lundi 15 novembre 2010
Le Maroc doit enquêter sur les événements ayant fait plusieurs morts dans un camp de protestataires au Sahara occidental
D'après le gouvernement, neuf personnes, dont huit membres des forces de sécurité, sont mortes au cours des opérations menées lundi 8 novembre et le lendemain.
Des militants locaux des droits humains ont raconté à Amnesty International que des témoins ont vu 11 habitants du camp allongés sur le sol, blessés. Certains perdaient du sang, tandis que d'autres souffraient de brûlures.
Selon certaines informations, des milliers de Sahraouis ont été expulsés de force de ce camp de fortune par les forces de sécurité marocaines.
« Il est clair que nous sommes face à un événement très grave, qui menace d'attiser de nouvelles tensions au Sahara occidental, a expliqué Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.
« Les autorités marocaines doivent ouvrir sans délai une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur ce qui s'est passé et envisager de demander leur aide aux Nations unies.
« Nous devons savoir ce qui a déclenché cette opération et si la force utilisée était raisonnable et proportionnée ou excessive. En cas de recours à une force excessive, les responsables doivent rendre des comptes. »
D'après les témoignages qu'a reçus Amnesty International, les habitants n'ont appris l'action imminente des forces de sécurité que vers 6 heures du matin, lundi 8 novembre, lorsqu'un hélicoptère s'est mis à survoler le camp et qu'on leur a ordonné de quitter les lieux.
Quelques minutes plus tard, les forces de sécurité auraient pénétré de force dans le camp, frappant les habitants et faisant usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau chaude pour les contraindre à sortir de leurs tentes, qui ont ensuite été incendiées ou rasées.
Les autorités marocaines affirment que l'opération s'imposait afin de libérer des personnes retenues dans le camp contre leur gré. Elles ajoutent que les forces de sécurité ont rencontré une vive résistance.
Selon l'agence de presse marocaine officielle, cinq policiers ou agents des forces de sécurité ont été tués lors de cette opération et trois autres ont succombé à leurs blessures le lendemain, tandis qu'un Sahraoui a été tué accidentellement par une voiture de police qui circulait à vive allure à Laayoune. Une enquête a été ouverte sur sa mort, selon les autorités.
Cependant, peu d'informations ont filtré de la part des personnes se trouvant dans le camp, qui ont été contraintes de partir. Le site a véritablement été bouclé par les forces de sécurité marocaines.
À Laayoune, à quelques kilomètres à l'ouest du camp, des manifestants auraient attaqué et endommagé des bâtiments publics, des banques, des magasins et d'autres biens au lendemain de l'opération menée par les forces de sécurité.
Gadaym Izik est un campement composé de tentes et d'abris de fortune où se sont installés à la mi-octobre des milliers de Sahraouis, pour protester contre la marginalisation dont ils s'estiment victimes de la part des autorités marocaines. Ils demandent du travail et des logements convenables.
Les Sahraouis estiment que, bien que natifs du Sahara occidental, ils ne reçoivent pas une part équitable des bénéfices tirés des ressources naturelles et des terres de la région. En outre, les autorités locales ne prêtent pas l'oreille à leurs revendications concernant l'amélioration de leurs conditions socio-économiques.
Les violences commises lundi 8 novembre ont coïncidé avec l'ouverture de nouvelles discussions informelles sur l'avenir du Sahara occidental entre les autorités marocaines et le Front populaire pour la libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), qui appelle de ses vœux l'indépendance du Sahara occidental et dirige un gouvernement autoproclamé en exil – la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Ces pourparlers ont été organisés à New York à l'instigation de l'envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross.
« Ces derniers événements illustrent une fois encore qu'il est indispensable d'inclure un volet de surveillance des droits humains dans le mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO), organe chargé de surveiller l'application du cessez-le-feu signé entre le Maroc et le Front Polisario il y a près de 20 ans, en 1991, a confié Malcolm Smart.
« L'absence d'un tel volet a miné l'efficacité de la MINURSO et permis que des atteintes aux droits humains soient perpétrées sans faire l'objet d'enquêtes adéquates. »
Amnesty international, le 11 novembre 2010
mardi 9 novembre 2010
Sahara Occidental occupé, lourd bilan provisoire
lundi 8 novembre 2010
Les campements de l'indépendance détruits, 8/11/10
dimanche 7 novembre 2010
Barrages interdisant l'accès aux campements de Gdeym Izik, 7/11/10
Manifestation de protestation sahraouie
Gdeym Izik
Barrage sur la route
vendredi 5 novembre 2010
Promesses et menaces marocaines, désordre sans solution
Les autorités veulent solutionner « la crise » avant le 6 novembre, date anniversaire de la marche verte (invasion marocaine du Sahara Occidental) et avant la session de négociation entre les représentants de sahraouis, le Polisario, et le Maroc, pour la résolution du conflit, organisée par l’envoyé personnel du Secrétaire Général de l’ONU, Christopher Ross, du 7 au 9 novembre à Manhasset, USA.
Lors de cette réunion il a été promis à chacun des participants qu’il leur serait donné : une terre, le bénéfice de la promotion nationale, du travail pour les diplômés, et pour les non diplômés un poste dans les forces auxiliaires et la sécurité nationale marocaine.
Il a d’autre part été promis la construction d’une université à El Aaiun, comprenant les formations pour les filières médicales, médecins, infirmiers…
Le Comité a pris acte de ces promesses et informé les représentants des autorités marocaines qu’ils allaient rapporter le tout aux gens des campements, puisqu’ils n’étaient que les représentants, pour que cela soit ensuite discuté avec tous les manifestants.
Aujourd’hui à 11h30, le wali et les représentants du ministère de l’intérieur se sont présentés aux campements dans le but d’y entrer pour discuter avec les exilés.
Ceux-ci ont refusé catégoriquement, et ont organisé un cordon vivant main dans la main encerclant le campement pour en empêcher l’accès.
Le 5 novembre 2010.
Equipe Média Sahara Occidental Occupé EMSOO, http://emsoo-emsoo.blogspot.com
Traduction APSO.
Note : le président du Corcas, et le wali représentant du ministre de l’intérieur chargé de la promotion national sont des sahraouis qui travaillent avec les autorités marocaines.
jeudi 4 novembre 2010
RFI, 7 000 tentes contre le Maroc au Sahara Occidental
http://www.rfi.fr/emission/20101104-7-000-tentes-contre-le-maroc
Suivre le lien et mettre le son !
Par Léa-Lisa Westerhoff
Certains le surnomment déjà le camp de la liberté. Par le nombre de personnes qu’elle concerne et sa durée, c’est la plus importante manifestation depuis 35 ans au Sahara Occidental. Depuis trois semaines, des milliers de Sahraouis se sont retirés sous leur tente pour protester contre le Maroc, et demander la reconnaissance de leurs droits. Le camp est toujours interdit d’accès aux journalistes étrangers.
mercredi 3 novembre 2010
Les campements de la résistance, unis, 31 octobre 2010
Sahraoui, Sahraouie, main dans la main jusqu'à la liberté...
samedi 30 octobre 2010
Sahara Occidental, camps assiégés, COLÈRE !!!
COLÈRE !!!
Par Marie-Jo Fressard, solidmar, 30/10/2010
Minable, cette amitié inconditionnelle que voue à l’arrogant roi du Maroc celui qui ne représente plus qu’une petite minorité de Français, qui ose s’opposer à ce que la MINURSO veille au respect des droits de l’homme au Sahara Occidental…
Criminelle, cette force de « sécurité » qui tire à bout portant sur un adolescent assis dans une voiture chargée de vivres pour la survie des révoltés des camps de la protestation, et le tue sous prétexte monstrueusement mensonger de légitime défense…
Cruelle, tellement cruelle l’interdiction à une mère de voir une dernière fois son enfant assassiné qui va être enterré en cachette...
Ignoble, le fait de ne pas révéler à la famille le lieu de l’inhumation…
Et irresponsable, le bouclage complet du camp de la protestation qui oblige des dizaines de milliers d’ assiégés à boire de l’eau non potable, et à être privés de nourriture et de médicaments …
… alors que ce peuple courageux est chez lui, sur SA terre !
http://solidmar.blogspot.com
vendredi 29 octobre 2010
vidéos des campements de la résistance, Sahara Occidental occupé
Mur et présence massive des militaires marocains et autres forces de sécurités marocaines.
Mission de la minurso, veiller à la réduction des effectifs militaires... raté !
La vie dans les campements : l'autoprotection et l'eau
Des explications par Enaama Asfari
Le droit international reconnait aux sarhaouis le droit à l'autodetermination sur leur terre et leurs ressources naturelles
mercredi 27 octobre 2010
Les camps sahraouis de la protestation et leurs conséquences sur le processus de paix
Le 26 octobre 2010Les camps sahraouis de la protestation
Les camps sahraouis de la protestation récemment créés dans les Territoires Occupés du Sahara Occidental présentent la plus claire menace d'un retour à la violence dans la région, à mesure que la situation devient de plus en plus politisée et instable. Depuis le 9 octobre, des milliers de Sahraouis des villes sous contrôle marocain d'El Aaiun, Boujdour et Smara au Sahara Occidental ont quitté leurs foyers et mis en place des camps temporaires pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une politique économique et sociale injuste de la part des autorités marocaines. Ce qui a commencé comme un acte de protestation d’une douzaine de Sahraouis est devenu l’une des plus grande - sinon la plus importante - manifestation non-violente des sahraouis dans les «Territoires Occupés » depuis le début de la guerre en 1975. Depuis que les camps ont été installés, les services de sécurité du Maroc et les Forces Armées Royales marocaines [FAR] les ont entourés de points de contrôle et de périmètres. Les autorités marocaines affirment que ces mesures sont destinées à maintenir l'ordre dans les camps, tandis que le Front Polisario affirme que les Marocains tentent d’empêcher d'autres manifestants de se joindre aux camps.
Il y a un désaccord considérable quant au nombre de manifestants présents dans les camps. Le rapport officiel marocain en cite 1 200, et les Sahraouis se déclarent plus de 20 000. Au-delà des débats sur les chiffres cependant, les sources d’informations officielles du Front Polisario et du Royaume du Maroc ont toutes deux tenté d'utiliser les camps de la protestation en soutien de leurs positions relatives, puisque peu de d’agences de presse internationales ont couvert l'exode. Le Conseil Royal Consultatif des Affaires Sahariennes du Roi Mohammed VI [CORCAS] et Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement, ont affirmé que cet acte de protestation par les Sahraouis était « un moyen normal d'exprimer des exigences socio-économiques » et une preuve du « climat de liberté et de démocratie qui prévaut dans cette région, comme dans toutes les autres parties du Royaume. » Naciri a également affirmé que le gouvernement rencontrait les dirigeants des camps pour tenter de trouver les moyens de répondre aux demandes sahraouies qu'il a qualifiées de légitimes. Il est à noter qu’aucun des articles marocains sur les camps de la protestation ne fait référence aux occupants du camp comme Sahraouis, mais les appellent plutôt « citoyens marocains » ou simplement « manifestants ».
Pour sa part, le Front Polisario ne s’est pas publiquement attribué ce mouvement ni fait de lien direct entre les camps de protestations et le Polisario. Au contraire, le Front a insisté sur le siège militaire étroit, que le Maroc faisait subir aux manifestants, empêchant l'entrée de l'eau, de la nourriture et de médicaments dans le camp. Selon des sources sahraouies, les soldats marocains entourant les camps ont utilisé « des balles réelles, des pierres, des bouteilles en verre et des matraques » contre une caravane qui tentait d’apporter des fournitures aux manifestants. Mohamed Abdelaziz, Secrétaire Général du Front Polisario, a adressé une lettre à Ban Ki Moon, lui demandant « d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard pour sauver la vie des dizaines de milliers de citoyens sahraouis sans défense, actuellement en grand danger en raison du blocus, des restrictions, de la famine mais aussi des interventions militaires et de sécurité. » Dans un article publié sur le site Web du Sahara Presse Service - le site officiel de Ministère de l'Information de la République Arabe Sahraouie Démocratique [RASD], le gouvernement en exil des Sahraouis - le Secrétaire National du Front Polisario « a salué chaleureusement l'héroïque résistance nationale Sahraouie contre l'occupation marocaine dans le Sahara Occidental occupé », suggérant clairement que les revendications des manifestants sont d'ordre politique.
Néanmoins, à ce moment, les exigences des Sahraouis qui ont dressé les camps semblaient être essentiellement de nature socioéconomique. L'agence de presse en langue espagnole EFE a publié un article - repris dans un certain nombre de périodiques espagnols - qui déclarait que les campements de tentes n’avaient pour objet qu’une protestation strictement sociale, axée exclusivement sur le logement et l'emploi. Cet article citait également des sources sahraouies confirmant qu'une délégation marocaine du Ministère de l'Intérieur avait été envoyée pour parler avec les dirigeants des camps de la protestation, mais qu’aucun accord n'avait encore été atteint.
L'état de tension entourant les camps de fortune s’est accru le 24 octobre, quand les soldats marocains ont tiré sur une voiture qui ne s’est pas arrêtée à un barrage marocain, et tué un garçon sahraoui de 14 ans nommé Nayem el-Garhi. Dans un article publié par l'Associated Press, ce fait a été corroboré par un officiel marocain anonyme. Les détails exacts entourant le décès de l'enfant n'ont pas encore été rendus public, mais l'affaire menace davantage ce que les Sahraouis appellent une situation de « ni guerre, ni paix ».
Implications sur le conflit et le processus de paix
Les camps de la protestation et la réaction des deux parties au conflit mettent en évidence un certain nombre de réalités entourant le conflit et ont plusieurs conséquences sur le processus de résolution du conflit. Tout d'abord, les rapports très disparates sur le nombre et sur les événements spécifiques ayant eu lieu au sein et autour des camps mettent en évidence la nécessité de la présence de médias internationaux dans les zones du Sahara Occidental sous contrôle marocain. Alors que la communauté internationale est tributaire des sources officielles et non-officielles des deux parties au conflit, il est impossible de discerner se qui se passe exactement. Alors que les autorités marocaines restreignent l'accès de la région aux journalistes, le manque d'intérêt des médias internationaux est tout aussi digne de blâme. Malheureusement, l'assassinat de Nayem el-Garhi peut être le genre d'événement qui attire enfin l'attention de la communauté internationale, quand le sang ouvre les oreilles et rend les yeux méfiants. Cette action radicale de milliers de Sahraouis et la réaction du gouvernement marocain peuvent donner l’impulsion nécessaire pour remettre le Sahara Occidental sur les écrans des radars du reste du monde.
En outre, comme c'est habituellement le cas au Sahara Occidental, les deux côtés tentent d'utiliser la manifestation pour soutenir leur propre image et de discréditer l'autre. En refusant d'identifier les manifestants comme Sahraouis et en les appelant « citoyens » le Maroc montre qu’il n'est pas disposé à reconnaître cette réalité juridique internationale qu’aucun autre pays – pas même la France son plus proche allié – ne reconnaît le contrôle officiel du Maroc sur le Sahara Occidental. L’appellation par le Polisario des camps de la protestation comme « camps de l'indépendance » montre que le groupe identifie rapidement tout type de résistance à un appel à l'indépendance. Selon des sources sahraouies vivant sous le contrôle Marocain de facto, la plupart des Sahraouis soutiennent le Front Polisario et désirent l'autodétermination, mais l’on ne peut pas nier le fait que les manifestants dans les camps demandaient expressément l'amélioration du logement et de l'emploi.
Toutefois, il est impossible de nier que les politiques socio-économiques contre lesquelles les Sahraouis protestent ont des racines politiques. L'immigration de centaines de milliers de citoyens marocains au Sahara Occidental - encouragés par les emplois et les exonérations d'impôt offerts par le gouvernement - réduit clairement la probabilité du maintien pour les Sahraouis de travail et de niveau de vie auquel ils pourraient prétendre dans un fonctionnement normal du gouvernement. Si les Sahraouis contrôlaient leur propre territoire et ses ressources naturelles, il est hautement improbable que la population sahraouie aurait à déplorer les échecs sociaux économiques d'une discrimination systématique, comme c'est actuellement le cas. En outre, comme cela a été le cas lors de manifestations précédentes au Sahara occidental, même si les questions initiales sont de natures sociales ou économiques, une réaction disproportionnée des forces de sécurité marocaines change souvent le sens de la protestation pour une revendication de l'indépendance.
L'exclusion socio-économique qui a conduit à la création de ces camps temporaires n’est pas de bon augure pour la proposition marocaine d'autonomie, quand la monarchie n'a donné aucune raison de croire que si le Sahara occidental devenait une région autonome du Royaume, la discrimination systémique contre les Sahraouis prendrait soudainement fin. Il sera également plus difficile au Royaume de continuer à affirmer que la majorité des Sahraouis est satisfaite de vivre sous domination marocaine, quand un tel exode de masse n’est pas la forme habituelle de protestation de personnes satisfaites, ou même de citoyens légèrement mécontents.
Les camps de protestations auront probablement un effet négatif sur les efforts de l'Envoyé personnel de l'ONU, Christopher Ross, pour convaincre les deux parties au conflit à négocier de bonne foi. Comme le débat sur l'inclusion de la surveillance des droits de l'homme dans le mandat de la Mission de l'ONU pour un Référendum au Sahara Occidental [MINURSO], tout point de discorde qui reçoit une attention internationale retranche immédiatement les deux parties plus profondément dans leurs positions respectives. Les camps ajoutent un atout considérable à l’arsenal d'accusations du Polisario contre le Maroc, tout en mettant le Royaume nerveusement sur la défensive. En outre, comme le Maroc devient de plus en plus contesté par les Sahraouis qui vivent sous son de contrôle, et que le Polisario est moins disposé à la confiance dans ses homologues marocains, les camps de protestation ne sont pas de bon augure pour la reprise des visites familiales et d'autres mesures de confiance [MDC], que Ross et son équipe ont essayées de relancer depuis leur suspension en mars dernier.
Peut-être plus important encore, la construction de ces camps reflète une nouvelle réalité imposée par l'opposition sahraouie au contrôle du Maroc sur le Sahara Occidental depuis 2001: un changement d'orientation de la résistance du Front Polisario et la RASD - à la fois de les camps de Tindouf et de missions diplomatiques à l'étranger – vers le quotidien des Sahraouis qui vivent sous contrôle marocain. En 2001 et en 2005, deux manifestations de grande ampleur ont éclaté, appelées Intifadas par les Sahraouis. Jusque-là, les Sahraouis avaient seulement mené des petits actes de résistance, mais ces deux révoltes ont duré pendant des jours et - même si elles ont été initialement déclanchées par les étudiants et les travailleurs contre les politiques d'éducation et d'emploi - elles ont rapidement pris une nature plus politique. Depuis 2005, le mouvement sahraoui de résistance non-violente est devenu de plus en plus organisé, et les dirigeants du Polisario ont reconnu que le mouvement interne est devenu central dans leur démarche pour obtenir l'autodétermination du Sahara Occidental. Les camps de protestation représentent un progrès énorme dans l'organisation des activistes sahraouis du Sahara Occidental et dans leur volonté de prendre des risques collectifs. Alors que Le Maroc se satisfait du statu quo, en gardant le Polisario à bout de bras en Algérie et en utilisant l’existence du groupe pour justifier la présence de plus de 120.000 soldats au Sahara Occidental, c'est la résistance interne qui menace le plus directement l’assurance du trône marocain. Les camps de la protestation traduisent ainsi un changement considérable dans la nature du conflit.
Pour finir, les camps de la protestation ont également le potentiel de conduire à une situation plus instable et violente. Le Polisario a souvent menacé de retourner à la guerre pour reprendre la patrie des Sahraouis, mais s’est montré jusqu’à maintenant peu enclin à le faire. Des meurtres malheureux comme celui de Nayem el-Garhi peut créer une étincelle dans le Sahara Occidental lui-même, produisant une spirale de violence. En outre, comme de nombreux Sahraouis continuent à rejoindre les camps de la protestation, la probabilité d'un autre incident violent entre les forces de sécurité et les occupants du camp augmente. Si une plus grande violence éclate, il restera à voir si le Polisario utilisera l’Armée de Libération du Peuple Sahraoui [ALPS] pour venir à la défense des manifestants. Quoi qu’il en soit, ce groupe de manifestants sahraouis dans le désert et le nombre croissant de troupes marocaines entourant les camps, présente un environnement particulièrement instable qui a tout le potentiel pour exploser.
OSF, Organization for Statehood and Freedom
44125 Woodbridge Pkwy, Suite 220 Leesburg, VA 20176, Maryland
Phone: (703) 729-2974 E-mail: staff@statehoodandfreedom.org www.statehoodandfreedom.org
Traduction APSO.
Articles sur les campements de la protestation
Associated Press
“Group says Moroccan security officials in contested Western Sahara shoot and kill teen”: http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5g-QWeS9X_0RvGScfJl6M-s8xCCIw?docId=4933390
Business Day
“Western Sahara tense after soldiers shoot boy”:
http://www.businessday.co.za/articles/Content.aspx?id=124780
EFE
“Autoridades y saharauis negocian para demantelar campamento de protesta”:
http://noticias.terra.com.ar/sociedad/autoridades-y-saharauis-negocian-para-desmantelar-campamento-de-protesta,97d9d3d2c30db210VgnVCM3000009af154d0RCRD.html
Maghreb Arab Press Agency [MAP]
“Citizens pitching tents outside laayun, means of voicing normal social demands, official”:
http://www.map.ma/eng/sections/sahara/citizens_pitching_te/view
“Moroccan NGO warns against politicizing makeshift camp in outskirts of Laayun”:
http://www.map.ma/eng/sections/see_also/moroccan_ngo_warns_a/view
Royal Advisory Council for Saharan Affairs [CORCAS]
“Pitching tents near Laayoune, part of the climate of freedom that prevails in Morocco (local sources)”:
http://www.corcas.com/eng/WesternSaharaPoliticalAffairs/tabid/486/ctl/Details/mid/1636/ItemID/14208/Default.aspx
Sahara Press Service [SPS]
“Mass exodus of Saharawi citizens towards Independence Camp continues amid tight military siege”:
http://www.spsrasd.info/en/detail.php?id=14128
“Polisario Front warns of humanitarian disaster in Saharawi exodus camps”:
http://www.spsrasd.info/en/detail.php?id=14133
“Polisario reiterates its call for UN to prevent new massacres in Western Sahara”:
http://www.spsrasd.info/en/detail.php?id=14165
Saharawi Journalists and Writers Union [UPES]
“Moroccan army uses live ammunition against arrivals to camp of Sahrawi exodus”:
http://www.upesonline.info/bodyindex_eng.asp?id=300&field=sec_eng
“UK MPs condemn Teenager’s death as Moroccan forces open fire on Saharawi protestors”:
http://www.upesonline.info/bodyindex_eng.asp?id=304&field=sec_eng
Western Sahara Resource Watch [WSRW]
“Exodus in protest of the pillage”:
http://www.wsrw.org/index.php?cat=105&art=1632
YouTube
“les sahraouis assiégés” [French video on the camps]
http://www.youtube.com/watch?v=rc4DG39dv8w
Amis du Peuple du Sahara Occidental (APSO)
Assassinat d’un enfant, le prix de la paix ?
http://ap-so.blogspot.com/2010/10/assassinat-dun-enfant-sahraoui-le-prix.html
Campements sahraouis de la résistance, pacifisme contre violence
http://ap-so.blogspot.com/2010/10/campements-sahraouis-de-la-resistance.html
Au Sahara Occidental, même le désert est interdit aux Sahraouis
http://ap-so.blogspot.com/2010/10/au-sahara-occupe-meme-le-desert-est.html
Photos et vidéos sur http://apsoinfo.blogspot.com et http://apsophotos.blogspot.com
mardi 26 octobre 2010
Un enfant tué, des blessés par balles, l'ASVDH appelle l'ONU
Selon les sources de l'ASVDH, El Garhi Najem (âgé de 14 ans) a trouvé la mort sur le champ.
Ses camarades ont été transférés à l'hôpital de El-Aaiun, dont au moins deux dans un état grave.
Les autorités marocaines imposent un état de siège autour des deux hôpitaux civile et militaire, et empêchent tous les citoyens, y compris les familles des victimes, d'approcher les hôpitaux.
Les autorités marocaines ont également refusé de fournir des informations aux familles sur le sort de leurs fils, à l'exception d'un communiqué publié par le ministère de l'Intérieur porté par l'agence officiel "MAP". Il était question des coups de feux, de la mort d'un jeune homme, des blessures subies par les autres, sans que les identité des personnes ne soient données.
Les autorités marocaines ont tenté de dissimuler la mort de l’enfant, et entendent faire porter sur la famille du défunt la charge de l’enterrement de leur fils, en refusant de donner les véritables raisons de sa mort et en faisant des pressions sur la famille pour qu’il n’y ait pas l’ouverture d’une enquête officielle sur l'affaire.
L'ASVDH dénonce cet acte qu'il considère comme sans précédent depuis le cessez-le-feu au Sahara Occidental entre le Maroc et le Front Polisario en 1991, et exige l'ouverture d'une enquête juste et impartiale sur les circonstances de la mort, pour déterminer les responsabilités et traduire les contrevenants en justice.L’ASVDH demande à la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental "MINURSO" d’assumer ses responsabilités et de surveiller le cessez-le-feu dans la région.
La mission de l’ONU ne doit pas continuer à déroger à ses responsabilités et doit en l’absence de mandat formel de surveillance des droits de l’homme, faire appliquer « qu’il importe de réaliser des progrès concernant la dimension humaine du conflit … *». Cette dimension humaine est maintenant en grande régression et gravement mise en danger par la violence des autorités marocaines sur les civils sahraouis.
L'ASVDH demande aux Nations Unies d’assumer leurs responsabilités et d’agir en cohérence avec le droit international humanitaire afin d'assurer la sécurité des personnes déplacées en dehors de la ville de El-Aaiun - Sahara Occidental, et de leur fournir les conditions pour une vie quotidienne décente afin d'éviter une grave catastrophe humanitaire.
Les conditions de santé et de sécurité tels que l'eau potable, des médicaments, de l'assainissement ne sont pas réunies.
Compte tenu de l'état de siège imposé par l'armée, la gendarmerie et les forces auxiliaires sur le camp de personnes déplacées, compte tenu de la construction du mur de sable empêchant l’accès à la zone, la police marocaine entrave toute initiative des sahraouis restés dans la ville d’El-Aaiun pour pallier aux conditions sanitaires négatives et soutenir les personnes déplacées.
ASVDH, 26 octobre 2010
*http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/RES/1920(2010)&referer=http://www.un.org/en/peacekeeping/missions/minurso/resolutions.shtml&Lang=F
La mort de Najem, les campements de l'indépendance, images et commentaires
Les campements de l'indépendance, et la mort de l'enfant.
Images, commentaires, explications.
25 octobre 2010
vidéo resistenciasaharaui
Campements sahraouis de l'indépendance, 25 octobre 10
Vidéo Codapso.
25 octobre, les campements Sahraouis de l'indépendance.
Sahara Occidental occupé, zone de Gdaim izik, 18 km de El Aaiun.
samedi 23 octobre 2010
Les exilés sahraouis sur leurs terres occupées, nouveaux arrivants
mardi 19 octobre 2010
Les campements de la résistance, proches de El Aaiun
Le 16 octobre, des tentes jusqu'à l'horizon
16 octobre. Distribution de l'eau.
Vidéos Colominaroja
mardi 12 octobre 2010
Fuites dans le desert et manifestations au Sahara Occidental occupé
Depuis 15 jours, les protestations des sahraouis dans les territoires occupés s'intensifient et se multiplient. Infos sur les mouvements des sahraouis vers le désert, campements de Sahraouis réfugiés dans leur propre pays, à proximité de El Aaiun et Boujdour, et sur les manifestations sahraouis de Dakhla. Du 8 au 11 octobre 2010Les 8 et 9 octobre 2010
Campements de El Aaiun et Boujdour
Plus de quatre cent citoyens et citoyennes Sahraouis se sont déplacés vers le désert hier et aujourd’hui, sortant des villes de El-Aaiun et Boujdour.
Plus de deux cents citoyens et citoyennes Sahraouis se sont déplacées ce matin vers la région de Alsroziat à 25 km à l'ouest de El-Aaiun occupée lors un nombre similaire est allé vers la région de "Knaydlv" au nord de la ville.
Voir les photos http://apsophotos.blogspot.com/2010/10/campements-sahrouis-en-territoires.html
Ce déplacement est une signe de protestation face à la politique d'occupation et d'appauvrissement des sahraouis que le gouvernement marocain affame alors qu’il accorde des subventions et des logements aux colons marocains.
65 citoyens et citoyennes Sahraouis se sont déplacés hier de la ville de Boujdour. Ils ont dormi en plein air après que la gendarmerie ait délibérément confisqué leurs tentes et leurs matelas.
Tous ont déclaré aux médias nationaux (sahraouis) qu’ils allaient intensifier leur résistance ouverte contre la politique des autorités d'occupation.
Ils affirment que ces mesures sont conformes aux chartes et conventions internationales, en particulier sur le Territoire Non Autonome du Sahara Occidental, toujours en attente de décolonisation.
Le 10 octobre 2010
Manifestations à Dakhla
Un certain nombre de citoyens sahraouis ont été blessés hier après une intervention des forces d'occupation marocaines contre deux manifestations organisées dans le quartier, Oum tounsi et Ksaikisat a Dakhla occupée.
Des dizaines des citoyens sahraouis ont organisé samedi soir et au même moment deux manifestations que les forces d'occupation ont dispersé par la force.
La charge contre les manifestants a laissé deux blessés, Sultan Hamoudi El A'abidi et Khatat Ould Naf'aa qui ont été arrêtés et transfèrés vers le commissariat où ils ont été interrogé.
Après l'intervention, les forces d'occupation ont pris d'assaut plusieurs maisons dont les maisons des citoyens sahraouis Omar Daikh, Babih Dah, Mohamed Boua'aila,
La maison des famille El Karadi, Mouloud ould Alali.
L’état d'alerte a déclaré hier et dure jusqu'à maintenant.
Les forces d'occupation sont dirigées par le commisaire Hariz El-Arbi. Un fonctionnaire impliqué dans le meurtre de dizaines des citoyens sahraouis.
Il a ordonné un blocus rigoureux sur les mouvements des membres de la délégation de résistance civile après le retour de leur visite en Algérie.
D’autre part, deux patrouilles des services de renseignement ont échoué dans l'enlèvement du militant des droits humains Ahmed Moussa, avant-hier.
11 octobre 2010
Selon les informations, le campement des Sahraouis partis de El Aaiun occupé vers l’Est dans le désert compte maintenant entre 120 et 160 tentes.
Une grande excitation et confusion régnait hier, du fait de l’arrivée de nouvelles familles et du survol de la zone par les hélicoptères des autorités marocaines.
Des membres de la Confédération des travailleurs Sahraouis sont venus dans la soirée rendre une visite de soutien. Le président, Sid Ahmed Eddya, a répété le droit des sahraouis à être propriétaires de leurs terres, et de leurs ressources naturelles, et en a expliqué la légitimité selon les résolutions, avis et affirmations de l’ONU.
Voir les photos : http://apsophotos.blogspot.com/2010/10/la-csts-en-visite-au-campements-de.html
APSO le 12 octobre 2010
Sources : EM, APSO Sahara