samedi 2 mai 2015

EM : Territoires occupés, infos diverses, semaine du 28 avril au 2 mai 2015


Est de Smara, 1er mai
L'explosion d'une mine antipersonnel au passage d'une Land-Rover dans la région Skikima à l’est de Essmara, au Sahara Occidental occupé à fait 4 victimes d’une même famille.
L’ambulance de l’hôpital de Smara, administré par les autorités marocaines, a refusé de faire les 2km de pistes séparant la route goudronnée de l’accident. Ce sont donc des Sahraouis qui ont transporté les corps des blessés du lieu de l’accident à l’ambulance, soit une prise en charge médicale 3h après l’explosion.
La mère, Mme Ahjab Ghafiri, dont la jambe avait été arrachée est morte, probablement du fait de l’hémorragie, au moment de l’arrivée dans l’ambulance.
Son mari, Boutomit Ali, son fils Essahel (13 ans) et sa fille  Lala (15 ans) ont été  conduits à l'hôpital provincial de Smara pour des soins d’urgence. Selon les informations recueillies, le jeune garçon est toujours dans un état critique.
Le dernier rapport de l'observatoire des mines de l’ONU estime que  10 millions de mines ont été enterrées au Sahara Occidental par l'armée marocaine des deux côtés du mur, qui est pour les Sahraouis le mur de la honte.

Smara, le 30 avril
Plus de 30 Sahraouis ont manifesté dans le quartier Essoukna pour revendiquer l’indépendance du Sahara Occidental, en solidarité avec deux jeunes Sahraouis arrêtés par la police marocaine lors de la visite de la commission onusienne des Droits de l’Homme dans les territoires occupées.
Lahfoud Karoum est encore dans la prison d’Essmara et l’étudiant Rahmoun Hamdi est en liberté provisoire après sa participation à une manifestation contre les discriminations marocaines contre les Sahraouis et contre la partialité de certains hauts fonctionnaires du HCDH en faveur du Maroc laissant supposer leur corruption.

Dakhla, 1er et 2 mai
Vendredi 1er mai, 400 Sahraouis ont participé à des manifestations  pacifiques dans les quartiers Ksikisat, Oum Tounsi, et Lebichat, pour protester contre la décision du conseil de sécurité qui a ignoré leurs revendications et leurs appels, ceux des gouvernements et associations des doits de l’homme, pour élargir les compétences de la MINURSO à la surveillance des Droits humains.
De nombreux drapeaux de la République Arabe Sahraouie Démocratique étaient visibles dans la manifestation, et les manifestants ont également prononcé des slogans contre le pillage de leurs ressources naturelles.
La police et les blairs (soldats en tenues de police) marocains ont violemment réprimé la manifestation, frappant femmes et hommes. 5 manifestants ont été conduits à la préfecture de police de la ville occupée, interrogés et relâchés le lendemain.

Samedi 2 mai 2015, à 14h, plus de dix véhicules de la police marocaine ont encerclé la maison de Atikou Barai, située dans le quartier El Ghofran, avant s'y introduire de force en cassant la porte. Ils ont arrêté le militant sahraoui, libéré depuis 4 mois, après 4 ans de prison pour sa participation aux manifestations pacifiques de Dakhla en 2011.
Selon notre correspondant à Dakhla, quatre autres activistes sahraouis ont été arrêtés dans la rue dans différents quartiers de la ville. Il s’agit de Mohamed Salem Sidi, Mansour Sbaai, Wanati Rbani et Sid Ahmed Bairouk.
Environ 55 manifestants ont protesté pendant une heure devant la préfecture contre ces arrestations avant d’être dispersés violemment par la police marocaine. À l’heure de la publication de cette information, les militants sont toujours en garde à vue.

À El Aaiun occupée
D’importants convois de renforts sécuritaire et paramilitaires sont arrivés à El Aaiun en provenance des villes marocaines de Casablanca, Marakech et Agadir durant cette dernière semaine comprenant la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU concernant sa mission sur place et son mandat.
Depuis le 28 avril, les observateurs ont pu estimer à plus de 2000 policiers, agents de force auxiliaires, blairs, et les agents du renseignements généraux stationnés autour des rues et ruelles menant à la rue Essmara et au quartier Ma’atala, des endroits traditionnels de manifestation des militants sahraouis.

Conséquence de cette présence répressive, la coordination locale des cadres sahraouis chômeurs et le groupe OCP SKILLS n’ont pas pu célébrer le 1er mai.
Plus de 200 chômeurs sahraouis ont tenté en deux groupe de se rendre rue du 24 février où ils avaient prévu de manifester, à proximité de la banque populaire du centre ville.
Les policiers en uniforme et en civil sont intervenus violemment pour les empêcher de passer et ont confisqué casquettes et gilets.
Cinq chômeurs ont été blessés : mesdames Naya Abali, Oum  La’aid El Ansari, Yehdiha Achmir, et messieurs Mohamed Babait, et Salek El Qadi.

EM, le 3 mai 2015
Sahara Occidental occupé

jeudi 30 avril 2015

ARTE, "La dernière colonie, le peuple oublié du Sahara Occidental"




"Welcome to Camp Smara" : un panneau de tôle rouillée indique l’emplacement d’un camp de réfugiés près de Tindouf, dans l'ouest de l’Algérie. Plus de 100 000 Sahraouis vivent ici dans un dénuement extrême, comme d’autres membres de leur peuple, répartis dans cinq autres camps. Deux tiers d’entre eux ont moins de 25 ans. Certains ont suivi des études supérieures comme Mohamed Sulaiman, qui a pourtant choisi de revenir au camp pour travailler dans l’échoppe de son père, tailleur. Mais les Européens préfèrent fermer les yeux sur ce drame, trop intéressés par les richesses du Sahara occidental intensivement exploitées par le Maroc : côtes poissonneuses ouvertes aux bateaux de pêche de l’UE et gisements de phosphates.
Ce documentaire remarquable capte le quotidien de ces réfugiés qui croupissent aux portes de leur propre pays, tout en retraçant l'histoire doublement coloniale de la guerre larvée que Rabat livre depuis 1975 à leur principal représentant, le Front Polisario. Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est en effet depuis quarante ans une colonie marocaine.
Pourrissement
Ancienne colonie espagnole évacuée par Madrid en 1975, le Sahara occidental (266 000 km²) est alors partagé : deux tiers au nord pour le Maroc et un tiers au sud pour la Mauritanie, au grand dam des populations représentées par le Front Polisario. Créé en 1973, celui-ci proclame l’indépendance de la région. Mais Hassan II envoie des Marocains coloniser ce qu’il considère comme la province méridionale naturelle du royaume, avant de lancer une offensive armée, appuyée par des bombardements massifs, contre les Sahraouis. Nombre d’entre eux fuient vers l’Algérie, et 25 000 personnes périssent au cours de cet exode. En août 1979, le nouveau gouvernement mauritanien cède au Polisario sa partie, mais le Maroc s’empresse de l’occuper. Le Polisario continue de résister, jusqu’à ce que l’ONU négocie un cessez-le-feu en 1991. Bientôt, le Maroc érige un mur pour isoler les Sahraouis sur les 20% du territoire qu’ils contrôlent. La MINURSO (Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental) patrouille depuis dans la zone litigieuse et le référendum est sans cesse repoussé. En mars dernier, l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies est revenu dans les camps de réfugiés pour une mission de bons offices avant une énième réunion du Conseil de sécurité prévue en avril, pour trouver enfin une issue au conflit.

mercredi 8 avril 2015

Le Point Quotidien de france 4, une semaine pour le Sahara Occidental

Le point Quotidien de France 4 a consacré la semaine du 30 mars au 3 avril 2015 au Sahara Occidental...
La problématique, les territoires occupés, les ressources naturelles, les campements de réfugiés, les exilés en France, la prochaine échéance international avec le renouvellement de la Minurso fin avril... Tout y est. (même la pub, et nos excuses donc)

C'était tous les soirs à 20h35. Le lien vers l'émission est la http://www.france4.fr/emission/le-point-quotidien. les rediffusions sont visibles ailleurs maintenant. Voir en dessous !


http://www.vice.com/fr/video/sahara-la-guerre-oubliee-partie-1-181


http://www.vice.com/fr/video/sahara-la-guerre-oubliee-partie-3-685


http://www.vice.com/fr/video/sahara-la-guerre-oubliee-partie-2-105

mardi 31 mars 2015

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine sur le Sahara Occidental


Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), en sa 496ème réunion tenue le 27 mars 2015, a adopté la décision suivante sur la situation au Sahara occidental:

Le Conseil,

1. Prend note du rapport de la Présidente de la Commission sur la situation au Sahara occidental [PSC/PR/2(CDXCVI)], ainsi que de la communication faite par l'Envoyé spécial de la Présidente de la Commission pour le Sahara occidental, l'ancien Président Joaquim Chissano du Mozambique. Le Conseil prend également note des déclarations faites par le Ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), ainsi que par les représentants de la République fédérale du Nigéria, membre africain du Conseil de sécurité des Nations unies, et du Secrétariat des Nations unies ;

2. Rappelle le Plan d'action adopté par la session spéciale de la Conférence de l'Union sur l'examen et le règlement des conflits en Afrique, tenue à Tripoli, en Libye, le 31 août 2009 [SP/Assemblage/PS/PLAN(I)], exprimant son appui aux efforts des Nations unies visant à surmonter l'impasse dans le processus de paix au Sahara occidental et aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui appellent à des négociations directes entre les Parties au conflit, à savoir le Royaume du Maroc et le Front Polisario, sans conditions préalables et de bonne foi, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, dans le contexte d'arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies, et, à cette fin, demandant l'intensification des efforts visant à l'organisation d'un référendum pour permettre au peuple du Territoire de choisir entre l'option de l'indépendance et celle de l'intégration au Royaume du Maroc;

3. Rappelle en outre la décision EX.CL/Dec. 758 (XXII) adoptée par la 22ème session ordinaire du Conseil exécutif, tenue à Addis Abéba les 24 et 25 janvier 2013, demandant à la Commission de prendre toutes les dispositions nécessaires pour l'organisation d'un référendum pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, en application des décisions pertinentes de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et des résolutions des Nations unies, ainsi que la décision EX.CL/Dec. 773 (XXIII) adoptée par la 23ème session ordinaire du Conseil exécutif, tenue à Addis Abéba du 19 au 23 mai 2013, réitérant les décisions et prises de positions antérieures de l'OUA/UA sur la situation au Sahara occidental et demandant à la Présidente de la Commission de continuer ses efforts, y compris par le moyen de nouvelles consultations avec les Parties et la poursuite de l'interaction avec les Nations unies et les autres acteurs internationaux concernés;

4. Rappelle aussi la décision Assembly/AU/Dec.559(XXIV) adoptée par la 24ème session ordinaire de la Conférence de l'Union, tenue à Addis Abéba les 30 et 31 janvier 2015, réitérant l’appel du Conseil de sécurité des Nations unies aux Parties pour qu’elles poursuivent les négociations sans conditions préalables et de bonne foi, exprimant le plein appui de l'UA aux efforts déployés par l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, se félicitant des mesures prises par la Présidente de la Commission dans le cadre du suivi de la décision pertinente du Conseil exécutif et lui demandant de poursuivre ses efforts, afin de mobiliser l'appui nécessaire au processus conduit par les Nations unies;

5. Se félicite des efforts constants du Secrétaire général des Nations unies, ainsi que de ceux de son Envoyé personnel, en vue de la recherche d'une solution dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris les consultations menées par l'Envoyé personnel dans le cadre de sa nouvelle approche, comme indiqué dans le rapport du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara occidental, daté du 10 avril 2014 (S/ 2014/258);

6. Se félicite en outre des mesures prises par la Présidente de la Commission dans la mise en œuvre des décisions pertinentes des instances politiques compétentes de l’UA et en appui aux efforts conduits par les Nations unies, y compris la nomination de l'ancien Président Joaquim Chissano comme Envoyé spécial de l’UA et l'initiative d'interagir avec les Parties au conflit. Le Conseil se déclare satisfait des consultations menées par l'Envoyé spécial avec les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l'Espagne, en tant qu’ancienne puissance occupante, ainsi qu'avec le Secrétariat des Nations unies, et le félicite pour l’engagement avec lequel il s’acquitte de son mandat ;

7. Note avec une profonde préoccupation que quatre décennies après l’éclatement du conflit au Sahara occidental et cinquante ans après la décision de décoloniser le Sahara occidental, tous les efforts visant à trouver une solution ont jusqu'à présent échoué à atteindre les résultats escomptés et que l'impasse actuelle non seulement accroît la tension dans le Territoire, mais aussi sape les efforts visant à promouvoir l'intégration dans la région du Maghreb. En conséquence, le Conseil souligne l'urgence d’efforts renouvelés en vue de sortir de cette impasse. À cet égard, le Conseil :

(i) lance un appel pour une action internationale renforcée et cordonnée en vue de l’organisation rapide d’un référendum pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément aux décisions pertinentes de l’OUA/UA et aux résolutions des Nations unies ;

(ii) exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à prendre toutes les décisions nécessaires pour assurer un progrès dans la recherche d'une solution au conflit du Sahara occidental, reconnaissant son rôle crucial et sa responsabilité principale dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales. À cet égard, le Conseil encourage le Conseil de sécurité des Nations unies, lors de sa réunion sur la question du Sahara occidental prévue en avril 2015, à prêter toute l’attention requise à la recommandation figurant dans le rapport susmentionné du Secrétaire général du 10 avril 2014, en vue d’un examen complet du cadre fixé en avril 2007 pour le processus de négociation, si aucun progrès n’est fait avant avril 2015, étant entendu que cet examen devrait viser à faciliter la tenue rapide d’un référendum pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental;

(iii) renouvelle son soutien aux appels lancés par le Conseil de sécurité des Nations unies pour des négociations directes entre les deux Parties, à savoir le Royaume du Maroc et le Front Polisario, sans conditions préalables et de bonne foi, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, dans le contexte d'arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies; et

(iv) appelle la communauté internationale à apporter son plein appui aux efforts visant à surmonter l'impasse actuelle.

8. Encourage la Présidente de la Commission, notamment à travers son Envoyé spécial et tout autre arrangement approprié, à poursuivre et à intensifier les efforts déjà entrepris dans le cadre du suivi des décisions pertinentes des instances politiques compétentes de l'UA, en particulier le renforcement des contacts avec les Parties, les États voisins et d’autres États membres de l'UA, ainsi qu'avec les Nations unies et d’autres acteurs internationaux, en vue de promouvoir la mise en œuvre effective des décisions pertinentes de l’OUA/UA et des résolutions des Nations unies sur le Sahara occidental, ayant à l’esprit le rôle de l’OUA/UA en tant que Garant du Plan de Paix entériné par la résolution AHG/Res.104 (XIX), adoptée par la 19ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement, tenue à Addis Abeba du 6 au 12 juin 1983, qui a servi de base aux Propositions de règlement d’août 1988 ayant lancé le processus de paix au Sahara occidental. À cet égard, et prenant en compte le fait que le Sahara occidental reste une question pendante dans le parachèvement de la décolonisation de l’Afrique, le Conseil :

(i) décide de réactiver le Comité ad hoc de chefs d’État et de Gouvernement sur le conflit du Sahara occidental, établi conformément à la résolution AHG/Res.92(XIV) adoptée lors de la 15ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de l’ OUA, tenue à Khartoum, au Soudan, du 18 au 22 juillet 1978. Le Conseil décide en outre d’élargir le Comité ad hoc de façon à ce qu’il soit composé de 10 chefs d’Etat et de Gouvernement, à raison de deux pour chacune des cinq régions du continent. Le Conseil demande à la Présidente de la Commission de d’entreprendre d’urgence les consultations requises pour la finalisation de la composition et l’opérationnalisation du Comité ;

(ii) prie la Présidente de la Commission, à travers les canaux appropriés, d’entreprendre une démarche en direction du Conseil de sécurité des Nations unies pour que l’Envoyé spécial de l’UA pour le Sahara occidental ait l’opportunité de s’adresser à la réunion du Conseil de sécurité d’avril 2015 sur le Sahara occidental. Le Conseil demande en outre aux membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies, œuvrant dans le cadre du A3, de soutenir cette requête et d’en faciliter l’aboutissement ;

(iii) décide de mettre en place un Groupe international de contact sur le Sahara occidental (GIC-SO), en vue de maintenir la question sur l’agenda de la communauté internationale et de mobiliser le soutien nécessaire pour le règlement rapide du conflit, et prie la Présidente de la Commission d’entreprendre les consultations requises à cet effet ; et

(iv) décide en outre d’examiner régulièrement, et au moins deux fois l’an, la situation au Sahara occidental sur la base de mises à jour et recommandations faites par la Présidente de la Commission ;

9. Attend avec intérêt le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) à l'expiration, le 30 avril 2015, du mandat actuel, comme décidé par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2152 (2014) du 29 avril 2014. Le Conseil encourage le Conseil de sécurité des Nations unies à prendre les mesures nécessaires pour donner à la MINURSO un mandat en matière de droits de l'homme, compte tenu de la nécessité d'assurer la surveillance durable, indépendante et impartiale des droits de l'homme, tant sur le Territoire que dans les camps de réfugiés. Le Conseil prie le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme de prendre des mesures appropriées à cet égard ;

10. Prie la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) d’entreprendre, aussi rapidement que possible, une mission au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés, pour évaluer la situation des droits de l’homme et faire des recommandations au Conseil, s’appuyant en cela sur les résultats de la visite qu’elle avait effectuée en septembre 2012 dans la région. À cet égard, le Conseil exhorte le Gouvernement du Royaume du Maroc à apporter son entière coopération à la CADHP, en particulier en lui permettant de visiter le Territoire ;

11. Exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à trouver une solution à la question de l'exploitation illégale des ressources naturelles du Territoire, en ayant à l'esprit l'appel lancé par le Secrétaire général des Nations unies, dans son rapport du 10 avril 2014, pour qu’à la lumière de l’intérêt croissant qu’éveillent les ressources naturelles du Sahara occidental, tous les acteurs concernés « reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires, conformément au Chapitre XI, article 73 de la Charte ». À cet égard, le Conseil recommande l’examen d’une stratégie globale de boycott des produits des compagnies impliquées dans l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental, en tant que moyen permettant de renforcer la mobilisation de la communauté internationale sur la situation au Sahara occidental ;

12. Prie la Présidente de la Commission de transmettre le présent communiqué aux Parties, pour leur information et action en tant que de besoin. Le Conseil prie en outre la Présidente de la Commission de transmettre le communiqué au Secrétaire général des Nations unies et de lui demander qu’il soit circulé comme document officiel du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu'à d'autres acteurs internationaux concernés;

13. Décide de rester activement saisi de la question.

mercredi 11 mars 2015

Emissions francophones : Sahara Occidental, Maroc, France, Suisse...

France inter : Comme un bruit qui court, notre voisin le roi" le 7 mars à 16h


lien écoute : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1063689


RTS : "L'implantation du groupe suisse Glencore au Sahara occidental crée le débat"
Glencore a signé son contrat avec le Maroc, alors que la communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté du royaume sur le Sahara occidental.


lien direct vers la vidéo : http://tp.srgssr.ch/p/rts/embed?urn=urn%3Arts%3Avideo%3A6599486
vers l'émission : http://www.rts.ch/play/tv/le-19h30/video/limplantation-du-groupe-suisse-glencore-au-sahara-occidental-cree-le-debat?id=6599486



Le supplément Canal + : "France -Maroc : c'est compliqué"

lien : http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-supplement/pid6586-l-emission.html?vid=1223912#pid6586-l-emission.html?vid=1223912&_suid=1426067723572013078473476246355

mardi 3 mars 2015

EM : Contrôle de police musclé pour 2 journalistes sahraouis à l'aéroport d'El Aaiun



تفتيش عنيف يستهدف صحفيين صحراويين بمطار العيون المحتلة

Mardi 3 mars 2015, les deux journalistes Ahmed Ettanji et Mahfoud Dahou, en partance pour Casablanca par le vol de 18h45 ont subi un contrôle de police musclé et intrusif avant d’être autorisés à entrer dans la salle d’embarquement de l’aéroport de El Aaiun.

Ahmed Ettanji, président de l'Equipe Média et Mahfoud Dahou journaliste de la même organisation sont arrivés ensemble à l’aéroport, Casablanca étant la première escale de leur voyage vers les pays basque espagnols où ils vont participer à un colloque international de solidarité avec le peuple Sahraoui.

Conduits l’un après l’autre dans une salle spéciale après avoir présentés leur passeports, les journalistes ont été interrogés par une équipe de police dirigées par le Pacha Brahim Ben Brahim.

Le Pacha lui-même a demandé les détails du programme des journalistes, distribuant insultes, gifles et crachats selon les réponses. Il a insisté violement  sur l’inexistence du peuple sahraoui, et interrogé sur l’objectif pour l’Equipe Média de publier des informations en arabe et dans d’autres langues européennes.

Les officiers des RG et DST présents pour l’interrogatoire ont eux frappé les journalistes à coups de poids et pieds.

Le pacha et les officiers ont menacé nos confrères de représailles dès leurs retours à El Aaiun après leur conférence.

Sans lien avec les journalistes, Nhbouha Boutngiza, une jeune activiste membre de comité des mères des 15 portés disparus sahraouis, partant pour Acra au Ghana, et avec la même escale à Casablanca, a été interpelée par les mêmes officiers  lors de sa présentation au contrôle pour l’enregistrement. Ils l'ont interrogé sur sa destination, et sachant qu’elle allait participer à un colloque sur la résistance sahraouie,  lui ont confisqué des clés usb et des documents. Elle a protesté vivement mais elle a été forcée de quitter le bureau  dans ses biens.

Equipe Média, El Aaiun occupée
Le 3 mars 2015


تفتيش عنيف يستهدف صحفيين صحراويين بمطار العيون المحتلة

الثلاثاء 3 اذار مارس 2015 ، وخلال رحلتهما المتوجهة الى الدار البيضاء الساعة السادسة و 45 دقيقة مساءا تعرض الصحفيان الصحراويان احمد الطنجي والمحفوظ دحو الى تفتيش بوليسي عنيف ويمس حياتهما الشخصية قبل ان يسمح لهما بدخول قاعة الاركاب بمطار العيون المحتلة .
احمد الطنجي هو رئيس الفريق الاعلامي و محفوظ دحو صحفي ضمن نفس المنظمة وصلا معا الى مطار الدار البيضاء في محطة اولى من رحلة تقودهما الى بلاد الباسك حيث سيشاركان في ندوة دولية للتضامن مع الشعب الصحراوي.
تم اقتياد واحد وراء الاخر الى قاعة خاصة بعد ان قدما جوازي سفرهما ، خضع الصحفيان الى استنطاق من طرف فريق من الشرطة يقوده باشا المدينة المدعو ابراهيم بنبراهيم .
الباشا نفسه طلب من الصحفيين مده بتفاصيل برنامجهما موجها شتائمه ، صفع 
الاثنين وبصق في وجهيهما بحسب اجاباتهم . اصر وبشكل عنيف على عدم وجود الشعب الصحراوي وتوجه بالسؤال حول اهداف الفريق الاعلامي "ايكيب ميديا" من بث نشراته لغات اوربية عدا العربية .
قام ضباط الاستعلامات العامة و ما يسمى بالمديرية العامة لمراقبة التراب الوطني الذين حضروا عملية الاستنطاق بتوجيه لكمات و ركلات للصحفيين .
ووجه الباشا وأولئك  الضباط تهديدا لزميلينا بالانتقام منهما لدى عودتهما الى العيون عقب مشاركتهما في المؤتمر .
بعيدا عن ما تعرض له الصحفيان ، نحبوها بوتنكيزة ناشطة شابة عضو في لجنة امهات المختطفين الصحراويين الخمسة عشر كانت متوجهة الى أكرا بغانا وستتوقف في رحلتها هي الاخرى بالدار البيضاء تعرضت للاستنطاق من طرف نفس العناصر لدى وصولها الى محطة تسجيل المسافرين ، تم استفسارها عن وجهتها وبعد التاكد من انها ستشارك في ندوة دولية حول المقاومة الصحراوية قاموا بمصادرة مفاتيح تخزين معلومات ووثائق ، وعلى الرغم من احتجاجها فانها ارغمت بالقوة على مغادرة المكتب و ترك حاجياتها .

الفريق الاعلامي الصحراوي " ايكيب ميديا" العيون المحتلة
في 03 اذار مارس 2015

http://www.emsahara.com/article747.html

mardi 24 février 2015

Corell : La responsabilité du Conseil de Sécurité des Nations Unies dans l'affaire du Sahara Occidental


The Responsibility of the UN Security Council in the Case of Western Sahara
Hans Corell, VO ici. Traduction en Français non officielle.

Par: Hans Corell, ancien sous-secrétaire général adjoint aux affaires juridiques et Conseiller juridique des Nations Unies

À la demande du Conseil de sécurité des Nations Unies, j’ai produit le 29 janvier 2002 un avis juridique au Conseil relatif au Sahara Occidental. Je l’ai fait en ma qualité de Conseiller juridique de l'ONU de l'époque. L'avis concerne la légalité dans le contexte du droit international des mesures prises par les autorités marocaines concernant l'offre et la signature de contrats avec des sociétés étrangères pour l'exploration des ressources minérales au Sahara Occidental. Ma conclusion était que, si des activités d'exploration et d'exploitation devaient être entreprises au mépris des intérêts et des souhaits du peuple du Sahara Occidental, elles le seraient en violation des principes du droit international applicables aux activités sur les ressources minérales dans les Territoires non autonomes.

C’était il y a 13 ans. Depuis, j’ai suivi à distance l’évolution au Sahara Occidental, notamment en raison de l’accord de pêche conclu entre l'Union européenne (UE) et le Maroc en 2007 et des protocoles de cet accord. À mon avis cet accord n’est pas conforme au droit international dans la mesure où il concerne le Sahara Occidental.

Début décembre 2014, j’ai été invité à participer à un atelier international sur « L'approche de l'Union européenne envers le Sahara Occidental », organisé par l'Université de Bologne dans le cadre de la présidence italienne de l'Union Européenne. Cela m'a fait à nouveau me pencher de plus près sur la situation dans la région. Je me suis concentré en particulier sur la question de savoir si la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO), le Secrétaire général et son Envoyé personnel, l'ambassadeur Christopher Ross, avait fait un quelconque progrès vers une solution à la situation au Sahara Occidental. Dans ce contexte j’ai noté le conflit évident entre la dernière résolution du Conseil de Sécurité sur le Sahara Occidental et l'attitude affichée dans un discours à la nation prononcé le 6 novembre 2014 par le roi Mohammed VI du Maroc. Cela m'a fait réaliser que la situation était très préoccupante.

Dans cette résolution (S/RES/2152/2014 du 29 avril 2014) le Conseil de sécurité "demande aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, - - - en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et prend note du rôle et des responsabilités des parties à cet égard".

Dans son discours, le roi dit que la nation «célèbre fièrement le trente-neuvième anniversaire de la Marche verte". [Note de la rédaction: La Marche verte a été "en novembre 1975, une manifestation stratégique de masse coordonnée par le gouvernement marocain, pour forcer l'Espagne à remettre au Maroc la Province contestée du Sahara, province espagnole autonome et semi métropolitaine."]. Le problème est que cet événement était probablement une violation de l'article 49 de la Quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de déporter ou transférer des parties de sa propre population civile dans le territoire qu'elle occupe. La citation suivante du discours doit être soulignée en particulier :
« Je dis Non à la tentative visant à modifier la nature de ce conflit régional en le présentant comme une affaire de décolonisation. En effet, le Maroc dans son Sahara, n’a jamais été une puissance d’occupation ou une puissance administrante. Il exerce plutôt les attributs de sa souveraineté sur sa terre »

Il est évident que ce discours est totalement incompatible avec la résolution du Conseil. Il contredit clairement l'avis consultatif de 1975 de la Cour internationale de Justice dans l'affaire du Sahara Occidental (Sahara Occidental, avis consultatif, rapport CIJ 1975, p. 12) dans laquelle la Cour n’a pas constaté l’existence de liens juridiques de nature à modifier l’application de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale de Nations Unies quant à la décolonisation du Sahara Occidental et en particulier l’application du principe d’autodétermination grâce à l’expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire.

Cela ramène au premier plan la question de l’attitude à adopter maintenant par le Conseil de sécurité face à la situation au Sahara Occidental.

En ce qui concerne les ressources naturelles du Sahara Occidental, le Conseil ne peut tout simplement pas laisser perdurer la situation actuelle. En effet, l'accord de pêche entre l'UE et le Maroc est une question très grave, puisqu’il ne contient pas un mot - en dehors de l’énigmatique "souveraineté ou juridiction" de l'article 2 (a) - sur le fait que «la juridiction» du Maroc dans les eaux du Sahara Occidental est limitée par les règles internationales sur l'autodétermination. À la place, l'accord et ses protocoles sont remplis de références aux "zones de pêche marocaines".

Pour être légal, un accord de cette nature devrait contenir une référence explicite à la zone de pêche au large des côtes du Sahara Occidental, définie par des coordonnées. Le régime de délivrance des permis de pêche dans cette zone devrait être complètement séparé du régime qui s’applique dans la zone de pêche marocaine. En outre, les revenus générés par les permis de la zone du Sahara Occidental devraient être versés non pas au trésor public du Maroc ou équivalent, mais sur un compte séparé qui peut être vérifié indépendamment par des représentants du peuple du Sahara Occidental afin qu'ils puissent s’assurer que les revenus sont utilisés uniquement en conformité avec les besoins et les intérêts de leur peuple.

Dans ce contexte, le Conseil doit examiner la légalité de l'accord de pêche UE-Maroc. La façon appropriée pour recevoir une réponse qui fait autorité à cette question est pour le Conseil de demander à la Cour internationale de Justice de donner un avis consultatif sur la question conformément à l'article 96 de la Charte des Nations Unies. Si le Conseil est incapable de s’unir derrière une telle action, l'Assemblée générale pourrait prendre l'initiative.

Ce qui est dit à propos de la pêche s’applique également à d'autres ressources naturelles au Sahara Occidental, tels que les phosphates, le pétrole ou le gaz, ou d'autres ressources, qu'elles soient renouvelables ou non renouvelables. Ainsi, le Conseil de sécurité doit adopter une résolution fixant clairement les conditions de l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental qui respectent les résolutions de l'Assemblée Générale adoptées au point de l'ordre du jour «Application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux » et d'autres résolutions pertinentes traitant des activités étrangères économiques et autres qui entravent la mise en œuvre de cette Déclaration.
                         
Le dernier événement en matière de ressources naturelles est un contrat entre le Maroc et deux sociétés, Kosmos et Glencore, relatif à l'exploration et l'exploitation pétrolières dans la région de Cap Boujdour au large des côtes du Sahara Occidental. Je peux lire sur le web que les deux compagnies soutiennent que ces contrats sont en conformité avec mon avis juridique de 2002. Hélas, il n’en est rien. Signer un accord dans lequel le Maroc nomme le Sahara Occidental "les provinces du sud du Royaume du Maroc" est en soit en contradiction avec la responsabilité sociale des entreprises et les principes protéger, respecter et réparer.

Dans son dernier rapport sur la situation concernant le Sahara Occidental, en date du 10 avril 2014, le Secrétaire Général fait observer que, « Le Sahara occidental figurant dans la liste des territoires non autonomes depuis 1963, les efforts entrepris par l’ONU grâce à mon Envoyé personnel, à mon Représentant spécial et à la MINURSO resteront extrêmement utiles jusqu’à l’instauration du statut définitif ». « Si, malgré cela, il n’y a aucun progrès avant avril 2015, le moment sera venu d’inviter les membres du Conseil à examiner complètement le cadre qu’il a fixé en avril 2007 pour le processus de négociation. »

La question est donc de savoir comment le Conseil doit maintenant aborder la question principale, soit la question de permettre l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental. Ce processus dure maintenant depuis des décennies, et il est évident que la négociation actuelle est devenue une mascarade qui touche à sa fin. Comment cela doit être mis en place est une question politique que le Conseil doit tout simplement traiter. De toute façon, toute solution doit être en conformité avec le droit international. Dans ce processus, le Conseil doit maintenant examiner des options plus radicales que celles appliquées précédemment, parmi elles les trois suivantes.

Une option, transformer la MINURSO en une opération similaire à l'Administration Transitoire des Nations Unies au Timor Oriental (ATNUTO), qui a été dotée de la responsabilité globale de l'administration du Timor Oriental et habilitée à exercer tous les pouvoirs législatif et exécutif, y compris l'administration de la justice.

Une autre option, commander à l'Espagne de reprendre sa responsabilité en tant que Puissance administrante au Sahara Occidental, une responsabilité que l'Espagne a abandonné en février 1976. Dans l'article 73 de la Charte des Nations Unies, cette responsabilité, qui englobe le développement de l'autonomie, est considérée comme une «mission sacrée». Précisément parce que l'Espagne a abandonné cette «mission sacrée» cette option, bien que légale, pourrait n’être pas recommandable. S’ajoute un autre dilemme au contexte, c’est que l'Espagne est maintenant un membre du Conseil.

Le problème avec ces deux options est qu'elles nécessitent l'organisation d'un référendum dans lequel le peuple du Sahara Occidental peut exercer son droit à l'autodétermination. Cela signifie que le processus d'identification qui a été un problème constant au cours des années restera une complication majeure.

Compte tenu du fait que la question du Sahara Occidental est à l'ordre du jour des Nations Unies pour les quatre décennies, la solution peut être une troisième option plus radicale, à savoir que le Conseil de Sécurité reconnaisse le Sahara Occidental en tant qu'État souverain. Cette option serait acceptable d'un point de vue juridique. Elle ne priverait pas le peuple du Sahara Occidental de chercher une autre solution à son autodétermination à l'avenir, s’il le souhaite.

Cependant, d'un point de vue de la sécurité, cette option comporte plusieurs problèmes qui doivent être abordés. Tout d'abord, elle nécessite un effort majeur pour soutenir le renforcement des capacités d'autonomie gouvernementale. Sinon, l'option peut aboutir à la création d'un État défaillant, ce qui entraînerait de risques graves, notamment compte tenu de la situation de sécurité dans certains pays voisins de la région. Une solution pourrait être alors que le Conseil donne effet à sa décision à une date de peut-être cinq années après, tout en confiant à la MINURSO un mandat similaire à celui donné à l'ATNUTO.

En faisant ces suggestions, je dois souligner que j’agis à titre personnel seulement et en toute neutralité (voir la citation ci-dessous). Je n’ai de contacts avec aucun des côtés du conflit. Comme je l'ai dit lors d'une conférence à Pretoria en 2008 sur la légalité de l'exploration et de l'exploitation des ressources naturelles au Sahara Occidental, organisée par le Ministère des Affaires étrangères et l'Université de Pretoria, je n’ai d’autre intérêt dans cette affaire que celui de l’État de droit, et que les États membres des Nations Unies respectent les règles que l'Organisation a elle-même établies. Les suggestions sont basées sur mes nombreuses années d’expériences en tant que juge et conseiller juridique dans mon pays (Suède) et plus tard pendant dix ans comme conseiller juridique de l'ONU. Ils constituent simplement une expression de mon parti pris pour le droit au meilleur de ma compréhension.

Ceux qui servent aujourd'hui les Nations Unies devraient garder à l'esprit la règle fixée par le Secrétaire général des Nations Unies Dag Hammarskjöld. Dans son célèbre discours d'Oxford en 1961, où il analyse les fonctions d'un fonctionnaire international, il fait référence aux règles que les juges doivent appliquer, puis continue :
"Si le fonctionnaire international se sait libre de telles influences personnelles dans ses actions et qu’il est guidé uniquement par des objectifs communs et des règles fixées pour et par l'Organisation qu'il sert et par les principes de droit reconnus, alors il a accompli son devoir et il peut faire face à la critique qui, malgré tout, sera inévitable. Comme je l'ai dit, il s’agit finalement d’une question d'intégrité, et si l'intégrité dans le sens du respect du droit et du respect de la vérité doit l’amener dans une situation de conflit avec tel ou tel intérêt, alors ce conflit est un signe de sa neutralité et non de son échec à observer la neutralité, c’est en conformité et non pas en conflit avec ses devoirs de fonctionnaire international."

La raison pour laquelle je soulève maintenant la question du Sahara Occidental est que la situation est telle que le Conseil de sécurité risque de devenir inefficace dans l'accomplissement de son mandat. En vertu de la Charte des Nations Unies, le Conseil a l'obligation légale de prendre des mesures dans des situations comme la présente. Cette obligation découle de l'article 24 - la disposition dans laquelle le Conseil est chargé de la responsabilité principale du maintien de la paix et la sécurité internationales.

Il y a eu dans le passé, de graves lacunes à ce sujet, dont les cas où les membres permanents du Conseil ont même violé la Charte des Nations Unies. L'Ukraine est le dernier exemple . Cette incapacité à respecter et à défendre la primauté du droit au niveau international doit simplement cesser. L'autorité des Nations Unies doit être soutenue, et le Conseil doit être le guide. Il est donc impératif que le Conseil, dans le traitement de la question du Sahara Occidental, agisse maintenant avec autorité, détermination et en conséquence, en conformité avec le droit.