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vendredi 4 novembre 2016

EM. Les dégâts des inondations sur les infrastructures coloniales

L’oued Saguia El Hamra n’avait pas coulé comme cela depuis 1987. Les fortes pluies tombées au Sahara Occidental du 28 au 31 octobre 2016 ont entrainé une crue de l’oued qui a eu de multiples conséquences. Les effets ont été aggravés par l’absence de respect de l’environnement naturel dans les constructions d’infrastructures du colonisateur marocain. Du fait de la non décontamination du territoire des restes explosifs de guerre, et des mines terrestres, il est très probable que de nombreux de ces engins de mort soient maintenant dans les grandes villes.

Les mines terrestre et autres restes explosifs de guerre se trouvaient en grande majorité à l’est de El Aaiun, à proximité du mur de défense marocain. Du fait des fortes pluies, le lit de l’oued s’est très élargi et l’eau a tout emporté.
Le lit de l’Oued Saguia passe au Lieu-dit Gouairet Lhoussein près de la commune Sid Ahmed El Aaroussi à 25 km au sud de Essmara occupée. Des témoins ont informé l’Equipe Média qu’ils avait vu de nombreux restes de guerre là où l’eau s’était retirée.

S’il a jamais existé des cartographies de l’emplacement des mines, l’oued en a changé toutes les données. Les menaces bien réelles sur la vie des habitants riverains ont poussé la section du Croissant Rouge de Essmara à lancer un appel urgent à la prudence de la population face à tout objet non identifié, valable pour Essmara et sa banlieue. L’appel a été relayé par les sites marocains de la région.

A l’entrée d’El Aaiun, la crue d’Oued Saguia a entrainé l’effondrement du barrage « la marche verte » construit en 1995. Ce barrage construit de sables et de pierres faisait office de pont sur lequel passait toute la circulation en direction du nord du pays, et du Maroc.
Selon les média marocain, la capacité d’absorption du pont étant de 110 million mètre cube, l’état de la construction n’est pas en cause dans sa destruction mais plutôt l’importance des masses d’eau.

Selon des spécialistes pont et chassée locaux la construction était fragilisée par son utilisation et l’absence d’entretien, la conception en étant de plus tout à fait discutable.
Selon des vieux sahraouis, la construction servait la colonisation et le vol des ressources du Sahara Occidental sans aucun respect de la nature et du désert. Les cycles naturels de l’oued, la fertilisation saisonnière des berges et l’irrigation rendues impossibles par l’effet du barrage avait entrainé des changements dans l’écosystème, la disparition d’espèces animales et végétales, mais aussi des problèmes avec les troupeaux du fait du non contrôle de la pollution par les usines en amont.

Le pont Saguia El Hamra situé au nord de la ville, construit par le colonisateur espagnol en 1965 n’a pas non plus résisté à la crue de l’oued et a été rompu. La ville a d’autre part connu 3 jours de totale absence d’alimentation électrique et de communication.

Là où l’oued est passé, des maisons se sont écroulées, et d’autres ont été très fragilisées par les infiltrations.
Le quartier Douar El Mkhaznia où habitent des centaines des familles colons, agents des forces auxiliaires a été particulièrement touché. Les quartiers Soug Jaj et Brarkik Ettben « huttes de paille » où habitent majoritairement des Sahraouis ont subi de nombreux dégâts.

Selon plusieurs sources, il semble que le traitement de l’aide aux victimes a été discriminatoire, les autorités marocaines n’ayant pris en charge dans l’urgence que les colons marocains, laissant les Sahraouis chercher par eux-mêmes un nouvel abri.

Bien qu’il n’y ait pas eu d’alerte officielle, il est très probables que les mines terrestre et autres restes de guerre soient maintenant aussi dans la ville d’El Aaiun, charriés par l’Oued et déposé sur les berges et dans les rues inondées.

La route nationale entre El Aaiun et Tan Tan est coupée depuis le 29 octobre ainsi que celle longeant la côté entre Trafaya et El Aaiun
Le seul accès possible à El Aaiun est actuellement la route de Essmara. La route Tantan Essmara n’a pas été coupée.
Selon plusieurs informations l’axe Essmara El Aaiun a néanmoins été fermée pendant trois heures le 3 novembre , suite à l’explosion d’un véhicule qui aurait sauté sur une mine.

La rupture des ponts a entrainé l’isolement de la ville et l’impossibilité de tout approvisionnement. El Aaiun étant une ville artificiellement gonflé par les colons marocains, l’obligation de sédentarisation faites aux Sahraouis - effet renforcé depuis l’interdiction de planter et vivre sous la tente -, et sans aucune productivité ni autonomie, de nombreux témoins ont rapporté une rapide et forte inflation du prix des produits de base.

Selon un bilan provisoire, une trentaine de personnes, civiles et militaires auraient perdu la vie.
Il se dit que certains militaires marocains ayant trouvé la mort sont des agents de surveillance de l’immigration clandestine engagés par le Maroc sur des fonds de l’Union Européenne selon des accords liés à cette problématique.
L’utilisation des fonds européens d’un accord avec le Maroc sur le territoire du Sahara Occidental étant illégale, peut-être cela explique-t-il le silence des média marocains sur ces victimes.

Le projet technopole Foum el Oued, promesse de la construction d’un pôle éducatif ambitieux inauguré en grande pompe en février 2016 par le roi du Maroc, et dont l’ouverture est prévue en 2022 pourrait bien tomber à l’eau, là où il n’y avait encore rien, il y a maintenant un impressionnant lac.

Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 4 novembre 2016

mardi 9 février 2016

EM. Les Sahraouis n'étaient pas à la parade



C'est à grand renfort de déclaration et sans objectivité aucune  que nos confrères de la presse marocaine ont accompagné la visite du roi des marocains dans notre pays le Sahara Occidental du 4 au 8 février 2016. Nos confrères reprennent sagement les communiqués MAP du palais royal...

Pourtant nous avons étudié les discours, rien de nouveau n'est prononcé qui va vers une légalisation de la situation, et les Sahraouis ne s'y sont pas trompés qui ont ignoré cette venue jusqu'au mépris.

Nous avons recueilli des avis, dont quelques-uns sont rapportés ci-dessous.

"Moi je suis citoyenne sahraouie, pas un sujet du roi du Maroc. Si j'avais du temps à perdre je serais allé voir l'immense gaspillage d'argent. Mais je n'ai pas de temps à perdre. Tout est compliqué ici, parce qu'il y a les poubelles qui restent des jours dans la rue, donc il y a des meutes de chiens sauvages qui sont là, alors on ne peut pas laisser les petits enfants dehors. Et j’en ai 5. Et avec de l’eau au robinet qu’une ou deux heures n’importe quand dans la journée, il faut que je sois toujours à la maison pour les repas et les lessives" a dit  Degja Bellahi, 56 ans.

Nezha El Khalidi  étudiante sahraouie a dit : "Ce roi  se prend pour la reine d'Angleterre, mais il n'a pas sa classe. Ce qu'il fait c’est pour masquer la réalité du vol de nos ressources naturelles. Qu’il vienne ici se faire voir avec les télévisions, ça ne change rien au droit international. Nous ne sommes pas d'accord qu'on prenne nos ressources, donc c'est illégal et interdit  de le faire, pour tout le monde, et jusqu'à ce qu'on nous demande nos avis et qu'on dise oui".

"Les Draa tout le monde peut en acheter ici, et les marocains les portent quand vient le roi, ils ont des consignes pour ça" nous a confié Zainab Aabied, enseignante sahraouie

Laila Fakhouri, 25 ans a souligné : "probablement qu'il y a des sahraouis dans les foules, vous savez ce que c'est le chantage ici. Si les plus pauvres n'y vont pas, ils perdent le bénéfice de la carte promotion nationale, et alors ils n'ont plus rien pour vivre que l'assistance de la famille, qui est souvent aussi pauvre qu’eux".

Il se dit que des colons marocains obligeamment donc habillés de Draa et Melfa attendaient leur roi à l'aéroport pour lui demander des agréments de taxi ou se plaindre contre le wali, ce qui aurait agacé ce roi venu parader. Mohamed 6 aurait par conséquence refusé d'inaugurer le nouveau nom de l'avenue de Smara, le sien pourtant.

Les diplômés chômeurs de Smara et Boujdour avaient à exposer des récriminations autrement plus cruciales pour leur avenir, ce qu'ils font en manifestant dans la rue. Et c’est peut être la raison pour laquelle le roi des marocains n’est pas allé en visite précisément dans ces villes là du Sahara Occidental.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 7 février 2016

dimanche 19 janvier 2014

EM : Une semaine de manifestations pacifiques violemment réprimées au Sahara Occidental


http://www.emsahara.com/
La troisième  semaine de janvier 2014 est marquée par de nombreuses manifestations sahraouies dans tout le territoire occupé du Sahara Occidental. Toutes ont été réprimées violemment par la police coloniale marocaine. Il semble que des ordres ont été donnés encourageant la violence sans sommation comme méthode dissuasive de toute manifestation d’expression populaire. C’est à l'encontre de tous les droits nationaux et internationaux qui affirme le droit à la liberté d'expression. Ci-dessous un résumé des principales manifestations.

Samedi 11 janvier 2014, la coordination des jeunes sahraouis « qui rejettent la nationalité marocaine » organise à 17h GMT une manifestation rue Essmara à El Aaiun en solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis. Plus de 150 manifestants lèvent les pancartes et sont attaqués quelques minutes après par les forces d'occupations. 16 manifestants sont blessés. Voir https://www.youtube.com/watch?v=VBOAHzOBmb8

Dimanche 12  janvier, une manifestation pacifique regroupe une centaine de Sahraouis rue Jamal Eddine El Afghani, quartier Quiadat Boukra'a à El Aaiin. Ils demandent que soit respecté leur droit à l'autodétermination, à l'indépendance. Les forces d'occupation interviennent violemment et chassent les manifestants dans les rues. Ils entrent de force chez la militante sahraouie Lala Hatra Aram, la blessent à l'oeil et saccagent sa maison. Notre correspondant a constaté les blessures mais aussi que les forces d'occupation ont mis le feu à une partie de la modeste maison. Voir vidéo https://www.youtube.com/watch?v=PboT-rG8NOs

Lundi 13 janvier, à l'aube un groupe spécial de la police enlève Mohamed Ali Lmbarki et Hadi Mohamed, 17 et 15 ans, deux activistes sahraouis mineurs. Ils sont conduits vers un endroit qu'ils ne reconnaissent pas. Selon des activistes des droits de l'homme qui ont pu entrer en contact avec eux depuis, les 2 mineurs sont soupçonnés d'avoir d'attaqué au cocktail Molotov une fourgonnette de police marocaine la veille au soir. Ce qu'ils nient catégoriquement. A l’heure de la publication de cet article, les deux jeunes sont toujours en garde-à-vue, dans les locaux de la préfecture de police.
Il est à déplorer que la chaîne française "France 24" ait publié la déclaration de la Wilaya de El Aaiun à propos de l'attaque au cocktail Molotov, sans donner la parole aux activistes sahraouis.
Les mêmes activistes ont dénoncé la manoeuvre des services secrets marocains qui ont mis en scène des policiers en civil couverts de turbans et brûlant le seau d'une poubelle. Cette vidéo visant à invalider le pacifisme des Sahraouis a été diffusée juste après le lancement de la campagne nationale et internationale pour l'élargissement des compétences de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme au Sahara Occidental.

Le même jour, 13 janvier, à 17 h, plus de 200 sahraouis se rassemblent pour une manifestation pacifique rue Essmara pour revendiquer l'élargissement du mandat de la Minurso, à l'appel de la coordination des associations et comités sahraouis de défense des droits de l'homme. 5 minutes après leur rassemblement les forces d'occupation en civil et en uniforme interviennent brutalement pour les disperser. Plus de 120 personnes sont blessées, dont une soixantaine de femmes.
Mariem Bourhimi, Sabar Bani et Mohamed Saleh Zerouali des journalistes de notre Équipe présents sur place sont pris à parti violemment eux aussi. Mariem, 28 ans, est blessée, son bras droit est cassé. https://www.youtube.com/watch?v=fp-FcTIU10c

Après cette intervention, plusieurs manifestations s'organisent spontanément dans les quartiers les appartements rouges, Erraha, Lahchicha, rue Echaouia, rue Mezouar, rue Tan Tan,  quartier Ma'atalah, quartier Lina'ach, quartier El A'aouda et quartier Douirat de El Aaiun.

Rue du 24 novembre, prés de Colomina Erradsa, les forces d'occupation interviennent brutalement contre une manifestation d'une soixantaine de personnes, et blessent l'activiste sahraoui Daikh Lbkai à la tète par leurs jets de pierre. Daikh Lbkai, 17 ans, est transporté en urgence à l'hôpital où il est opéré. Il est toujours hospitalisé et semble aller mieux, mais n'a toujours pas retrouvé l'usage de la parole.

Simultanément, les forces d'occupation se déploient dans le quartier Lina'ach de El Aaiun, scandent des slogans racistes contre les sahraouis, et crient "sortez fils de putes".

À Essmara occupée, le 15 janvier, 200 manifestants revendiquent  le respect des droits fondamentaux du peuple sahraoui. 4 citoyens sahraouis sont blessés lors de l'intervention brutale des forces d'occupations.
Soukaina  Belkher, 35 ans, est blessée au niveau des cervicales et elle est  transportée en urgence à l'hôpital de El Aaiun. Outre les douleurs dues aux coups, elle souffre de maux de têtes, vertiges. Elle est toujours à l'hôpital et doit garder une minerve.
Brahim Hamma, Lhafed Saleh Boujma'a, Mohamed Slimi, sont séparément enlevés pendant et après la manifestation par les forces sécuritaires et sont conduits en dehors de la ville dans une fourgonnette, torturés puis relâchés en mauvais état dans le désert. Brahim Hamma, 25 ans, est blessé à la tête et au cou et a été soigné à l'hôpital. Lhafed Saleh Boujma'a, mineur, souffre de blessure à la tête, au dos et aux genoux. La manifestation de protestation organisée par sa famille devant la province est brutalement dispersée. Mohamed Slimi, mineur lui aussi, blessé à la tête et aux genoux témoigne ici : https://www.youtube.com/watch?v=y8h47kLZd5I&feature=youtu.be

Vendredi 17 janvier 2013, cinq activistes sahraouis entrent au siège de la Minurso à El Mahbes à l'Est de Essmara occupée, demandent à ce que le référendum d'autodétermination de leur peuple soit mis en place et s'installent pour un sit in de protestation face à l'absence de réponse des membres de la Minurso.
Après quelques heures, ils sont remis à la gendarmerie militaire marocaine, qui les conduit au commissariat de police de Guelmim au sud du Maroc, d'où ils sont relâchés après avoir été interrogés.

À Boujdour occupée, samedi 18 janvier au soir, Mohamed Ehouiria, Chaikh Kmach, Mohamed Yahdih Trayah, Kharachi Yahdih, Kamal Zoubair, Sid Ahmed Babait, Emjayed Erra'ai, Kouirir Salek, Mohamed Salem Fennich, militants connus de l'Intifada sahraouie sont arrêtés par des patrouilleurs dans la rue principale de la ville. Ils sont conduits au centre de police, torturés puis amenés hors de la ville et relâchés dans une décharge à ordures.
Notre correspondant à Boujdour rappelle que ces militants sont régulièrement harcelés et insultés, ainsi que l'activiste sahraouie Sultana Khaya dont la maison de la famille est toujours encerclée par la police marocaine.

Équipe Média, Sahara Occidental occupé
19 janvier 2014

mercredi 11 décembre 2013

EM : Droit de l'Homme et pêche, journées sanglantes au Sahara

 À Al Aaiun occupée, 10/12/13 et 11/12/13
La journée Internationale des Droits de l'Homme, le 10 décembre, est traditionnellement célébrée par les Sahraouis des territoires occupés par des manifestations pacifiques. Ils demandent alors le respect de la déclaration universelle des droits de l'homme pour leur peuple et pour les autres peuples opprimés dans le monde, et en particulier le peuple palestinien.

Cette année, la date coïncide avec le jour du vote du Parlement Européen de l'accord de pêche avec le Maroc, qui couvre les eaux du Sahara Occidental. Depuis le 7 décembre d'importants convois de renforts sécuritaire et paramilitaire, soit plus de 300 véhicules, sont arrivés à El Aaiun en provenance, selon des sources policières, de Casablanca, Rabat, Meknes, Marakech Agadir, Essaouira.

Le mercredi 10 décembre, la coordination des associations et comités sahraouis de défense des droits au Sahara Occidental a appelé tous les citoyens sahraouis à une manifestation pacifique rue Essmara, pour dénoncer les violations des droits de l'homme commise par les forces d'occupation, mais aussi après la déception du vote européen, pour dénoncer l'accord de pêche illégal de l'Union Européenne avec le Maroc.

À 17h, et malgré le blocus imposé par les autorités d'occupation pour empêcher l'accès au départ de la manifestation, plus de 150 sahraouis femmes et hommes étaient sur place et ont commencé à lever leurs pancartes et les bannières contre l'accord de pêche, alors que d'autres manifestants levaient le drapeau de la RASD.  Cinq ressortissants espagnols solidaires avec la cause sahraouie ont également participé à la manifestation. Ils portaient des tee-shirts oranges sur lesquels étaient écrits des slogans.

Les forces marocaines sont intervenues  avec violence très peu de temps après le début de la manifestation pour la disperser. Le chef de la zone sécuritaire Mohamed Ait Omar et l'assistant du directeur régional de la DGST ont personnellement dirigé l'opération.

Cernés par les attaques, les manifestants et militants sont tombés au sol et y sont restés sous  les coups de pieds et de matraques, avant de parvenir à se relever et à continuer à crier les slogans. Voir http://www.youtube.com/watch?v=IA3RlqLKAjM
Les cinq espagnols ont eux aussi été attaqués et frappés à coup de poing et matraques, et pour les hommes, ont été déshabillés de leurs tee-shirt. http://www.youtube.com/watch?v=BYtTTGG3OBQ. Après l'attaque, on pouvait encore lire sur les tee-shirts des femmes "liberté pour les prisonniers politiques sahraouis", "non aux accords de pêche", "Sahara libre", et "Maroc assassin, UE voleur".

Les manifestants dispersés se sont rassemblés à nouveau au centre du quartier Ma'atalah, rue Maghreb Arabe, et ont levé les drapeaux de la RASD et chanté des slogans pour l'indépendance du Sahara Occidental. Ils ont aussi à nouveau dénoncé la décision du Parlement Européen de renouveler l'accord de pêche avec le Maroc sans exclure les eaux sahraouies, qui va permettre aux navires espagnols de revenir rapidement pêcher dans les eaux sahraouies, et d'aggraver les problèmes de graves diminutions du nombres de certains poissons malgré les multiples alertes d'organisations de pêcheurs sahraouis et marocains.

Plus de 400 policiers et agents des forces auxiliaires ont encerclé le quartier, et ont commencé à attaquer les manifestants. Ils criaient des insultes racistes et "vive le roi Med 6". http://youtu.be/I74wdVFAxlM. Ils ont aussi caillassé des maisons des sahraouies jusque tard dans la nuit. http://youtu.be/mojDKSAqWCI
A minuit, un camion canon à eau chaude est arrivé en renfort pour intimider la population. il n'a pas servi.

Au total, ce sont plus de 150 personnes qui ont été blessées, dont la moitié des femmes, mineurs et des handicapés lors de cette journée internationale des droits de l'Homme.

Mercredi 11 décembre,  tous les établissements scolaires ont été encerclés par les policiers en civil. Les agents ont empêché les enfants de s'attarder et les ont intimidés. Voir devant le lycée Essaguia El Hamra. http://www.youtube.com/watch?v=r3OkoZnq040
Malgré cela, plus d'une centaine d'élèves de ce même lycée se sont rassemblés et ont crié des slogans en brandissant le drapeau de la RASD. http://www.youtube.com/watch?v=mSvIqQC-cPI#t=117

Le siège de la Minurso a lui aussi été encerclé par les forces policières d'occupation, mais aussi par des barrières de sécurité. Selon les hypothèses des témoins, ces barrières seraient destinées à empêcher l'accès de la Minurso aux victimes sahraouies de la répressions marocaines pour y demander la protection de l'ONU. http://www.youtube.com/watch?v=K0E1ixkGvWM

À 12h, plus de 300 sahraouis se sont rassemblés rue Tan Tan avec des drapeaux de la RASD   et ont crié leur souhait de l'indépendance du Sahara Occidental. 30 véhicules de police et 10 des forces auxiliaires sont arrivés rapidement pour intervenir contre les manifestants, et ont forcé les marchands de fermer leurs boutiques. 

Au même moment, plus de 150 sahraouis se sont rassemblés pour une manifestation sur le boulevard Al Qods. Les forces d'occupation sont là encore intervenues brutalement et une de leur voiture a percuté l'enfant Sahraoui Boubakar Khraibach 13 ans. Il a été conduit à l'hôpital et souffre d'entorse aux deux genoux.

De façon très insolite, la presse marocaine, en ce jour de grande violence des autorités d'occupation contre les sahraouis, a annoncé sans photos, ni aucun fondement, une manifestations de 40 femmes aux seins nues, qui selon eux ont choqué la morale locale. 

À Essmara occupée
Le 10 décembre, les familles des portés disparus ont organisé une manifestation devant la confédération démocratique du travail, la "CDT" et avec la participation des associations et comité sahraouis des droits de l'homme. Les manifestants ont chanté et crié des slogans politiques, et notamment le très populaire : "Le phosphate et le poisson vendus à l'Europe et les Sahraouis traînent les rues". 

À Boujdour occupée
Plus de cinquante sahraouis se sont rassemblés dans la rue principale "Hassan 2" pour dénoncer l'accord de pêche Union Européen avec le Maroc et ont été empêchés de manifester par les forces de la police marocaine.
Devant l'insistance des activistes, les forces d'occupation ont attaqué et ont blessé 10 personnes,  dont 5 femmes.
Parallèlement de l'autre coté de la rue, 30 chômeurs sahraouis ont organisé une manifestation brandissant des pancartes dénonçant le pillage systématique par l'État marocain des ressources naturelles du territoire occupé et la marginalisation généralisée des jeunes sahraouis diplômés. Les chômeurs diplômés ont également dénoncé la décision du Parlement européen concernant l'accord de pêche malhonnête avec le Maroc.

EM, Sahara Occidental occupé
Le 11-12-13

mercredi 7 novembre 2012

WSRW demande le renvoi des ressources naturelles sahraouies à la CIJ

WSRW a présenté ses recommandations à la Quatrième Commission de l'Assemblée Générale des Nations Unies.

Western Sahara Resource Watch a comparu devant la Quatrième Commission de l'Assemblée Générale des Nations Unies à New York, le 9 septembre 2012. Connue comme la Commission politiques spéciales et décolonisation, elle tient des audiences annuelles dans le cadre du mandat de la résolution de l'ONU de 1960 sur la décolonisation dans le but d'assurer l'autodétermination des peuples non autonomes.

L’avocat de l’équipe WSRW, Jeffrey Smith, a comparu devant le Comité, et présenté des détails de la façon dont l’utilisation des ressources naturelles du Sahara Occidental occupé continue à retarder l'autodétermination pour le peuple sahraoui. Voir sa présentation complète ci-dessous.

Smith a expliqué que l'exportation des ressources du territoire – le phosphate, le poisson, les produits agricoles et le sable – a aidé à financer la poursuite de l'occupation illégale du territoire et à priver le peuple sahraoui de ces ressources à l'avenir. Il a pointé que début septembre des jeunes sahraouis ont manifesté dans les bureaux de l'ONU à Smara contre l’utilisation continue des ressources du territoire.    

WSRW a proposé plusieurs recommandations à la commission, en cohérence avec sa présentation de 2011, et suite à l'appel en novembre à l'Organisation des Nations Unies par le gouvernement sahraoui pour l’administration onusienne des ressources du Sahara Occidental jusqu'à l'autodétermination ou la réalisation d’une complète indépendance sahraouie. Les recommandations WSRW sont les suivantes:    

- La commission doit aborder la question des ressources naturelles du Sahara Occidental dans ses recommandations de l’année à l'Assemblée générale;
- La commission doit étudier le problème de l’utilisation et de l'exportation des ressources naturelles du Sahara Occidental;
- La commission doit demander à l'Assemblée générale de renvoyer la question de la légalité de l’utilisation et de l'exportation des ressources naturelles du Sahara Occidental à la Cour internationale de Justice pour une décision juridique définitive légale par un avis consultatif, et
- La commission doit demander la nomination d'un rapporteur des Nations Unies pour les ressources naturelles au Sahara Occidental, à travailler en collaboration avec l'Envoyé personnel du Secrétaire général, l'Ambassadeur Christopher Ross.    

Interviewé au siège de l'ONU après la session du jour sur le Sahara occidental, M. Smith a fait remarquer que: «La poursuite du prélèvement des ressources naturelles du Sahara Occidental est un problème important, qui révèle la corruption et de la nature criminelle de l'occupation illégale que l’organisation de la communauté internationale a tolérée depuis trop longtemps. Le peuple sahraoui s’exprime courageusement et de plus en plus sur le prélèvement des abondantes richesses naturelles de leur pays. WSRW est solidaire avec eux dans leur lutte. "

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PRÉSENTATION À L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS
COMMISSION POLITIQUES SPÉCIALES ET DÉCOLONISATION (QUATRIÈME COMMISSION)
New York, 9 au 11 octobre 2012
     
LA QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL ET DE SES RESSOURCES NATURELLES


Jeffrey Smith
Western Sahara Resource Watch
Bruxelles
 
EXCELLENCES, j'ai le privilège de comparaître devant vous aujourd'hui. Nous, dans l’organisation non gouvernementale Western Sahara Resource Watch, vous sommes reconnaissants de l'occasion pour prendre la parole et vous remercions d’examiner à nouveau la question du Sahara Occidental.

Je tiens à aborder la question des ressources naturelles. Or le Front POLISARIO et le gouvernement de la République Arabe Sahraouie Démocratique, c’est Western Sahara Resource Watch qui a la plus grande appréciation du problème du prélèvement des ressources naturelles du Sahara Occidental occupé. Mon but est de vous laisser avec quelques recommandations pour vous aider dans l’évaluation de la façon dont le peuple sahraoui peut exercer son droit à l'autodétermination.

La semaine dernière, dans la ville de Smara, des jeunes sahraouis ont occupé les bureaux de la mission des Nations Unies. Ils l'ont fait pour protester contre la prise continue des ressources naturelles du territoire. Qu'ils aient choisi d'apporter leur protestation aux Nations Unies, au personnel de l'organisation de la MINURSO, devrait nous préoccuper. Pourquoi est-ce que les habitants du territoire sont concernés par les ressources naturelles? Qu'est-ce que la question des ressources naturelles signifie pour le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination?

Dans le document détaillé, que nous vous avons remis, nous explorons le lien entre la question apparemment sans importance des ressources naturelles au Sahara Occidental occupé et le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Veuillez noter le choix des mots ici. C'est le peuple sahraoui qui nous lorsqu’il s'agit de l'autodétermination, et non une population de colons introduite par la puissance occupante - ce que nous savons être illégal et dans les cas précédents, un crime de guerre contraires aux Conventions de Genève. Et c’est le peuple sahraoui lui-même qui a le droit à la souveraineté sur les ressources naturelles de son territoire. Les jeunes à Smara le savent, et nous aussi, avec l'aide de juristes tel que Hans Corell, qui a rappelé aux Nations Unies en 2002 que l'exploration et le exploitation des ressources du territoire serait contraire au droit international, sans le consentement du peuple sahraoui et leur bénéficiant du développement de leurs ressources.

Il existe quatre ressources naturelles actuellement exportées du Sahara Occidental occupé : des produits agricoles, le sable pour la construction et pour des plages touristiques dans les îles Canaries, les poissons de l'océan Atlantique, et le phosphate de la mine de Bou Craa. En 2011, la valeur de ces ressources, en grande partie les poissons et les phosphates a dépassé les 400 millions de dollars. Une importante partie de cela provient continue des prix élevés sur le marché mondial de phosphate, qui se vendait à 200 $ / tonne pendant la majeure partie de l'année. Nous savons que les contrats à long terme prévoient  de fournir la roche phosphatée à des producteurs dans des endroits aussi variés que l'Australie, la Lituanie et l'Inde.  

Il y a cinq conséquences à ce prélèvement de ressources naturelles du Sahara Occidental occupé. Elles sont les suivantes : (I) le gain financier direct par la puissance occupante ; (II) la privation correspondante pour le peuple sahraoui des recettes provenant des ressources – pour rappel la moitié de la population sahraouie vit dans la pauvreté dans les camps de réfugiés ; (III) la perpétuation d’une occupation qui comprend l’actuelle implantation de ressortissants de nationalité de l'occupant dans le territoire ; (IV) la perpétuation d'une apparence de légitimité à l'occupation par le «mécanisme de crédibilité» du commerce des ressources, et, enfin ; (V) les dommages subis par le droit international qui, en vertu de la Charte des Nations Unies, doit clairement s'appliquer dans tous les cas pour assurer la souveraineté territoriale et la protection des populations (et leurs ressources) sous occupation.

Ces conséquences ne sont pas isolées les unes des autres, elles sont reliées dans leur cause et ont toutes le point commun de retarder l'autodétermination pour le peuple sahraoui. Pour le comprendre il faut se demander comment l'exploitation des ressources naturelles perpétue l'occupation du Sahara Occidental.

Pour cela, nous nous permettons de formuler les recommandations suivantes. Nous avons à l'esprit le rôle particulier du Comité et de l'Assemblée Générale il y a une génération en Namibie, dans lequel l'Organisation des Nations Unies a légiféré pour protéger les ressources naturelles de ce territoire pendant que le peuple attendait l’autodétermination :

(1) Nous recommandons que la Quatrième Commission aborde la question des ressources naturelles du Sahara Occidental dans les recommandations proposées à l’adoption par l'Assemblée générale cette année;

(2) Nous recommandons que la Quatrième Commission elle-même étudie le problème de l’utilisation et l'exportation des ressources naturelles du Sahara Occidental, et que qu’elle recommande le soutien et la participation de l'Assemblée générale sur cette œuvre;

(3) Nous recommandons que la Quatrième Commission appelle l'Assemblée Générale à renvoyer la question de la légalité de l’utilisation et l'exportation des ressources naturelles du Sahara Occidental à la Cour internationale de Justice pour une décision juridique définitive par le biais d'un avis consultatif conformément à l'article 65 du Statut de la Cour, et

4) Nous recommandons que la Quatrième Commission demande la nomination d'un rapporteur des Nations Unies pour les ressources naturelles au Sahara Occidental, qui travaillera en collaboration avec l'Envoyé personnel du Secrétaire général, Son Excellence l'ambassadeur Christopher Ross, et d'envisager l’administration par les Nations Unies des ressources naturelles et des revenus de ces ressources en attendant l'autodétermination du peuple sahraoui.  

Je répondrai avec plaisir à vos questions.

samedi 3 novembre 2012

EM: La violence continue sur les Sahraouis en territoires occupés après le départ de Ross

M. Christopher Ross, envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara Occidental, est parti des territoires occupés où il est resté 3 jours, pour arriver samedi 3 novembre dans les campements de réfugiés Sahraouis, situés dans le sud-ouest algérien.

El Aaiun occupée
Ce même jour, 3 novembre, les sahraouis ont manifesté pour revendiquer le respect de leurs droits et leur rejet de l'occupation sur le boulevard Ras El Khaima, quartier les bâtiments rouge, quartier douirat. Ils ont été systématiquement chargés et dispersés par les policiers marocains.

Dans la rue Chaouia vers midi, un commando de policier marocain a arrêté l'ancien prisonnier politique sahraoui SARIR Abdelmoutalib, 27 ans. Ils l'ont frappé, torturé et  ont essayé de dessiner un drapeau marocain sur la peau de sa cuisse.

Ce soir vers 22h30,  les forces d'occupation ont attaqué pour la deuxième fois, la maison de Omar Karkoub, journaliste membre de EM et ils ont arrêté son cousin Khalil Chaikhi, lui aussi membre d'EM.
Khalil CHAIKHI a été torturé par la patrouille puis relâché. Il est blessé au niveau de la tète et du visage.

Smara ocupée
Dans la soirée du 3 novembre, des citoyens sahraouis ont manifesté à Smara, dans le quartier Tantan.
Les forces d'occupation ont chargé les manifestants, sans sommation et fait de nombreux blessés.
Ils ont frappé un vieil homme du nom de Banahi Jawda puis ils ont saccagé sa maison et frappé son fils, Elwali Jawda, et sa fille Fadala (Oum Elfadli) Jawda.

Fadala Jawda, ancienne prisonnière politique incarcérée pendant 4 mois après les  événements de Gdaim Izik était présente dans la maison de son père quand les policiers sont entrès pour tout saccager, et ils l'ont frappée et lui ont cassé le bras. Elle est encore à l'hôpital à l'heure de l'édition de cette information.

La maison de Ahl Chaikhi a elle aussi été saccagée par les policiers marocains. Les sahraouis Said Hayan, Habouha Balwai ont été blessés dans l'attaque policière. Le quartier est encerclé par la polices depuis la manifestation.

À 1h du matin, le 4 novembre, plusieurs témoins affirment que les forces de police marocaines encerclent l'hôpital où de nombreux défenseurs des droits des sahraouis renommés se sont rendu pour se faire soigner.
Vers la même heure, les forces d'occupation procèdent a des rafles et des arrestations aléatoires de Sahraouis présents dans la rue, qu'ils aient ou non participé aux manifestations.

Dakhla occupée
Ce soir vers 22h, plus de 60 sahraouis se sont réunis dans le quartier Laftihat pour revendiquer le respect de leurs droits. Les policiers marocains ont chargé violemment.
Graimich Sidaty, Omar Baha, Mohamed Laou, Sidi Sadam on été arrêtés et conduits au poste de police où ils ont été interrogés et frappés.
Selon Graimich Sidaty qui a été relâché vers 23h30 comme les 3 autres, ils ont entendus des cris de douleurs dans une pièce proche de celle dans laquelle ils étaient enfermés, mais n'ont pas pu identifier les autres personnes arrêtées.
La maison de Sidi Bouya a été saccagée sans raison par les forces d'occupation.

EM, Sahara Occidental occupé
Le 4 novembre 2012

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lundi 28 mai 2012

EM : Machettes policières contre drapeaux républicains au Sahara occupé

 
El Aaiun  
Vendredi 25 mai 2012, dans plusieurs endroits du Sahara Occidental, les citoyens sahraouis ont manifesté contre l’occupation marocaine, et ont à nouveau été attaqués par la police.
Selon les témoins, les policiers étaient armés de machettes, des habituels gourdins.

A El Aiun, boulevard de Tantan et boulevard Mezouar, 70 manifestants sahraouis ont revendiqué le respect du droit à la liberté d’expression, et à l’autodétermination.
Ils ont demandé la libération des prisonniers politiques sahraouis.
Certains slogans appelaient aussi à l’indépendance et à l’arrêt du pillage du phosphate, du sable et du poisson sahraoui.

De nombreux drapeaux de la République Arabe Sahraouie Démocratique étaient visibles dans la manifestation, symbole de l’unité du peuple sahraoui dans la lutte et l’identité.

La police marocaine a violemment réprimé la manifestation, frappant femmes et hommes, sans respect pour les personnes visiblement faible, comme Mme Ghlaila Hallab, handicapée et malade qui été battue. Les policiers sont allés jusqu’à casser sa chaise roulante, la laissant indigente sur la chaussée.
13 citoyens sahraouis ont été blessés, dont 8 femmes.
La maison de la famille sahraouie Ahl Lkhalil a été prise d’assaut par la police, qui l’a caillassée dans le but de tout casser.

A Esmara, 40 sahraouis, criant les mêmes style de slogans et brandissant des drapeaux encore plus grands de la République Sahraouie ont manifesté dans le quartier Essakna. La police est intervenue pour disperser les manifestants, heureusement sans faire de blessés.

A Boujdour, c’est dans le quartier El Kbibat que 30 manifestants sahraouis ont crié les mêmes revendications, agitant les drapeaux de la République Sahraouie. De la même façon la police n’a pas laissé la manifestation se dérouler jusqu’à son terme.
En parallèle, El Hafed Maisin, un jeune sahraoui chômeur a été arrête par la police devant le siège de la préfecture, conduit en estafette au commissariat où il a été maltraité par la police.
Ce jeune chômeur manifeste régulièrement avec d’autres diplômés chômeurs.

Equipe Média,
El Aaiun, Sahara Occidental occupé, le 26 mai 2012

samedi 14 janvier 2012

Procès injuste reporté à Rabat et solidarité pacifique violemment réprimée à El Aaiun


Le procès de 23 détenus politiques Sahraouis qui devaient comparaître aujourd'hui devant la cour martiale de Rabat a été reporté sine die selon le procureur général.

Alors que certains remettent en cause la légalité d’une telle décision, les familles et amis des détenus ont manifesté leur indignation et leur solidarité.


Les 23 détenus ont été arrêtés en novembre 2010, après le démantèlement par les forces d’occupation marocaines de la manifestation pacifique sous tente du camp de Gdeim Izik, qui avait regroupé 20 à 30 000 Sahraouis.


Aujourd’hui des dizaines de parents des détenus, des observateurs européens ont manifesté devant la cour de Rabat. Les bannières écrites en arabe et en français ont dénoncé la poursuite de citoyens civils par les tribunaux militaires.

Les manifestants ont été rejoints par des représentants de la coordination de Gdaim Izik et par des étudiants sahraouis. Le groupe a demandé aux autorités marocaines la libération immédiate des détenus politiques sahraouis.


À El Aaiun occupée aussi, des centaines de citoyens sahraouis ont manifesté aujourd’hui contre le report du jugement. Les manifestations de solidarité avec les détenus se sont tenues boulevard de Mezouar et Al Quds.

Il semble que les autorités marocaines d’occupation ont craint des telles manifestations étant donné le grand déploiement des forces de l'armée, de la police et des forces auxiliaires, en plus de dizaines d'agents civils et militaires des services de renseignement.


Les manifestants ont néanmoins crié leur solidarité aux détenus et revendiqué plus généralement le respect de leurs droits fondamentaux comme le droit à l'autodétermination.

Les forces d'occupation sont intervenues en violence contre les manifestants, blessant plus d’une trentaine de femmes et d’hommes, dont certains sont toujours à l’hôpital.

Les agents de police ont d’autre part attaqué la maison de la citoyenne Ghlaijilha Serrakh dans laquelle avaient pris refuge des citoyens sahraouis. Ils ont brutalisé et blessé Madame Ghlaijilha et sa fille Mahmouda Ahel Lhadj.


Messieurs Hammadi Filali et Rami Tayeb ont été arrêtés à 11h et conduit à la préfecture de police. Ils n’ont toujours pas été libérés.


À Agadir, plus de 80 étudiants sahraouis ont organisé une manifestation au sein de la faculté des lettres en soutien aux prisonniers politiques du groupe dit de Gdaim Izik, et pour revendiquer le respect des droits des sahraouis.


À Smara occupée, dans le quartier Tan-tan, plus d’une trentaine de sahraouis ont manifesté leur solidarité aux détenus sahraouis de Gdaim Izik, en brandissant leurs photos et des drapeaux de la République Sahraouie.



El Aaiun, 13 janvier 2012 http://youtu.be/lnYHqumEM8w


La liste provisoire des blessés à El Aaiun suit.

Mesdames et mesdemoiselles

Salima Limam

Rabab Ali Baiba

Hadi Minatou

Lmjaied Mbarka

Aiaich Maigaf

Nafaai El Ghalia

Mossaoui Malika

Bourtali Gaila

Mnaina Haddi

Bouba Haddi

Manna Toubali

Fattam Sidi Haiba

Omama Mohamed Skaima

Naimaa Soufi

Zahra Regaibi

Fatma Soudani

Tomana Daida Mosaoui

Mbarka Haidan

Akik Hjaiba

Taaila Ali Baiba

Fatimatou Zraiginat et Fatma Sabbar

Et messieurs

Ali Saadouni

Lahbib Salhi

Bamba Lafkir

Bchraoui Nabett

Mokhtar Mahloub Ali

Neaama Jedamou

Hamada Lfilali


EM, le 13 janvier 2012

El Aaiun, Sahara Occidental occupé

(VF)