mercredi 25 janvier 2012

Le mur du Sahara à Gap

« L’autre côté du mur », film réalisé par Denis Véricel et produit par APSO a été projeté ce mercredi 24 janvier 2012 à Gap, dans les Hautes Alpes, à l’initiative de l’association Solidmar05 devant un comité de militants très actifs et en présence du sportif Sahraoui de haut niveau Salah Eddine Amaidan.

Le film donne la parole aux sahraouis qui racontent l’histoire de leur peuple, de leur pays, la dernière colonie d’Afrique, coupé en deux par un mur de 2700 km de long. L’histoire est celle de la violente colonisation marocaine, de l’exil, mais aussi de la récente manifestation Sahraouie de Gdeim Izik, en territoires occupés, point de départ des révolutions que l’on a appelé ensuite le printemps arabe….

La presse locale et les militants ont pu échanger avec le jeune Sahraoui qui a volontiers répondu aux questions et témoigné de son parcours, et de sa lutte pour la cause de son peuple.

Ont été abordés les problèmes de la position de la France au regard de la question sahraouie, sur le chapitre des droits de l’homme, et du droit international sur les ressources naturelles, mais aussi les actions concrètes et locales à projeter.

Apso, 26 janvier 2012

Le DVD du film est disponible, pour le commander : http://ap-so.blogspot.com/p/lautre-cote-du-mur-le-film.html



samedi 14 janvier 2012

Procès injuste reporté à Rabat et solidarité pacifique violemment réprimée à El Aaiun


Le procès de 23 détenus politiques Sahraouis qui devaient comparaître aujourd'hui devant la cour martiale de Rabat a été reporté sine die selon le procureur général.

Alors que certains remettent en cause la légalité d’une telle décision, les familles et amis des détenus ont manifesté leur indignation et leur solidarité.


Les 23 détenus ont été arrêtés en novembre 2010, après le démantèlement par les forces d’occupation marocaines de la manifestation pacifique sous tente du camp de Gdeim Izik, qui avait regroupé 20 à 30 000 Sahraouis.


Aujourd’hui des dizaines de parents des détenus, des observateurs européens ont manifesté devant la cour de Rabat. Les bannières écrites en arabe et en français ont dénoncé la poursuite de citoyens civils par les tribunaux militaires.

Les manifestants ont été rejoints par des représentants de la coordination de Gdaim Izik et par des étudiants sahraouis. Le groupe a demandé aux autorités marocaines la libération immédiate des détenus politiques sahraouis.


À El Aaiun occupée aussi, des centaines de citoyens sahraouis ont manifesté aujourd’hui contre le report du jugement. Les manifestations de solidarité avec les détenus se sont tenues boulevard de Mezouar et Al Quds.

Il semble que les autorités marocaines d’occupation ont craint des telles manifestations étant donné le grand déploiement des forces de l'armée, de la police et des forces auxiliaires, en plus de dizaines d'agents civils et militaires des services de renseignement.


Les manifestants ont néanmoins crié leur solidarité aux détenus et revendiqué plus généralement le respect de leurs droits fondamentaux comme le droit à l'autodétermination.

Les forces d'occupation sont intervenues en violence contre les manifestants, blessant plus d’une trentaine de femmes et d’hommes, dont certains sont toujours à l’hôpital.

Les agents de police ont d’autre part attaqué la maison de la citoyenne Ghlaijilha Serrakh dans laquelle avaient pris refuge des citoyens sahraouis. Ils ont brutalisé et blessé Madame Ghlaijilha et sa fille Mahmouda Ahel Lhadj.


Messieurs Hammadi Filali et Rami Tayeb ont été arrêtés à 11h et conduit à la préfecture de police. Ils n’ont toujours pas été libérés.


À Agadir, plus de 80 étudiants sahraouis ont organisé une manifestation au sein de la faculté des lettres en soutien aux prisonniers politiques du groupe dit de Gdaim Izik, et pour revendiquer le respect des droits des sahraouis.


À Smara occupée, dans le quartier Tan-tan, plus d’une trentaine de sahraouis ont manifesté leur solidarité aux détenus sahraouis de Gdaim Izik, en brandissant leurs photos et des drapeaux de la République Sahraouie.



El Aaiun, 13 janvier 2012 http://youtu.be/lnYHqumEM8w


La liste provisoire des blessés à El Aaiun suit.

Mesdames et mesdemoiselles

Salima Limam

Rabab Ali Baiba

Hadi Minatou

Lmjaied Mbarka

Aiaich Maigaf

Nafaai El Ghalia

Mossaoui Malika

Bourtali Gaila

Mnaina Haddi

Bouba Haddi

Manna Toubali

Fattam Sidi Haiba

Omama Mohamed Skaima

Naimaa Soufi

Zahra Regaibi

Fatma Soudani

Tomana Daida Mosaoui

Mbarka Haidan

Akik Hjaiba

Taaila Ali Baiba

Fatimatou Zraiginat et Fatma Sabbar

Et messieurs

Ali Saadouni

Lahbib Salhi

Bamba Lafkir

Bchraoui Nabett

Mokhtar Mahloub Ali

Neaama Jedamou

Hamada Lfilali


EM, le 13 janvier 2012

El Aaiun, Sahara Occidental occupé

(VF)

vendredi 13 janvier 2012

Communiqué sur le semi marathon de El Aaiun بيان حول السباق المراطوني بمدينة العيون

Communiqué sur le semi marathon de El Aaiun

Nous, citoyens sahraouis du groupe de la coordination de Gdaim Izik, dénonçons le semi marathon organisé par le Maroc, dimanche 25 décembre 2011 dans notre ville de El Aaiun, au Sahara Occidental occupée.

Nous ne sommes pas d’accord avec l’organisation d’un événement sportif comme celui-ci, placé sous la très haute surveillance de la police et des autres organes sécuritaires présents dans notre ville, et destiné d’abord aux colons et aux étrangers.
La course ne fait pas la promotion du sport dans ses valeurs de partage et de respect, mais la promotion de l’occupation par la force de notre terre.
Notre pays, le Sahara Occidental, n’est pas le Maroc, contrairement à toutes les annonces faites par les organes de presse officiels du gouvernement d’occupation autour de cette course, et les seules informations disponibles.
Nous dénonçons la dépense financière engagée pour doter la course de récompenses destinées à attirer des sportifs. Les revenus du Maroc viennent en parti du vol de nos ressources naturelles, et dans ce cas ils servent à faire entendre comme acquis la marocanité de notre pays, ce qui est contraire au droit international.
Nous dénonçons d’autre part l’accord de partenariat établi entre l'institut Rachid Ben Maziane et le marathon de Nouadibou. Cet accord correspond à la même stratégie de désinformation que la course, et engage la Mauritanie, un pays qui maintient normalement des liens de neutralité envers notre cause et nos souffrances.

La course comme le partenariat doivent être supprimés.


La coordination de Gdaim Izik

Le 30 décembre 2011
(traduction Apso Sahara)


بيان حول السباق المراطوني بمدينة العيون
في ظل هذا القمع الممنهج ضد الصحراويين وبمرئ من العالم تعمد الدولة المغربية لسياسة التقنيع عن طريق تنظيم مهرجانات وسبافات رياضية وسهرات فنية بغيت تزييف الواقع الذي يعيشه الصحراويون من قمع وترهيب وتهميش ومن هذا المنطلق نرفض كل هذة الاشكال الدعائية الموجهة اساسا لتعتيم المنتظم الدولي عن حقيقة ووضعية المنطفة لذا نعلن رفظنا ومشاركتنا في السباق المراطوني المنظم يموم الأحد يوم 25 دجنبر بمدينة العيون، بالصحراء الغربية.
لا نتفق مع تنظيم حدث رياضي كهذا في ظل حصارأعلامي بوليسي بمدينتنا و الموجهة أساسا للمعمرين و الأجانب.
ان السباق المنظم لا يعمل على خدمة الرياضة بالمناطق المحتلة، بل يهدف خدمة الاٍحتلال لأرضنا.
اٍن بلدنا الصحراء الغربية ليس هو المغرب عكس ما تشيعه صحافة حكومة الاِحتلال حول هذا السباق
ندين كذلك المصاريف التي أنفقت لاٍعطاء الهدايا لجلب الرياضيين. بل هذه المداخيل هي من الأموال المسروقة من خيراتنا الطبيعية، الهدف من اٍنفاقها هو الدعاية لاٍحتلال بلدنا. الشيء الذي يتنافى مع القانون الدولي.
و ندين من جهة أخرى اتفاق الشراكة بين معهد رشيد بن مزيان و سباق نواديبو. هذا الاٍتفاق يأتي مطابقا لاستراتيجية تزييف الاٍعلامي حول هذا السباق و يحمل موريطانيا المسؤولية، هذا البلد الذي ظل محايدا حول قضيتنا و معاناتنا.
لذا يجب اٍغاء هذا الاتفاق و كذا توقيف السباق

تنسيقية اكديم ازيك
بتاريخ 30 دجنبر 2011

source : http://coord-gdaim-izik.blogspot.com

Déclaration ASVDH sur le rejet de l’accord de pêche

L’ASVDH salue le sens des responsabilités démontré par les parlementaires européens qui ont rejeté le 14 décembre 2011 la prolongation de l’accord de pêche UE-Maroc par lequel depuis 2007 les navires européens pêchaient officiellement dans les eaux de notre pays en toute illégalité.

Le travail rigoureux mené et coordonné par l’organisation internationale Western Sahara Resource Watch contre le pillage des ressources naturelles de notre pays et contre cet accord de pêche porte ses fruits. Cela nous donne de l’espoir et nous encourage à poursuivre la lutte et l’affirmation de notre droit imprescriptible à l’autodétermination.
La reconnaissance de notre droit fondamental par les grandes instances internationales peut seule permettre les avancées dans le travail de l’ONU et de l’UA dans la résolution du conflit dont nous souffrons au quotidien.

Les Sahraouis en territoires occupés ont manifesté massivement leur désapprobation contre le pillage de leurs ressources halieutiques par l’édification du campement de Gdem Izik , en octobre 2010. En tant que peuple, nous n’avons jamais été consultés concernant l’exploitation de nos ressources, confisquées par les intérêts marocains et étrangers. Les conditions socio-économiques de nombreux d’entre nous sont paradoxalement aussi précaires et douloureuses que notre terre est riche et spoliée.

Les Parlementaires Européens ont affirmé que le droit ne peut être bafoué continuellement impunément.
C’est avec une nouvelle confiance que nous poursuivrons notre dénonciation des violences perpétrées par l’Etat marocain contre les Sahraouis, et œuvrerons pour la condamnation des responsables et ordonnateurs de ces violences.

ASVDH, le 16 décembre 2011
source : http://asvdh.net/6133

mardi 15 novembre 2011

Don’t occupy... Westsahara



Ce 12 novembre 2011, des soldats supposés marocains, armés de fusils en cartons, ont bloqué la route des participants de la manifestation « Banken in die Schranken! » (« Les banques à leur place ! ») vers la Porte de Brandebourg à Berlin. Ils ont occupé un territoire délimité, le Sahara Occidental, et ne se sont pas cachés d'être sponsorisés par la France, l'Espagne et l'Union Européenne.

Une banderole et des tracts avec la sommation "Don't occupy... Westsahara" (N'occupez pas ... le Sahara Occidental) donne l'explication nécessaire. L'action ne se place pas en opposition au mouvement "occupy" (des indignés), mais veut attirer l'attention sur le conflit persistant au Sahara Occidental, les intérêts économiques en jeux et les atteintes perpétrées par le Maroc sur les droits humains ainsi sur le droit international.

Il y a exactement 36 ans (le 14 novembre 1975), furent signés les « accords de Madrid » entre l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie.
Depuis, et jusqu'à ce jour...
- le Maroc occupe – en violation du droit international – une grande partie du Sahara Occidental
- 200 000 Sahraouis (chiffres UNHCR) vivent dans des camps de réfugiés
- le Maroc boucle les territoires occupés par un mur de protection militaire de plus de 2000 km de long et réprime par une violence massive toute contestation des Sahraouis
- la population sahraouie attend un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU, constamment empêché notamment par l'influence de la France
- l'Union Européenne participe au pillage des matières premières et des richesses halieutiques (poissons) et profite de l'occupation faite en violation du droit international.

C'est pourquoi le groupe 'Projektgruppe Westsahara' exige : « Don't occupy... Westsahara », car :
Nous devrions être conscients du fait, (…) que des occupations sont violentes et brutales dans d'autres pays. Nous devrions apprendre à dire "NON" aux occupations militaires.“
Angela Davis, Occupy Wall Street, New York, USA, 30 octobre 2011

Projektgruppe Westsahara
beim Kreisjugendring Köpenick e.V.
+49 (0)30 65 01 51 45 ou +49 (0)176 77 300 669

westsahara@hdjk.de
www.projektgruppe-westsahara.org

vendredi 11 novembre 2011

Des civils sahraouis devant un tribunal militaire marocain

Le 10 novembre 2011, les Sahraouis incarcérés pour raisons politiques dans la prison de Salé 2 au Maroc ont été informés par le juge d'instruction de leur prochaine comparution devant le tribunal militaire.

Ces civils, militants pour la défense des droits du peuple sahraoui ont été arrêtés, torturés pour la plupart et enfermés sans jugement après la manifestation pacifique de Gdem Izik, campement de 7000 tentes implanté dans le désert proche de El Aaiun et détruit violemment par les autorités marocaines le 8 novembre 2010.

Ce sont : Hassan Dah, Mohamed Tahlil, Bachir Kadda, Naama Asfari, Abdallahi Lakhfaouni, Banga Cheikh, Mohamed Bourial, Laaroussi Abdeljalil, Mohamed ElAyoubi, Taqi Machdoufi, Ahmed Sbaai, Mohamed Lamin Haddi, Sid Ahmed Lemjeyed, Mohamed Elbachir Boutinguiza, Elhoussein Zaoui, Abdellah Toubali, Daich Daf, Mohamed Bani, Abhah Abdallah, Abderahmane Zayou, Brahim Ismaïli, Mohamed Khouna Babait, Mohamed Mbarek lafkir, Ahmed Daoudi

Précédemment, ce même tribunal chargé de l'instruction de 7 militants sahraouis des droits de l'homme s'était déclaré incompétent au bout d'un an.

Dans le cas présent, il semblerait que le Maroc ait décidé de présenter des civils devant un tribunal militaire. La date n'a pas été communiquée aux prisonniers.

Les prisonniers politiques de Salé 2 sont en grève de la faim depuis le 31 octobre 2011 pour protester contre les mauvais traitements et le non-respect de leurs droits.

APSO, le 11 novembre 2011
Sources : ASVDH et Comité de suivi pour la grève de la faim



mardi 8 novembre 2011

Les colons marocains des tomates protestent pour retourner au Sahara



Des colons venus du Maroc cultivent des quantités lucratives de tomates et de melons dans les plantations du Roi du Maroc à Dakhla, au Sahara Occidental occupé. Face à d’incessantes interruptions d'emplois, ces travailleurs manifestent actuellement à Casablanca. Pour tuer d’autres manifestations dans l'œuf, les autorités leur ont promis le retour de leur emploi.

À quelques dizaines de kilomètres de Dakhla se trouve le Domaine royal de Tiniguir, les plantations du Roi du Maroc sur la terre qu’il occupe illégalement. Ici, les travailleurs marocains sont employés pour cultiver la terre, excluant la population sahraouie locale. Pour attirer la main-d'œuvre du Maroc, des petites maisons ont été construites dans la propriété de la compagnie royale.

Depuis août 2010, de petits groupes d’ouvriers agricoles ont été continuellement virés et expulsés de leurs maisons de Tiniguir. Une manifestation solidaire sur la plantation s’est soldée par le licenciement de 40 autres personnes. Depuis lors, les travailleurs se sont réunis en un syndicat qui a commencé un sit-in devant l'Administration Générale des Propriétés Agricoles à Casablanca le 3 novembre 2011. Le wali de Dakhla leur a promis qu’ils retrouverait leur emploi s'ils arrêtaient immédiatement leur manifestation et se présentaient pour travailler à la wilaya, affirme le journal marocain Lakome.

Une photo sur les pages Web de Lakome montre les manifestants - sous le drapeau marocain.

Et là réside la plus grande controverse : les travailleurs des plantations du Roi sont des colons marocains. L’engagement agricole est une partie de la stratégie du Maroc, pour coloniser les régions du sud du Sahara Occidental. La propagande officielle marocaine catégorise les activités agricoles de développement des provinces du Sud. Néanmoins ce « développement » est réalisé sans la participation du peuple Sahraoui, et ne lui apporte rien en retour.

Certains des plus grands producteurs actifs dans la zone contestée sont les entreprises françaises Azura et Idyl, dont les produits sont disponibles partout en Europe. Ces deux sociétés emploient à elles seules jusqu'à 10.000 personnes pour l'industrie de la tomate dans la région de Dakhla. La plupart des employés sont d'origine marocaine. En raison de la controverse, les chaînes de produits frais de Scandinavie ont refusé d'acheter les tomates de Dakhla.

Pour tenter de diminuer la dépendance à la pêche dans la région, Tiniguir a été lancé comme un projet pilote en 1989 sur les instructions du roi Hassan II vieillissant. Son succès a attiré de nombreux investisseurs dans la région de Dakhla, qui compte aujourd’hui au moins 11 sites de plantation.


Source : WSRW Western Sahara Resource Watch