mercredi 2 décembre 2020
EM. Malgré la guerre, les exportations de farine et huile de poissons continuent
Le bateau Oramalia, immatriculation 9392640, pavillon Gibraltar, qui peut transporter 6 863 tonnes de marchandises, a chargé de l'huile de poisson. Il est parti ce 1er décembre pour Tan-Tan au Maroc où il va charger aussi.
Ces huiles sont probablement à destination de la Hollande ou d'un autre port d'Europe.
Le bateau Ekmen Trans, immatriculation 9204348, pavillon Panama, qui peut transporter 6 687 tonnes de marchandises, a chargé de la farine de poissons.
La cargaison est probablement à destination de Gulluk en Turquie, comme celle d'environ moins 5 500 tonnes, chargée à bord du bateau le Tango Sol (OMI 915901, pavillon Iles Cook), qui est parti de El Aaiun le 26 novembre, soit il y a 5 jours, pour la même destination.
Les cargaisons sont chargées depuis des camions arrivant au moins depuis les usines de transformation de El Marsa, zone industrielle située juste à côté du port de El Aaiun.
Équipe Média a fait une évaluation prudente de la valeur des cargaisons potentiellement chargées, sur la base des prix mondiaux.
La valeur de la quantité de farine de poisson des deux navires concernés par le pillage depuis la reprise de la guerre, Ekmen Trans et Tango Sol, est d'environ 12 millions d'euros.
Le prix de la tonne est actuellement estimé a 1 200 euros, selon Index Mundi.
Le précédent navire parti avec une cargaison illégale de farine de poisson, le Princess Nabiha (OMI 9144457, pavillon panama) avait quitté le port de Elaaiun 3 jours avant la reprise de la guerre, le 10 novembre, avec environ 5 000 tonnes de farine de poisson, de même pour la Turquie.
La valeur de la cargaison d'huile de poisson partie à bord de l’Oramalia est de 3, 6 millions d'euros (3 600 000), si la quantité chargée est de 3 000 tonnes, et le prix de la tonne à 1 200 euros (données Statista 2019).
Une grande quantité de poissons est nécessaire à la transformation en farines et huiles, qui sont toutes exportées du Sahara Occidental vers l’Europe ou la Turquie. Les prises sont sans commune mesure avec les besoins de la population vivant sur le territoire occupé, les Sahraouis, les colons marocains, les immigrants africains.
La pêche industrielle et intensive pratiquée abusivement par le Maroc et ses partenaires dans les eaux sahraouies ne respecte absolument pas le rythme des poissons, ni l’écosystème marin.
Cette pêche est d’autre part totalement illégale, de même que la vente des produits transformés, puisqu’il est interdit d'acheter les produits sahraouis obtenus sans le consentement du Polisario, représentant du peuple légitime du Sahara Occidental.
Équipe Média, El Aaiun, le 1er décembre 2020
Sahara Occidental occupé
lundi 23 novembre 2020
Actions militaires de l’armée sahraouie - Bulletin 1 à 10 - Extraits
Actions militaires de l’armée de libération sahraouie
Extraits
Déclaration militaire 10
Samedi 21 novembre 2020, cible des positions retranchées des forces marocaines dans la zone de Fudra Al’ach dans le secteur de Hawza
Dans l'extrême sud, bombardement des positions marocaines dans la zone d'Athaim Um Ajloud dans le secteur d'Aousserd.
Dimanche 22 novembre, violents bombardements sur les tranchées marocaines stationnées dans le secteur d’Es-Smara.
Des bombardements directs ont visé les soldats marocains dans la vallée de Rouss, Oudeyat Ghalia, dans le secteur d'Amgala.
Bombardements d'un centre marocain dans la zone Athaim Um Ajloud dans le secteur Aousserd, à nouveau.
Déclaration militaire 09
Samedi 21 novembre des unités de l'ALPS ont attaqué contre les bases marocaines dans le secteur d'Amgala, la zone d'Aghzalat-Lakhcheibi dans le secteur de Smara, la zone de Fadrat-Bruk dans le secteur de Hawza, et la zone de Fadrat-Lamras dans le même secteur.
Déclaration militaire 08
Attaques jeudi 19 novembre des positions marocaines dans les zones : Alfayine dans le secteur Farsia, Umdegan dans le secteur Bagari, Rus-Sabti dans le secteur Mahbas, Shaidmia et Umlagta dans le secteur Mahbas et Glaibat-Alagaya dans le secteur Aousserd.
Vendredi 20 novembre, attaques contre les zones de Rus-Audei-Umrukba dans le secteur de Mahbas, et de Rus-Fadrat-Tamat dans le secteur de Hawza.
Déclaration militaire 07
Nuit de mercredi 18 à jeudi 19 novembre 2020
Bombardement des forces marocaines dans le secteur d'Oum Dreyga
Opérations de bombardement concentrées sur plusieurs sites de retranchement des forces d'occupation marocaines dans les secteurs Amgala, Haouza, Farsia et (Oum Dreyga deux fois violemment)
Déclaration militaire 06
Mardi et mercredi 17 et 18 novembre 2020,
Attaques intenses derrière le mur
Plusieurs opérations de bombardement concentré sur les sites marocains du secteur de Farsia et d’Amgala.
Autres bombardements des sites marocains du secteur de Smara et El Baggari.
Déclaration militaire 05
À l’aube du 17 novembre 2020
Attaque contre le point d’alerte/sonnette 51 - légion 29 secteur Amgala
Sonnette 71 dans le secteur de Haouza, la base n°4 du secteur Amgala,
Bombardement de la base n°20 près d’El Rous Essabti et du point d’alerte/sonnette191 du secteur de Farsia, ciblé deux fois
Bombardement de la base n°12 du bataillon 47 dans le secteur Oum Dreyga et la base n°4 du bataillon 63 dans le secteur Baggari
Déclaration militaire 04
Le 16 novembre 2020
Les frappes sur le point d’alerte 71 dans le secteur Haouza, la base n°4 du secteur Amgala durant une heure (de 8h30 à 9h30).
Bombardements :
- de la base n°20 près d’El Rous Essabtti a 12h00
- du point d’alerte 191 du secteur de Farsia, ciblé deux fois a 10h50 et 14h30
- de la base n°12 du bataillon 47 dans le secteur Oum Dreyga à 11h50
- de la base n°4 du bataillon 63 dans le secteur El Baggari a 14h15.
Déclaration militaire 03
Le 15 novembre 2020
Survols aériens marocains et réponses aux attaques
Les bombardements de l'armée de libération ont ciblé plusieurs centres marocains,
- les bases 17 et 18 à El Farsia
- la base 13 relevant du régiment 67 à El Baggari
- la base 04 du régiment 64 dans la région de Diret,
- le point d'observation/sonnette 71 de la base n°7 entre Laariche et Fedret Laghrab à Haouza.
Bombardement de la base 13 à Glaib diret a Hauza
Bombardement de la base 25 relevant du régiment 40 dans la région Oum Lagta
On a vu des flammes dans cette base lors du bombardement
La base 20 du bataillon d’infanterie 68 dans la région d’Adhaim Ajloud.
Déclaration militaire 02
Le 14 novembre 2020
Bombardement de la base 13 régiment 67 du secteur El Baggari hier près de la région Tinligue .
Les secteurs El Mahbes et El Gargarat des attaques missiles et mitrailleuse.
Déclaration militaire 01
Vendredi 13 novembre 2020
Attaques intensives contre les positions marocaines de Mahbes, Haouza, Aousserd et Farsia
A El Mahbes bombardement successif de la base 23
Haouza, bombardement similaire particulièrement sur la base n°4 et la sonnette 71
Aousserd des attaques sur les bases 17 et 172
Farsia, attaque des bases 18 et 17 à 16h00 et 17h00 à la mitrailleuse.
Constat de panique chez les militaires marocains.
Traduction EM-Apso, non officielle
mardi 4 février 2020
EM. CAN Futsal 2020, du sport sous haute surveillance armée
8 équipes sont en compétition, pour cette coupe en totale contradiction avec les valeurs du sport. Elles sont groupe A : Ile Maurice, Guinée équatoriale, Libye, Maroc ; groupe B : Égypte, Guinée, Angola, Mozambique. Chaque équipe compte 5 joueurs et 7 remplaçants.
À noter que l’Ile Maurice s’est retirée de la compétition pour des raisons éthiques (selon les médias) après le premier match. À noter aussi qu’il n’y a pas d’équipe sahraouie en compétition.
Depuis le 28 janvier, à El Aaiun, capitale du Sahara Occidental occupé, des barrages et barricades entourent la salle de la compétition, contrôlent et bloquent tous les accès. Des policiers et agents de renseignements généraux sont omniprésents dans la zone, les rues et ruelles alentours.
Les premiers matchs n’étaient accessibles qu’à un public invité, dûment sélectionné. Un journaliste qui s’est présenté comme tel pour assister au premier match a été interdit d’entrer, sans explication. Il est membre de l’Équipe Média, agence de presse sahraouie en territoire occupé (EM).
Suite au départ de l’Ile Maurice de la compétition et à ses remous politiques, les accès n’ont plus été conditionnés aux invitations. Néanmoins, le 1er février, 3 journalistes de la même agence EM, amateurs de sport, n’ont eux pas pu dépasser le premier barrage à 300 mètres de l’entrée du stade où les agents des renseignements généraux les ont reconnus et leur ont interdit d’aller plus loin. Ces mêmes agents les ont ostensiblement suivis jusqu’à voiture et taxi, et se sont assurés de leur départ de la zone.
Ces manières d’intimidations ont eu l’effet assurément escompté. En effet, les photographes de l’EM n’ont pas essayé d’assister aux matchs par crainte de confiscation de leur matériel, ce qui leur arrive fréquemment lors de couvertures de manifestations populaires et politiques de revendication de l’indépendance du Sahara Occidental.
Des correspondants EM restés anonymes et des spectateurs proches de l’EM ont assisté aux matchs Libye - Guinée équatoriale et Guinée - Angola. Selon leurs commentaires, sur les 372 fauteuils de la salle, les 120 spectateurs présents étaient opposés avec côté gauche du public ordinaire, côté droit les visiteurs étrangers, les membres de la Fédération royale marocaine de football et les hauts responsables locaux. Les entrées étaient gratuites.
Il y avait aussi dans la salle 60 agents de sécurité en tenues sportives soit 30 policiers équipés de talkie-walkie et pistolets, et 30 agents des forces auxiliaires para militaire avec talkie-walkie et matraques.
Sur le terrain les matchs ont fini respectivement sur les scores de 2-1 et 1-5. L’ambiance dans le public essentiellement composé de colons marocains n’était pas au rendez vous, et si l’arbitrage était bon, le jeu a manqué singulièrement de rythme.
À l’extérieur de la salle, les correspondants EM ont pu constater la présence de 100 véhicules de police et des forces auxiliaires et presque 500 policiers, agents de force auxiliaire et les Blair, des soldats en tenues de police. Photos et vidéo ont très difficiles à prendre dans ces conditions d’où leur médiocre qualité.
La compagnie Total, le sponsor affiché de la compétition n’a peut être pas consulté son service éthique avant de s’engager en soutien de cette CAN Futsal. En effet, si l’on ne considère pas uniquement comme coïncidences ses départs de l’exploration pétrolière sur le bloc Anzarane - offshore du sud du Sahara Occidental - après les avis juridiques rendus au conseil de sécurité de l’ONU et à la cour de justice de l’UE affirmant illégales les activités du Maroc au Sahara Occidental puisque ce sont deux pays séparés et distincts, alors Total soutient ici paradoxalement un régime d’occupation, loin du sport.
En réalité, ce déploiement policier disproportionné est probablement bien plus coûteux que les dépenses sportives. Alors les sanctions annoncées par la CAF (brève RFI) contre les équipes d’Afrique du Sud et de l’Ile Maurice qui ont renoncé à la compétition par respect du droit international, soit suspension pour les deux prochaines CAN et amende de 75.000 dollars, font douter de la profondeur de l’examen de la situation par cette CAF qui semble sur tous les plans avoir oublié ses valeurs. Cela interroge sur les motivations réelles à l’organisation par le Maroc, à El Aaiun occupé, d’une telle compétition.
Équipe Média, Sahara Occidental occupé
El Aaiun, le 4 février 2020
Crédit photo EM

mardi 22 janvier 2019
EM. Pas d’innovation au Sahara Occidental occupé, interdictions et répressions
samedi 20 octobre 2018
Consignes aux douanes UE après le jugement de la Cour Européenne de 2016
Original en anglais à télécharger ici (ou voir dessous) https://ec.europa.eu/taxation_customs/sites/taxation/files/guidance-2017-03-15.pdf
Traduction en français par Apso
Implications douanières du jugement de la CJUE dans l'affaire C-104/16P (Sahara Occidental)
Le 21 décembre 2016, la Cour Européenne de justice (CJUE) a déclaré que le champ d'application territorial de l'accord d'association UE-Maroc (et les protocoles y annexés) ne couvre pas le Sahara Occidental
(WS).
La Commission a informé les États membres de cet arrêt de la CJUE par le biais du Groupe d'experts de la Commission (GEC - Questions douanières internationales et GEC - Origine).
Des orientations pratiques à l'intention des autorités douanières des États membres sur les conséquences de la décision de la CJCE concernant l’importation de biens en provenance de WS sont nécessaires. Les conseils doivent être basés sur la législation et la jurisprudence européennes pertinentes.
Principes généraux :
• Les orientations s’appliquent aux marchandises importées dans l’Union européenne à compter du 22 décembre 2016.
Les biens importés dans l'UE avant le 22 décembre 2016 ne sont pas inclus.
• Les marchandises importées dans l’Union Européenne, dont l’origine est Sahara Occidental, doivent être déclarées comme telles (le code approprié qui doit figuré sur la déclaration en douane est EH) ; les préférences tarifaires ne peuvent être revendiquées dans la déclaration en douane et ne sont pas accordés : les taux de le nation la plus favorisée (NPF) s’appliquent.
• Le titre VI du protocole n ° 4 de l'accord d'association est applicable en cas de doute raisonnable concernant l’origine des marchandises couvertes par une preuve d’origine préférentielle.
Coopération administrative dans le cadre de l'accord d'association :
L'article 32, paragraphe 2, du protocole n°4 stipule que, pour garantir la bonne application du protocole, l'UE et le Maroc se prêtent assistance, par l'intermédiaire des autorités douanières compétentes.
En cas de doute raisonnable sur l'authenticité des preuves de l'origine et sur l'exactitude des informations fournies dans ces documents, les autorités douanières de l'État membre d'importation adressent une demande de vérification aux autorités marocaines compétentes.
Dans le contexte de la décision de la CJUE, la demande de vérification doit spécifier que l'autorité requérante souhaite obtenir une réponse sur le lieu de production / de fabrication précis des produits couverts par la preuve d'origine. Tous les documents et informations obtenus suggérant que les informations fournies sur la preuve d'origine sont incorrectes sont transmis à l'appui de la demande de vérification.
L'autorité douanière de l'État membre importateur refuse le traitement tarifaire préférentiel dans les cas suivants :
• La réponse confirme que les produits ne relèvent pas du champ d'application territorial de l'accord d'association UE-Maroc ;
• la réponse ne contient pas les informations demandées ;
Aucune réponse n’est reçue dans le délai imparti (soit 10 mois).
Le traitement préférentiel ne doit pas être refusé sans invoquer le titre VI du protocole n ° 4 de l'accord d'association (c'est-à-dire sans demander de vérification).
Texte original en anglais
Customs implications of ECJ judgement in case C-104/16P (Western Sahara)
On 21 December 2016, the European Court of Justice (ECJ) ruled that the territorial scope of the EU-Morocco Association Agreement (and the protocols hereto) does not cover Western Sahara
(WS).
The Commission made Member States aware of this ECJ judgement through the Customs Expert Group (CEG - International customs matters and CEG - Origin).
Practical guidance to the customs authorities of the Member States on the implications of the ECJ ruling as regards the import of goods from WS is needed. The guidance must be based on relevant EU legislation and jurisprudence.
General principles:
• The guidance applies to goods imported into the EU as of 22 December 2016. Goods imported into the EU before 22 December 2016 are not included.
• Goods imported into the EU, whose origin is WS shall be declared so (the appropriate code to be mentioned in the customs declaration is ΈΗ’); tariff preferences cannot be claimed in the customs declaration and shall not be granted: the MFN duty rates apply.
• Title VI of Protocol 4 of the Association Agreement is applicable in case of reasonable doubt regarding the origin of goods covered by a preferential proof of origin.
Administrative cooperation under the Association Agreement:
Article 32(2) of Protocol 4 stipulates that in order to ensure the proper application of the protocol, the EU and Morocco assist each other, through the competent customs authorities.
In case of reasonable doubt about the authenticity of the proofs of origin and the correctness of the information given in these documents, the customs authority of the Member State of import sends a request for verification to the competent Moroccan authorities.
In the context of the ECJ ruling, the request for verification should specify that the requesting authority wants to obtain a reply on the precise place of production/manufacture of the products covered by the proof of origin. Any documents and information obtained suggesting that the information given on the proof of origin is incorrect is forwarded in support of the request for verification.
The customs authority of the importing Member State denies preferential tariff treatment where:
• The reply confirms that the products do not fall within the territorial scope of the EUMorocco Association Agreement;
• The reply does not contain the requested information;
No reply is received within the established deadline (i.e. 10 months).
Preferential treatment should not be denied without invoking Title VI of Protocol 4 of the Association Agreement (i.e. without requesting verification).
mercredi 14 mars 2018
EM. Invasion de bateaux pirates au Sahara Occidental occupé
Les premiers 50 000 tonnes de minerai de phosphate sont en cours de chargement à bord du vraquier le Triton Swan actuellement amarré à quai. 4 autres vraquiers sont en attente à l’ancre au sud du port.
Les 4 vraquiers en question sont les suivants, détaillés par leur ordre d’arrivée au large de El Aaiun.
Le Triton Swan, IMO 9632985, bat pavillon du Panama, son port en lourd est de 61457 tonnes. Il est arrivé le 15 février en provenance de Fos sur mer (France), et après une escale à Gibraltar. Selon les informations disponibles, son propriétaire est Triton Navigation - Amsterdam, Netherlands.
L’African Sunbird, IMO 9397884, bat pavillon du Panama, son port en lourd est de 55688 tonnes. Il est arrivé le 22 février en provenance de Rotterdam (Pays-Bas) avec une escale à Las Palmas (Espagne). Son propriétaire semble être Misuga Kaiun - Tokyo, Japan
L’Ultra Passion, IMO 9811907, bat pavillon du Panama, son port en lourd 63472 tonnes. Il est arrivé le 27 février en provenance de Oran (Algérie) via Las Palmas. Son propriétaire est Ultrabulk A/S, Denmark
Le Zeyno, IMO 9700421, bat pavillon de Malte. Son port en lourd 63064 tonnes. Il est arrivé le 27 février en provenance de Fos sur mer (France). Son propriétaire est Gsd Denizcilik Gayrimenkul, Turquie.
Le Bi Jia Shan, IMO 9632272, bat pavillon de Hong Kong. Son port en lourd est de 56625 tonnes. Il est arrivé le 14 mars en provenance de Civitavecchia (Italie) via Las Palmas. Son propriétaire et opérateur est China Shipping International Shipmanagement Co, Shanghai, Chine.
Les raisons de cette affluence de vraquiers et la longue attente de certains n’est pas connue. Des marins interrogés ont fait allusion à des périodes de vent fort qui pourraient avoir empêché une approche du quai, mais ont douté de la pertinence de cette raison sur une telle durée.
Les travailleurs du phosphate n’ont pas fait état de problème avec le convoyeur de 100km qui relie les mines de Boucraa au port.
Une autre hypothèse serait que cette attente pourrait être liée au jugement finalement rendu par la justice sud-africaine le 24 février, statuant que la cargaison de 55 000 tonnes de phosphate immobilisée depuis 9 mois à Port Elisabeth à bord du NM Cherry Blossom, originairement transportée pour être vendue par l’OCP, l’était illégalement et appartient en droit au peuple Sahraoui.
Néanmoins la logique ne tient pas. Les risques juridiques et financiers inhérents au transport de ce phosphate sont clairement réels, et ont probablement des incidences sur les stratégies des compagnie de transports et leurs commanditaires, mais ces 5 navires sont en attente de chargement. Cela d’autant que de gros acheteurs déclarés, comme Nutrien, ont annoncé avoir décidé de ne plus s’approvisionner en territoire occupé à partir de cette année.
Un importateur cherche-t-il à faire des stocks prévisionnels ?
Au moment de la publication de cet article, les destinations des navires ne sont pas connues, ni les identités des entreprises pour qui sont les cargaisons.
De récents mouvements de bateaux européens au port de El Aaiun sont rapportés ici pour leur collaboration aux activités marocaines sur le territoire occupé militairement.
Les navires sont le Marley, le Oceanic, le Eems Dublin.
Le 12 mars 2018 le bateau Belge le Marley, IMO 9116814, a jeté l'ancre dans la baie du port d’El Aaiun. C’est son 4ème transport en provenance de Casablanca depuis début février. Il a, à chaque fois, déchargé sa cargaison à El Aaiun.
Le Océanic, sous pavillon des Pays-bas, IMO 9624550, est arrivé le même jour, en provenance de Ceuta.
Le Eems Dublin, sous pavillon des Pays-bas aussi, vient de partir à vide du port de El Aaiun après avoir déchargé. Il était arrivé le 8.
Ces trois navires ont la capacité de transporter des éléments d’éoliennes.
Des sources ont confirmé que le Eems Dublin avait apporté des nacelles, rotors, multiplicateurs et des générateurs. Ces appareils seraient destinés aux projets éoliens de Boujdour.
Les parcs de production d’énergie à origine éolienne sont construits au Sahara Occidental par le Maroc pour servir ses activités d’occupation illégale, et selon nos connaissances, ils n’ont pas reçu l’autorisation des représentants du peuple sahraoui.
La cour de justice de l’Union Européenne vient de rappeler à tous ses membres, par son jugement de décembre 2016 sur l’accord commercial EU-Maroc, puis de janvier 2018 sur l’accord de pêche entre les mêmes parties, que les activités avec ou pour le Maroc au Sahara Occidental sont illégales sans l’accord des Sahraouis. Les navires européens indiqués ci-dessus ont donc des activités litigieuses.
D’autre part, depuis le 15 février 2018, le bateau russe Akademik Primakov, IMO 9187514, accompagné des navires d’appui et sécurité le Sursum Corda, et le Marja, ont été observés au large de El Aaiun. C’est à cette période qu’ont commencées les boucles des relevés sismiques. Le navire de 92,5 mètres de long est équipé de 16 treuils de flûtes sismiques pour l'acquisition de données sismiques 3D. Il a une capacité de 68 personnes à bord.
Le BGP Prospector, IMO 9545986 et pavillon Bahamas, effectue lui des relevés sismiques au large de Bougdour au moins depuis le 5 février. Le navire est accompagné du Geo Service 1, du Flamingo et du Shannon.
Les deux navires opèrent sans l’autorisation des Sahraouis.
À Dakhla, le bateau Italien Rhapsody, IMO 9104835, propriété de Grandi Navi Veloci, en provenance de Marseille via Las Palmas est arrivé au port le 10 mars 2018. Avec une capacité de 2650 passagers et 708 véhicules, le bateau est au service de l’édition 2018 du Forum Crans Montana, prévu jusqu’au 20 mars 2018. Il l’avait été de même en 2016. Le site d’information Tourmag précise « 600 participants seront invités à bord. Du 10 au 18 mars 2018, GNV met à disposition ses services d'hébergement et d'hôtellerie et un service de pension complète. Il accueillera également la soirée de gala avant de partir pour une mini-croisière vers Casablanca. »
Le Forum Crans Montana censé réunir « des chefs d’État, des organisations internationales et des entreprises autour de l'Afrique » est en fait l’organisation d’un événement marocain de promotion de sa colonisation du Sahara Occidental. L’instrumentalisation de l’objet et du lieu de la réunion sont dénoncés par l’Union Africaine qui a appelé, comme en 2015, tous les États membres, les organisations de la société civile africaine et les autres acteurs concernés à boycotter la présente édition.
À noter, le 9 octobre 2017 EM avait publié un article informant d’un phénomène similaire de file d’attente de vraquiers de transport du phosphate. Ils étaient alors 3. Ce ne sont pas les seuls transports de phosphate des derniers 6 mois. Les informations systématiques sur les navires du phosphate, leurs cargaisons, destinations et propriétaires, sont étudiées et rapportées par l’organisation internationale WSRW, observatoire des ressources naturelles du Sahara Occidental. Elles sont disponibles en ligne.
Équipe Média, Sahara Occidental occupé
El Aaiun, le 14 mars 2018
mardi 13 juin 2017
ACAT. Procès Gdeim Izik, saisine Rapporteurs ONU, visite Macron au Maroc
jeudi 8 juin 2017
EM. Une perpétuité ne pourra occulter les 200 millions de dollars annuel du phosphate volé
Lundi 5 juin 2016, le procès des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik s’est ouvert devant la cour d’appel de Salé. Les militants sahraouis pour l'indépendance et le respect des droits mais aussi les avocats de la défense par leur absence, protestent contre ce procès inique, dont les premières audiences ont eu lieu le 13 mars 2017 après plusieurs mois de reports.
Le 6 juin dans l'espace autorisé aux manifestations sahraouies, entouré du brouhaha de sonos marocaines, les amis du condamné à perpétuité Sid Ahmed Lemjayed affirmait leur soutien et leurs revendications, parmi 80 autres manifestants.
Sur les panneaux on pouvait lire : "Agrium shame on you", "Le phosphate est sahraoui, il est à notre peuple"
Sid Ahmed Lemjayed est président du CSPRON, comité de soutien au plan de paix et de protection des ressources naturelles au Sahara Occidental.
Interrogé, Mohamed Jaaim, secrétaire général de CSPRON a affirmé : "je dénonce le pillage systématique des ressources naturelles au Sahara Occidental par le Maroc et ses complices, en particulier le phosphate, élément indispensable dans l’agriculture mondiale.
Sid Ahmed a été condamné à perpétuité parce qu'il a pris position politiquement, et non pour des actes qui n'ont jamais été prouvés.
Nous avons créé le CSPRON en 2005 et depuis cette date et même avant il affirme que l'occupation de notre pays a pour but le pillage de nos ressources naturelles, et que c'est totalement illégale parce que nous ne sommes pas d'accord. Voila pourquoi il a été condamné si lourdement. Le noeud du problème est là, la volonté de s'approprier nos ressources et notre refus catégorique.
Nos pancartes saluent aussi le gouvernement d'Afrique du Sud qui a arrêté une cargaison de phosphate sahraoui représentant environ 6 millions de dollars, et va juger le 9 juin de sa propriété. Ce navire allait vers la Nouvelle Zélande pour une coopérative qui s'appelle Ballance Agri-Nutrients. Un autre navire d'une cargaison similaire a été arrêté à Panama, lui allait vers le Canada, pour la compagnie Agrium. Ces seuls deux navires valent probablement 12 millions de dollars. Par comparaison le Programme alimentaire Mondial donne l'équivalent de 7,9 millions de dollars pour les campements de réfugiés où survivent nos familles.
Nous, le peuple sahraoui, nous ne sommes pas des mendiants pourtant et nous pourrions vivre en paix sans demander d'aide à personne si nous étions libre sur notre terre."
Jaaim est un ancien employé de Phosboucraa. Il a été envoyé vers le Maroc en 2006 en raison des ses activités syndicales.
Selon l'Observatoire international des ressources du Sahara Occidental, WSRW, le phosphate extrait de la mine sahraouie de Boucraa par l'OCP marocain représente 200 millions de dollars pour l'année 2016. L'Onu et, en décembre dernier, la cour de justice européenne, ont dit clairement que les phosphates et tout autre ressource du Sahara Occidental, renouvelable ou non, ne sont utilisables qu'à la condition de la consultation et l'accord du peuple sahraoui.
Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 7 juin 2017
jeudi 18 mai 2017
ACAT. Procès de Gdeim Izik : la défense se retire
ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - Communiqué de presse
Maroc - Procès de Gdeim Izik : la défense se retire du procès, deux avocates françaises expulsées du tribunal
Deux avocates françaises de la défense dans le procès de Gdeim Izik, Maître Olfa Ouled et Maître Ingrid Metton, ont été violemment expulsées de la Cour d’appel de Rabat lundi 16 mai dans l’après-midi.
Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « cet épisode choquant n’est que le climax d’un procès que les magistrats n’essaient même plus de faire passer pour équitable. Entre la comparution de faux témoins, la partialité manifeste de la Cour, les interrogatoires sur la base d’aveux signés sous la torture et la réalisation d’expertises médico-légales truquées pour écarter les allégations de torture des accusés, il ne se trouve plus personne d’un tant soit peu honnête pour louer la qualité de la justice dans ce procès »
Le 16 mai, lassés par de longs mois d’un procès marqué par une iniquité manifeste, les accusés et leurs avocats marocains et Sahraouis ont annoncé leur volonté de ne plus participer à ce qu’ils estiment être un simulacre de procès. Les avocates françaises représentant les accusés ont demandé d’adresser un mot à la cour, comme venaient de le faire leurs confrères, avant de donner leur décision sur leur retrait. Le président a refusé, ordonnant aux avocates de répondre uniquement par oui ou par non. Devant le refus des avocates françaises de répondre de cette manière, le président a annoncé qu’il faisait acter d’office leur retrait et a ordonné leur expulsion de la salle d’audience.
Les avocates françaises ont voulu contester cette décision inique ; les policiers ont saisi Me Olfa Ouled par le bras pour la trainer jusqu’à la porte et ont poussé violemment Me Ingrid Metton jusqu’à la sortie de la salle. Me Ouled souffre d’une élongation et d’un hématome au bras.
Les accusés ont été l’objet de nombreuses atteintes au droit à un procès équitable depuis la première audience du procès en appel, le 26 décembre 2016. Parmi les dernières en date, des témoins de l’accusation apparus mystérieusement sept ans après les faits et qui ont formellement identifié des accusés sur commande dans la salle d’audience après avoir été pourtant incapables de les décrire physiquement lors de leur interrogatoire précédent l’identification. Certains témoins ont assuré avoir vécu une vingtaine de jours dans le camp de Gdeim Izik mais ont été incapables de citer les noms des personnes avec qui ils ont vécu. L’un d’eux a même assuré avoir vu Naâma Asfari dans le camp le 8 novembre 2010, alors que ce dernier avait été arrêté la veille…
En outre, les avocats des accusés ont reçu les rapports d’expertises médico-légales réalisées sur 16 des 24 accusés qui allèguent avoir été torturés pendant leur garde à vue. Ces expertises, prétendument menées conformément aux standards internationaux définis par le Protocole d’Istanbul, ont été analysées par des experts internationaux qui ont relevé des erreurs essentielles flagrantes, entachant totalement la crédibilité et donc la validité desdits rapports.
Pour rappel, les 24 accusés ont été arrêtés, torturés et condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en 2010. Les condamnations ont été prononcées le 16 février 2013 par le tribunal militaire à l’issue d’un procès inique marqué notamment par le refus d’entendre les témoins cités par la défense et d’ordonner une expertise médico-légale concernant les allégations de torture des accusés. Les noms des victimes que les accusés sont présumés avoir tuées n’ont même pas été mentionnés lors du procès. Le 27 juillet 2016, la cour de cassation a cassé le jugement et renvoyé les accusés devant la cour d’appel de Rabat.
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