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jeudi 23 mars 2017

Communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine sur le Sahara occidental, mars 2017

Communiqué de la 668ème réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) sur la situation au Sahara occidental

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), en sa 668ème réunion tenue le 20 mars 2017, a adopté la décision qui suit sur la situation au Sahara occidental :

Le Conseil,

1.    Prend note du rapport du Président de la Commission sur la situation au Sahara occidental [PSC/PR/2 (CDXCVI)], ainsi que de la mise à jour faite par le Représentant spécial de l'UA pour le Sahara occidental, l'Ambassadeur Tadesse Yilma. Le Conseil prend également note de la déclaration faite par la délégation de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) conduite par Son Excellence Mohamed Salem Ould Salek, Ministre des Affaires étrangères, ainsi que de celle faite par les Nations unies;


2.    Rappelle la décision EX.CL/DEC.758 (XXII) adoptée par la vingt-deuxième Session ordinaire du Conseil exécutif tenue à Addis Abéba, les 24 et 25 janvier 2013, demandant à la Commission de prendre toutes les mesures nécessaires pour organiser un referendum pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément aux décisions pertinentes de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) et des Nations unies, ainsi que la décision EX.CL/DEC.773(XXIII) adoptée par la 23ème Session ordinaire du Conseil exécutif tenue à Addis Abéba du 19 au 23 mai 2013, réitérant les décisions et prises de position antérieures de l'OUA/UA sur la situation au Sahara occidental et demandant au Président de la Commission de poursuivre ses efforts, y compris davantage de consultations avec les Nations unies et les autres parties prenantes internationales concernées;

3.    Rappelle en outre la décision Assembly/AU/Dec.559(XXIV) adoptée par la 24ème  Session ordinaire de la Conférence de l'Union, tenue à Addis Abéba, les 30 et 31 janvier 2015, réitérant les appels du Conseil de sécurité des Nations unies aux Parties à continuer des négociations sans conditions préalables et en bonne foi, exprimant le plein appui de l'UA aux efforts de l'Envoyé personnel des Nations unies, saluant les mesures prises par  la Présidente de la Commission pour assurer le suivi de la décision pertinente du Conseil exécutif et lui demandant de poursuivre ses efforts, afin de mobiliser l’appui nécessaire au processus sous conduite des Nations unies;

4.    Rappelle également la décision Assembly/AU/629 (XXVIII) adoptée par la 28ème Session ordinaire des chefs d'État et de Gouvernement tenue à Addis Abéba, les 30 et 31 janvier 2017, dans laquelle la Conférence a noté avec une profonde préoccupation l'impasse actuelle dans le processus de paix au Sahara occidental, a souligné la nécessité urgente de redoubler d'efforts pour faciliter le règlement rapide du conflit, et a réitéré son appel à l'Assemblée générale des Nations unies pour qu’elle détermine une date pour la tenue du referendum d'autodétermination du peuple du Sahara occidental et assure la préservation de l'intégrité du Sahara occidental, en tant que territoire non autonome de tout acte susceptible de la compromettre. Le Conseil souligne d'autres dispositions pertinentes de la décision de la Conférence relatives à l'exhortation du Conseil de sécurité des Nations unies à assumer pleinement ses responsabilités pour que la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) puisse de nouveau exercer ses fonctions, ce qui est indispensable pour la supervision du cessez-le-feu et à l’organisation du référendum au Sahara occidental , ainsi qu’ à trouver des réponses aux questions du respect des droits de l'homme et de l'exploration et de l'exploitation illégales des ressources naturelles du territoire, en particulier dans le cadre de l'important arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le 21 décembre 2016, sur l'Accord entre l'UE et le Maroc signé en 2012 sur la libéralisation mutuelle des échanges de produits agricoles et de la pêche.

5.    Rappelle ses décisions antérieures sur la situation au Sahara occidental, à savoir le Communiqué PSC/PR/COMM/.1 (CDXCVI) du 27 mars 2015 (496ème réunion), Communiqué de presse PSC/PR/COMM.2 (DII) du 30 avril 2015 (503ème réunion) et le Communiqué PSC/PR/COMM (DLXXXVIII) du 6 avril 2016 (588ème), ainsi que son Communiqué PSC/PR/COMM (DCXVII) du 12 août 2016 (617ème). Rappelle également le Communiqué PSC/AHG/COMM.4 (DXLVII) adopté lors de la 547ème réunion du Conseil tenue le 26 septembre 2015, à New York, au niveau des chefs d'État et de gouvernement, dans lequel il a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à assumer pleinement ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour régler rapidement le conflit du Sahara occidental et trouver une réponse efficace aux questions liées au respect des droits de l'homme et à l'exploitation illégale des ressources naturelles du territoire;

6.    Félicite le Royaume du Maroc pour son adhésion à l'UA, sans conditions préalables ni réserves. Le Conseil salue la disponibilité du Maroc à s’asseoir côte à côte de la RASD lors des délibérations des organes délibérants de l'UA;

7.    Regrette le fait que le Royaume du Maroc, qui a été invité par le Conseil à participer à sa 668ème réunion sur la situation au Sahara occidental, ne soit pas venu à la réunion. Le Conseil appelle, par conséquent, le Royaume du Maroc à apporter la coopération nécessaire conformément  aux dispositions de l’Acte constitutif de l’UA et du Protocole relatif à la création du CPS;

8.    Salue les efforts continus déployés par le Secrétaire général des Nations unies, ainsi que de ceux de son Envoyé personnel pour trouver une solution dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris les consultations menées par l'Envoyé personnel dans le cadre de sa nouvelle approche, telle que définie dans le rapport du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara occidental du 10 avril 2016 (S/2016/355). Le Conseil regrette la démission de l'Ambassadeur Christopher Ross, Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, et le félicite pour les efforts qu'il avait déployé pour surmonter l'impasse dans le processus de paix.

9.    Se félicite des mesures prises par le Président de la Commission en application des décisions pertinentes des organes directeurs de l'UA et des efforts déployés par les Nations unies, y compris les efforts déployés par l'ancien Président Joaquim Chissano en tant qu’Envoyé spécial de l'UA. Le Conseil exprime sa satisfaction quant aux efforts déployés par l'Envoyé spécial pour surmonter l'impasse actuelle dans le processus de paix et le félicite pour son engagement dans l'accomplissement de son mandat;

10.    Note avec une profonde préoccupation que, quatre décennies après le déclenchement du conflit au Sahara occidental, et cinquante-quatre ans après la décision de décoloniser le Sahara occidental, tous les efforts visant à trouver une solution n'ont pas encore abouti aux résultats escomptés et l'impasse dans le processus de paix ne renforce pas seulement les tensions sur le territoire, mais compromet également les efforts visant à promouvoir l'intégration continentale. En conséquence, le Conseil exprime l'urgence de redoubler d'efforts pour parvenir à un règlement rapide et définitif de ce conflit. À cet égard, le Conseil:

(i)    rappelle les dispositions pertinentes de l'article 4 de l'Acte constitutif de l'Union africaine qui stipule, entre autres, le règlement pacifique des conflits entre les États membres de l'Union;

(ii)    souligne qu'il est impératif que le Royaume du Maroc et la RASD, en tant qu'États membres de l'Union, engagent immédiatement des pourparlers directs et sérieux, sans conditions préalables et conformément à l'article 4 de l'Acte constitutif;

(iii)    décide de renforcer le mandat de l'ancien Président Joaquim Chissano du Mozambique, pour être nommé Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental, chargé de faciliter les pourparlers directs entre les deux États membres et de mobiliser les efforts de l'Afrique et des Nations unies à cet effet. Le Conseil demande au Président de la Commission de prendre les mesures nécessaires pour permettre au Haut Représentant de l'UA d'assumer immédiatement son mandat;

(iv)    décide également de réactiver le Comité ad hoc des chefs d'État et de Gouvernement sur le conflit au Sahara occidental, créé en application de la résolution AHG/Res.92 (XV), adoptée lors de la 15ème Session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de Gouvernement de l'OUA, qui s'est tenue à Khartoum (Soudan) du 18 au 22 juillet 1978. Le Conseil demande au Président de la Commission d'entreprendre les consultations nécessaires pour finaliser la composition et l’opérationnalisation du Comité ad hoc;

(v)    appelle tous les États membres de l'UA, dans l'esprit du panafricanisme et conformément aux dispositions de l'Acte constitutif, à mobiliser et à apporter d’autres formes d’appui politique, diplomatique aux deux États membres et au Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental, afin de faciliter leurs pourparlers directs;

(vi)    demande en outre à la Commission de l'UA de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour la réouverture du Bureau de l'UA à Laayoune, au Sahara occidental, y compris la fourniture des ressources humaines et financières et des moyens logistiques nécessaires;

(vii)    lance un appel aux Nations unies et à l’ensemble de la communauté internationale pour qu'elles apportent leur plein appui aux efforts africains visant à surmonter l'impasse actuelle dans le processus de paix au Sahara occidental;

(viii)    décide en outre d'examiner régulièrement la situation au Sahara occidental, sur la base de mises à jour et des recommandations fournies par le Président de la Commission et le Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental;

(ix)    décide également d’effectuer une mission sur le terrain au Sahara occidental en cours de l’année 2017.

11.    Attend avec intérêt le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) à l'expiration de son mandat actuel, le 30 avril 2017, conformément à la décision 2285 (2016) du 29 Avril 2016. Le Conseil exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à prendre les mesures nécessaires pour que la MINURSO puisse de nouveau exercer pleinement ses fonctions, afin qu’elle supervise efficacement l’accord de cessez-le-feu et d’éviter la reprise des violations. Le Conseil demande en outre au Conseil de sécurité des Nations unies d’attribuer à la Mission un mandat en matière de droits de l'homme, en tenant compte de la nécessité d'assurer un suivi indépendant et impartial des droits de l'homme aussi bien dans le territoire que dans les camps de réfugiés. Le Conseil demande également au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme de prendre les mesures appropriées à cet égard;

12.    Demande en outre à la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) d'entreprendre, dans les meilleurs délais possibles, une mission au Sahara occidental et aux camps de réfugiés de Tindouf, afin d'évaluer la situation des droits de l'homme et de formuler des recommandations au Conseil, sur la base des résultats de sa visite dans la région en septembre 2012. À cet égard, le Conseil exhorte les deux États membres à coopérer pleinement avec la mission de la CADHP;

13.    Souligne qu'il est urgent de trouver des réponses à la question de l'exploration et de l'exploitation illégales des ressources naturelles du territoire, en ayant à l’esprit l'appel lancé dans le rapport du Secrétaire général des Nations unies du 10 avril 2014 à tous les acteurs concernés, à la lumière de l'intérêt croissant pour les ressources naturelles du Sahara occidental, afin de «reconnaître le principe selon lequel les intérêts des habitants de ces territoires sont primordiaux», conformément au Chapitre XI de l'Article 73 de la Charte », ainsi qu'aux nombreux avis juridiques et jugements émis par des organisations internationales et régionales sur la question. À cet égard, le Conseil exhorte le Royaume du Maroc à ne pas conclure d’accords pour l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental.

14.    Demande à la Commission, par les voies appropriées, d'entreprendre une démarche envers le Conseil de sécurité des Nations unies, afin que le Haut Représentant de l'UA pour le Sahara occidental ait la possibilité de s'adresser au Conseil de sécurité lors de sa réunion sur le Sahara occidental prévue le mois d'avril 2017. Le Conseil demande en outre aux membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies, travaillant dans le cadre de l'A3, d’appuyer et de faciliter cette demande ;

15.    Prie le Président de la Commission de transmettre le présent communiqué aux deux États membres, à savoir le Royaume du Maroc et la RASD, pour qu'ils prennent des mesures immédiates. Le Conseil prie en outre le Président de la Commission de transmettre le communiqué au Secrétaire général des Nations unies et de demander qu'il soit distribué en tant que document officiel du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu'aux autres parties prenantes internationales concernées;

16.    Décide de rester activement saisi de la question.

Source : http://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-668eme-reunion-du-conseil-de-paix-et-de-securite-de-l-union-africaine-ua-sur-la-situation-au-sahara-occidental 
Télécharger le communiqué ici : http://www.peaceau.org/uploads/psc-comm-western-sahara-fr.pdf

mardi 31 mars 2015

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine sur le Sahara Occidental


Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), en sa 496ème réunion tenue le 27 mars 2015, a adopté la décision suivante sur la situation au Sahara occidental:

Le Conseil,

1. Prend note du rapport de la Présidente de la Commission sur la situation au Sahara occidental [PSC/PR/2(CDXCVI)], ainsi que de la communication faite par l'Envoyé spécial de la Présidente de la Commission pour le Sahara occidental, l'ancien Président Joaquim Chissano du Mozambique. Le Conseil prend également note des déclarations faites par le Ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), ainsi que par les représentants de la République fédérale du Nigéria, membre africain du Conseil de sécurité des Nations unies, et du Secrétariat des Nations unies ;

2. Rappelle le Plan d'action adopté par la session spéciale de la Conférence de l'Union sur l'examen et le règlement des conflits en Afrique, tenue à Tripoli, en Libye, le 31 août 2009 [SP/Assemblage/PS/PLAN(I)], exprimant son appui aux efforts des Nations unies visant à surmonter l'impasse dans le processus de paix au Sahara occidental et aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui appellent à des négociations directes entre les Parties au conflit, à savoir le Royaume du Maroc et le Front Polisario, sans conditions préalables et de bonne foi, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, dans le contexte d'arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies, et, à cette fin, demandant l'intensification des efforts visant à l'organisation d'un référendum pour permettre au peuple du Territoire de choisir entre l'option de l'indépendance et celle de l'intégration au Royaume du Maroc;

3. Rappelle en outre la décision EX.CL/Dec. 758 (XXII) adoptée par la 22ème session ordinaire du Conseil exécutif, tenue à Addis Abéba les 24 et 25 janvier 2013, demandant à la Commission de prendre toutes les dispositions nécessaires pour l'organisation d'un référendum pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, en application des décisions pertinentes de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et des résolutions des Nations unies, ainsi que la décision EX.CL/Dec. 773 (XXIII) adoptée par la 23ème session ordinaire du Conseil exécutif, tenue à Addis Abéba du 19 au 23 mai 2013, réitérant les décisions et prises de positions antérieures de l'OUA/UA sur la situation au Sahara occidental et demandant à la Présidente de la Commission de continuer ses efforts, y compris par le moyen de nouvelles consultations avec les Parties et la poursuite de l'interaction avec les Nations unies et les autres acteurs internationaux concernés;

4. Rappelle aussi la décision Assembly/AU/Dec.559(XXIV) adoptée par la 24ème session ordinaire de la Conférence de l'Union, tenue à Addis Abéba les 30 et 31 janvier 2015, réitérant l’appel du Conseil de sécurité des Nations unies aux Parties pour qu’elles poursuivent les négociations sans conditions préalables et de bonne foi, exprimant le plein appui de l'UA aux efforts déployés par l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, se félicitant des mesures prises par la Présidente de la Commission dans le cadre du suivi de la décision pertinente du Conseil exécutif et lui demandant de poursuivre ses efforts, afin de mobiliser l'appui nécessaire au processus conduit par les Nations unies;

5. Se félicite des efforts constants du Secrétaire général des Nations unies, ainsi que de ceux de son Envoyé personnel, en vue de la recherche d'une solution dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris les consultations menées par l'Envoyé personnel dans le cadre de sa nouvelle approche, comme indiqué dans le rapport du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara occidental, daté du 10 avril 2014 (S/ 2014/258);

6. Se félicite en outre des mesures prises par la Présidente de la Commission dans la mise en œuvre des décisions pertinentes des instances politiques compétentes de l’UA et en appui aux efforts conduits par les Nations unies, y compris la nomination de l'ancien Président Joaquim Chissano comme Envoyé spécial de l’UA et l'initiative d'interagir avec les Parties au conflit. Le Conseil se déclare satisfait des consultations menées par l'Envoyé spécial avec les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l'Espagne, en tant qu’ancienne puissance occupante, ainsi qu'avec le Secrétariat des Nations unies, et le félicite pour l’engagement avec lequel il s’acquitte de son mandat ;

7. Note avec une profonde préoccupation que quatre décennies après l’éclatement du conflit au Sahara occidental et cinquante ans après la décision de décoloniser le Sahara occidental, tous les efforts visant à trouver une solution ont jusqu'à présent échoué à atteindre les résultats escomptés et que l'impasse actuelle non seulement accroît la tension dans le Territoire, mais aussi sape les efforts visant à promouvoir l'intégration dans la région du Maghreb. En conséquence, le Conseil souligne l'urgence d’efforts renouvelés en vue de sortir de cette impasse. À cet égard, le Conseil :

(i) lance un appel pour une action internationale renforcée et cordonnée en vue de l’organisation rapide d’un référendum pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément aux décisions pertinentes de l’OUA/UA et aux résolutions des Nations unies ;

(ii) exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à prendre toutes les décisions nécessaires pour assurer un progrès dans la recherche d'une solution au conflit du Sahara occidental, reconnaissant son rôle crucial et sa responsabilité principale dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales. À cet égard, le Conseil encourage le Conseil de sécurité des Nations unies, lors de sa réunion sur la question du Sahara occidental prévue en avril 2015, à prêter toute l’attention requise à la recommandation figurant dans le rapport susmentionné du Secrétaire général du 10 avril 2014, en vue d’un examen complet du cadre fixé en avril 2007 pour le processus de négociation, si aucun progrès n’est fait avant avril 2015, étant entendu que cet examen devrait viser à faciliter la tenue rapide d’un référendum pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental;

(iii) renouvelle son soutien aux appels lancés par le Conseil de sécurité des Nations unies pour des négociations directes entre les deux Parties, à savoir le Royaume du Maroc et le Front Polisario, sans conditions préalables et de bonne foi, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, dans le contexte d'arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies; et

(iv) appelle la communauté internationale à apporter son plein appui aux efforts visant à surmonter l'impasse actuelle.

8. Encourage la Présidente de la Commission, notamment à travers son Envoyé spécial et tout autre arrangement approprié, à poursuivre et à intensifier les efforts déjà entrepris dans le cadre du suivi des décisions pertinentes des instances politiques compétentes de l'UA, en particulier le renforcement des contacts avec les Parties, les États voisins et d’autres États membres de l'UA, ainsi qu'avec les Nations unies et d’autres acteurs internationaux, en vue de promouvoir la mise en œuvre effective des décisions pertinentes de l’OUA/UA et des résolutions des Nations unies sur le Sahara occidental, ayant à l’esprit le rôle de l’OUA/UA en tant que Garant du Plan de Paix entériné par la résolution AHG/Res.104 (XIX), adoptée par la 19ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement, tenue à Addis Abeba du 6 au 12 juin 1983, qui a servi de base aux Propositions de règlement d’août 1988 ayant lancé le processus de paix au Sahara occidental. À cet égard, et prenant en compte le fait que le Sahara occidental reste une question pendante dans le parachèvement de la décolonisation de l’Afrique, le Conseil :

(i) décide de réactiver le Comité ad hoc de chefs d’État et de Gouvernement sur le conflit du Sahara occidental, établi conformément à la résolution AHG/Res.92(XIV) adoptée lors de la 15ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de l’ OUA, tenue à Khartoum, au Soudan, du 18 au 22 juillet 1978. Le Conseil décide en outre d’élargir le Comité ad hoc de façon à ce qu’il soit composé de 10 chefs d’Etat et de Gouvernement, à raison de deux pour chacune des cinq régions du continent. Le Conseil demande à la Présidente de la Commission de d’entreprendre d’urgence les consultations requises pour la finalisation de la composition et l’opérationnalisation du Comité ;

(ii) prie la Présidente de la Commission, à travers les canaux appropriés, d’entreprendre une démarche en direction du Conseil de sécurité des Nations unies pour que l’Envoyé spécial de l’UA pour le Sahara occidental ait l’opportunité de s’adresser à la réunion du Conseil de sécurité d’avril 2015 sur le Sahara occidental. Le Conseil demande en outre aux membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies, œuvrant dans le cadre du A3, de soutenir cette requête et d’en faciliter l’aboutissement ;

(iii) décide de mettre en place un Groupe international de contact sur le Sahara occidental (GIC-SO), en vue de maintenir la question sur l’agenda de la communauté internationale et de mobiliser le soutien nécessaire pour le règlement rapide du conflit, et prie la Présidente de la Commission d’entreprendre les consultations requises à cet effet ; et

(iv) décide en outre d’examiner régulièrement, et au moins deux fois l’an, la situation au Sahara occidental sur la base de mises à jour et recommandations faites par la Présidente de la Commission ;

9. Attend avec intérêt le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) à l'expiration, le 30 avril 2015, du mandat actuel, comme décidé par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2152 (2014) du 29 avril 2014. Le Conseil encourage le Conseil de sécurité des Nations unies à prendre les mesures nécessaires pour donner à la MINURSO un mandat en matière de droits de l'homme, compte tenu de la nécessité d'assurer la surveillance durable, indépendante et impartiale des droits de l'homme, tant sur le Territoire que dans les camps de réfugiés. Le Conseil prie le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme de prendre des mesures appropriées à cet égard ;

10. Prie la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) d’entreprendre, aussi rapidement que possible, une mission au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés, pour évaluer la situation des droits de l’homme et faire des recommandations au Conseil, s’appuyant en cela sur les résultats de la visite qu’elle avait effectuée en septembre 2012 dans la région. À cet égard, le Conseil exhorte le Gouvernement du Royaume du Maroc à apporter son entière coopération à la CADHP, en particulier en lui permettant de visiter le Territoire ;

11. Exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à trouver une solution à la question de l'exploitation illégale des ressources naturelles du Territoire, en ayant à l'esprit l'appel lancé par le Secrétaire général des Nations unies, dans son rapport du 10 avril 2014, pour qu’à la lumière de l’intérêt croissant qu’éveillent les ressources naturelles du Sahara occidental, tous les acteurs concernés « reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires, conformément au Chapitre XI, article 73 de la Charte ». À cet égard, le Conseil recommande l’examen d’une stratégie globale de boycott des produits des compagnies impliquées dans l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental, en tant que moyen permettant de renforcer la mobilisation de la communauté internationale sur la situation au Sahara occidental ;

12. Prie la Présidente de la Commission de transmettre le présent communiqué aux Parties, pour leur information et action en tant que de besoin. Le Conseil prie en outre la Présidente de la Commission de transmettre le communiqué au Secrétaire général des Nations unies et de lui demander qu’il soit circulé comme document officiel du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu'à d'autres acteurs internationaux concernés;

13. Décide de rester activement saisi de la question.