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mardi 9 février 2016

EM. Les Sahraouis n'étaient pas à la parade



C'est à grand renfort de déclaration et sans objectivité aucune  que nos confrères de la presse marocaine ont accompagné la visite du roi des marocains dans notre pays le Sahara Occidental du 4 au 8 février 2016. Nos confrères reprennent sagement les communiqués MAP du palais royal...

Pourtant nous avons étudié les discours, rien de nouveau n'est prononcé qui va vers une légalisation de la situation, et les Sahraouis ne s'y sont pas trompés qui ont ignoré cette venue jusqu'au mépris.

Nous avons recueilli des avis, dont quelques-uns sont rapportés ci-dessous.

"Moi je suis citoyenne sahraouie, pas un sujet du roi du Maroc. Si j'avais du temps à perdre je serais allé voir l'immense gaspillage d'argent. Mais je n'ai pas de temps à perdre. Tout est compliqué ici, parce qu'il y a les poubelles qui restent des jours dans la rue, donc il y a des meutes de chiens sauvages qui sont là, alors on ne peut pas laisser les petits enfants dehors. Et j’en ai 5. Et avec de l’eau au robinet qu’une ou deux heures n’importe quand dans la journée, il faut que je sois toujours à la maison pour les repas et les lessives" a dit  Degja Bellahi, 56 ans.

Nezha El Khalidi  étudiante sahraouie a dit : "Ce roi  se prend pour la reine d'Angleterre, mais il n'a pas sa classe. Ce qu'il fait c’est pour masquer la réalité du vol de nos ressources naturelles. Qu’il vienne ici se faire voir avec les télévisions, ça ne change rien au droit international. Nous ne sommes pas d'accord qu'on prenne nos ressources, donc c'est illégal et interdit  de le faire, pour tout le monde, et jusqu'à ce qu'on nous demande nos avis et qu'on dise oui".

"Les Draa tout le monde peut en acheter ici, et les marocains les portent quand vient le roi, ils ont des consignes pour ça" nous a confié Zainab Aabied, enseignante sahraouie

Laila Fakhouri, 25 ans a souligné : "probablement qu'il y a des sahraouis dans les foules, vous savez ce que c'est le chantage ici. Si les plus pauvres n'y vont pas, ils perdent le bénéfice de la carte promotion nationale, et alors ils n'ont plus rien pour vivre que l'assistance de la famille, qui est souvent aussi pauvre qu’eux".

Il se dit que des colons marocains obligeamment donc habillés de Draa et Melfa attendaient leur roi à l'aéroport pour lui demander des agréments de taxi ou se plaindre contre le wali, ce qui aurait agacé ce roi venu parader. Mohamed 6 aurait par conséquence refusé d'inaugurer le nouveau nom de l'avenue de Smara, le sien pourtant.

Les diplômés chômeurs de Smara et Boujdour avaient à exposer des récriminations autrement plus cruciales pour leur avenir, ce qu'ils font en manifestant dans la rue. Et c’est peut être la raison pour laquelle le roi des marocains n’est pas allé en visite précisément dans ces villes là du Sahara Occidental.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 7 février 2016

samedi 31 mai 2014

EM : 1er forage pour Kosmos Energy en octobre au large de Boujdour



Version arabe ci-dessous :
كوسموس انرجي تعلن اول عمليات الحفر عن البترول ببوجدور شهر اكتوبر القبل


La compagnie américaine Kosmos Energy a annoncé le forage du premier puits d’exploration pétrolier au mois d'octobre prochain à «Cap Boujdour» au large des côtes du Sahara Occidental occupé. Cette compagnie travaille avec et pour le gouvernement marocain. Ses partenaires pour cette opération sont les compagnies Cairn et Atwood.

Ce que veut faire cette compagnie est illégale. C’est interdit par le droit international parce que le Sahara Occidental est une colonie, un territoire non autonome. Les ressources naturelles du Sahara Occidental appartiennent aux Sahraouis. Par conséquent leur exploration ou exploitation exige l’accord des Sahraouis et doit être à leur bénéfice. Les deux conditions sont impératives et inséparables.

En d’autres termes, ceux du droit international, l'ancien Secrétaire Général adjoint de l'ONU aux affaires juridiques Hans Corell le dit clairement en conclusion de son avis consultatif "si des activités de prospection et d’exploitation devaient être entreprises au mépris des intérêts et de la volonté́ du peuple du Sahara occidental, elles contreviendraient aux principes de droit international applicables aux activités touchant aux ressources minérales des territoires non autonomes".

La compagnie américaine Kosmos déclare que ses plans sont compatibles avec le droit international et assure agir de manière éthique, en soulignant que la découverte de pétrole rejaillirait positivement sur la population sahraouie. Cette affirmation est caduque. Quel que soit le nombre d’argument donné par la compagnie ou par l’occupant marocain sur un hypothétique bénéfice de la population sahraouie, cela n’efface pas l’autre obligation conjointe qui rendrait légale ce commerce, l’accord des Sahraouis. Et celui-ci ne peut être obtenu que par référendum auprès des sahraouis vivants dans les territoires occupés, dans les campements de réfugiés en Algérie et en exil ailleurs dans le monde.

Parce que certains étrangers veulent bien croire les mensonges du Maroc sur son action positive et  bénéfique pour le Sahara Occidental sans l’autorisation sahraouie, il faut souligner l’état désastreux ou l’absence des institutions de soin, d’éducation, et de toute infrastructure que la partie occupée du territoire. Ce qui est construit et mis en place ne sert que les colons marocains et le pillage des ressources naturelles par le roi du Maroc, le makhzen, les généraux et les étrangers.

Les Sahraouis de la société civile refusent tout exploration et exploitation des ressources naturelles de la partie du Sahara Occidental occupée par le Maroc. Ils le manifestent régulièrement au détriment de leur santé, les protestations publiques étant en effet constamment attaquées avec grande violence par la police marocaine.
Depuis 2010 Les Sahraouis manifestent contre les activités de Kosmos en territoires occupés. Et par exemple, plus récemment depuis l’annonce du forage pour octobre, les Sahraouis marchent contre Kosmos le 26 février à El Aaiun, manifestent à Bougdour les 12 et 20 mars, le 15 avril, en Espagne. Le 19 avril, ils enregistrent des vidéos disant « kosmos dégage », et adressent à la compagnie des courriers de la même teneur le 15 avril. (voir les sites de WSRW et EM(
Sultana Khaya, présidente de l'observatoire Sahraoui pour les droits de l'homme et la protection des ressources naturelles à Boujdour occupé déclare : « Nous sommes contre l'exploration, mais également contre l'exploitation. Si le forage commence et abouti à la découverte de pétrole, cela veut dire que les efforts des Nations Unies vont être bloqués et que la répression et l'oppression vont augmenter contre les Sahraouis »

Selon les militants, ils vont continuer à manifester leur opposition à toute activité d’exploration et exploitation du pétrole, du gaz et de toutes les autres ressources naturelles du Sahara Occidental tant qu’ils ne sont pas entendus et leur volonté respectée, et cela en dépit de l’ignorance internationale. Ce n’est pas nouveau que la surdité internationale ressemble à de la complicité, et les Sahraouis n’ont jamais pour autant cessé de protester.
Ces manifestations marquent le désaccord des Sahraouis, et annulent toutes les justifications données par Kosmos sur la légitimité de leurs activités.

La base de vie construite pour ses travailleurs par Kosmos Energy à Bougdour est gardée par l'armée et la gendarmerie royale. Le rapport de force est annoncé et démontre que le Maroc n’aura plus aucune intension de solution négociée si du pétrole est découvert. En effet, le Maroc est le plus pauvre pays du monde au niveau de l'énergie, il importe selon la banque mondiale 95% de ces besoins.

Aux cotés des Sahraouis, l’organisation internationale Western Sahara Resource Watch (WSRW), dénonce notamment les projets de Kosmos et souligne que  «si le Maroc avait sérieusement l’intention de consulter la population du Sahara Occidental, ils auraient coopéré avec les Nations Unies en vue d’effectuer le referendum d’autodétermination ». Le président de WSRW, Erik Hagen interroge  d’autre part « par quel mécanisme le Maroc compte-t-il consulter (ndlr : les populations locales) ? La moitié des Sahraouis vivent dans des camps de réfugiés ».  Contactées par WSRW les organisations sahraouies de la société civile ont elles dors et déjà toutes déclaré n’avoir jamais été contactées par Kosmos Energy.
Reuters  souligne d’autre part que Kosmos mais aussi Total n'acceptent pas de discuter de leur présence au Sahara Occidental. La compagnie française Total est partenaire du Maroc sur le bloc offshore Anzarane au sud du Sahara Occidental, et mène donc elle aussi des activités illégales.

EM, Sahara Occidental occupé
Le 31 mai 2014

كوسموس انرجي تعلن اول عمليات الحفر عن البترول ببوجدور شهر اكتوبر القبل


أعلنت الشركة الاميركية كوسموس انيرجي عزمها حفر أول بئر استكشافية للبترول شهر تشرين الاول- اكتوبر المقبل برأس بوجدور قبالة سواحل الصحراء الغربية المحتلة . كوسموس انرجي تشتغل مع ولصالح الحكومة المغربية . وشركائها في تلك العملية هما شركتي "كيرن" و"اتوود".

ما تريد القيام به هذه الشركة هو فعل غير قانوني ، يمنعه القانون الدولي باعتبار الصحراء الغربية مستعمرة و اقليم غير متمع بالحكم الذاتي. ثروات الاقليم هي في ملك الصحراويين وبالتالي اكتشافها واستغلالها يتطلب موافقتهم ولايجب ان يتم ذلك الا لصالحهم  وهذان شرطان ملزمان وغير قابلان للتجزئة .

بمعنى أخر ، وطبقا للقانون الدولي ، فقد اكد مساعد الامين العام للامم المتحدة للشوؤن القانوينة هانس كوريل بشكل واضح في خلاصة رايه الاستشاري " أن القيام بانشطة أخرى في مجال التنقيب أو الاستغلال دون مراعاة لمصالح شعب الصحراء الغربية ورغباته سيشكل انتهاكا لمبادئ القانون الدولي المنطبقة على انشطة الموارد المعدنية في الاقاليم غير المتمتعة بالحكم الذاتي " .

شركة كوسموس  الاميركية أعلنت ان خططها تتماشى والقانون الدولي وتعهدت بالتعامل بشكل اخلاقي مشيرة إلى أن اكتشاف النفط من شأنه أن ينعكس إيجابا على السكان الصحراويين.

تلكم البيانات باطلة ، مهما كانت المبررات المقدمة من طرف الشركة او المحتل المغربي  حول فرضيات بشأن استفادة السكان الصحراويين . وذاك لا ينزع الالتزامات الاخرى التي تريد ان تشرعن تلك التجارة ، وهي موافقة الصحراويين . هته الاخيرة لايمكن ان تتم الا عبر استفتاء الصحراويين ، سواء من يعيشون بالمناطق المحتلة ، مخيمات اللاجئين في الجزائر او في المنافي عبر العالم .

ولأن بعض الاجانب يريدون تصديق الاكاذيب المغربية بشأن تحركاتهم الايجابية وذات الفائدة للصحراء الغربية دون موافقة  الصحراويين ، فانه من الواجب التاكيد على الوضع الكارثي لعدم وجود مؤسسات الرعاية ، التعليم و البنى التحتية بكل المناطق المحتلة .

ما تم انجازه من بنى لايخدم سوى المستوطنين ومن اجل  نهب الثروات الطبيعية من طرف ملك المغرب ، المخزن و كبار الضباط والاجانب .

ممثلي المجتمع المدني الصحراوي يرفضون كل استكشاف واستغلال للثروات الطبيعية بالمناطق المحتلة من طرف المغرب . هم يقومون بشكل منتظم بالتظاهر ، احتجاجاتهم  تتعرض باستمرار الى العنف من طرف الشرطة المغربية .

يقوم الصحراويون منذ العام 2010  بمظاهرات ضد انشطة كوسموس انرجي بالمناطق المحتلة . وعلى سبيل المثال في الاونة الاخيرة ومنذ الاعلان عن اشغال الحفر شهر تشرين الاول اكتوبر تم تنظيم مسيرة ضد كوسموس في 26 شباط فبراير بالعيون المحتلة ، مظاهرات في بوجدور يومي 12 و 20 نيسان ابريل ، وفي اسبانيا في 15 نيسان ابريل .

وفي 19 نيسان ابريل تم تصوير تصريحات تطالب كوسموس بالرحيل ، وتم  توجيه رسائل تحمل نفس المعاني الى الشركة في 15 نيسان ابريل ( انظر موقعي المرصد الدولي لحماية الثروات الطبيعية والفريق الاعلامي الصحراوي ايكيب ميديا ).

سلطانة خيا رئيسة المرصد الصحراوي لحقوق الانسان وحماية الثروات الطبيعية ببوجدور المحتلة تؤكد : " نحن ضد استغلال الثروات لكن ايضا ضد الاستكشافات . اذا ما بدات عمليات الحفر وادت الى اكتشاف البترول فان ذلك يعني ان جهود الامم المتحدة ستشل وسيستمر معها القمع وسيتنامى  القهر ضد الصحراويين ".

أكد لنا  ناشطون بأنهم سيواصلون التظاهر للتعبير عن معارضتهم لكل انشطة استكشاف واستغلال البترول و الغاز وكل الثروات الطبيعية الاخرى في الصحراء الغربية ما لم يتم الاستماع اليهم واحترام رغبتهم  وذلك على الرغم من التجاهل الدولي .

ليس جديدا بان الصمم الدولي يشبه التواطؤ ، وان الصحراويين لم يتوقفوا عن تظاهراتهم . هؤلاء المتظاهرون يسجلون عدم موافقة الصحراويين و يلغون كل المبررات المقدمة من طرف كوسموس بشأن شرعية انشطتها .

قواعد اشتغال  كوسموس انرجي المنشأة  من طرف  العمال  ببوجدور يحرسها الجيش والدرك المغربيين .

توازن القوى المعلن يظهر بان ليس لدى  المغرب  اي اهتمام للتفاوض من اجل حل اذا ما تم اكتشاف البترول . في الواقع يعتبر المغرب من افقر دول العالم في مجال الطاقة بحيث انه يستورد طبقا للبنك الدولي 95 في المائة من احتياجاته .

الى الجانب الصحراوي ، المنظمة الدولية " المرصد الدولي لحماية الثروات الطبيعية ادان بشكل خاص مشاريع كوسموس مشيرا الا انه  " اذا كانت لدى المغرب رغبة حقيقية لاستشارة سكان الصحراء الغربية فعليه اذن التعاون مع الامم المتحدة بهدف اجراء استفتاء لتقرير المصير " .

من جهة اخرى تساءل رئيس المرصد اريك هاغن عن الالية التي يمكن للمغرب ان يستشير بها (الساكنة المحلية) ؟ اذا كان نصف الصحراويين يعيشون في مخيمات اللجوء .

واكدت منظمات المجتمع المدني الصحراوي في اتصال بالمرصد انه لم يتم الاتصال بها مطلقا من طرف الشركة الاميركية .

من جهتها اشارت وكالة رويترز للانباء الا أن كوسموس وتوتال الفرنسية لا تريدان نقاش تواجدهما في الصحراء الغربية . الشركة الفرنسية هي شريك المغرب في المنطقة البحرية " انزران" جنوب الصحراء الغربية وتقوم هي الاخرى بانشطة غير شرعية .



الفريق الاعلامي الصحراوي "ايكيب ميديا"

31 ايار مايو 2014


dimanche 19 janvier 2014

EM : Une semaine de manifestations pacifiques violemment réprimées au Sahara Occidental


http://www.emsahara.com/
La troisième  semaine de janvier 2014 est marquée par de nombreuses manifestations sahraouies dans tout le territoire occupé du Sahara Occidental. Toutes ont été réprimées violemment par la police coloniale marocaine. Il semble que des ordres ont été donnés encourageant la violence sans sommation comme méthode dissuasive de toute manifestation d’expression populaire. C’est à l'encontre de tous les droits nationaux et internationaux qui affirme le droit à la liberté d'expression. Ci-dessous un résumé des principales manifestations.

Samedi 11 janvier 2014, la coordination des jeunes sahraouis « qui rejettent la nationalité marocaine » organise à 17h GMT une manifestation rue Essmara à El Aaiun en solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis. Plus de 150 manifestants lèvent les pancartes et sont attaqués quelques minutes après par les forces d'occupations. 16 manifestants sont blessés. Voir https://www.youtube.com/watch?v=VBOAHzOBmb8

Dimanche 12  janvier, une manifestation pacifique regroupe une centaine de Sahraouis rue Jamal Eddine El Afghani, quartier Quiadat Boukra'a à El Aaiin. Ils demandent que soit respecté leur droit à l'autodétermination, à l'indépendance. Les forces d'occupation interviennent violemment et chassent les manifestants dans les rues. Ils entrent de force chez la militante sahraouie Lala Hatra Aram, la blessent à l'oeil et saccagent sa maison. Notre correspondant a constaté les blessures mais aussi que les forces d'occupation ont mis le feu à une partie de la modeste maison. Voir vidéo https://www.youtube.com/watch?v=PboT-rG8NOs

Lundi 13 janvier, à l'aube un groupe spécial de la police enlève Mohamed Ali Lmbarki et Hadi Mohamed, 17 et 15 ans, deux activistes sahraouis mineurs. Ils sont conduits vers un endroit qu'ils ne reconnaissent pas. Selon des activistes des droits de l'homme qui ont pu entrer en contact avec eux depuis, les 2 mineurs sont soupçonnés d'avoir d'attaqué au cocktail Molotov une fourgonnette de police marocaine la veille au soir. Ce qu'ils nient catégoriquement. A l’heure de la publication de cet article, les deux jeunes sont toujours en garde-à-vue, dans les locaux de la préfecture de police.
Il est à déplorer que la chaîne française "France 24" ait publié la déclaration de la Wilaya de El Aaiun à propos de l'attaque au cocktail Molotov, sans donner la parole aux activistes sahraouis.
Les mêmes activistes ont dénoncé la manoeuvre des services secrets marocains qui ont mis en scène des policiers en civil couverts de turbans et brûlant le seau d'une poubelle. Cette vidéo visant à invalider le pacifisme des Sahraouis a été diffusée juste après le lancement de la campagne nationale et internationale pour l'élargissement des compétences de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme au Sahara Occidental.

Le même jour, 13 janvier, à 17 h, plus de 200 sahraouis se rassemblent pour une manifestation pacifique rue Essmara pour revendiquer l'élargissement du mandat de la Minurso, à l'appel de la coordination des associations et comités sahraouis de défense des droits de l'homme. 5 minutes après leur rassemblement les forces d'occupation en civil et en uniforme interviennent brutalement pour les disperser. Plus de 120 personnes sont blessées, dont une soixantaine de femmes.
Mariem Bourhimi, Sabar Bani et Mohamed Saleh Zerouali des journalistes de notre Équipe présents sur place sont pris à parti violemment eux aussi. Mariem, 28 ans, est blessée, son bras droit est cassé. https://www.youtube.com/watch?v=fp-FcTIU10c

Après cette intervention, plusieurs manifestations s'organisent spontanément dans les quartiers les appartements rouges, Erraha, Lahchicha, rue Echaouia, rue Mezouar, rue Tan Tan,  quartier Ma'atalah, quartier Lina'ach, quartier El A'aouda et quartier Douirat de El Aaiun.

Rue du 24 novembre, prés de Colomina Erradsa, les forces d'occupation interviennent brutalement contre une manifestation d'une soixantaine de personnes, et blessent l'activiste sahraoui Daikh Lbkai à la tète par leurs jets de pierre. Daikh Lbkai, 17 ans, est transporté en urgence à l'hôpital où il est opéré. Il est toujours hospitalisé et semble aller mieux, mais n'a toujours pas retrouvé l'usage de la parole.

Simultanément, les forces d'occupation se déploient dans le quartier Lina'ach de El Aaiun, scandent des slogans racistes contre les sahraouis, et crient "sortez fils de putes".

À Essmara occupée, le 15 janvier, 200 manifestants revendiquent  le respect des droits fondamentaux du peuple sahraoui. 4 citoyens sahraouis sont blessés lors de l'intervention brutale des forces d'occupations.
Soukaina  Belkher, 35 ans, est blessée au niveau des cervicales et elle est  transportée en urgence à l'hôpital de El Aaiun. Outre les douleurs dues aux coups, elle souffre de maux de têtes, vertiges. Elle est toujours à l'hôpital et doit garder une minerve.
Brahim Hamma, Lhafed Saleh Boujma'a, Mohamed Slimi, sont séparément enlevés pendant et après la manifestation par les forces sécuritaires et sont conduits en dehors de la ville dans une fourgonnette, torturés puis relâchés en mauvais état dans le désert. Brahim Hamma, 25 ans, est blessé à la tête et au cou et a été soigné à l'hôpital. Lhafed Saleh Boujma'a, mineur, souffre de blessure à la tête, au dos et aux genoux. La manifestation de protestation organisée par sa famille devant la province est brutalement dispersée. Mohamed Slimi, mineur lui aussi, blessé à la tête et aux genoux témoigne ici : https://www.youtube.com/watch?v=y8h47kLZd5I&feature=youtu.be

Vendredi 17 janvier 2013, cinq activistes sahraouis entrent au siège de la Minurso à El Mahbes à l'Est de Essmara occupée, demandent à ce que le référendum d'autodétermination de leur peuple soit mis en place et s'installent pour un sit in de protestation face à l'absence de réponse des membres de la Minurso.
Après quelques heures, ils sont remis à la gendarmerie militaire marocaine, qui les conduit au commissariat de police de Guelmim au sud du Maroc, d'où ils sont relâchés après avoir été interrogés.

À Boujdour occupée, samedi 18 janvier au soir, Mohamed Ehouiria, Chaikh Kmach, Mohamed Yahdih Trayah, Kharachi Yahdih, Kamal Zoubair, Sid Ahmed Babait, Emjayed Erra'ai, Kouirir Salek, Mohamed Salem Fennich, militants connus de l'Intifada sahraouie sont arrêtés par des patrouilleurs dans la rue principale de la ville. Ils sont conduits au centre de police, torturés puis amenés hors de la ville et relâchés dans une décharge à ordures.
Notre correspondant à Boujdour rappelle que ces militants sont régulièrement harcelés et insultés, ainsi que l'activiste sahraouie Sultana Khaya dont la maison de la famille est toujours encerclée par la police marocaine.

Équipe Média, Sahara Occidental occupé
19 janvier 2014

mercredi 11 décembre 2013

EM : Droit de l'Homme et pêche, journées sanglantes au Sahara

 À Al Aaiun occupée, 10/12/13 et 11/12/13
La journée Internationale des Droits de l'Homme, le 10 décembre, est traditionnellement célébrée par les Sahraouis des territoires occupés par des manifestations pacifiques. Ils demandent alors le respect de la déclaration universelle des droits de l'homme pour leur peuple et pour les autres peuples opprimés dans le monde, et en particulier le peuple palestinien.

Cette année, la date coïncide avec le jour du vote du Parlement Européen de l'accord de pêche avec le Maroc, qui couvre les eaux du Sahara Occidental. Depuis le 7 décembre d'importants convois de renforts sécuritaire et paramilitaire, soit plus de 300 véhicules, sont arrivés à El Aaiun en provenance, selon des sources policières, de Casablanca, Rabat, Meknes, Marakech Agadir, Essaouira.

Le mercredi 10 décembre, la coordination des associations et comités sahraouis de défense des droits au Sahara Occidental a appelé tous les citoyens sahraouis à une manifestation pacifique rue Essmara, pour dénoncer les violations des droits de l'homme commise par les forces d'occupation, mais aussi après la déception du vote européen, pour dénoncer l'accord de pêche illégal de l'Union Européenne avec le Maroc.

À 17h, et malgré le blocus imposé par les autorités d'occupation pour empêcher l'accès au départ de la manifestation, plus de 150 sahraouis femmes et hommes étaient sur place et ont commencé à lever leurs pancartes et les bannières contre l'accord de pêche, alors que d'autres manifestants levaient le drapeau de la RASD.  Cinq ressortissants espagnols solidaires avec la cause sahraouie ont également participé à la manifestation. Ils portaient des tee-shirts oranges sur lesquels étaient écrits des slogans.

Les forces marocaines sont intervenues  avec violence très peu de temps après le début de la manifestation pour la disperser. Le chef de la zone sécuritaire Mohamed Ait Omar et l'assistant du directeur régional de la DGST ont personnellement dirigé l'opération.

Cernés par les attaques, les manifestants et militants sont tombés au sol et y sont restés sous  les coups de pieds et de matraques, avant de parvenir à se relever et à continuer à crier les slogans. Voir http://www.youtube.com/watch?v=IA3RlqLKAjM
Les cinq espagnols ont eux aussi été attaqués et frappés à coup de poing et matraques, et pour les hommes, ont été déshabillés de leurs tee-shirt. http://www.youtube.com/watch?v=BYtTTGG3OBQ. Après l'attaque, on pouvait encore lire sur les tee-shirts des femmes "liberté pour les prisonniers politiques sahraouis", "non aux accords de pêche", "Sahara libre", et "Maroc assassin, UE voleur".

Les manifestants dispersés se sont rassemblés à nouveau au centre du quartier Ma'atalah, rue Maghreb Arabe, et ont levé les drapeaux de la RASD et chanté des slogans pour l'indépendance du Sahara Occidental. Ils ont aussi à nouveau dénoncé la décision du Parlement Européen de renouveler l'accord de pêche avec le Maroc sans exclure les eaux sahraouies, qui va permettre aux navires espagnols de revenir rapidement pêcher dans les eaux sahraouies, et d'aggraver les problèmes de graves diminutions du nombres de certains poissons malgré les multiples alertes d'organisations de pêcheurs sahraouis et marocains.

Plus de 400 policiers et agents des forces auxiliaires ont encerclé le quartier, et ont commencé à attaquer les manifestants. Ils criaient des insultes racistes et "vive le roi Med 6". http://youtu.be/I74wdVFAxlM. Ils ont aussi caillassé des maisons des sahraouies jusque tard dans la nuit. http://youtu.be/mojDKSAqWCI
A minuit, un camion canon à eau chaude est arrivé en renfort pour intimider la population. il n'a pas servi.

Au total, ce sont plus de 150 personnes qui ont été blessées, dont la moitié des femmes, mineurs et des handicapés lors de cette journée internationale des droits de l'Homme.

Mercredi 11 décembre,  tous les établissements scolaires ont été encerclés par les policiers en civil. Les agents ont empêché les enfants de s'attarder et les ont intimidés. Voir devant le lycée Essaguia El Hamra. http://www.youtube.com/watch?v=r3OkoZnq040
Malgré cela, plus d'une centaine d'élèves de ce même lycée se sont rassemblés et ont crié des slogans en brandissant le drapeau de la RASD. http://www.youtube.com/watch?v=mSvIqQC-cPI#t=117

Le siège de la Minurso a lui aussi été encerclé par les forces policières d'occupation, mais aussi par des barrières de sécurité. Selon les hypothèses des témoins, ces barrières seraient destinées à empêcher l'accès de la Minurso aux victimes sahraouies de la répressions marocaines pour y demander la protection de l'ONU. http://www.youtube.com/watch?v=K0E1ixkGvWM

À 12h, plus de 300 sahraouis se sont rassemblés rue Tan Tan avec des drapeaux de la RASD   et ont crié leur souhait de l'indépendance du Sahara Occidental. 30 véhicules de police et 10 des forces auxiliaires sont arrivés rapidement pour intervenir contre les manifestants, et ont forcé les marchands de fermer leurs boutiques. 

Au même moment, plus de 150 sahraouis se sont rassemblés pour une manifestation sur le boulevard Al Qods. Les forces d'occupation sont là encore intervenues brutalement et une de leur voiture a percuté l'enfant Sahraoui Boubakar Khraibach 13 ans. Il a été conduit à l'hôpital et souffre d'entorse aux deux genoux.

De façon très insolite, la presse marocaine, en ce jour de grande violence des autorités d'occupation contre les sahraouis, a annoncé sans photos, ni aucun fondement, une manifestations de 40 femmes aux seins nues, qui selon eux ont choqué la morale locale. 

À Essmara occupée
Le 10 décembre, les familles des portés disparus ont organisé une manifestation devant la confédération démocratique du travail, la "CDT" et avec la participation des associations et comité sahraouis des droits de l'homme. Les manifestants ont chanté et crié des slogans politiques, et notamment le très populaire : "Le phosphate et le poisson vendus à l'Europe et les Sahraouis traînent les rues". 

À Boujdour occupée
Plus de cinquante sahraouis se sont rassemblés dans la rue principale "Hassan 2" pour dénoncer l'accord de pêche Union Européen avec le Maroc et ont été empêchés de manifester par les forces de la police marocaine.
Devant l'insistance des activistes, les forces d'occupation ont attaqué et ont blessé 10 personnes,  dont 5 femmes.
Parallèlement de l'autre coté de la rue, 30 chômeurs sahraouis ont organisé une manifestation brandissant des pancartes dénonçant le pillage systématique par l'État marocain des ressources naturelles du territoire occupé et la marginalisation généralisée des jeunes sahraouis diplômés. Les chômeurs diplômés ont également dénoncé la décision du Parlement européen concernant l'accord de pêche malhonnête avec le Maroc.

EM, Sahara Occidental occupé
Le 11-12-13