occupation qui comprend l’actuelle implantation de ressortissants de nationalité de l'occupant dans le territoire ; (IV) la perpétuation d'une apparence de légitimité à l'occupation par le «mécanisme de crédibilité» du commerce des ressources, et, enfin ; (V) les dommages subis par le droit international qui, en vertu de la Charte des Nations Unies, doit clairement s'appliquer dans tous les cas pour assurer la souveraineté territoriale et la protection des populations (et leurs ressources) sous occupation.

Ces conséquences ne sont pas isolées les unes des autres, elles sont reliées dans leur cause et ont toutes le point commun de retarder l'autodétermination pour le peuple sahraoui. Pour le comprendre il faut se demander comment l'exploitation des ressources naturelles perpétue l'occupation du Sahara Occidental.

Pour cela, nous nous permettons de formuler les recommandations suivantes. Nous avons à l'esprit le rôle particulier du Comité et de l'Assemblée Générale il y a une génération en Namibie, dans lequel l'Organisation des Nations Unies a légiféré pour protéger les ressources naturelles de ce territoire pendant que le peuple attendait l’autodétermination :

(1) Nous recommandons que la Quatrième Commission aborde la question des ressources naturelles du Sahara Occidental dans les recommandations proposées à l’adoption par l'Assemblée générale cette année;

(2) Nous recommandons que la Quatrième Commission elle-même étudie le problème de l’utilisation et l'exportation des ressources naturelles du Sahara Occidental, et que qu’elle recommande le soutien et la participation de l'Assemblée générale sur cette œuvre;

(3) Nous recommandons que la Quatrième Commission appelle l'Assemblée Générale à renvoyer la question de la légalité de l’utilisation et l'exportation des ressources naturelles du Sahara Occidental à la Cour internationale de Justice pour une décision juridique définitive par le biais d'un avis consultatif conformément à l'article 65 du Statut de la Cour, et

4) Nous recommandons que la Quatrième Commission demande la nomination d'un rapporteur des Nations Unies pour les ressources naturelles au Sahara Occidental, qui travaillera en collaboration avec l'Envoyé personnel du Secrétaire général, Son Excellence l'ambassadeur Christopher Ross, et d'envisager l’administration par les Nations Unies des ressources naturelles et des revenus de ces ressources en attendant l'autodétermination du peuple sahraoui.  

Je répondrai avec plaisir à vos questions.