lundi 18 avril 2016

EM : Un mur autour d’El Aaiun occupée, protection ou agression


Du 17 mars au 13 avril, une entreprise marocaine inféodée aux autorités d’occupation a construit un mur de 4 km à 500 mètres le long du quartier du 25 mars, dans la banlieue est de la ville de El Aaiun, au Sahara Occidental occupé. Selon les informations recueillies par l’Equipe Média, cette portion est la première tranche d’un mur destiné à entourer toute la ville, soit de 20 à 25 km de long.

Le mur de 1,70 m de hauteur et de 2 mètres de largeur va de la bande de l’Oued Essaguia jusqu’au check point établi sur la route entre El Aaiun et Essmara occupée. Il a été construit en sable et roches par la société Omar Sbayou, qui a mobilisé pour le chantier 60 ouvriers, 4 bulldozers Poclain et 6 camions.
Le responsable Omar Sbayou est un ancien élément de l’armée marocaine chargé des arrestations de civils sahraouis, devenu un homme d’affaires très riche au Sahara Occidental. Ses ouvriers sont des colons marocains.

Les terres sur lesquelles passe le mur appartiennent à la commune. Les autorités d’occupation ont décidé de la construction du mur sans aucune consultation avec le peuple sahraoui, le propriétaire légitime de la terre. Aucun affichage n’est disponible au public à la willaya, pas plus qu’il n’y a d’information dans les média autorisés par le colonisateur. Sous couvert d’anonymat, quelques journalistes sahraouis reconnus par les autorités d’occupation ont admis avoir l’information, mais avoir reçu l’interdiction de la Wilaya d’en faire écho.

Le mur a des conséquences sur la libre circulation des citoyens sahraouis et sujets marocains, mais va surtout entraver le passage des familles de bédouins sahraouis avec leurs troupeaux.

C’est un mur similaire que l’armée marocaine avait construit autour du camp de protestation de Gdaim Izik en 2010, pour pouvoir contrôler les 20 mille Sahraouis déplacés là en signe de protestation contre leurs médiocres conditions de vie.

En 1975 et les années suivantes, après l’invasion et l’occupation militaire d’une partie du Sahara Occidental par le Maroc, celui-ci avait construit des murs autour de toutes les villes du Sahara Occidental pour empêcher les citoyens sahraouis de fuir vers les camps des réfugiés mais aussi pour protéger ses colons et ses intérêts au sein des villes occupées. Ces murs n’avaient plus été entretenus après la construction en dur des quartiers périphériques par des colons marocains et avaient progressivement été détruits par le vent.

Ce mur construit dans un contexte international particulier soulève l’inquiétude chez de nombreux sahraouis. Après l’annulation par la Cour européenne de justice en décembre 2015 de l’accord agricole de libre échange UE-Maroc du fait de son application sur les terres occupées, et la rupture des relations diplomatiques entre ces deux protagonistes, puis la visite du Secrétaire Général de l’ONU dans les campements et sa conséquence l’expulsion par le Maroc des agents onusiens de maintien de la paix en territoire occupé, l’isolement de la région laisse craindre la multiplication de violence à huis clos.

Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 18 avril 2016

mercredi 30 mars 2016

1976-2016, 40 années d'exil, 40 années d'occupation

1976-2016, 40 années d'exil, 40 années d'occupation
«Sahara Occidental, dernière colonie d’Afrique, urgence Référendum ! »
Les Sahraouis doivent enfin pouvoir exercer leur droit à l’autodétermination.
C’est le sens de l’appel de la pétition internationale lancée depuis le 1er janvier 2016, appel que vous trouverez sur http://www.westernsahara-referendum.org/?section=2&lang=fr

Sachez que depuis le 1er mars, 13 des 21 prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, incarcérés dans la prison militaire Rabat-Salé sont en grève de la faim illimitée ; ils se sont engagés dans cette action au nom de tout le groupe qui comporte des prisonniers malades ou très affaiblis par la détention et les mauvais traitements depuis novembre 2010 ou avant. La situation des grévistes se détériore chaque jour. Ils ne bénéficient d’aucun suivi médical ou sanitaire, bien que requis par le droit international.

Ces prisonniers politiques sahraouis demandent :
- leur transfert à la prison d’El Aaiun, à proximité de leurs familles dont ils sont éloignés de plus de 1200 km depuis plus de 5 ans ;
- l’annulation du jugement du tribunal militaire de Rabat de février 2013, qui les a condamnés, eux qui étaient tous des civils, a des peines extrêmement lourdes (de 20 ans à perpétuité), sur la seule base d’aveux obtenus par la police ; leurs allégations d’avoir été soumis à des actes de torture pour obtenir ces aveux n’ont fait l’objet d’aucune enquête par les magistrats du tribunal militaire ;
- leur libération immédiate suivant cette annulation ;
- un nouveau procès devant un tribunal civil, si besoin est.

Les autorités marocaines n’ont pas encore bougé à ce jour ni répondu à ces demandes.

Par contre, elles viennent de prendre la décision de réduire leur participation au fonctionnement de la Minurso, mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental. Cette mission onusienne créée en 1991 est la seule mission de l'ONU au monde qui n’est toujours pas autorisée à contrôler le respect des droits de l’homme et à enquêter sur leurs violations dans ce « territoire non-autonome », malgré les demandes régulières des Sahraouis, les appuis de diverses organisation non gouvernementales et de nombreux pays, y compris le Parlement européen en décembre dernier favorable à cet élargissement.

Cette décision marocaine est probablement destinée à faire pression sur le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon - dont le mandat finit cette année -, avant la remise du rapport annuel de son envoyé spécial, Christopher Ross, aux membres du Conseil de sécurité en avril prochain.

Notons néanmoins que le 10 décembre 2015, le tribunal de la Cour européenne de justice a prononcé l'annulation de l'accord UE-Maroc relatif aux mesures de libéralisation réciproques en matière de produits agricoles, de produits agricoles transformés, de poissons et de produits de la pêche, du fait de l'exploitation de ces richesses dans un territoire encore «occupé», le Sahara Occidental !!

Constatons enfin l'attitude contradictoire du peuple marocain et de sa diaspora qui soutiennent les Palestiniens mais s’accoutument sans état d’âme à l'occupation du Sahara Occidental.
Les marocains seraient-ils encore victimes d'un régime totalitaire et de sa propagande mensongère multiforme dans les médias de leur pays, victimes du silence de la plupart des médias en France, mais aussi victimes de l'hyperactivité des lobbies dans les antichambres de Bruxelles ?

M. BRUN, citoyenne française

Le 30 mars 2016

mardi 9 février 2016

EM. Les Sahraouis n'étaient pas à la parade



C'est à grand renfort de déclaration et sans objectivité aucune  que nos confrères de la presse marocaine ont accompagné la visite du roi des marocains dans notre pays le Sahara Occidental du 4 au 8 février 2016. Nos confrères reprennent sagement les communiqués MAP du palais royal...

Pourtant nous avons étudié les discours, rien de nouveau n'est prononcé qui va vers une légalisation de la situation, et les Sahraouis ne s'y sont pas trompés qui ont ignoré cette venue jusqu'au mépris.

Nous avons recueilli des avis, dont quelques-uns sont rapportés ci-dessous.

"Moi je suis citoyenne sahraouie, pas un sujet du roi du Maroc. Si j'avais du temps à perdre je serais allé voir l'immense gaspillage d'argent. Mais je n'ai pas de temps à perdre. Tout est compliqué ici, parce qu'il y a les poubelles qui restent des jours dans la rue, donc il y a des meutes de chiens sauvages qui sont là, alors on ne peut pas laisser les petits enfants dehors. Et j’en ai 5. Et avec de l’eau au robinet qu’une ou deux heures n’importe quand dans la journée, il faut que je sois toujours à la maison pour les repas et les lessives" a dit  Degja Bellahi, 56 ans.

Nezha El Khalidi  étudiante sahraouie a dit : "Ce roi  se prend pour la reine d'Angleterre, mais il n'a pas sa classe. Ce qu'il fait c’est pour masquer la réalité du vol de nos ressources naturelles. Qu’il vienne ici se faire voir avec les télévisions, ça ne change rien au droit international. Nous ne sommes pas d'accord qu'on prenne nos ressources, donc c'est illégal et interdit  de le faire, pour tout le monde, et jusqu'à ce qu'on nous demande nos avis et qu'on dise oui".

"Les Draa tout le monde peut en acheter ici, et les marocains les portent quand vient le roi, ils ont des consignes pour ça" nous a confié Zainab Aabied, enseignante sahraouie

Laila Fakhouri, 25 ans a souligné : "probablement qu'il y a des sahraouis dans les foules, vous savez ce que c'est le chantage ici. Si les plus pauvres n'y vont pas, ils perdent le bénéfice de la carte promotion nationale, et alors ils n'ont plus rien pour vivre que l'assistance de la famille, qui est souvent aussi pauvre qu’eux".

Il se dit que des colons marocains obligeamment donc habillés de Draa et Melfa attendaient leur roi à l'aéroport pour lui demander des agréments de taxi ou se plaindre contre le wali, ce qui aurait agacé ce roi venu parader. Mohamed 6 aurait par conséquence refusé d'inaugurer le nouveau nom de l'avenue de Smara, le sien pourtant.

Les diplômés chômeurs de Smara et Boujdour avaient à exposer des récriminations autrement plus cruciales pour leur avenir, ce qu'ils font en manifestant dans la rue. Et c’est peut être la raison pour laquelle le roi des marocains n’est pas allé en visite précisément dans ces villes là du Sahara Occidental.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 7 février 2016

vendredi 29 janvier 2016

EM : Quand publier des infos dérange le cérémonial du thé



Jeudi 29 janvier 2016, vers 20h et quartier Erraha à El Aaiun occupé, 10 véhicules de la police coloniale se sont invités à boire le thé dans une maison sahraouie, où trois amies discutaient.

Si l’hospitalité sahraouie est légendaire, les manières policières, agressives et intimidantes n’ont pas été compatibles. Effrayer les enfants pour trouver la maison, puis l’encercler et menacer, sont tout sauf manières courtoises.

La raison donnée par la police à sa présence massive, c’est quelle entendait interdire par la force la réunion dans cette maison, - celle du journaliste sahraoui coordinateur de l’Equipe Média Mohamed Mayara -, du groupe de journaliste, mais aussi une réunion du « Polisario », dont elle avait été informée, selon l’officier Ali Ait El Baz.

Cette manœuvre ostensible et massive ressemble plutôt à une mesure d’intimidation, qui n’a pourtant pas fonctionné avec la femme du journaliste, sa belle sœur et ses amies qui ont vertement expliqué pendant les trois heures qu’ont durée le siège, ce qu’elles pensaient de ces manières.

Depuis 5 mois les  salaire et allocation du journaliste et de sa  femme sont suspendus par les autorités d’occupation, moyen de pression et dissuasion évident sur les activités du journaliste.

On peut néanmoins remarquer que le déplacement policier concorde avec la publication quelques heures auparavant par EM de deux articles, l’un sur la lutte pacifique à El Aaiun des diplômés chômeurs sahraouis pour le respect de leurs droitau travail et l’autre sur les promesses d’emploi jamais tenues de l’OCP pour les Sahraouis à Phosboukra.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 29 janvier 2016

EM : Jaaïdi et la fessée royale



Le 25 janvier, le journal Akhbar Alyoum publie que Aziz Jaaïdi, garde du corps personnel du roi Mohammed 6 depuis 1999, n'est plus le patron de la direction de la sécurité des palais royaux. Selon différents médias il semblerait qu’il ait fait une faute de Protocole lors de la dernière visite du roi du Maroc à El Aaiun occupée. Faute à El Aaiun donc punition à El Aaiun ?

C’est  Abdellatif Hammouchi, le directeur général  de la Sûreté nationale qui lui aurait signifié qu’il était affecté à la préfecture d’El Aaiun, sans responsabilités précises.
Aziz Jaaïdi a bien probablement oublié d’embrasser une babouche !

Selon le site web rue20.com, une rivalité entre les services marocains serait derrière la rumeur de la punition du garde du corps du roi Aziz Jaaidi. La DGSN a, elle, dénié le bannissement de Jaaidi à El Aaiun, par le biais de journaux et sites web marocains.

Néanmoins, si cela s’avère, il ne faut pas que ce monsieur Jaaidi s’inquiète trop.
Le Sahara Occidental, son désert, sa chaleur et ses tempêtes de sable, est, pour les responsables sécuritaires marocains, une punition royale privilégiée, ou un terrain de formation efficace parce que la réputation du territoire occupé concurrence l'académie de Police de Kenitra, tant le peuple sahraoui est particulièrement indocile, féroce, citoyen, et non sujet de sa majesté.

Mais la punition a son paradoxe. Ceux qui y tiennent un peu ou des années et y acquièrent une bonne pratique répressive et violente sont réintégrés ou honorés de fonctions importantes à leur retour au Maroc. Concrètement, de nombreux officiers de police,  RG,  gendarmerie ou FAR  qui ont été impliqués dans des violences contre les Sahraouis ont ensuite été gradés au Maroc.

Par exemple pour la vague des punis de 2010.
Le roi du Maroc envoie le puni Hamid Chanouri - alors préfet de Tetouan  au nord du Maroc -  à Dakhla, au sud du Sahara Occidental occupé. Il a, lui aussi, fait des fautes de protocole. La babouche gauche probablement mal embrassée. Il ne tient que quelques jours au Sahara Occidental et remonte dans le nord pour devenir gouverneur de la province d’Inzigan-Ait Melloul. Une promotion donc.
Salah Boukhlal, chef de la  zone sécuritaire de l’aéroport de Med 5 à Casablanca est envoyé à l’aéroport d’El Aaiun. Il avait fait son travail, et arrêté le bon fils du président sénégalais Abdolai Ouad et l’avait placé en garde à vue, mais sans consultation avec ses supérieurs.
Il reste 6 mois à El Aaiun puis il retrouve sa place de chef de la  zone sécuritaire de l’aéroport de Med 5.
Mohamed Taher, divisionnaire à la préfecture  et  vice préfet de Casablanca,  fait une faute et est envoyé à Essmara occupée. Il y passe 3 mois puis revient lui aussi à sa place. Pas de promotion pour les deux derniers, mais finalement un petit tour au soleil, une cure de vitamine D.

Et pour ceux de « l’école sécuritaire» du Sahara Occidental, on peut citer Hariz Aarbi, le tortionnaire marocain le plus connu, chef de renseignements généraux à El Aaiun et tortionnaire au PCCIMI de 1881 à 2003, puis divisionnaire de la police à Dakhla 2003 à 2010, il devient ensuite le préfet de Temara où il est depuis 2010.
Hamid Bahri, un des commissaires de la préfecture de police à El Aaiun impliqué lui aussi dans des violations contre les Sahraouis depuis 1999,  est, en 2011, gradé et nommé chef du district de police d’Aïn Chok-Hay Hassani puis de Casablanca-Anfa.

Il faudra donc juste à Aziz Jaaïdi de se garder de l’alcool qui coule à flot au Sahara Occidental par les bons soins de son employeur colonisateur, pour ne pas subir le sort de Abdelaziz Anouch, officier de police judiciaire mort en 2009 dans un accident de voiture alors qu’il était dans un état d’ébriété important, après avoir sévi extrêmement violemment contre les Sahraouis depuis 1989.

Équipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 29 janvier 2016

mercredi 27 janvier 2016

EM : Pour les Sahraouis, excès de formation pour zéro emploi



Selon l’un d’eux, 9000 Sahraouis diplômés chômeurs sont  inscrits auprès de la Wilaya de El Aaiun comme demandeurs d’emploi.

Nombreux d’entre eux manifestent régulièrement depuis des mois pour demander que cessent les discriminations à leur encontre et que soit respecté leur droit au travail, quand ce sont majoritairement les colons marocains qui sont embauchés au Sahara Occidental occupé.

Le 5 décembre 2015, Mustafa Terrab, directeur général de l’office chérifien du phosphate (OCP), une compagnie de phosphate appartenant au royaume du Maroc, a annoncé la création de 1270 emplois pour les Sahraouis sur le site de Phos Boukra. La démarche en plusieurs étapes consistait en la sélection de 500 premiers Sahraouis, envoyés en formation pendant 2 ans au Maroc avant de rejoindre le travail à l’OCP. L’annonce a été faite à l’occasion de la visite du roi du Maroc à El Aaiun à cette date.

Le 7 décembre 2016 l’OCP a publié sur son site web ses besoins en travailleurs. Les qualifications demandées étaient les suivantes : technicien, technicien spécialisé, diplôme universitaire de technologie (DUT), brevet de technicien supérieur (BTS), licence sciences et techniques (LST), maitrise sciences et techniques (MST), dans les filières : mécanique, électrique/ électronique, thermique et froid, chimie industrielle, génie civil.

Considérant que ce sont des filières et qualifications les moins accessibles aux Sahraouis et les moins choisies, la grogne des manifestants s’est accentuée, notamment actuellement, alors que les entretiens des recrutements ont été repoussés par l’OCP du 18 au 29 janvier 2016.

Pour certains manifestants diplômés chômeurs, comme Ahmed Haidar, l’annonce de décembre avait pour but d’apaiser les récriminations, et il est apparu que les profils recherchés sont en eux-mêmes discriminatoires, ce qui est un acte délibéré de la direction de l’OCP.

Quatre groupes des chômeurs sahraouis ont constitué une coordination et commencé à manifester dès le 7 décembre dernier. Ce sont les cadres (les masters), les OCP Skills, le groupe Ennhda (la renaissance) et le groupe El Amal (l’espoir).



Les manifestations se sont succédées dans plusieurs quartiers de la ville et simultanément.

27 chômeurs de la coordination ont mené une grève de la faim du 12 au 25 janvier, et subi tour à tour intimidation, blocus, menace de violence, coupure de l’eau et électricité, de la part des autorités locales aux ordres du gouvernement d’occupation et des forces sécuritaires. Voir l’article EM.

A Boujdour, le 20 janvier, plus de 200 Sahraouis chômeurs diplômés et citoyens solidaires se  rassemblent dans une marche pacifique pour exprimer leur solidarité avec les chômeurs grévistes de El Aaiun, pour revendiquer le respect de leur droit au travail et bénéficier de leurs ressources naturelles.

Les forces d’occupations intervenues brutalement laissent plusieurs blessés. Les portes des maisons sahraouies du quartier Lakbibat et Um Lamhar  sont défoncées par d’autres agents marocains et leurs habitants agressés.

Une quinzaine des sahraouis sont arrêtés et 3 entre eux transférés à El Aaiun pour comparaitre devant le procureur le 21 janvier, qui donne l’ordre pour les amener à la prison noire. Jeddna Lgrifa , Erraha Younes et Ismail Saili sont accusés des motifs habituels contre les manifestants sahraouis pacifiques, soit attaque de fonctionnaire, destruction de bien public, entrave à la circulation.

A Essmara le 22 janvier 2015, « La coalition unie des chômeurs sahraouis » de Essmara organisent deux manifestations. Les banderoles des 70 manifestants revendiquent le respect de leurs droits au travail et dénoncent le pillage systématique des ressources naturelles du territoire. 4 chômeurs sont blessés suite à l’intervention violente de la police marocaine.

 

En 2011, l’OCP avait mené une opération annonçant le recrutement de 800 chômeurs licenciés ou diplômés. Ils ont appelé le groupe OCP Skills. Il était prévu que les chômeurs bénéficient d’une formation pendant deux ans, grâce à une bourse, avant de trouver une place dans l’entreprise.
400 d’entre eux sont restés à El Aaiun pour une formation de 2 ans à l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) dans les filières : gestion du stock,   secrétariat, développement entreprise. Ils sont reçu une bourse de 1100 dirham mensuel. (env 100 euros/mois)
80 ont suivi des diplômes de la filière développement social à l’école Isiam d’Agadir. Ils ont reçu une bourse de 2000 dirham mensuel (env 185 euros/mois) comme tous ceux qui ont quitté le Sahara Occidental.
200 sont allés à l’université Kadi Aaiad  de Marrakech dans le développement durable.
60 à l’Ecole Nationale Supérieure d'Electricité et de Mécanique, filière dessin bâtiment et informatique, à Casablanca.
35 à l’université Bouchaaib Doukali de El Jadida dans les filières espace fragile + 2 en journalisme + 20 en communication, 20 à Ecole Nationale de Commerce et de Gestion.
20 en stage infirmerie à l’hôpital Zayed de Rabat, 30 en gestion d’entreprise université Med 5 de Rabat



En 2013, à l’issu de leurs formations, ces 800 n’ont trouvé aucune place à l’OCP ni ailleurs au Sahara Occidental. Ils se sont constitué en groupe et gardent donc toujours le nom OCP Skills pour revendiquer ensemble le respect des promesses faites.Le groupe manifeste régulièrement sans résultat. Fin 2015, quelques jours avant l’annonce de l’OCP, le groupe constitue la coordination déjà mentionnée.

La nouvelle annonce de l’OCP propose donc à 500 Sahraouis de partir 2 ans au Maroc en formation. Un scénario 2016 quasi identique à celui de 2011, qui n’a eu d’autres résultats que d’éloigner 800 Sahraouis, dont 600 femmes, de leur pays et famille, d’autant que les formations suivies pendant 2 ans ne sont pas agrées par l’État.



Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
27 janvier 2016

بالنسبة للصحراويين عطالة رغم التدريب


بحسب ما ادلى بها احدهم ،  فان 9000 معطل صحراوي سجلوا في ولاية العيون كطالبي عمل .
البعض من هؤلاء يتظاهر ومنذ اشهر  بشكل منتظم من اجل وقف العنصرية المنتهجة ضدهم واحترام حقهم في العمل طالما ان الاغلبية التي يتم تعيينها للعمل في الصحراء الغربية المحتلة هي من المستوطنين المغاربة .
اعلن مصطفى التراب المدير العام للمكتب الشريف للفوسفات وهو شركة للفوسفات تملكها المملكة المغربية خلق 1270 منصب عمل للصحراويين وذلك عبر موقع شركة فوسبوكراع .  وتبدا الاجراءات بالعديد من الخطوات اولها انتقاء 500 من الصحراويين لاجراء تكوين مدته سنتين في المغرب قبل التحاقهم بالعمل في الشركة . وجاء ذلك الاعلان بمناسبة زيارة قام بها ملك المغرب الى العيون في ذلك التاريخ .
في 7 من ديسمبر 2016 نشر المكتب الشريف للفوسفات على موقعه بلاغا يعلن فيه حاجته الى عمال ، وكانت المؤهلا المطلوبة هي التالية : تقني ، تقني مختص ، شهادة جامعية في التكنولوجيا ، شهادة تقني عال التخصص ، اجازة علوم وتقنيات ، ماستر في العلوم والتقنيات وفي الشعب:  الميكانيك ، الكهرباء / الاليكترونيك الحرارية والباردة الكيمياء الصناعية والهندسة المدنية .
وبالنظر الى ان الشعب المطلوبة لايلجها الصحراويون والاقل اختيارا فان سخط المتظاهرون ازداد حدة بخاصة الان حيث ان مباريات التوظيف اعلنها المكتب في الفترة ما بين 18 الى 29 يناير كانون الثاني 2016 .
 وبحسب عدد من المتظاهرين المعطلين الحاصلين على شهادات مثل احمد حيدار فان اعلان ديسمبر كانون الاول كان يهدف الى وقف الاحتجاجات المستمرة  ويبدو ان الشهادات المطلوبة بحد ذاتها تمييز وهي بالتالي عمل متعمد من ادارة المكتب الشريف للفوسفات.
قررت اربع مجموعات من المعطلين الصحراويين تاسيس تنسيقية و بدأوا في التظاهر ابتداءا من 7 ديسمبر كانون الثاني  الماضي زهم الاطارات ( الحاصلين على الماستر) مجموعة او سي بي سكيلس ، مجموعة النهضة ومجموعة الامل .
نظمت المظاهرات في عدد من احياء المدينة وفي وقت واحد . وخاض 27 معطلا من التنسيقية اضرابا مفتوحا عن الطعام منذ 12 يناير والى 25 منه . وتعرضوا للترهيب والحصار والتهديد بممارسة العنف ، قطع التيار الكهربائي والماء من طرف السلطات المحلية بامر من حكومة الاحتلال وقوات الاحتلال . انظر مقال "ايكيب ميديا" .
في بوجدور ، 20 من يناير ، اكثر من 200 من المعطلين الصحراويين الحاصلين على شهادات و مواطنين متضامنين معهم احتشدوا في مسيرة سلمية للتعبير عن تضامنهم مع المعطلين المضربين في العيون وللمطالبة باحترام حقهم في العمل و الاستفادة من ثرواتهم الطبيعية .
تدخلت قوات الاحتلال بالقوة وخلفت عددا من المصابين ، تم تحطيم ابواب منازل الصحراويين في احياء لقبيبات وام لمحار والاعتداء على قاطنيها من طرف رجال الشرطة المغاربة .
اعتقل اكثر من 15 صحراويا و نقل ثلاثة منهم الى العيون للمثول امام وكيل ملك المغرب في 21 يناير كانون الثاني ، اعطى هذا الاخير اوامره بتحويلهم الى السجن الاكحل .  ويتهم جدنا لكريفة ، الراحة يونس واسماعيل صيلي بتهم اعتادت ان توجه الى المتظاهرين الصحراويين المسالمين كالاعتداء على موظفين عموميين تخريب ممتلكات عامة و عرقلة السير .
22 يناير كانون الثاني وفي السمارة نظم ائتلاف المعطلين الصحراويين مظاهرتين وكتب في اليافطات مطالبة سبعين متظاهرا باحترام حقهم في العمل ونددوا بالنهب الممنهج لثروات بلدهم . اصيب اربعة معطلين بعد تدخل عنيف للشرطة المغربية .
في العام 2011 اعلن المكتب الشريف للفوسفات توظيف 800 معطل حاصل على الاجازة او شهادات مهنية وسميت المجموعة ( اوسي بي سكيلكس) وكان من المنتظر ان يستفيد المعطلون من تكوين لمدة سنتين بفضل منحة قبل العثور على مكان في الشركة .
بقي 400 من هؤلاء في العيون من اجل التكوين في مكتب التكوين المهني وانعاش الشغل في شعب : تسيير المخزون ، السكرتارية و تسيير المقاولات . تلقوا منحة شهرية بميلغ 1100 درهم ( ما يعادل 100 اورو).
80 اخرون اكملوا دراستهم من اجل الحصول على شهادات في التنمية الاجتماعية بالمعهد العالي للاعلاميات التطبيقية و التسيير باغادير وتلقوا منحة ب2000 درهم شهريا (مايعادل 185 اورو) مثلهم مثل كل الذين غادرو الصحراء الغربية.
انتقل 200 للتكوين في شعبة التنمية المستدامة بجامعة القاضي عياض بمراكش .
60 بالمدرسة الوطنية العليا للكهرباء والميكانيك بالدار البيضاء لدراسة تصميم المباني والاعلاميات.
وبجامعة بوشعيب الدكالي بالجديدة تلقى 35 تكوينا في شعب " المجال الهش
 اثنين درسا الصحافة
 20 التواصل في المدرسة الوطنية للتجارة والتسيير.
وفي الرباط تلقى 20 تكوينا في التمريض بمستشفى الشيخ زايد
30 في شعبة تسيير المقاولات بجامعة محمد الخامس بالرباط
في العام 2013 ، وبعد انتهاء تكوينهم ، لم يجد هؤلاء الثمانمائة مكانا لهم في الشركة ولا في مكان في الصحراء الغربية وانتظموا في مجموعة محتفظين بالاسم الذي اطلق عليهم من اجل المطالبة مجتمعين بالتعهدات التي اعلنتها الدولة المغربية .
تظاهرت المجموعة بشكل منتظم لكن دون اي نتيجة . وفي العام 2015 واياما قبل اعلان المكتب الشريف للفوسفات اسست المجموعة التنسيقية المشار اليها اعلاه.
ويقترح المكتب ضمن اعلانه الجديد ان يتم تدريب 500 صحراوي لمدة سنتين في المغرب ، وهو سيناريو يبدو شبيها لذاك في العام 2011 والذي لم تكن من نتائجه سوى ابعاد 800 صحراوي بينهم 600 امراة عن وطنهم وعائلاتهم مع الاخذ بالعلم ان التدريب الذي دام لسنتين لايحظى باعتراف من طرف الدولة المغربية .
الفريق الاعلامي الصحراوي "ايكيب ميديا" الصحراء الغربية المحتلة
27 يناير كانون الثاني 2016

Tel +212 601 003 369