mardi 14 juin 2016

EM : Le chantier polonais d’étude sismique est en panne au Sahara occupé

Les activités ne se déroulent pas simplement sur le chantier polonais de l’entreprise Geofizyka-kraków qui entreprend des études sismiques en soutien à la prospection pétrolière du colonisateur marocain au Sahara Occidental.

En droit international, les études de cette entreprise sont illégales sur le territoire sahraoui. S’ajoute à cela que les conditions de travail imposées aux travailleurs locaux sont sujettes à protestation. (Voir article EM : Une compagnie polonaise hors-la-loi au Sahara Occidental)

Le 26 mai, les 50 employés Sahraouis et Marocains chargés du nettoyage et du marquage du terrain avant le passage des camions de l’étude sismique se sont mis en grève pour protester contre leurs conditions de travail, durée et salaire et contre la nouvelle cadence demandée de 9 km par jour, contre 4 Km précédemment.

Le 30 mai 2016, les 51 chauffeurs ont arrêté leurs travaux en signe de protestation. Ils revendiquaient de signer des contrats en bonne et due forme.
La société a totalement rejeté toutes les demandes sans accepter de dialogue et devant la détermination des nettoyeurs et chauffeurs, la réponse a été radicale.

Le 4 juin, des véhicules, chars de la gendarmerie et l’armée ont encerclé le quartier de préfabriqué de l’entreprise polonaise à Boucraa et obligé les nettoyeurs et chauffeurs à partir immédiatement.

Depuis les chauffeurs des grands camions, des Marocains, ont été déménagés dans des maisons appartenant à l’OCP dans la ville de Boucraa. Les polonais, les militaires et 6 cuisiniers logent au quartier de préfabriqués.

Conséquence de l’expulsion de la centaine de chauffeurs et nettoyeurs, 10 cuisiniers et les 2 aides ont aussi été expulsés. Ils n’étaient pas en grève.

Pour rappel :
Les 51 chauffeurs sahraouis étaient embauchés sans contrat par Logisteam pour 3 mois, chauffeurs selon une prestation 4X4 avec chauffeur, ils devaient être payés 13000 dh soit 10000 dh pour le véhicule et 3000dh pour le chauffeur.
Les 50 nettoyeurs, soit 20 sahraouis et 30 marocains, étaient sous contrats avec Afrique Partenariat pour 3 mois, pour 12h de travail quotidien, sans repos hebdomadaire, payés 3000 dh (235 euros) par mois.

Les nettoyeurs ont été payés 100dh (8,5 euros) par jours de travail effectifs.

Aux dernières nouvelles, il n’y a pas eu de nouvelles embauches. Le chantier est donc paralysé depuis le 26 mai.

Selon une information relayée par WSRW, l’Observatoire international des ressources naturelles du Sahara Occidental, l’entreprise Geofizyka-kraków a fait faillite le 6 juin et son repreneur n’a pas l’intention pas poursuivre la politique de fonctionnement notamment à l’international. Les conséquences sur les chantiers engagés ne sont pas encore connue.

L’Équipe Média suit les déroulements et ne manquera pas d’en informer ses lecteurs.

Équipe Média, El Aaiun Sahara Occidental occupé
Le 14 juin 2016

vendredi 10 juin 2016

Parution de "Generacion de la amistad", L'Atelier du tilde

http://www.atelier-du-tilde.org/
L'Atelier du tilde vient d'éditer : Generacion de la amistad, la toute première anthologie bilingue espagnol-français de poésie sahraouie contemporaine réunissant les voix de huit grands poètes.

A travers une sélection de leurs plus beaux poèmes, cet ouvrage raconte l'exil du peuple sahraoui dans les camps de réfugiés de Tindouf en Algérie, mais aussi l'exil à Cuba, terre d’accueil pour des milliers d'enfants du désert ; sans oublier la beauté des dunes du Sahara, et bien d'autres thèmes qui leur sont chers.

Un ouvrage qui peint avec beaucoup de beauté et de force le Sahara Occidental et les luttes de tout un peuple.

mardi 7 juin 2016

EM. Une compagnie polonaise hors-la-loi au Sahara Occidental


Depuis le 15 février 2016, la compagnie Polonaise Geofizyka-Kraków est au Sahara Occidental occupé. L’entreprise annonce sur son site web qu’elle mène ses activités au Maroc en contrat avec l’ONHYM, Office national des hydrocarbures et des mines de l’État marocain.

En recoupant nos sources, la zone concernée par les activités de l’entreprise polonaise d’enquête sismique est une vaste zone dont la diagonale serait l’axe Boucraa - Bougdour. Cette zone, entre les villes de Semara. El Aaiun, Boujdour. et Gueltat Zemmour, est au Sahara Occidental, et non au Maroc.

Les activités sur les ressources naturelles dans le Sahara Occidental, dit territoire non autonome par l’ONU, sont conditionnées en droit international à la volonté du peuple sahraoui, - donc sa consultation et son accord -, et à son bénéfice. Il n’en est rien dans le cas présent, et cela rend illégale la présence de l’entreprise polonaise.

Selon nos recherches, les activités correspondent à l’appel d'offres ouvert sur offres de prix n°26/2015 du 30/07/2015, « prestations d'acquisition et de traitement des données sismiques 2D (zone de Lemsid) », proposé par l’ONHYM pour le gouvernement marocain, qui occupe militairement la partie ouest de notre pays. Voir le document de l’appel d’offre ici. http://ao.onhym.com/Documents/AO%2026-2015%20-%20CPS%20SIGNE.pdf

La recherche sismique est prévue en 7 lignes quadrillant la zone, soit un total selon l’appel d’offre de 950km d’étude sismique, que l’entreprise à 330 jours pour réaliser.
La première des lignes à être étudiée va de Kdayyat Essba’a vers Lmsyed près de la cote atlantique, au nord de Boujdour, soit environ 200km. La 2ème va de Lemsyed vers Lgelta.

Les opérations de préparation du terrain et de repérage ont donc commencé le 15 février, après une semaine de rapide vérification par l’armée marocaine des risques liés aux mines terrestres et autres restes de guerre. Après la période des tests, l’étude sismique a officiellement commencé le 17 mai.

Sur place sont présentes près de cent personnes, des employés polonais, et marocains de l’entreprise, des Sahraouis et Marocains en contrat de sous-traitance pour des tâches subalternes, et l’armée marocaine. Il semble que l’Onhym soit l’intermédiaire entre ces différentes entités.

Au niveau matériel mobile, il y a 7 grands camions blancs d’études sismiques (camion vibrateur sismique) sans immatriculation, 2  camions orange, l'un de maintenance des camions blancs et l’autre dit « le labo » de réception des données vibrationnelles, et 52 véhicules 4x4.

A Boucraa, la société polonaise a installé, avec l'aide de l'armée marocaine, un quartier de 10 bungalows préfabriqués destiné à loger dans un premier temps les chauffeurs et les employés nettoyeurs, Sahraouis et Marocains. Chaque préfabriqué doit servir pour 10 personnes. Une cuisine, avec une salle de restauration, gérée par une équipe de cuisiniers et aides assure l’intendance de toute l’équipe.
C’est dans ce quartier que sont garés les véhicules de transport et d’étude de l’entreprise, et qu'est stocké le matériel.
Le quartier est entouré d’un mur de sable puis d’un grillage.

Les employés polonais et marocains, dans un premier temps logés dans des maisons luxueuses appartenant à l’OCP (office chérifien des phosphates) dans la ville de Boucraa ont rejoint le reste du groupe dans le quartier préfabriqué le 22 mai 2016, ainsi que le bataillon de FAR chargé de leur sécurité.

L’organisation de l’étude sismique
Le groupe chargé du nettoyage du terrain doit enlever à la main toutes les pierres présentes sur le tracé de l’étude sismique sur une largeur de 6 mètres, ensuite marquer le terrain à l’aide de sac de sable, et fixer au sol les géophones reliés avec des câbles, soit pas loin de 300 géophones par jour. Ce sont les topographes qui identifient les endroits précis ou sont posés les sacs et installés les géophones.

Cette équipe devait initialement sous le contrôle de chefs marocains nettoyer et marquer 3 à 4 kilomètres par jour. Une récente demande de l’entreprise polonaise que cette charge passe à 9 km par jour dans les mêmes conditions (nombre de personnes, salaires…)  a déclenché des réactions et des mouvements de grève, quand les conditions de travail n’étaient déjà pas satisfaisantes. Cela fera l’objet d’une information plus précise ultérieurement.

Depuis le 17 mai, viennent ensuite 3 des 7 camions blancs, qui se déplacent doucement vers les places identifiées, démarrent en même temps tous ensemble et avancent à une allure de 5 km/h pour entreprendre les relevés sismiques qui seront étudiés ensuite.

L’équipe de travail au 30 mai 2016*
51 Sahraouis sont embauchés sans contrat par Logisteam pour 3 mois, chauffeurs des différents personnels, selon une prestation 4X4 avec chauffeur, payé 13000 dh soit 10000 dh pour le véhicule et 3000dh pour le chauffeur. Ils travaillent 12h par jour sans repos hebdomadaire. La maintenance des véhicules et le gasoil sont à la charge de la société polonaise.
Un chauffeur marocain dans le même groupe est venu de Casablanca avec un véhicule 4x4 de location immatriculé dans cette même ville. Ses conditions de travail et employeur ne sont pas connus de nos sources.

6 chauffeurs marocains conduisent les camions blancs et orange. Ils ont signé des contrats avec Logisteam et ne bénéficient pas des repos hebdomadaire.

50 hommes, soit 20 Sahraouis et 30 Marocains, embauchés pour nettoyer et baliser le terrain sont sous contrats avec Afrique Partenariat pour 3 mois, pour 12h de travail quotidien, sans repos hebdomadaire, payés 3000 dh (235 euros) par mois. Ils sont logés sur la base et nourris.

6 topographes marocains, employeur et contrat inconnu de nous à ce jour, travaillent 12h chaque jour sans repos hebdomadaire. Ils sont logés et nourris au camp.

20 Polonais, soit un directeur de projet, 2 chargés finances et caisse, et 17 ingénieurs sont logés nourris sur la base et n’ont pas de repos hebdomadaire.

16 cuisiniers marocains travaillent 12h par jour sans repos hebdomadaire et logent à la base préfabriquée. Employeur et salaires inconnus de nos sources.

2 aides-cuisine sahraouis, en contrat avec Afrique partenariat, travaillent à la base préfabriquée 12 heures par jour, sans repos hebdomadaire, pour un salaire mensuel de 3000 dh/mois, logement au camp.

Pour l’entreprise Logisteam, les recrutements ont été assurés sur place par le codirigeant de l’entreprise, Yahdih Sidi Youssef, un entrepreneur  sahraoui expérimenté dans le secteur étude sismique depuis qu’il a travaillé avec des compagnies de prospection pétrolière sur la zone Zag au sud du Maroc. Le siège de l’entreprise Logisteam est à Casablanca.

L’armée d’occupation
L’armée marocaine sur place compte deux bataillons de 10 personnes.
L’un sous le commandement d’un adjudant est chargé des Polonais. Les soldats chacun avec son fusil M-16 se déplacent avec les Polonais seul ou en groupe pour assurer leur sécurité. Ils logent et sont nourris dans le quartier de préfabriqués de l’entreprise.
L’autre groupe des FAR, indépendant, commandé par le capitaine Cotto est un groupe spécialisé en déminage. Ils sont chargés de décontaminer les 7 lignes définies pour l’étude sismique. Ils logent et sont nourris dans un camp à quelques km de Boukraa. Selon nos sources, leur travail est attaché au gouvernement marocain et non avec la société polonaise. Selon des témoins ils sont équipés de matériel détecteur de métaux de  type « poêle à frire ».

Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 6 juin 2016

*  Voir l’information complémentaire à paraître à propos des grèves et leurs conséquences.




mercredi 11 mai 2016

Foot Solidaire, Tournoi à Ivry-sur-Seine, le 21 mai

Avec la bienveillance de Philippe Bouyssou, Maire d'Ivry-sur-Seine, de Séverine Peter, Adjointe au maire en charge des Relations internationales, de la municipalité
Tournoi de football solidaire en soutien au Sahara Occidental
Samedi 21 mai 2016 
de 12h30 à 19h30
Stade Gournay à Ivry-sur-Seine

Avec les équipes du Casc Ivry, de l’étoile Rouge, de l’USI Spartak Voltaire, sportive des Sahraouis en France, Sahara Occidental, d’ensemble pour l’avenir et de Cape sur Ivry.
Stade Gournay
183, boulevard de Stalingrad
94200 Ivry-sur-Seine
• 15 h 30 : coup d’envoi de la finale
• 17 h 30 : remise des médailles et pot d’honneur.



lundi 18 avril 2016

EM : Un mur autour d’El Aaiun occupée, protection ou agression


Du 17 mars au 13 avril, une entreprise marocaine inféodée aux autorités d’occupation a construit un mur de 4 km à 500 mètres le long du quartier du 25 mars, dans la banlieue est de la ville de El Aaiun, au Sahara Occidental occupé. Selon les informations recueillies par l’Equipe Média, cette portion est la première tranche d’un mur destiné à entourer toute la ville, soit de 20 à 25 km de long.

Le mur de 1,70 m de hauteur et de 2 mètres de largeur va de la bande de l’Oued Essaguia jusqu’au check point établi sur la route entre El Aaiun et Essmara occupée. Il a été construit en sable et roches par la société Omar Sbayou, qui a mobilisé pour le chantier 60 ouvriers, 4 bulldozers Poclain et 6 camions.
Le responsable Omar Sbayou est un ancien élément de l’armée marocaine chargé des arrestations de civils sahraouis, devenu un homme d’affaires très riche au Sahara Occidental. Ses ouvriers sont des colons marocains.

Les terres sur lesquelles passe le mur appartiennent à la commune. Les autorités d’occupation ont décidé de la construction du mur sans aucune consultation avec le peuple sahraoui, le propriétaire légitime de la terre. Aucun affichage n’est disponible au public à la willaya, pas plus qu’il n’y a d’information dans les média autorisés par le colonisateur. Sous couvert d’anonymat, quelques journalistes sahraouis reconnus par les autorités d’occupation ont admis avoir l’information, mais avoir reçu l’interdiction de la Wilaya d’en faire écho.

Le mur a des conséquences sur la libre circulation des citoyens sahraouis et sujets marocains, mais va surtout entraver le passage des familles de bédouins sahraouis avec leurs troupeaux.

C’est un mur similaire que l’armée marocaine avait construit autour du camp de protestation de Gdaim Izik en 2010, pour pouvoir contrôler les 20 mille Sahraouis déplacés là en signe de protestation contre leurs médiocres conditions de vie.

En 1975 et les années suivantes, après l’invasion et l’occupation militaire d’une partie du Sahara Occidental par le Maroc, celui-ci avait construit des murs autour de toutes les villes du Sahara Occidental pour empêcher les citoyens sahraouis de fuir vers les camps des réfugiés mais aussi pour protéger ses colons et ses intérêts au sein des villes occupées. Ces murs n’avaient plus été entretenus après la construction en dur des quartiers périphériques par des colons marocains et avaient progressivement été détruits par le vent.

Ce mur construit dans un contexte international particulier soulève l’inquiétude chez de nombreux sahraouis. Après l’annulation par la Cour européenne de justice en décembre 2015 de l’accord agricole de libre échange UE-Maroc du fait de son application sur les terres occupées, et la rupture des relations diplomatiques entre ces deux protagonistes, puis la visite du Secrétaire Général de l’ONU dans les campements et sa conséquence l’expulsion par le Maroc des agents onusiens de maintien de la paix en territoire occupé, l’isolement de la région laisse craindre la multiplication de violence à huis clos.

Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 18 avril 2016

mercredi 30 mars 2016

1976-2016, 40 années d'exil, 40 années d'occupation

1976-2016, 40 années d'exil, 40 années d'occupation
«Sahara Occidental, dernière colonie d’Afrique, urgence Référendum ! »
Les Sahraouis doivent enfin pouvoir exercer leur droit à l’autodétermination.
C’est le sens de l’appel de la pétition internationale lancée depuis le 1er janvier 2016, appel que vous trouverez sur http://www.westernsahara-referendum.org/?section=2&lang=fr

Sachez que depuis le 1er mars, 13 des 21 prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, incarcérés dans la prison militaire Rabat-Salé sont en grève de la faim illimitée ; ils se sont engagés dans cette action au nom de tout le groupe qui comporte des prisonniers malades ou très affaiblis par la détention et les mauvais traitements depuis novembre 2010 ou avant. La situation des grévistes se détériore chaque jour. Ils ne bénéficient d’aucun suivi médical ou sanitaire, bien que requis par le droit international.

Ces prisonniers politiques sahraouis demandent :
- leur transfert à la prison d’El Aaiun, à proximité de leurs familles dont ils sont éloignés de plus de 1200 km depuis plus de 5 ans ;
- l’annulation du jugement du tribunal militaire de Rabat de février 2013, qui les a condamnés, eux qui étaient tous des civils, a des peines extrêmement lourdes (de 20 ans à perpétuité), sur la seule base d’aveux obtenus par la police ; leurs allégations d’avoir été soumis à des actes de torture pour obtenir ces aveux n’ont fait l’objet d’aucune enquête par les magistrats du tribunal militaire ;
- leur libération immédiate suivant cette annulation ;
- un nouveau procès devant un tribunal civil, si besoin est.

Les autorités marocaines n’ont pas encore bougé à ce jour ni répondu à ces demandes.

Par contre, elles viennent de prendre la décision de réduire leur participation au fonctionnement de la Minurso, mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental. Cette mission onusienne créée en 1991 est la seule mission de l'ONU au monde qui n’est toujours pas autorisée à contrôler le respect des droits de l’homme et à enquêter sur leurs violations dans ce « territoire non-autonome », malgré les demandes régulières des Sahraouis, les appuis de diverses organisation non gouvernementales et de nombreux pays, y compris le Parlement européen en décembre dernier favorable à cet élargissement.

Cette décision marocaine est probablement destinée à faire pression sur le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon - dont le mandat finit cette année -, avant la remise du rapport annuel de son envoyé spécial, Christopher Ross, aux membres du Conseil de sécurité en avril prochain.

Notons néanmoins que le 10 décembre 2015, le tribunal de la Cour européenne de justice a prononcé l'annulation de l'accord UE-Maroc relatif aux mesures de libéralisation réciproques en matière de produits agricoles, de produits agricoles transformés, de poissons et de produits de la pêche, du fait de l'exploitation de ces richesses dans un territoire encore «occupé», le Sahara Occidental !!

Constatons enfin l'attitude contradictoire du peuple marocain et de sa diaspora qui soutiennent les Palestiniens mais s’accoutument sans état d’âme à l'occupation du Sahara Occidental.
Les marocains seraient-ils encore victimes d'un régime totalitaire et de sa propagande mensongère multiforme dans les médias de leur pays, victimes du silence de la plupart des médias en France, mais aussi victimes de l'hyperactivité des lobbies dans les antichambres de Bruxelles ?

M. BRUN, citoyenne française

Le 30 mars 2016

mardi 9 février 2016

EM. Les Sahraouis n'étaient pas à la parade



C'est à grand renfort de déclaration et sans objectivité aucune  que nos confrères de la presse marocaine ont accompagné la visite du roi des marocains dans notre pays le Sahara Occidental du 4 au 8 février 2016. Nos confrères reprennent sagement les communiqués MAP du palais royal...

Pourtant nous avons étudié les discours, rien de nouveau n'est prononcé qui va vers une légalisation de la situation, et les Sahraouis ne s'y sont pas trompés qui ont ignoré cette venue jusqu'au mépris.

Nous avons recueilli des avis, dont quelques-uns sont rapportés ci-dessous.

"Moi je suis citoyenne sahraouie, pas un sujet du roi du Maroc. Si j'avais du temps à perdre je serais allé voir l'immense gaspillage d'argent. Mais je n'ai pas de temps à perdre. Tout est compliqué ici, parce qu'il y a les poubelles qui restent des jours dans la rue, donc il y a des meutes de chiens sauvages qui sont là, alors on ne peut pas laisser les petits enfants dehors. Et j’en ai 5. Et avec de l’eau au robinet qu’une ou deux heures n’importe quand dans la journée, il faut que je sois toujours à la maison pour les repas et les lessives" a dit  Degja Bellahi, 56 ans.

Nezha El Khalidi  étudiante sahraouie a dit : "Ce roi  se prend pour la reine d'Angleterre, mais il n'a pas sa classe. Ce qu'il fait c’est pour masquer la réalité du vol de nos ressources naturelles. Qu’il vienne ici se faire voir avec les télévisions, ça ne change rien au droit international. Nous ne sommes pas d'accord qu'on prenne nos ressources, donc c'est illégal et interdit  de le faire, pour tout le monde, et jusqu'à ce qu'on nous demande nos avis et qu'on dise oui".

"Les Draa tout le monde peut en acheter ici, et les marocains les portent quand vient le roi, ils ont des consignes pour ça" nous a confié Zainab Aabied, enseignante sahraouie

Laila Fakhouri, 25 ans a souligné : "probablement qu'il y a des sahraouis dans les foules, vous savez ce que c'est le chantage ici. Si les plus pauvres n'y vont pas, ils perdent le bénéfice de la carte promotion nationale, et alors ils n'ont plus rien pour vivre que l'assistance de la famille, qui est souvent aussi pauvre qu’eux".

Il se dit que des colons marocains obligeamment donc habillés de Draa et Melfa attendaient leur roi à l'aéroport pour lui demander des agréments de taxi ou se plaindre contre le wali, ce qui aurait agacé ce roi venu parader. Mohamed 6 aurait par conséquence refusé d'inaugurer le nouveau nom de l'avenue de Smara, le sien pourtant.

Les diplômés chômeurs de Smara et Boujdour avaient à exposer des récriminations autrement plus cruciales pour leur avenir, ce qu'ils font en manifestant dans la rue. Et c’est peut être la raison pour laquelle le roi des marocains n’est pas allé en visite précisément dans ces villes là du Sahara Occidental.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 7 février 2016