lundi 9 octobre 2017

EM. Embouteillage au quai de phosphate de El Aaiun occupé


En quelques jours, ce début octobre, plus de 100 000 tonnes de phosphate sahraouis ont été expédiées loin du territoire colonisé. Les phosphates ont été extraits et vendu par l’occupant, le Maroc, à son propre profit. En septembre, les navires Ultra Dynamic et Ultra Crimson, avaient déjà emportés une quantité similaire de phosphates sahraouis. Un suivi attentif des informations internationalement disponibles, ainsi que des contrôles de visu ont permis à Équipe Média d’établir les présents constats.

Le 3 octobre 2017 le bateau Glovis Madrid. imo 9610999, pavillon Singapour, en provenance de Bremen, est arrivé à El Aaiun. Son tirant d'eau était alors de 6,7 m et son maximum possible de 12,85m, son port en lourd 56 605 tonnes.
Le vraquier chargé de phosphate est reparti dans la nuit du 5 au 6 en direction du canal du Suez, qu’il est estimé atteindre le 15 octobre prochain. Son tirant d’eau était alors de 12,9m.
Selon les informations qu’Équipe Média a pu trouver, son propriétaire est  PST Management de Singapour, et son gestionnaire Pacific International Lines de Singapour.

Le soir du 4 octobre, le Panagiotis,(ex Maverick Gunner), Imo 9461063, pavillon des îles Marshall, en provenance de Hadera (Israël) est arrivé au large de El Aaiun avec un tirant d'eau à 7m. Son port en lourd est de 80 717 tonnes. À son départ d’El Aaiun le 8 octobre, chargé de phosphates, son tirant d’eau était de 11m. Il se dirige vers South West à la Nouvelle-Orléans, Usa.

En  décembre 2016, la Cour de Justice  de l’Union Européenne, selon les principes du droit international, dont l’avis juridique de Hans Corell au Conseil de Sécurité de l’ONU, a jugé illégal toute activité avec ou en relation avec les ressources naturelles, renouvelables ou non,  du territoire du Sahara Occidental. Seul l’accord des autorités sahraouies, soit le Polisario, rend possible exploration ou exploitation de ces ressources. C’est-à-dire que les entreprises qui exploitent ou utilisent les phosphates peuvent être désormais poursuivies devant les tribunaux.

Au début de cette année, un bateau chargé de 55 000 tonnes de minerai de phosphate en provenance du Sahara Occidental a été arrêté par la justice sud africaine, après l’alerte du caractère illégale de sa cargaison. La procédure ayant été jugée recevable, et le procès légitime, l’OCP, exploitant marocain des phosphates sahraouis, a décidé d’abandonner sa défense de la cargaison, peinant probablement à trouver des arguments justifiant son pillage.

En juin dernier, WSRW, observatoire international des ressources du Sahara Occidental a publié un rapport dans lequel se trouvent tous les navires qui ont chargé et emporté du phosphate sahraoui depuis El Aaiun, pour la période du 1er janvier 2016 au 9 juin 2017. S’y trouve aussi une estimation des quantités transportées, ainsi que les informations administratives. (http://www.wsrw.org/a111x3929)

Au moment de la publication de cet article, le SBI Tango, Imo 9714707, pavillon des îles marshals, port en lourd de 61 192 t, est amarré au quai de chargement de phosphate à El Aaiun. S’il charge lui aussi plus de 50 000 t, cela fera plus de 150 000 tonnes de phosphate expédiés du port d’El Aaiun en une semaine.

La haute surveillance militaire et policière du port d’El Aaiun par le Maroc rend difficile le travail des journalistes, qui n’ont pas l’autorisation d’y accéder pour photographier ou enquêter.

Équipe Média. El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 9 octobre 2017

 

vendredi 28 juillet 2017

EM. Qui convoite la clientèle de la pharmacie sahraouie de nuit d’El Aaiun ?

Salek Abdelmajid Mohamed est pharmacien à El Aaiun. Il a commencé à exercer son métier en 1974, alors que le Sahara Occidental était sous occupation espagnole. Sahraoui né en 1958, il possède donc de documents d’identité espagnols.

Depuis 1992, sa pharmacie, située rue rue Hassan 1 dans le quartier Hay Hadjari est ouverte 7 jours sur 7 de 22h à 9h. C’est un grand service, et il a la reconnaissance notamment de la population sahraouie.
Après 43 années d’activité professionnelle et consciencieuse, mais aussi d’engagement, puisqu’il est responsable du dépôt de médicaments de El Aaiun, d’incompréhensibles attaques administratives, policières et judiciaires s’enchaînent contre lui depuis le début de cette année 2017.

Les premiers, le syndicat national des pharmaciens de Casablanca et l’association des pharmaciens à El Aaiun, déposent plainte contre Salek Abdelmajid Mohamed auprès du procureur du roi du Maroc. Le motif de la plainte est la vente de médicaments sans autorisation. Peu après, comme en réponse à ces accusations sans fondement, le gouverneur de El Aaiun, Yahdih Boucha’ab, invite Salek Abdelmajid Mohamed (ci-après nommé « Salek » par commodité) à venir le rencontrer, pour lui proposer de fermer sa pharmacie en échange de 4 cartes de promotion nationale et d’une parapharmacie.
Salek refuse et s’explique. Le métier n’est pas le même ni son intérêt. Il n’y a aucune raison pour qu’il change de travail.

Les intimidations administratives et policières se poursuivent, Salek est forcé de fermer sa pharmacie  sans que lui soit présenté de notification de « décision d’interdiction ». Le Pacha répond à sa demande par une affirmation : il n’y a «  que des ordres ». Chaque tentative de réouverture est empêchée par la force sans justification.

Le 24 février 2017 une autre plainte est déposée contre Salek par le syndicat national des pharmaciens et l’association des pharmaciens à El Aaiun. Il ne connaît les chefs d’accusation que lors de l’audience au tribunal le 4 avril : vente de médicaments sans autorisation. Salek réfute cette accusation, portée sans preuve.

Il est condamné à deux mois de prison avec sursis et à des amendes de 20 milles dirhams pour le syndicat et l’association. Salek fait appel et maintient la pharmacie ouverte pendant tout le mois du Ramadan, soit juin 2017.

Fin juin, une nouvelle plainte cette fois d’individu l’accusant de vendre des « drogues sans recette médicale » lui valent une nouvelle audition. Les accusateurs sont Khattari El Aaloui et une dame Ahlam.

Il présente le registre sur lequel sont consignés tous les noms des clients qui ont acheté avec ordonnance des médicaments qualifiés médicalement de « drogue » de 1995 jusqu'au 28 juin 2017. Ce registre répond à une obligation légale qu’il a scrupuleusement respectée.
Il est arrêté le 3 juillet 2017, interrogé par la police judiciaire pendant 2 jours en garde-à-vue. Il ne peut alors contacter ni sa famille ni son avocat, ni l’ambassade espagnole – puisqu’il est de nationalité espagnole.

Le procureur du roi marocain devant qui il comparait l’envoie à la prison noire.
Lors d’une nouvelle comparution le 7 juillet, le procureur et l’accusateur El Alaoui Khattari essaient de le convaincre d’accepter 4 cartes de promotion nationale, la fonction de Chaikh – soit informateur des autorités marocaines, fonctionnaire dépendant du ministère de l’intérieur – assortie d’un salaire  mensuel de 25 milles dirhams. (environ 2 280 euros)
Salek refuse, il est reconduit à la prison noire.

Le 13 juillet, la cour de première instance prononce un verdict de 6 mois de prison avec sursis et l’obligation de fermeture provisoire de la pharmacie jusqu'au règlement de la situation juridique.
La situation juridique problématique en question n’est pas connue du pharmacien.

Son parcours semble au contraire plutôt caution de sa probité.
En mars 1974, avec le bac, il entre en stage dans la pharmacie de l’Espagnol Rodriguez Umberto. En 1975 Umberto lui demande de faire les démarches pour obtenir une carte d’identité espagnole, puis il l’affilie à l’assurance sociale. Il lui propose aussi d’aller en l’Espagne pour travailler et continuer ses études. Mais Salek est soutien de famille, et sa mère refuse de le laisser partir.
En juin 1975 le gouverneur espagnol au Sahara Occidental, le général Salazar lui donne une autorisation pour la gestion d’une pharmacie.
En 1977, après le passage de l’occupation espagnole à l’occupation marocaine, le gouverneur Ahmed Bensouda et son adjoint Said Ouasso, confirme oralement que l’Espagnol Juan Umberto « fils de Rodriguez », les Sahraouis Sbaiti Mohamed et Salek Abdelmajid Mohamed sont autorisés par le Maroc à travailler.
En 1986 l’Espagnol Juan décide de quitter El Aaiun pour aller vers les îles Canaries, et vend sa pharmacie à Salek.
Salek n’a pu obtenir la nationalité marocaine qu’en 1988 et un passeport en 1998. Le Maroc lui donne le nom de Salek Hmaima. C’est donc en 1999 seulement qu’il peut partir en Espagne pour continuer ses études. Il obtient en 2002 le diplôme d'assistant de laboratoire de l’institut américain de Madrid.
À partir de 2007, il gère seul la pharmacie avec une assistante.

Un des griefs avancé par le juge contre Salek est sa méconnaissance de la langue française, utilisée principalement pour les ordonnances et notices des médicaments. Un argument réfuté par Salek par le bon sens. Les langues française et espagnole sont proches, utilisent le même alphabet, et sa longue pratique fait que si Salek ne sait pas parler Français, il sait le lire et le comprendre.

D’après de rapides investigations menées par l’Équipe, il apparaît que de nombreux pharmaciens marocains de El Aaiun ont des diplômes obtenus en Ukraine, sans que soit interrogée leur capacité à lire le Français.

Salek est actuellement sans emploi après la fermeture arbitraire de sa pharmacie.

Interrogé, un pharmacien marocain a expliqué sous couvert d’anonymat qu’il n’avait pas de problème administratif, ni d’approvisionnement en médicaments dans les deux laboratoires attitrés,  Sremed et Sorepha d’Agadir. Un autre a émis l’hypothèse que les attaques contre Salek venaient de pharmaciens marocains, désireux de faire fermer la pharmacie pour récupérer la clientèle sahraouie qui place toute sa confiance en Salek.

Équipe Média restera vigilant pour rapporter tout complément d’information à cette affaire, qui prive une partie de la population d’El Aaiun d’un service sanitaire indispensable, notamment dans les situations d’urgences nocturnes. Ce n’est pas la première fois que la colonisation marocaine, imposant dans la partie occupée du Sahara Occidental son fonctionnement corrompu, agit de telle façon. C’est néanmoins une nouveauté que la cible soit un service du domaine du soin, sans lien aucun à la politique.

Équipe Média, Sahara Occidental, El Aaiun occupée
Le 28 juillet 2017

* Carte de promotion nationale : allocation de subsistance de 2100 dirhams par mois, (env 185€) contre des travaux de ménage. La somme est attribuée par et subordonnée à, la décision arbitraire du wali.

mardi 20 juin 2017

EM. La "promotion nationale" au prix du silence sahraoui


Vendredi 16 juin 2017 à El Aaiun, Mahfouda Lafkir, Zaina Chtouki  et El Hussein Naciri ont manifesté dans le dépôt de la promotion nationale contre la décision des autorités d’occupation de geler leur bénéfice de cette allocation marocaine.

Au titre de la promotion nationale du ministère de l'intérieur marocain des centaines des Sahraouis travaillent comme hommes et femmes de ménage pour un salaire mensuel du 185 euros. Les "cartes" sont attribuées au bon vouloir du wali local, et pour le Sahara Occidental en coordination avec des délégués locaux qui sont des militaires. Elle n'ouvrent pas droit à congé, ni retraite, ni couverture maladie.

Dans le contexte particulier de l'occupation et de la discrimination à l'embauche quand les emplois vont majoritairement aux colons marocains, cette allocation est pour beaucoup de Sahraouis la base de la survie de la famille.
Les 3 militants font partie du comité sahraoui des expulsés de leur travail.

Sur leurs pancartes ils dénonçaient la politique d’appauvrissement des Sahraouis, le pillage systématique des phosphates et poissons sahraouis et les facilités accordées aux colons marocains pour tous les aspects de la vie quotidienne.

Mahfouda Lafkir mère de 4 enfants qualifie la suppression du bénéfice de la carte de vengeance des autorités d’occupation contre les Sahraouis qui militent pour indépendance de leurs pays.
 

La manifestation a duré une heure, avant que la police et un qaid n'oblige les militants à partir.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
le 18 juin 2017

mardi 13 juin 2017

ACAT. Procès Gdeim Izik, saisine Rapporteurs ONU, visite Macron au Maroc

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - Communiqué de presse

Procès de Gdeim Izik - Requête de l'ACAT auprès des rapporteurs spéciaux de l’ONU
Visite de M. Macron au Maroc – Le président doit affirmer sa vigilance sur les droits de l’homme
 
Emmanuel Macron sera en visite officielle au Maroc les 14 et 15 juin, où il rencontrera le roi Mohammed 6. Selon l’ACAT, il est nécessaire que le président français évoque publiquement la question du procès emblématique de Gdeim Izik actuellement qui se déroule actuellement devant la Cour d’appel de Rabat. Mardi 13 juin, l’ACAT a déposé une requête [1] auprès de plusieurs rapporteurs spéciaux  de l’ONU [2] pour dénoncer les violations graves subies par les 24 militants politiques et défenseurs des droits de l’homme sahraouis qui font l’objet d’un procès inique, caractérisé notamment par la prise en compte d’aveux signés sous la torture.
 
Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « Nous espérons qu’Emmanuel Macron fera preuve, à l’égard de Mohammed VI, de la même fermeté qu’avec Vladimir Poutine. Le procès de Gdeim Izik est emblématique du peu d’égard du Royaume pour les droits de l’homme en général et les droits des sahraouis en particulier. La France, en tant que premier partenaire du Maroc, ne peut décemment pas fermer les yeux sur cette affaire. »
 
L’iniquité du procès se révèle chaque jour de plus en plus criante. Bien que le président de la Cour d’appel de Rabat ait finalement consenti à ce que certains des accusés soient soumis à des expertises médico-légales, ces dernières ne sont absolument pas conformes aux standards d’enquête détaillés par le Protocole d’Istanbul et servent d'alibi à la Cour pour qu'elle puisse une nouvelle fois se fonder sur les aveux que les accusés ont signés sous la torture. Les avocats de la défense n'ont cessé d'être censurés tout au long du procès et n’ont pu aborder la question de la torture ainsi que celle de l’applicabilité du droit international humanitaire. Depuis l'expulsion dans la violence de deux avocates françaises de la défense, les accusés n'assistent plus à leur procès et sont représentés par des avocats dont certains suivaient jusqu'à présent le procès aux côtés de la partie civile adverse.
 
Les 24 accusés de Gdeim Izik ont été arrêtés, torturés et condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation  à un camp de protestation sahraoui en 2010. Les condamnations ont été prononcées le 16 février 2013 par le tribunal militaire à l’issue d’un procès inique. Le 27 juillet 2016, la cour de cassation a cassé le jugement et renvoyé les accusés devant la cour d’appel de Rabat. Le 12 décembre 2016, le Comité contre la torture des Nations unies a condamné le Maroc pour les tortures infligées à l’un des 24 accusés, Naâma Asfari. A ce jour, la décision n’a toujours pas été mise en œuvre par le Maroc qui a annoncé au Comité qu’il la rejetait en tous points.
 
Notes :
• [1] Notre requête aux rapporteurs spéciaux de l’ONU est en pièce jointe et peut être consultée en suivant ce lien : https://www.acatfrance.fr/public/communication_rs_gdeim_izik.pdf
• [2] L’ACAT a saisi les rapporteurs spéciaux sur la torture, sur l’indépendance des juges et des avocats, sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression et sur la droit de réunion pacifique et d’association.

jeudi 8 juin 2017

EM. Une perpétuité ne pourra occulter les 200 millions de dollars annuel du phosphate volé


Lundi 5 juin 2016, le procès des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik s’est ouvert devant la cour d’appel de Salé. Les militants sahraouis pour l'indépendance et le respect des droits mais aussi les avocats de la défense par leur absence, protestent contre ce procès inique, dont les premières audiences ont eu lieu le 13 mars 2017 après plusieurs mois de reports.

Le 6 juin dans l'espace autorisé aux manifestations sahraouies, entouré du brouhaha de sonos marocaines, les amis du condamné à perpétuité Sid Ahmed Lemjayed affirmait leur soutien et leurs revendications, parmi 80 autres manifestants.
Sur les panneaux on pouvait lire : "Agrium shame on you", "Le phosphate est sahraoui, il est à notre peuple"
Sid Ahmed Lemjayed est président du CSPRON, comité de soutien au plan de paix et de protection des ressources naturelles au Sahara Occidental.

Interrogé, Mohamed Jaaim, secrétaire général de CSPRON a affirmé : "je dénonce le pillage systématique des ressources naturelles au Sahara Occidental par le Maroc et ses complices, en particulier le phosphate, élément indispensable dans l’agriculture mondiale. 
Sid Ahmed a été condamné à perpétuité parce qu'il a pris position politiquement, et non pour des actes qui n'ont jamais été prouvés. 
Nous avons créé le CSPRON en 2005 et depuis cette date et même avant il affirme que l'occupation de notre pays a pour but le pillage de nos ressources naturelles, et que c'est totalement illégale parce que nous ne sommes pas d'accord. Voila pourquoi il a été condamné si lourdement. Le noeud du problème est là, la volonté de s'approprier nos ressources et notre refus catégorique. 
Nos pancartes saluent aussi le gouvernement d'Afrique du Sud qui a arrêté une cargaison de phosphate sahraoui représentant environ 6 millions de dollars, et va juger le 9 juin de sa propriété. Ce navire allait vers la Nouvelle Zélande pour une coopérative qui s'appelle Ballance Agri-Nutrients. Un autre navire d'une cargaison similaire a été arrêté à Panama, lui allait vers le Canada, pour la compagnie Agrium. Ces seuls deux navires valent probablement 12 millions de dollars. Par comparaison le Programme alimentaire Mondial donne l'équivalent de 7,9 millions de dollars pour les campements de réfugiés où survivent nos familles. 
Nous, le peuple sahraoui, nous ne sommes pas des mendiants pourtant et nous pourrions vivre en paix sans demander d'aide à personne si nous étions libre sur notre terre."
 

Jaaim est un ancien employé de Phosboucraa. Il a été envoyé vers le Maroc en 2006 en raison des ses activités syndicales.
 

Selon l'Observatoire international des ressources du Sahara Occidental, WSRW, le phosphate extrait de la mine sahraouie de Boucraa par l'OCP marocain représente 200 millions de dollars pour l'année 2016. L'Onu et, en décembre dernier, la cour de justice européenne, ont dit clairement que les phosphates et tout autre ressource du Sahara Occidental, renouvelable ou non, ne sont utilisables qu'à la condition de la consultation et l'accord du peuple sahraoui.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 7 juin 2017


jeudi 18 mai 2017

EM. Le parlement panafricain est au travail, mai 2017

Le Parlement panafricain tient sa 4ème session ordinaire du 8 au 19 mai 2017 à Midrand en Afrique du Sud.
Quelques points et faits marquants sont rapportés ci-dessous.
 

Le 9 mai, la Palestine a présenté une demande officielle au parlement panafricain pour être admise en tant qu'État observateur, devançant ainsi une possible demande similaire d'Israël. Le parlement a accepté le statut de membre observateur de la Palestine le 16 mai 2017.
 

Le 11 mai le président Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a présenté son rapport en réunion plénière. Un paragraphe concernait le Sahara Occidental. Le Président a rappelé que le pays est inscrit sur la liste onusienne des pays non décolonisé depuis 50 ans, et qu'aucune solution n'a été trouvée jusqu’à maintenant. La position de l’Union africaine est claire dans ce cas. Il faut que l’Union africaine intervienne en urgence pour garantir l’expression libre du peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination à travers un référendum. Le président espère que l’admission du Maroc à l’Union africaine permettra l'aboutissement proche à une solution.
Plusieurs députés ont critiqué ce rapport du président du conseil.
Stephens Julius de Tanzanie a déploré que le rapport n’aborde pas les racines du problème, soit l’invasion et l’occupation marocaine, et ce qu'est maintenant le grand défi de la sécurité et la paix dans la région.
Jean Patrick de l'Ile Maurice a souligné que le Maroc doit permettre au peuple Sahraoui d'exercer son droit à l’autodétermination pour maintenir la paix et le stabilité au continent.
Le député du Kenya Keer Oubilio a exprimé son étonnement et questionné la raison pour laquelle le conseil de paix et sécurité n’a pas utilisé la rigueur contre le Maroc. Le problème pour lui ce n’est pas tant un problème de décolonisation que celui d'un pays qui occupe son voisin.

Le 13 mai, Maria Suarez du Mozambique est intervenue dans la réunion plénière sur le sujet « participation des jeunes femmes aux efforts de maintien de la paix et sécurité sur le continent. Elle a souligné dans cette intervention "l’importance de participation des femmes aux mécanismes de paix et sécurité parce que la femme est plus affecté par des phénomènes fabriqués par les êtres humains tels que les guerres les sécheresses, les inondations et les tremblements de terre, et qui exacerbent plus les disparités entre les hommes et les femmes."
Mme Suarez a donné des statistiques qui montrent l’incapacité de nombreuses femmes à avoir les ressources suffisantes pour se protéger elles-mêmes. Cela entraine qu'elles sont, avec les enfants, la majorité des personnes déplacées et réfugiées de plusieurs conflits, elles sont vulnérables et subissent toutes les violences y compris sexuelles.
Mme Suarez a appelé à renforcer les efforts et à ce que les missions de maintien de la paix et l'intégration travaillent dans une perspective d'égalité de genre, de renforcement des capacités, et d’intégration des femmes dans les armées.
 

Le 15 mai, une autre séance en plénière a provoqué des discussions sur la femme et l'éducation. Mm Senia Ahmed Merhba députée sahraouie au parlement panafricain a détaillé l’expérience et le rôle que la femme sahraouie a joué pendant la période de la guerre malgré tous les défis, et dans les camps des réfugies, pour la constitution de la République et son effort particulier pour l'éducation nationale.
Un caucus particulier était dédié aux défis des pays Mauritanie, Sahara Occidental, Algérie, Tunisie et Libye. Les marocains ont assisté à la réunion en observateurs.

Le Maroc, représenté par cinq députés, est en effet présent en qualité d'observateur.
En effet, si le gouvernement a adopté le projet de loi portant approbation du protocole au traité instituant la communauté économique africaine relatif au Parlement panafricain et du protocole relatif au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, le parlement marocain ne s'est pas encore prononcé.
Néanmoins, étant donné les agissements irrespectueux des députés marocains, dont les rumeurs et faits attestent qu'ils ont pour objectif de semer le trouble, d'insulter les spécialistes et de tenter de corrompre les plus tentés, le sérieux de l'engagement du Maroc à participer à l'Union Africaine pour un meilleur avenir du continent est plus qu'hypothétique.

Équipe Média. Midrand. le 17 mai 2017

ACAT. Procès de Gdeim Izik : la défense se retire


ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - Communiqué de presse

Maroc - Procès de Gdeim Izik : la défense se retire du procès, deux avocates françaises expulsées du tribunal

Deux avocates françaises de la défense dans le procès de Gdeim Izik, Maître Olfa Ouled et Maître Ingrid Metton, ont été violemment expulsées de la Cour d’appel de Rabat lundi 16 mai dans l’après-midi.

Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « cet épisode choquant n’est que le climax d’un procès que les magistrats n’essaient même plus de faire passer pour équitable. Entre la comparution de faux témoins, la partialité manifeste de la Cour, les interrogatoires sur la base d’aveux signés sous la torture et la réalisation d’expertises médico-légales truquées pour écarter les allégations de torture des accusés, il ne se trouve plus personne d’un tant soit peu honnête pour louer la qualité de la justice dans ce procès »

Le 16 mai, lassés par de longs mois d’un procès marqué par une iniquité manifeste, les accusés et leurs avocats marocains et Sahraouis ont annoncé leur volonté de ne plus participer à ce qu’ils estiment être un simulacre de procès. Les avocates françaises représentant les accusés ont demandé d’adresser un mot à la cour, comme venaient de le faire leurs confrères, avant de donner leur décision sur leur retrait. Le président a refusé, ordonnant aux avocates de répondre uniquement par oui ou par non. Devant le refus des avocates françaises de répondre de cette manière, le président a annoncé qu’il faisait acter d’office leur retrait et a ordonné leur expulsion de la salle d’audience.

Les avocates françaises ont voulu contester cette décision inique ; les policiers ont saisi Me Olfa Ouled par le bras pour la trainer jusqu’à la porte et ont poussé violemment Me Ingrid Metton jusqu’à la sortie de la salle. Me Ouled souffre d’une élongation et d’un hématome au bras.

Les accusés ont été l’objet de nombreuses atteintes au droit à un procès équitable depuis la première audience du procès en appel, le 26 décembre 2016. Parmi les dernières en date, des témoins de l’accusation apparus mystérieusement sept ans après les faits et qui ont formellement identifié des accusés sur commande dans la salle d’audience après avoir été pourtant incapables de les décrire physiquement lors de leur interrogatoire précédent l’identification. Certains témoins ont assuré avoir vécu une vingtaine de jours dans le camp de Gdeim Izik mais ont été incapables de citer les noms des personnes avec qui ils ont vécu. L’un d’eux a même assuré avoir vu Naâma Asfari dans le camp le 8 novembre 2010, alors que ce dernier avait été arrêté la veille…

En outre, les avocats des accusés ont reçu les rapports d’expertises médico-légales réalisées sur 16 des 24 accusés qui allèguent avoir été torturés pendant leur garde à vue. Ces expertises, prétendument menées conformément aux standards internationaux définis par le Protocole d’Istanbul, ont été analysées par des experts internationaux qui ont relevé des erreurs essentielles flagrantes, entachant totalement la crédibilité et donc la validité desdits rapports.

Pour rappel, les 24 accusés ont été arrêtés, torturés et condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en 2010. Les condamnations ont été prononcées le 16 février 2013 par le tribunal militaire à l’issue d’un procès inique marqué notamment par le refus d’entendre les témoins cités par la défense et d’ordonner une expertise médico-légale concernant les allégations de torture des accusés. Les noms des victimes que les accusés sont présumés avoir tuées n’ont même pas été mentionnés lors du procès. Le 27 juillet 2016, la cour de cassation a cassé le jugement et renvoyé les accusés devant la cour d’appel de Rabat.

Contact presse :
Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr