jeudi 25 juin 2015

EM. Les dépouilles de 48 Sahraouis toujours détenues par le Maroc


Il y a neuf ans, l'instance équité et réconciliation (IER) reconnaissait la mort de 48 Sahraouis dans les centres secrets de Agadez, Kala’at Megouna et El Aaiun entre 1975 et 1991 et émettait des recommandations. Les familles de ces 48 victimes, constituées en « comité des familles des martyrs sahraouis » attendent toujours que leur soient remis les restes de leurs parents. Les familles des plus de 450 autres disparus sahraouis pour la même période sont toujours sans nouvelles.

Le comité sahraoui des familles des martyrs a déploré le vendredi 12 juin 2015, que l’État marocain, malgré ses engagements, n’ait pas encore répondu à ses demandes et revendications. Le comité a également dénoncé la discrimination faite par  les autorités marocaines d’occupation envers eux puisque les demandes des familles de marocains sont satisfaites que les leurs sont ignorées et rappelé les menaces lancées par les autorités marocaines contre ses membres en 2006 alors qu’ils refusaient les propositions de l’IER.
Les membres du comité insistent d’autre part pour que des tests ADN soient pratiqués sur les restes, même si l’État marocain le refuse argumentant du coût trop élevé, parce qu’ils craignent que soient remis aux familles des os de chiens ou chats.

Globalement les membres de comité des familles des martyrs ont rappelé leurs demandes à l’IER : connaître les motifs de la disparition, les conditions de détention et de décès, la délivrance de certificat de décès, l’identification des restes à l’aide de test ADN en présence d’experts et de représentants des familles des martyrs, le transport des restes vers le Sahara Occidental ou le sud du Maroc selon les vœux des familles.
Mais que les tortionnaires soient traduits devant la justice, et que l’État marocain présente des excuses aux familles des martyrs morts suite aux tortures dans les prisons secrètes.

L'instance équité et réconciliation (IER) est un comité marocain créé le 12 avril 2004 par le roi du Maroc Mohammed 6 et portant la période 1958-1999, soit le règne de son père, Hassan 2. Le but de l’IER est de  se « réconcilier » avec les victimes de violations graves commises par ce père.

Mais l’IER n’a pas ouvert d’enquêtes sur les disparitions et assassinats des Sahraouis après 1999. Or ces pratiques ont continué sous Mohammed 6.
Sur une cinquantaine de personnes, il y a en particulier le cas des 15 jeunes activistes sahraouis enlevés le 26 décembre 2005, l’assassinat de l’enfant Najem El Garhi, tué par des balles de l’armée marocaine alors qu’elle encerclait le camp de Gdaim Izik, et les  Sahraouis sont morts lors de l’attaque violente contre le campement de Gdaim Izik.
Il y a aussi le cas de Said Dembar, assassiné le 24 décembre 2010, enterré sans autopsie et sans la présence de sa famille le 4 mai 2012 et celui, récent, de Med Lamin Haidala.

Équipe Média, El Aaiun occupée
Le 25 juin 2015

mardi 16 juin 2015

ARTIFARITI 2015, quarante ans de résistance. Les inscriptions sont ouvertes


9ème rencontres internationales Arts et Droits de l'Homme du Sahara Occidental.
Wilaya de Bougdour (Camps de réfugiés sahraouis. Tindouf, Algérie)
Du 31 octobre au 10 novembre 2015.

« Seul l'acte de résistance résiste à la mort, que ce soit sous la forme d'une oeuvre d'art ou sous la forme d'une lutte des hommes. » Gilles Deleuze

1975-2015. Quarante ans.
Au printemps 1975 allait s’organiser au Sahara Occidental le référendum d’autodétermination annoncé par le gouvernement espagnol, son colonisateur. La même année, le Tribunal de Justice de La Hayes affirmait que le Sahara Occidental n'avait aucun lien de souveraineté avec le Maroc ni avec la Mauritanie, et qu'il fallait donc appliquer le principe d’autodétermination. Mais l'Histoire s'est écrite et s'écrit autrement. Le 6 novembre 60.000 marocains entrent en territoire sahraoui au cours de la « marche verte ». C’est une partie de la stratégie d’occupation organisée par le monarque marocain Hassan II. Le gouvernement espagnol évacue la population “espagnole”, et le 14 novembre signe un accord tripartite où il remet illégalement le territoire sahraoui au Maroc et à la Mauritanie, qui commencent à occuper les principales villes. “On ne fait pas de prisonniers. Les tanks marocains passent sur les blessés sahraouis” disaient les télégrammes reçus par les derniers soldats espagnols avant de se retirer. La population sahraouie fuyait alors le massacre, s'échappant vers le désert où elle était encore bombardée au napalm et au phosphore blanc.
Mai 2015, le Sahara Occidental est la seule colonie africaine restant à décoloniser. Le territoire est toujours partiellement occupé par le Maroc, et les familles sont séparées par un mur miné de 2700 kilomètres de long. En territoire occupé, les Sahraouis subissent la répression, sont emprisonnés, torturés, disparaissent. Les ressources naturelles sont pillées et volées. En exil, réfugiés sur la hamada algérienne de Tindouf (sud ouest), des milliers de Sahraouis survivent de l'aide humanitaire internationales dont ils sont dépendants. Aujourd'hui, le conflit du Sahara Occidental continue à être un conflit ignoré et muet.

Quarante ans d'occupation, quarante ans de résistance

Pour sa neuvième édition, ARTifariti propose de réfléchir sur la résistance du peuple sahraoui, sur les résistances citoyennes, les modes de résistance à travers de l'art, à travers le travail des créateurs sahraouis et internationaux, dans les espaces de débats. ARTifariti considère que l'art n’a pas fonction de diffuser et informer, mais qu'il est une force, une résistance, une rébellion, une façon de questionner et de repenser le présent, de mouler et créer un futur qui n'existe pas encore, mais dont nous rêvons.

Présentation de propositions :
Les artistes qui souhaitent participer à ARTifariti 2015 devront envoyer leur proposition à l'organisation (info  @  artifariti.org, cc à apsolument   @   yahoo.fr) avant le 18 septembre 2015 pour son évaluation par l'équipe de commissaires. Les projets seront examinés rapidement et les artistes acceptés recevront une lettre d'invitation leur permettant le cas échéant de rechercher des soutiens financiers pour leur participation.
Autres formes de participation : conférenciers, assistants ou maîtres d'ateliers
Les séminaires et des activités d’ARTifariti 2015 auront aussi pour axe central « Quarante ans de résistance ». Les propositions de participation sont à adresser à l'organisation avec une lettre de motivation. L'acceptation sera également communiquée aux personnes intéressées par lettre d'invitation.

La participation suppose l'acceptation du fait que les œuvres réalisées pour les Rencontres internationales d'art et de droits de l'homme du Sahara Occidental, ARTifariti 2015, feront partie du patrimoine culturel du Peuple Sahraoui, et pour les œuvres en art plastique, exposés à l'air libre, où elles ont été créées, ou dans d'autres espaces gérés par le Ministère de Culture de la RASD. De même, les artistes cèdent les droits de propriété, d'image et de reproduction de leurs œuvres à ARTifariti, sans préjudice de leurs droits d’auteurs. Durant les Rencontres seront réalisés des reportages audiovisuels et photographiques de l'activité pour leur diffusion postérieure à travers les média et les expositions physiques et virtuelles. Tout le matériel est intégré à un fond documentaire qui fonctionne comme forum de réflexion et échange d'idées, et permet à d'autres artistes de disposer de matériaux pour développer leurs propres œuvres sous licence « Creative Commons Attribution-NonCommercial 3.0 Unported» (CC BY-NC 3.0).

Les inscriptions sont ouvertes pour la neuvième édition d'ARTiriti qui se déroule du 31 octobre au 10 novembre 2015.
L'inscription à ARTifariti 2015 :
Si le participant gère lui-même vol, visa et assurance, le coût sera de 250 € (inscription, déplacements sur place et hébergement pension complète chez l’habitant) . 
Coordination APSO pour la France, APSOlument   @    yahoo.fr

Au départ de Barajas-Madrid : 750 €. Inclut : Inscription, Vol régulier Madrid – Alger-Tindouf aller-retour, Visa et assurance, Logement et repas chez l'habitant.

Compléments d'information :
ARTifariti - Asociación de Amistad con el Pueblo Saharaui de Sevilla – AAPSS
c/ Virgen de la Antigua, 4- bajo derecha, 41011 Sevilla – España
Tfn. 0034 954 28 22 05 – 0034 954 27 41 04 Fax. 0034 954 28 20 46
www.artifariti.org – facebook.com/ARTifariti
info@artifariti.orgaapss@saharasevilla.org – movilización@saharasevvilla.org

Pour la France : APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental
APSOlument   @   yahoo.fr   ap-so.blogspot.fr

dimanche 14 juin 2015

EM. Brèves du Sahara Occidental occupé, résistances et conséquences


Mercredi 10 juin 2014, à 9h du matin, Ali Sa’adouni et Noud Eddine Argoubi  membres du groupe des « Sahraouis qui rejettent la nationalité marocaine »  sont entrés dans le consulat de France à Agadir et ont protesté contre la position subjective de ce pays, contraire au droit international, dans le conflit sur le Sahara Occidental.
Les deux activistes ont étendu le drapeau de la RASD au sein du consulat et ont demandé à rencontrer le consul. Ils n’ont pas pu le faire, et la police marocaine est intervenue pour forcer les deux militants à sortir du consulat.
Ali Sa’adouni et deux autres activistes avait auparavant protesté au sein du consulat d’Espagne contre la position de l’ancien colonisateur de leurs pays dans le conflit.


Le 7 juin 2015, le journaliste Salah Lbseir 24 ans, a été arrêté par une patrouille de police marocaine à El Aaiun occupé. Il revenait des campements de réfugiés sahraouis pour une visite à sa famille. Salah, menotté et les yeux bandés, a, selon sa mère, était torturé lors de l’interrogatoire mené par la police.
Après 48 heures de garde-à-vue, le procureur du roi du Maroc à El Aaiun a donné l’ordre de conduire le  journaliste à la prison noire, et a fixé le procès au 29 juin.
En mai 2013, Salah Lbseir avait fui vers les  campements de réfugiés sahraouis après avoir été informé qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre lui suite à sa couverture de manifestations organisées à Essmara occupée le 23 mai.
5 de ses compagnons, les activistes Hamoud Yahmoun, Sidi Mohamed Malal, Ayoub Barka Mohamed Nouh, Hussein Abdi Hamad et Mohamed Lamin Lkaihal  avaient eux été arrêtés le jour-même à Essmara et avaient passé cinq mois de prison sans jugement avant d’être mis en liberté provisoire.


À Essmara occupé le Forum Avenir pour la Femme Sahraouie, le Fafesa, a organisé une rencontre  pour célébrer le 39  anniversaire, le 9 juin, de la mort de fondateur du front Polisario El Wali Mustapha Sayed. Lors de cette rencontre, les participants ont exprimé leur solidarité avec Tekber Haddi. Cette femme sahraouie est en grève de la faim depuis 30 jours devant le consulat du Maroc de Las Palmas, pour protester contre ses demandes restées vaines que soit ouverte une enquête impartiale sur l’assassinat de son fils Mohamed Lamin Haidala par des colons marocains. 
150 femmes et jeunes gens ont participé à cette réunion qui a été encerclée par la police marocaine et les forces auxiliaires.
Les participants ont dénoncé les violations des droits de l’homme commis par les occupants et ont critiqué le silence de la communauté internationale. 


Le 10 juin 2015, dans le quartier la Polco de El Aaiun occupée, 15 femmes sahraouies ont manifesté bruyamment dans la rue pour demander d’arrêter le pillage de ressources naturelles par le Maroc et ses complices étrangers, et la libération des prisonniers politiques sahraouis. https://www.youtube.com/watch?v=rRoIpICNDt0#t=74

EM, El Aaiun occupé
Le 14 juin 2015

jeudi 4 juin 2015

EM. Pénurie, trafic et gaspillage d’eau au Sahara Occidental


Depuis le 1 mai 2015, les températures sont exceptionnellement élevées au Sahara Occidental et les problèmes de pénuries d’eau ont commencé dans les villes occupées par le Maroc.
Les coupures fréquentes et sans préavis de la distribution d'eau du robinet par l’Office national de l’eau potable (l’ONEP), dans les villes de El Aaiun, Smara, Bougdour et Dakhla obligent les habitants à s’équiper de pompes pour stocker cette eau dans des réservoirs sur les toits des maisons et à en acheter à des vendeurs privés.
Pour ceux qui le peuvent, une eau potable acheminée par camion citerne s’achète à des prix au moins 10 fois supérieurs à l’eau du robinet.

L’eau du robinet, appelée a‘aiafa est une eau dessalée. Les coupures d’eau a’aiafa, durent de un à quatre jours, et lorsque l’eau se remet à couler, c’est pour 3 ou 4 heures au maximum, à faible débit, ce qui oblige toutes les maisons d’avoir une ou deux citernes de stockage. Les quartiers habités majoritairement par les Sahraouis, Ma’atalah, Lahchicha, Erraha, El Quads, l’Erak et les immeubles 707 subissent ces fréquentes coupures d’eau.
Les quartiers de l’ancienne ville et le quartier El Massira (la marche verte) où habitent les responsables des autorités d’occupation, des officiers de l’armée royale marocaine ou de la police n’ont pas les mêmes problèmes.
L’office nationale marocain de l’eau potable ne prévient jamais des coupures d’eau dans les quartiers sahraouis, ni ne les justifient objectivement ou de façon crédible. En 2009 l’ONEP avait promis de résoudre le problème et de couvrir 90 % des besoins des habitants mais 5 ans après rien n’a changé dans les maisons. Par contre et paradoxalement le conseil municipal d’occupation a fait construire des fontaines luxuriantes qui elles, ne souffrent pas de pénuries.

Depuis l'occupation marocaine en 1975, l’eau fournie par les autorités par réseau et branchements individuels aux habitants des territoires occupés est cette eau non potable appelée a’aiafa, une eau saumâtre, produite par le dessalement de l'eau de la mer. L’a’aiafa, en plus d’être distribuée sans régularité est mauvaise à boire. Elle est utilisée pour le lavage et le bain sauf dans les maisons pauvres qui l’utilisent aussi pour boire et cuisiner.
Une maison de 9 personnes doit pouvoir stocker environ 1300 litres pour espérer couvrir les périodes de pénuries.

Pour avoir de l’eau réellement potable, les habitants d’El Aaiun, Bougdour et Dakhla sont contraints d’acheter de l’eau qui arrive par camions citernes depuis Tan Tan, à 320 kilomètres au nord d’El Aaiun.

Pour indication, l’a’aiafa est facturée mensuellement par l’ONEP, consommation et assainissement, 10 dirham le m3.
Revendue au moyen de citerne, elle coute alors 6 dirhams les 100 litres, soit 60 dirhams le m3. Les propriétaires et chauffeurs des camions qui revendent ainsi l’a’aiafa sont marocains.
Chaque camion achète 5,5 dh le m3 à l’ONEP, place catalunia. Les modalités de paiement sont une avance mensuelle de 10 000 dh, régularisée en fonction du prélèvement réel.
Les inspections sanitaires dépendant du conseil municipal ne semblent pas très rigoureuses étant donné l’état de certains camions en circulation.

Un baril de 100 l d’eau de Tantan coute 60 dh, les camions sont équipés de longs tuyaux et de pompes pour monter l’eau sur les toits. Les propriétaires des sources et des camions sont aussi marocains. Ce sont des entreprises privées.
Un bidon de 5 litre d’eau minérale coute 12 dh dans les boutiques d’alimentation.

Pour faire le thé, les Sahraouis utilisent traditionnellement lghadir, de l’eau de la pluie, mélangé à l’argile, qui est récoltée dans le désert.

Il est évident que les infrastructures de la distribution de l’eau potable sont insuffisantes au Sahara Occidental et que l’occupant marocain n’a aucune intention d’améliorer les conditions de vies dans le territoire où il pille les ressources naturelles, dont l’eau pour l’agriculture et la propagande.

A El Aaiun, les habitants se souviennent des grandes difficultés et problèmes sanitaires de l'été 2014 quand ils ont été privés d'eau pendant plusieurs jours en plein Ramadan et s’inquiètent de voir se profiler les mêmes problèmes.

Equipe Média, El Aaiun occupée
Le 4 juin 2015


jeudi 28 mai 2015

Solidmar05. Le livre sur le Sahara Occidental qu’il faut lire !

LUTTER AU SAHARA : Du colonialisme vers l’Indépendance au Sahara Occidental

Présenté par Marie-Jo Fressard, Solidmar, 24/5/2015


Je viens de finir de lire « Lutter au Sahara ».

En le posant j’ai eu l’impression d’avoir été battue. Je suis restée longtemps assise, sonnée, incapable de penser à autre chose. Pourtant cette situation je la connais, à force d’en publier jour après jour des articles sur le blog solidmar.

Les 15 textes du livre, tous remarquables et bien documentés, rendent encore plus présentes les souffrances d’un peuple, les injustices inhumaines qui lui sont infligées et surtout la présentation honteusement mensongère qui en est faite. L’arrogante justification du roi pour parler de « son » Sahara à la communauté internationale est insupportable. Pour pouvoir piller, sans gêne aucune, les richesses de la terre et de la mer de ce peuple. Et les vendre. Du vol!

Cette lecture nous fait découvrir la noblesse de ce peuple digne, cultivé, qui a le taux d’alphabétisation parmi les plus brillants d’Afrique du Nord (et méprisé par le Maroc qui peine lourdement à dépasser les 50% !), pour qui l’égalité femmes/hommes n’est pas un effet d’annonce mais une réalité vécue, ce peuple qui malgré les interminables années d’oppression reste fidèle à son idéal de pacifisme.

Il faut lire ce livre. Les différents textes sont indépendants les uns des autres, mais se complètent parfaitement. Il est cependant important de commencer par la lecture des deux premiers chapitres, de Denis Véricel et Eduardo Galeano, qui plantent le décor.
Pour connaître les qualifications des auteurs, se reporter à la page 273.

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Au début de la lecture des quatre textes sur la géopolitique du conflit, Francesco Bastagli donne des informations sur son passage à la MINURSO, ambiance glaciale, poids de la surveillance marocaine et mol acharnement pour aboutir véritablement à une solution pacifique par un référendum d’autodétermination.

Anna Théofilopoulou voit le Plan de Paix de James Backer sombrer. Christopher Ross organise des rencontres Maroc-Polisario qui se déroulent « dans une atmosphère d’engagement sérieux, de franchise et de respect mutuel », ce qui sera déclaré année après année sans qu’il n’y ait aucune avancée. De même pour les résolutions de l’ONU, qui n’aboutissent à aucun résultat.

Lire l’article d’Olivier Quarante « Le rôle de la France » qui voit dans l’amitié des deux pays une solidarité de pays colonisateurs. La France oublie qu’elle est parfois encore qualifiée pays des droits de l’Homme, son soutien au Maroc est indéfectible, même dans les violations des droits de l’Homme les plus ignobles.

Pour Bill Fletcher Jr le conflit sahraoui est peu connu aux Etats-Unis, qui, pourtant pourraient avoir le poids pour que cesse ce conflit.

Trois articles très intéressants expliquent Le Maroc face au Sahara Occidental.

Le spécialiste du Sahara Occidental Jacob Mundy explique l’importance des colons envoyés au SO pour gonfler le nombre potentiel d’électeurs en cas de référendum, et pour prêter main forte aux forces de police du colonisateur. 100 000 Marocains sont ainsi venus s’installer, attirés par de multiples avantages promis, une invasion appelée « seconde marche verte ». Fixer le nombre de votants, natifs, faux natifs, colons… entre bonne et mauvaise volonté, est une affaire très compliquée, et coute très cher au Maroc, au détriment de ses nombreuses régions délaissées.

Vincent Chapaux raconte comment se fabrique l’opinion publique à coup de pseudo preuves historiques, en décidant que les Sahraouis souhaitent être Marocains (quitte à les payer grassement pour renforcer leur amour de la « patrie »), et prétend que l’opinion internationale souhaite la solution marocaine, une « autonomie » qui ne serait que la poursuite de la colonisation.

Ayad Ahram raconte « l’affaire » suscitée par un pointillé sur une carte entre Maroc et Sahara Occidental, il y a une dizaine d’années. Ancien président de l’Asdhom il a créé la Campagne de Parrainage de prisonniers politiques marocains et sahraouis incarcérés au Maroc, dont le nombre ne cesse d’augmenter.

Le chapitre suivant : Le Droit- Les ressources naturelles est le nœud du problème sahraoui ! Sans ces richesses le roi du Maroc ne s’intéresserait certainement pas à cette partie de son « cher peuple ».

Juan Soroeta compare le conflit du Sahara Occidental à celui de la Palestine en droit international.

Jeffrey Smith et Erik Hagen décortiquent le rôle joué par ces fabuleuses richesses dans l’occupation de ce pays au sud du Maroc, dont ne profite pas le peuple occupé qui refuse le pillage : les phosphates de Boucraa et les ressources halieutiques au large de leur terre. Mais « Le poisson passe avant la paix », n’est-ce pas ?

Regards anthropologiques
Alice Wilson analyse le système d’élection très atypique dans le camp de réfugiés.

L’anthropologue Tara Deubel démontre de manière passionnante la vie coupée en deux des étudiants sahraouis : étudiants en ville marocaine, reconnaissables à leurs tenues traditionnelles, la melhafa pour les femmes, la der’aa pour les hommes, parfois discriminés, nostalgiques de leur désert de l’autre côté du mur. Retourner chez eux, dans l’immensité du désert est pour eux un vrai bonheur, le temps que durent les vacances. S’y ajoutent quelques pages sur leur prise de conscience politique très précoce, en raison du spectacle quotidien de la répression : tabassage, maisons envahies et vandalisées…

L’anthropologue Sébastien Boulay nous apprend beaucoup sur la culture et la poésie au Sahara Occidental. C’est souvent la vie quotidienne difficile et malmenée et la situation politique qui inspirent les poètes.
En guise de conclusion, Mohamed Mouloud Mohamed Fadel, Ministre de la Jeunesse et des Sports, écrit un texte magnifique sur son souci pour la jeunesse qui, en raison des conditions difficiles et de l’absence totale de moyens ne peut accéder à une formation « normale », jeunesse qui commence à perdre patience en pensant à la guerre. Mais les Sahraouis se doivent de respecter le cessez-le-feu signé il y a 20 ans…

Comment, écrit le ministre, comprendre le Maroc qui occupe leur terre et ne respecte pas le droit international ? Comment comprendre l’ONU qui défend les droits de l’Homme partout et accepte que le Maroc les viole ? C’est par une sorte cri désespéré qu’il se demande ce que le peuple sahraoui pourrait faire pour trouver sa liberté. S’il existe un moyen, le peuple est prêt à l’utiliser.


Pour le commander, écrire à apsolument  @  yahoo.fr , 15 € (+ frais de port si envoi)

jeudi 14 mai 2015

EM. El Aaiun : Bras de fer entre la compagnie de bus et les autorités marocaines


 العيون : صراع بين شركة حافلات والسلطات المغربية
Voir version arabe après la vidéo

Le 7 mai 2015, les chauffeurs de la compagnie de bus El-Karama, soutenus par leur entreprise, ont entamé un mouvement de grève en protestation contre les autorités marocaines et en particulier contre la préfecture de la police. Les chauffeurs de ces bus oranges sont en majorité des Sahraouis, comme le propriétaire de la compagnie, Brahim Joumani.

L’événement qui a déclenché le mouvement de grève est l’arrestation d’un de leurs bus, et sa confiscation et consignation dans le dépôt municipal. La société qui a protesté contre cette confiscation a aussi dénoncé l’importance du phénomène du transport clandestin, les taxis opérant sans autorisation, accusant des officiers et des responsables de gérer ce réseau par les moyens illégaux de la corruption.

Le 10 mai 2015 et en l'absence d'avancées dans les négociations avec les autorités, la société a décidé de fermer son siège, situé sur le boulevard la Mecque et de remonter les bus orange à Rabat.
28 premiers bus donc pris la route à destination de Rabat. Ils ont été arrêtés par la police marocaine au barrage nord de El Aaiun.
Le préfet et des hauts officiers de tous les services se sont déplacés pour négocier avec les représentants de la société et les chauffeurs, pour les convaincre de retourner à El Aaiun.

Les négociations se sont ensuite déroulées dans la Wilaya.
Les représentants de la société ont demandé que les plus de 1600 taxis sans autorisation, appelé par la population les kouairs, soient interdits.
En fait, 900 de ces petits bus appartiennent a des officiers de police et des FAR, qui louent leur véhicules 120 dirhams par jours à des chauffeurs.
Pour les autres, une centaine appartient à des Sahraouis, et le reste à des colons marocains qui ont été expulsés de Dakhla, Boujdour, Essmara, et des villes du sud du Maroc.

Le Wali et ses assistants se sont engagés à régulariser la situation rapidement. Les représentants de la société ont donc accepté de retravailler on attendant le résultat des promesses.

Les courses avec les kouairs, qui peuvent prendre jusqu’à 7 passagers, sont de 5 dh par passager, quelques soient les trajets. Ils travaillent jusque 23h. Ils roulent à l’essence ou au gaz pour certains qui ont été transformés par des mécaniciens.

Les bus oranges sillonnent la ville de 6 h à 21h, avec un passage toutes les 30 minutes. Ils vont jusqu’aux quartiers les plus éloignés comme le quartier 23 mars situé à l’est de la ville. Il passe à Rhaiba le marché central, et va jusqu'à l’ancienne ville « Bario cimenterio ». Le trajet, quel qu’il soit, coute 2 dh.

Il existe aussi à El Aaiun un parc de 1500 taxis privés agréés par la willaya pour 2000Dh par mois. Ils prennent en charge 3 ou 4 passagers qui payent 5 dh chacun, ou 10dh la course pour 3 et 20dh pour 4. Ils fonctionnent de 7h à 22h.

Le prix de l’essence est actuellement de 7,5 dirham.

Le 28 mai 2012, et pour la première fois depuis le début de l’occupation marocaine, le parc du transport public de El Aaiun avaient demandé le renforcement de son service par 37 bus, destinés à assurer la liaison entre le centre et les quartiers en banlieue de la ville occupée.
La société El-Karama Bus de Brahim Joumani avait été sélectionnée suite à une procédure et sur un cahier des charges de gestion de qualité et de fiabilité, pour la ville qui connaissait une forte croissance démographique du fait de l’arrivée massive de colons marocains.

Actuellement, les policiers marocains semblent contrôler plus activement les Kouairs, néanmoins ce sont essentiellement les kouairs sahraouis qui sont verbalisés.

Equipe Média, El Aaiun occupée
Le 15 mai 2015




العيون : صراع بين شركة حافلات والسلطات المغربية .

مساندين من طرف شركتهم دخل سائقو شركة الكرامة للنقل يوم السابع ماي 2015 في خطوة اضراب احتجاجا على  السلطات المغربية وبخاصة ولاية الامن . سائقو تلك الحافلات البرتقالية أغلبهم من الصحراويين كمالك الشركة ابراهيم الجماني .
الحدث الذي ادى الى خوض الاضراب هو توقيف احدى الحافلات ومصادرة وثائقها وايداعها المشتل البلدي . الشركة التي احتجت ضد ذلك الحدث نددت ايضا باستمرار ظاهرة النقل السري في اشارة الى سيارات اجرة تعمل دون مأذونيات متهمين ضباطا ومسؤولين في ادارة تلك الشبكة  باساليب فساد غير قانوني

وفي العاشر من ماي 2015 وفي ظل غياب اي تقدم في الحوار مع السلطات قررت الشركة اغلاق مقرها المتواجد بشارع مكة و نقل حافلاتها في اتجاه الرباط .
28 حافلة اذن كانت في الطريق الى الرباط لكن تم توقيفها من طرف الشرطة المغربية بنقطة المراقبة شمالي العيون.
انتقل والي الامن وكبار ضباط كل الاجهزة للتفاوض مع ممثلي الشركة و السائقين بهدف اقناعهم بالعودة الى المدينة.
لتستمر تلك المفاوضات بمقر ولاية المدينة .
طالب ممثلو الشركة بمنع عمل ازيد من 1600 سيارة اجرة تعمل دون تصريح وهي السيارات التي يطلق عليها السكان اسم " كويرات".
في الواقع 900 من تلك الباصات الصغيرة يملكها ضباط في الشرطة وفي الجيش المغربي الذين يقومون بكرائها لسائقين مقابل 120 درهما في اليوم
وما تبقى فان 100 باص صغير يملكها صحراويون و الباقي يملكه مستوطنون مغربيون تعرضوا للطرد من الداخلة ، بجدور ، السمارة وايضا من مدن جنوب المغرب .
انخرط الوالي ومساعديه في تسوية الوضعية بشكل مستعجل ، ووافق ممثلو الشركة على استئناف عملهم من جديد في انتظار نتائج التعهدات .
التنقل عبر  " كويرات" يمكن ان يتم عبر نقل 7 ركاب مقابل خمس دراهم للراكب اينما كانت الوجهة . وتداوم "لكويرات" الى الحادية عشر مساءا وهي تعمل بالبنزين وبعضها بالغاز بعد ان تم تكييف محركاتها مع تلك المادة على يد ميكانيكيين .
تتنقل الحافلات البرتقالية في المدينة من الساعة السادسة صباحا الى التاسعة ليلا بمعدل رحلة في كل 30 دقيقة و تصل الى الاحياء البعيدة مثل 23 مارس المتواجد شرق المدينة  مرورا ب"الرحيبة" السوق المركزي وتصل الى المدينة القديمة " باريو ثيمنتاريو" وثمن الرحلة محدد في مبلغ قدره درهمين .
ويتواجد في العيون ايضا  اسطول  يضم 1500 سيارة اجرة  خاصة بترخيص من الولاية مقابل مبلغ شهري بالفي درهم . ويتم من خلالها نقل 3 او 4 ركاب مقابل 5 دراهم و 10 دراهم لثلاث ركاب و 20 درهما لاربعة . وتعمل من الساعة 7 صباحا والى حدود العاشرة مساءا .
ويصل ثمن البنزين حاليا 7 دراهم ونصف .
في 28 من ماي 2012 ولاول مرة منذ بدء الاحتلال المغربي تعزز النقل العمومي بثمان وعشرين حافلة بهدف ضمان ربط مركز وصواحي المدينة المحتلة بوسائل النقل.
وتم اختيار شركة الكرامة للنقل لصاحبها ابراهيم الجماني بعد اجراءات ودفتر تحملات يضمن الجودة والاعتمادية بخاصة ان المدينة تشهد نموا ديمغرافيا بسبب التوافد الهائل للمستوطنين المغاربة .
حاليا يبدو ان الشرطة المغربية تراقب بشكل نشط "لكويرات" لكن المستهدف من العملية هم السائقين الصحراويين .

الفريق الاعلامي الصحراوي "ايكيب ميديا"
 العيون المحتلة في 15 ماي 2015

samedi 2 mai 2015

EM : Territoires occupés, infos diverses, semaine du 28 avril au 2 mai 2015


Est de Smara, 1er mai
L'explosion d'une mine antipersonnel au passage d'une Land-Rover dans la région Skikima à l’est de Essmara, au Sahara Occidental occupé à fait 4 victimes d’une même famille.
L’ambulance de l’hôpital de Smara, administré par les autorités marocaines, a refusé de faire les 2km de pistes séparant la route goudronnée de l’accident. Ce sont donc des Sahraouis qui ont transporté les corps des blessés du lieu de l’accident à l’ambulance, soit une prise en charge médicale 3h après l’explosion.
La mère, Mme Ahjab Ghafiri, dont la jambe avait été arrachée est morte, probablement du fait de l’hémorragie, au moment de l’arrivée dans l’ambulance.
Son mari, Boutomit Ali, son fils Essahel (13 ans) et sa fille  Lala (15 ans) ont été  conduits à l'hôpital provincial de Smara pour des soins d’urgence. Selon les informations recueillies, le jeune garçon est toujours dans un état critique.
Le dernier rapport de l'observatoire des mines de l’ONU estime que  10 millions de mines ont été enterrées au Sahara Occidental par l'armée marocaine des deux côtés du mur, qui est pour les Sahraouis le mur de la honte.

Smara, le 30 avril
Plus de 30 Sahraouis ont manifesté dans le quartier Essoukna pour revendiquer l’indépendance du Sahara Occidental, en solidarité avec deux jeunes Sahraouis arrêtés par la police marocaine lors de la visite de la commission onusienne des Droits de l’Homme dans les territoires occupées.
Lahfoud Karoum est encore dans la prison d’Essmara et l’étudiant Rahmoun Hamdi est en liberté provisoire après sa participation à une manifestation contre les discriminations marocaines contre les Sahraouis et contre la partialité de certains hauts fonctionnaires du HCDH en faveur du Maroc laissant supposer leur corruption.

Dakhla, 1er et 2 mai
Vendredi 1er mai, 400 Sahraouis ont participé à des manifestations  pacifiques dans les quartiers Ksikisat, Oum Tounsi, et Lebichat, pour protester contre la décision du conseil de sécurité qui a ignoré leurs revendications et leurs appels, ceux des gouvernements et associations des doits de l’homme, pour élargir les compétences de la MINURSO à la surveillance des Droits humains.
De nombreux drapeaux de la République Arabe Sahraouie Démocratique étaient visibles dans la manifestation, et les manifestants ont également prononcé des slogans contre le pillage de leurs ressources naturelles.
La police et les blairs (soldats en tenues de police) marocains ont violemment réprimé la manifestation, frappant femmes et hommes. 5 manifestants ont été conduits à la préfecture de police de la ville occupée, interrogés et relâchés le lendemain.

Samedi 2 mai 2015, à 14h, plus de dix véhicules de la police marocaine ont encerclé la maison de Atikou Barai, située dans le quartier El Ghofran, avant s'y introduire de force en cassant la porte. Ils ont arrêté le militant sahraoui, libéré depuis 4 mois, après 4 ans de prison pour sa participation aux manifestations pacifiques de Dakhla en 2011.
Selon notre correspondant à Dakhla, quatre autres activistes sahraouis ont été arrêtés dans la rue dans différents quartiers de la ville. Il s’agit de Mohamed Salem Sidi, Mansour Sbaai, Wanati Rbani et Sid Ahmed Bairouk.
Environ 55 manifestants ont protesté pendant une heure devant la préfecture contre ces arrestations avant d’être dispersés violemment par la police marocaine. À l’heure de la publication de cette information, les militants sont toujours en garde à vue.

À El Aaiun occupée
D’importants convois de renforts sécuritaire et paramilitaires sont arrivés à El Aaiun en provenance des villes marocaines de Casablanca, Marakech et Agadir durant cette dernière semaine comprenant la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU concernant sa mission sur place et son mandat.
Depuis le 28 avril, les observateurs ont pu estimer à plus de 2000 policiers, agents de force auxiliaires, blairs, et les agents du renseignements généraux stationnés autour des rues et ruelles menant à la rue Essmara et au quartier Ma’atala, des endroits traditionnels de manifestation des militants sahraouis.

Conséquence de cette présence répressive, la coordination locale des cadres sahraouis chômeurs et le groupe OCP SKILLS n’ont pas pu célébrer le 1er mai.
Plus de 200 chômeurs sahraouis ont tenté en deux groupe de se rendre rue du 24 février où ils avaient prévu de manifester, à proximité de la banque populaire du centre ville.
Les policiers en uniforme et en civil sont intervenus violemment pour les empêcher de passer et ont confisqué casquettes et gilets.
Cinq chômeurs ont été blessés : mesdames Naya Abali, Oum  La’aid El Ansari, Yehdiha Achmir, et messieurs Mohamed Babait, et Salek El Qadi.

EM, le 3 mai 2015
Sahara Occidental occupé