lundi 12 octobre 2015

ASSF : Fc Sahraoui contre Fc Bennecourt B, 3-2

Le Représentant du sport sahraoui en France continue de récolter d'excellents résultats.

Mantes la jolie / France : l’équipe  sahraouie en France,  continue à obtenir d'excellents résultats dans sa participation au tournoi "Nova", qui se déroule à Mantes la jolie dans la région parisienne.

Notre équipe sahraouie  recevait ce dimanche 11 octobre 2015, son adversaire  le  FC Bennecourt B  sur le stade de la butte verte. Les sahraouis se sont imposés 3 buts à 2. 
 
Ces résultats améliorent la position des footballeurs sahraouis, maintenant parmi les premiers au classement.

L'équipe technique, le Bureau exécutif de l'Association sportive des Sahraouis en France et les joueurs sahraouis, tiennent à exprimer leurs soutiens et dédient  cette victoire aux "Lions de Gdeim Izik" à l'occasion du cinquième anniversaire du soulèvement de Gdeim Izik*.

Service communication, le 11/10/2015


* Note Apso : Gdeim Izik est le nom du lieu - proche de la ville de El Aaiun au Sahara Occidental occupé - où a eu lieu en octobre-novembre 2010 une très importante manifestation des Sahraouis contre l'occupant marocain. La premier mouvement de ce qui a été appelé le printemps arabe. 20 000 civils sahraouis ont manifesté sous la tente dans le désert leur refus de la présence militaire sur leur terre.
Le campement a été attaqué et détruit par le feu le 10 novembre 2010 avant l'aube. De vastes rafles ont eu lieu ensuite de la part des autorités marocaines d'occupation. 23 civils sahraouis, responsables d'association, journalistes... sont toujours en prison militaire suite à cela. Ils ont été condamné à des peine de 20 ans de réclusion à la perpétuité. On les nomme le groupe de Gdeim Izik à la prison de Salé.

jeudi 8 octobre 2015

ASSF : Victoire de 4-1 pour l’équipe sahraouie contre Blaru Asi


Les footballeurs sahraouis continuent leur chemin dans le championnat de la Nova, avec une belle victoire ce dimanche 4 octobre 2015 à Mantes la jolie,  contre l’équipe BLARU ASI, cette réussite nous montre une fois de plus la détermination de cette équipe à aller encore plus loin.
Ceci est la deuxième victoire consécutive pour le FC sahraoui dans  le championnat, ayant obtenu une grande victoire la semaine dernière à l’extérieur, chose qui a amélioré le classement du groupe.
Et à l'occasion du prochain anniversaire de l'unité nationale, l'équipe technique et le Bureau exécutif de l'Association sahraouie du Sport en France, offre cette victoire à tous les Sahraoui(e)s dans le monde entier.
Service Communication ASSF le 04/10/2015

jeudi 1 octobre 2015

Conférence/débat à Rabat (Maroc) le 8 oct 2015 à 17 heures


Antidote Editions (www.antidote.be), le Comité Free Ali Aarrass (www.freeali.eu) et l’Association marocaine des droits humains (http://www.amdh.org.ma/fr)
 vous invitent

Jeudi 8 octobre 2015 à 17 heures Rabat Maroc

Au siège de l'AMDH
Imm6, App 1, rue Akensous,  sur Avenue Hassan II,  Rabat.
 
Conférence/débat autour du livre
 « Marraine des deux plus anciens prisonniers politiques marocains » de Marie-Jo Fressard
 et
 de l’affaire Ali Aarrass
en grève de la faim depuis le 25 août à la prison de Salé II

Avec la participation de
Marie-Jo Fressard, auteure
Luk Vervaet et Farida Aarrass du Comité Free Ali
Khalil Idrissi et Lahcen Dadsi, avocats d’Ali Aarrass

vendredi 18 septembre 2015

Apso répond à Milena Rampoldi pour ProMosaik

Sahara Occidental : "Une occupation coloniale qui dure depuis 40 ans"
Interview de l'association APSO

Commander le livre:
apsolument@yahoo.fr
15 € (+ frais de port si envoi)


par Milena Rampoldi, ProMosaik e.V.
Un entretien très important avec François de l’association APSO, Amis du
Peuple du Sahara Occidental, une association française qui a pour but de faire connaitre la tragédie de l’occupation marocaine du Sahara Occidental. L’association représente une source d’information essentielle sur ce pays tombé dans l'oubli. ProMosaik e.V. vient de parler avec François pour lui poser de questions sur l’association et ses activités, sur la situation du pays et sur les similarités avec la PALESTINE. Il faut lutter pacifiquement pour permettre la décolonisation du Sahara Occidental et son indépendance. Au nom de l’anti-impérialisme il faut s’opposer à cette occupation et à l’injustice. Et il faut aider les prisonniers politiques sahraouis. 

Milena: ProMosaik voit la question du Sahara Occidental comme une question coloniale. Le peuple du Sahara Occidental a le droit de vivre en liberté et dans son identité culturelle. Que vous pensez de cela ?
François : Votre formulation est intéressante, parce que dans la question sahraouie, ce que nous pensons ou considérons personnellement n’est pas très important puisque c’est une question de droit international. Les Nations Unies disent et répètent depuis 1963 que le Sahara Occidental est un territoire à décoloniser et que le peuple sahraoui, qui l’a toujours revendiqué, a le droit d’autodéterminer son avenir et celui des ressources de sa terre, ce qui veut dire aussi le droit de choisir pour l’indépendance. Choisir de parler sa langue, la Hassanya, et de vivre selon sa culture ancestrale nomade… Le Sahara Occidental était depuis 1884 une colonie espagnole. Le mouvement de décolonisation de l’Afrique valait aussi pour ce territoire. La Cour Internationale de Justice l’a réaffirmé en 1975 juste avant l’invasion du territoire par le Maroc et la Mauritanie. L’Assemblée Générale de l’ONU l’a répété en 1979 quand la Mauritanie s’étant retirée et ayant reconnu la République Sahraouie, le Maroc a persisté dans son occupation militaire et a tenté d’envahir tout le territoire, en construisant dans les années 80 un mur de défense qui fait maintenant plus de 2500 km de long.
La charte de l’ONU, et particulièrement le chapitre 73 (chapitre XI) pose précisément les devoirs des colonisateurs, envers le peuple, envers la terre et les ressources qu’ils occupent. Ils « reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires. Ils acceptent comme une mission sacrée l'obligation de favoriser dans toute la mesure possible leur prospérité, dans le cadre du système de paix et de sécurité internationales établi par la présente Charte » … voir http://www.un.org/fr/documents/charter/chap11.shtml
Chaque année, l’ONU répète donc que les Sahraouis ont le droit à s’autodéterminer, et jamais le référendum d’autodétermination n’a encore eu lieu. Le blocage vient du Maroc qui, depuis la signature du cessez le feu en 1991 dont c’était la condition, ne tient pas l’engagement pris. Si l’ONU a pris en compte cette volonté de destin sahraoui, c’est que le peuple l’a manifesté, qu’il s’est organisé. En effet, les mouvements de résistance des Sahraouis - quelques soient leurs formes - contre les envahisseurs ont toujours existé, d’abord contre l’Espagne, puis contre les deux nouveaux occupants. Maroc et Mauritanie.
En 1973, les Sahraouis refondent un mouvement de résistance qu’ils appellent le front Polisario, Front pour la libération de Saguia el Hamra et Rio de Oro. En 1976, au lendemain de l’annonce officielle de son départ par l’Espagne, les Sahraouis proclament en exil leur République, la RASD.
Géographiquement, le territoire dont les frontières sont internationalement reconnues est actuellement et depuis la fin des années 80, coupé en deux par le mur évoqué plus haut. C’est un mur militaire marocain, technologiquement très équipé, un mur de défense de la partie dans laquelle le Maroc exploite et pille pour son compte les ressources naturelles du Sahara Occidental. Là encore le droit international ne laisse pas matière à interprétation.
En 2002, Hans Corel, conseiller juridique et secrétaire général adjoint de l’ONU a rendu un avis portant spécialement sur les ressources minérales du Sahara Occidental, leur exploration et exploitation, reprenant les règles du droit international. Sa conclusion était que pour utiliser les ressources naturelles du territoire sahraoui il fallait l’avis et l’autorisation du peuple et que cela soit pour son bénéfice. Cela vaut pour toutes les ressources du territoire. Cette partie occupée représente les ¾ du territoire à l’ouest, côté océan. La partie gérée par les Sahraouis est à l’est, côté désert.
Le territoire dans son ensemble est encore largement pollué des restes de la guerre, mines terrestres et autres engins explosifs, et donc très dangereux. Le mur est un vrai mur, qui sépare les familles sahraouies qui vivent sur leur terre, ou en territoire libéré et à proximité en exil en Algérie comme réfugiés. Concrètement donc les Sahraouis vivent actuellement dans les territoires libérés, en exil, ou dans les territoires occupés militairement par le Maroc, à l’ouest du mur.
De 160 à 200 000 Sahraouis vivent dans les campements de réfugiés, dans le désert salin et aride du sud ouest algérien, proche de la ville de Tindouf, en total dépendance de l’aide humanitaire internationale et dans des conditions extrêmes, 50° d’amplitude thermique, aucune végétation… En territoire occupé, les Sahraouis qui revendiquent leur nationalité le font au risque de leur liberté et parfois de leur vie. Les discriminations par la puissance coloniale sont quotidiennes dans tous les domaines, et les droits humains des Sahraouis bafoués dans tous leurs articles, nous en parlerons plus après dans ce texte.
Cette situation bloquée depuis 40 ans est possible parce que les puissances occidentales la tolèrent et ne font pas suffisamment prévaloir l’impératif du respect du droit international. La France notamment, tout en affirmant que le conflit doit se régler dans le cadre du plan de paix de l’ONU soutient tacitement le Maroc, même au pire de ses exactions, et sans aucune cohérence avec les valeurs nationales de notre pays des droits de l’homme.

 Milena : Quel sont les objectifs principaux de votre organisation ?
François : APSO, les Amis du Peuple du Sahara Occidental, est une association française de solidarité avec les Sahraouis, Nous avons deux axes, l’information et la solidarité directe aux Sahraouis. Nous informons les francophones sur la question du Sahara Occidental par des textes d’actualité ou d’analyse publiés sur les blogs Apso, des contributions dans des médias engagés ou sans concessions comme les vôtres. Nous venons aussi de contribuer à un dossier Sahara Occidental qui paraitra dans le prochain Afrique en Lutte ». Nous assurons des conférences pour tous publics et sur les différents domaines de nos interventions, des débats…
Nous avons aussi réalisé et produit un film documentaire « L’autre côté du mur » (2011) grâce aux compétences d’un de nos membre, Denis Véricel. Ce film documentaire est un support que nous utilisons pour nos conférences, et qui peut aussi s’acquérir en DVD pour des projections privées de ceux que ça intéresse. Et nous avons publié cette année un ouvrage collectif rassemblant des textes que des spécialistes et témoins directs ont écrit à notre demande, c’est « Lutter au Sahara ». C’est aussi Denis qui a coordonné cet énorme travail. Nous y consacrons une partie de cet article plus loin.
La solidarité directe avec les Sahraouis est multiforme, et tient compte de ce que nous avons des compétences mais très peu de moyens financiers. Nous partageons donc avec les Sahraouis connaissances et expériences, avec ceux qui sont en exil en France, dans les campements de réfugiés, où nous soutenons plus particulièrement les démarches en direction de la jeunesse, ou en territoire occupé où nous soutenons les média locaux sahraouis. Nos thématiques d’intervention sont le sport, les arts, les sciences, la culture, les ressources naturelles, l’information et les problématiques jeunesses, la question en général…
Milena : ProMosaik part de l’idée que pour changer quelque chose il faut de l’information engagée, et qu’il faut se mettre en réseau. Comment est-ce que vous pratiquez ça dans votre organisation ?
François : APSO est une association et un réseau. Nous essayons de partager entre nous les actions que nous menons, les courriers, documents, nos expériences, connaissances… ce que nous produisons. Il nous semble plus efficace de ne pas toujours refaire un travail déjà fait, et de garder l’énergie pour autre chose. Nous essayons d’entrer en contact avec d’autres organisations, et de créer et garder des relations, pour croiser les problématiques et occasions d’action. Et nous appartenons au réseau international WSRW, Western Sahara Resource Watch, qui est un observatoire des ressources naturelles du Sahara Occidental. Nous sommes coordinateurs pour la France et de fait spécialistes ici de cette question. Travailler en réseau n’est pas évident, et représente un investissement, mais qu’il faut effectivement faire pour espérer faire changer les choses.
Milena : Parlez à nos lecteurs de votre publication « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental ».
François :  « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental » est un ouvrage très important, et qui fait référence sur la question du Sahara Occidental. L’ouvrage a été édité par APSO en avril 2015, avec les encouragements de Noam Chomsky. Les auteurs des 15 articles sélectionnés pour cet ouvrage sont des témoins ou spécialistes directs, qui proposent leur récit ou analyse. Ce sont : Denis Véricel, Edouardo Galeano, Francesco Bastagli, Anna Theofilopoulou, Oliver Quarante, Bill Fletcher Jr, Jacob Mundy, Vincent Chapaux, Ayad Ahram, Juan Soroeta, Jeffrey Smith, Erik Hagen, Alice Wilson, Tara Deubel, Sebastien Boulay, Mohamed Mouloud Mohamed Fadel.
Les chapitres et thématiques sont : Géopolitique du conflit, Le Maroc face au Sahara Occidental, Le Droit - Les ressources naturelles, Regards anthropologiques Les titres des textes : Murs, Fragments du Sahara Occidental, La saga du Sahara Occidental continue aux Nations Unies : Un point de vue de l’intérieur, Le rôle de la France, La lutte au Sahara Occidental : dépasser son invisibilité aux États-Unis, Les Colons marocains au Sahara Occidental : Colonisateurs ou cinquième colonne? , Le rôle de la monarchie dans la fabrique de l’opinion publique marocaine, Sur le conflit du Sahara Occidental et les Droits de l’Homme dans la région, Palestine et Sahara Occidental : Analyse comparative des deux conflits et du droit applicable, L’appropriation du Sahara : Le rôle des ressources naturelles dans l’occupation du Sahara Occidental, Le poisson passe avant la paix, Comment sont organisées les élections dans les camps de réfugiés sahraouis?, Identité sahraouie et intégration des minorités : Point de vue des étudiants sahraouis vivant au Maroc, Résister par la culture, résister pour sa culture. La poésie sahraouie face aux politiques d’occupation du Maroc au Sahara Occidental, Notre jeunesse sahraouie.
Après avoir lu l’introduction et le très beau texte d’Eduardo Galeano qui le suit, il est possible de lire le livre dans l’ordre que l’on veut, selon ses intérêts premiers.
Milena : Comment on peut connecter la question du Sahara Occidental aux autres mouvements anti-impérialistes comme par exemple en Palestine ? Quels sont les points communs ?
François : Les questions sahraouie et palestinienne ont effectivement de grandes similitudes au regard du droit international. Colonies, pratiques coloniales, colons, mur, pillage des ressources naturelles, guerre et bombardements, mines terrestres … Israël et Maroc assoient leur occupation illégale des territoires de Palestine et Sahara Occidental sur une violation constante des résolutions de l'ONU. L’information est très contrôlée dans les deux cas, les médias ou délégations d’étrangers ne peuvent travailler ni attester par leur venue dans les territoires occupés. Une version officielle subjective est diffusée avec insistance, et reprise au niveau international. Cette version ne parle jamais de la répression brutale, des enlèvements, tortures, assassinats, incarcérations arbitraires et abusives… des infrastructures construites pour les colons et militaires, leurs présences, leur maintien, bâtiments dans les villes les ports, les routes et les murs de défense.
Les droits humains violés au Sahara Occidental, que nous avons évoqués ci-dessus, le sont aussi en Palestine. Dans notre ouvrage « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental », Juan Soroeta propose une analyse comparative des deux conflits et du droit applicable. Cela peut permettre d’approfondir pour ceux qui le souhaitent.
Au niveau populaire, et pour ce que nous avons pu contraster, les Sahraouis rencontrés dans les campements ou en territoire occupé du Sahara Occidental sont très au fait de l’actualité de la Palestine, attentifs, inquiets et solidaires. Nous ne savons pas si la réciproque existe. Les échanges dont nous avons connaissance ont lieu en diaspora. La très belle rencontre entre le réalisateur palestinien devenu anglais, Saeed Tajy Farouki, et l’athlète sahraoui Salah Amaidan, a donné le poignant film « The Runner », Regard d’un Palestinien sur un Sahraoui… En France les nombreux militants de la cause palestinienne sont à l’écoute de ce nous expliquons du problème sahraoui similaire, mais ils ont beaucoup à faire. Peut-être serait-il intéressant de faire plus d’actions - sensibilisations communes, comme une action pour la journée des prisonniers politiques où l’attention avait été attirée conjointement sur Kurdes, Palestiniens et Sahraouis.
Milena : Quelles sont les violations des droits humains les plus importantes en Sahara Occidental ?
François
: La première des violations des droits humains des Sahraouis est celle du non respect de l’autodétermination du peuple. De là découlent toutes les autres. En territoire occupé, le colonisateur marocain use de tous les artifices « classiques » d’un occupant pour priver le peuple de sa dignité, pour tenter de le faire disparaître, et par le pillage de ses ressources naturelles en lui confisquant son avenir. Pour développer en quelques lignes, et considérant les 30 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, on peut ajouter les aspects suivants. Les Sahraouis en territoire occupé n’ont donc pas le droit d’exprimer leurs pensées si elles ne suivent pas la ligne officielle marocaine qui nie leur existence. Ils n’ont pas le droit d’utiliser leur langue, de suivre leurs coutumes, de donner à leurs enfants les prénoms qu’ils souhaitent. Ils ne peuvent pas posséder leur terre, choisir librement leur travail et y être traités équitablement, ils ne peuvent développer leur personnalité sous un régime de peur, espionnage et délation…
Certains Sahraouis reçoivent une allocation de survie accordée par le Maroc pour le prix de leur docilité, et à cette condition, leur indignité. La discrimination quotidienne, violence psychologique, côtoie la violence physique sur les Sahraouis. La violence, la torture et l’assassinat, les arrestations et incarcérations arbitraires, les procès truqués, et aveux extorqués sous la torture sont des pratiques courantes. L’iniquité de la justice marocaine garantit de fait l’impunité aux Marocains, policiers, militaires ou civils qui agressent des Sahraouis.
 
Milena : Parlez-nous de la souffrance des prisonniers politiques
François : Il n’est pas facile de parler de la souffrance des prisonniers politiques sahraouis parce qu’eux-mêmes sont très discrets et pudiques sur leurs ressentis, leurs vécus et quand nous arrivons à être en contact direct avec eux, ils s’inquiètent plus volontiers de notre santé que de nous livrer les difficultés de leur quotidien. Néanmoins, être condamné pour ses opinions, ou en fonction de ses opinions politiques est une injustice fondamentale. Les familles sahraouies ne s’y trompent pas qui fêtent le retour de leurs parents libérés comme des héros quand ils ont purgé la peine qui leur a été imposée pour leurs activités en faveur du respect du droit dû à leur peuple. Nous savons que les prisonniers sahraouis sont particulièrement maltraités dans les prisons marocaines. Ils sont incarcérés avec les prisonniers de droits communs puisque le Maroc nie la présence de prisonniers politiques – Sahraouis et Marocains – dans ses prisons. Ils sont brimés, dévalisés, torturés, mis au cachot aux premiers prétextes… Des membres de notre association ont plus particulièrement soutenu ou parrainé des jeunes hommes pour lesquels des articles ont été écrits. Ce sont Salek Laasairi, condamné à perpétuité, Hassan Dah, condamné à 30 ans après Gdaym Izik, et Saleh Amidan, maintenant libéré après 10 ans de prison. Pour Salek, lire http://apsoinfo.blogspot.fr/2014/05/em-38-jours-sans-manger-pour-protester.html et http://ap-so.blogspot.fr/2014/04/destin-brise-double-peine.html, pour Hassan http://apsoinfo.blogspot.fr/2013/03/hassan-dah-sahraoui-prisonnier.html et pour Saleh http://apsoinfo.blogspot.fr/2012/08/info-em-les-sahraouis-prisonniers.html et http://apsoinfo.blogspot.fr/2012/09/appel-de-jeunes-prisonniers-au-maroc.html.
Saleh avait fait parvenir un message à son cousin lui aussi incarcéré pour ses actes politiques et sorti avant lui, ce sont quelques mots presque poétiques qui sont lisibles ici :
Les prisonniers sahraouis de droit commun emprisonnés à la Prison Noire de El Aaiun, outre des conditions d’incarcérations inacceptables et proches de l’insalubre, subissent eux aussi des violences de la part des autorités coloniales. Les journalistes sahraouis de l’Équipe Média en ont récemment fait état dans un article qui est disponible dans sa traduction en français en suivant ce lien : http://apsoinfo.blogspot.fr/2015/08/abus-et-violences-la-prison-noire-el.html.

mercredi 12 août 2015

EM. Abus et violences à la Prison Noire à El Aaiun

Jeudi 6 août dans la soirée, les gardiens de la Prison Noire de El Aaiun au Sahara Occidental occupé ont mené une inspection musclée au cours de laquelle ils ont confisqué les téléphones portables et autres effets personnels de prisonniers sahraouis de droits commun.

Suite à cela et en signe de protestation, 37 de ces prisonniers ont, vendredi, refusé de sortir de leurs cellules.
Toute la journée et le jour suivant, enfermés dans leurs cellules, ils ont chanté et crié des slogans contre l’occupation marocaine, et pour le respect du droit international et des engagements pris par l’ONU avec du peuple sahraoui.
Ils ont exigé d’être mieux traités immédiatement, et que le vice directeur de la prison, auteur et instigateur des vols et de discrimination répétée à leur égard soit envoyé ailleurs.
Ils ont refusé de croire aux promesses faites par le procureur général du roi du Maroc auprès la cour d’appel d’El Aaiun de l’ouverture d’une enquête sur les vols d’objet personnels et continué à protester.

Dimanche 9 août à 5h du matin, les prisonniers ont été attaqués par une équipe centrale d'intervention venue de Rabat. Ils ont résisté comme ils ont pu contre l’agression en bloquant leurs portes et se sont défendu en jetant de l’eau et de l’huile bouillante sur les agents de l’équipe d’intervention.

Les prisonniers ont été saisis vers 6 h après que l’équipe d’intervention ait cassé les murs des cellules avec des pioches et des massues. Ils ont ensuite tous été frappés et maltraités.

Vers 14h ce même jour, 30 de ces prisonniers ont été placés dans d’autres cellules.
4 ont été incarcérés dans une cellule réservée aux malades sidéens, ce sont El Maa'ni El Mehdi, Zayrag Dahi, Bousaoula Lamin, Ayoub Chekrad.

Jusqu’à lundi matin il manquait les informations pour 7 d’entre eux : El Khfaouni Mohamed, Babait Mohamed, Omar El Hadachi, Jamal Lkarouch, Bousta Said, Rachid Chahir et Sidaty Yassin.
Les familles les ont cherchés dans les hôpitaux de El Aaiun, et se sont adressés à l’administration qui a répondu n’avoir pas connaissance de ces personnes.
Les 7 prisonniers ont en fait été transférés le dimanche après midi vers la prison de Ait Meloul, à 750 km de leurs familles.
Selon plusieurs sources, après avoir tabassé El Khfaouni Mohamed, les gardiens lui ont mis un sac sur la tète pour l’emmener et le prisonnier semblait avoir des blessures aux jambes suffisamment graves pour qu’il ne puisse plus marcher. Il a en effet la jambe droite cassée.
Babait Mohamed a eu l’œil droit crevé sous les coups donnés par les gardiens.
Bousta Said aurait lui perdu au moins 2 dents.
Ces trois prisonniers sont à l’infirmerie de la prison, ils n’ont pas été conduits à l’hôpital.

Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 12 août 2015

عنف وسوء معاملة بالسجن الاكحل بالعيون
مساء يوم الخميس 6 اغسطس ـ اجرى حراس السجن الاكحل بالعيون –الصحراء الغربية المحتلة تفتيشا تم من خلاله مصادرة هواتف محمولة وحاجيات شخصية لمعتقلي الحق العام الصحراويين

وعلى اثر ذلك الاجراء ، وكخطوة احتجاجية ، رفض 37 معتقلا من هؤلاء يوم الجمعة الخروج من زنازنيهم

وطوال ذلك اليوم واليوم الموالي ظل هؤلاء حبيسي الزنازن ، وهم يرددون شعارات ضد الاحتلال المغربي و ضرورة احترامه للقانون الدولي والتزاماته مع الامم المتحدة تجاه الشعب الصحراوي

وطالبوا بضرورة حسن معاملتهم ، وبابعاد نائب مدير السجن باعتباره المسؤول والمحرض على سرقتهم والتمييز المتواصل تجاههم

ورفض السجناء ايضا الوعود التي قدمها الوكيل العام لملك المغرب لدى محكمة الاستئناف بالعيون بفتح تحقيق بشان ما تعرضوا له من سرقة لحاجياتهم الخاصة و اعلنوا استمرارهم في الاحتجاج

وفي الخامسة صباحا من يوم الاحد 9 من اغسطس ، تعرض السجناء الى اعتداء من طرف فريق مركزي للتدخل جاء من الرباط ، قاوموا قدر المستطاع الهجوم واغلقوا الابواب واستخدموا المياه والزيت المغلي ضد عناصر فريق التدخل

تم السيطرة على الوضع الساعة السادسة صباحا بعد ان قام فريق التدخل بكسر جدران الزنازن بفؤوس . وتعرض السجناء بعدها للضرب وسوء المعاملة
وفي حدود الساعة الثانية من ظهر نفس اليوم تم نقل ثلاثون سجينا الى زنازن اخرى

4 من هؤلاء وضعوا في زنزانة خاصة بمرضى فقدان المناعة المكتسبة "ايدز " وهم المعني المهدي ، الزيرك داهي ، بوصولة الامين وايوب شكرا

والى يوم الاثنين لاتوجد اي معلومات عن مصير سبعة سجناء وهم الحفاوني محمد ، بابيت محمد ، عمر الهداشي ، جمال لكروش، بوستة سعيد ، رشيد شاهير وسيداتي ياسين .

عائلات هؤلاء بحثت عنهم في المستشفيات العيون وتوجهت الى ادارة السجن لكن هته الاخيرة نفت اي علم لها عن مكان تواجدهم .

لكن في الواقع أن هؤلاء تم ترحيلهم ظهر الاحد الى سجن ايت ملول الذي يقع 750 كلم بعيدا عن عائلاتهم .
وبحسب العديد من المصادر فان محمد الخفاوني وبعد تعرضه للاعتداء بالضرب وضع الحراس كيسا على راسه لنقله وبدت جروح بليغة على ساقيه لم يعد بمقدوره المشي على اثرها
وفي الواقع كسرت ساقه اليمنى
في حين ان محمد بابيت اصيب بجرح في عينه جراء لكمات تلقاها من طرف الحراس .
اما سعيد بوستة فقد كسرت اثنين من اسنانه على الاقل
واكتفت ادارة السجن بعلاج المصابين في مصحة السجن عوضا عن نقلهم الى المستشفى

ايكيب ميديا ، العيون المحتلة
12 ,اغسطس 2015

jeudi 25 juin 2015

EM. Les dépouilles de 48 Sahraouis toujours détenues par le Maroc


Il y a neuf ans, l'instance équité et réconciliation (IER) reconnaissait la mort de 48 Sahraouis dans les centres secrets de Agadez, Kala’at Megouna et El Aaiun entre 1975 et 1991 et émettait des recommandations. Les familles de ces 48 victimes, constituées en « comité des familles des martyrs sahraouis » attendent toujours que leur soient remis les restes de leurs parents. Les familles des plus de 450 autres disparus sahraouis pour la même période sont toujours sans nouvelles.

Le comité sahraoui des familles des martyrs a déploré le vendredi 12 juin 2015, que l’État marocain, malgré ses engagements, n’ait pas encore répondu à ses demandes et revendications. Le comité a également dénoncé la discrimination faite par  les autorités marocaines d’occupation envers eux puisque les demandes des familles de marocains sont satisfaites que les leurs sont ignorées et rappelé les menaces lancées par les autorités marocaines contre ses membres en 2006 alors qu’ils refusaient les propositions de l’IER.
Les membres du comité insistent d’autre part pour que des tests ADN soient pratiqués sur les restes, même si l’État marocain le refuse argumentant du coût trop élevé, parce qu’ils craignent que soient remis aux familles des os de chiens ou chats.

Globalement les membres de comité des familles des martyrs ont rappelé leurs demandes à l’IER : connaître les motifs de la disparition, les conditions de détention et de décès, la délivrance de certificat de décès, l’identification des restes à l’aide de test ADN en présence d’experts et de représentants des familles des martyrs, le transport des restes vers le Sahara Occidental ou le sud du Maroc selon les vœux des familles.
Mais que les tortionnaires soient traduits devant la justice, et que l’État marocain présente des excuses aux familles des martyrs morts suite aux tortures dans les prisons secrètes.

L'instance équité et réconciliation (IER) est un comité marocain créé le 12 avril 2004 par le roi du Maroc Mohammed 6 et portant la période 1958-1999, soit le règne de son père, Hassan 2. Le but de l’IER est de  se « réconcilier » avec les victimes de violations graves commises par ce père.

Mais l’IER n’a pas ouvert d’enquêtes sur les disparitions et assassinats des Sahraouis après 1999. Or ces pratiques ont continué sous Mohammed 6.
Sur une cinquantaine de personnes, il y a en particulier le cas des 15 jeunes activistes sahraouis enlevés le 26 décembre 2005, l’assassinat de l’enfant Najem El Garhi, tué par des balles de l’armée marocaine alors qu’elle encerclait le camp de Gdaim Izik, et les  Sahraouis sont morts lors de l’attaque violente contre le campement de Gdaim Izik.
Il y a aussi le cas de Said Dembar, assassiné le 24 décembre 2010, enterré sans autopsie et sans la présence de sa famille le 4 mai 2012 et celui, récent, de Med Lamin Haidala.

Équipe Média, El Aaiun occupée
Le 25 juin 2015

mardi 16 juin 2015

ARTIFARITI 2015, quarante ans de résistance. Les inscriptions sont ouvertes


9ème rencontres internationales Arts et Droits de l'Homme du Sahara Occidental.
Wilaya de Bougdour (Camps de réfugiés sahraouis. Tindouf, Algérie)
Du 31 octobre au 10 novembre 2015.

« Seul l'acte de résistance résiste à la mort, que ce soit sous la forme d'une oeuvre d'art ou sous la forme d'une lutte des hommes. » Gilles Deleuze

1975-2015. Quarante ans.
Au printemps 1975 allait s’organiser au Sahara Occidental le référendum d’autodétermination annoncé par le gouvernement espagnol, son colonisateur. La même année, le Tribunal de Justice de La Hayes affirmait que le Sahara Occidental n'avait aucun lien de souveraineté avec le Maroc ni avec la Mauritanie, et qu'il fallait donc appliquer le principe d’autodétermination. Mais l'Histoire s'est écrite et s'écrit autrement. Le 6 novembre 60.000 marocains entrent en territoire sahraoui au cours de la « marche verte ». C’est une partie de la stratégie d’occupation organisée par le monarque marocain Hassan II. Le gouvernement espagnol évacue la population “espagnole”, et le 14 novembre signe un accord tripartite où il remet illégalement le territoire sahraoui au Maroc et à la Mauritanie, qui commencent à occuper les principales villes. “On ne fait pas de prisonniers. Les tanks marocains passent sur les blessés sahraouis” disaient les télégrammes reçus par les derniers soldats espagnols avant de se retirer. La population sahraouie fuyait alors le massacre, s'échappant vers le désert où elle était encore bombardée au napalm et au phosphore blanc.
Mai 2015, le Sahara Occidental est la seule colonie africaine restant à décoloniser. Le territoire est toujours partiellement occupé par le Maroc, et les familles sont séparées par un mur miné de 2700 kilomètres de long. En territoire occupé, les Sahraouis subissent la répression, sont emprisonnés, torturés, disparaissent. Les ressources naturelles sont pillées et volées. En exil, réfugiés sur la hamada algérienne de Tindouf (sud ouest), des milliers de Sahraouis survivent de l'aide humanitaire internationales dont ils sont dépendants. Aujourd'hui, le conflit du Sahara Occidental continue à être un conflit ignoré et muet.

Quarante ans d'occupation, quarante ans de résistance

Pour sa neuvième édition, ARTifariti propose de réfléchir sur la résistance du peuple sahraoui, sur les résistances citoyennes, les modes de résistance à travers de l'art, à travers le travail des créateurs sahraouis et internationaux, dans les espaces de débats. ARTifariti considère que l'art n’a pas fonction de diffuser et informer, mais qu'il est une force, une résistance, une rébellion, une façon de questionner et de repenser le présent, de mouler et créer un futur qui n'existe pas encore, mais dont nous rêvons.

Présentation de propositions :
Les artistes qui souhaitent participer à ARTifariti 2015 devront envoyer leur proposition à l'organisation (info  @  artifariti.org, cc à apsolument   @   yahoo.fr) avant le 18 septembre 2015 pour son évaluation par l'équipe de commissaires. Les projets seront examinés rapidement et les artistes acceptés recevront une lettre d'invitation leur permettant le cas échéant de rechercher des soutiens financiers pour leur participation.
Autres formes de participation : conférenciers, assistants ou maîtres d'ateliers
Les séminaires et des activités d’ARTifariti 2015 auront aussi pour axe central « Quarante ans de résistance ». Les propositions de participation sont à adresser à l'organisation avec une lettre de motivation. L'acceptation sera également communiquée aux personnes intéressées par lettre d'invitation.

La participation suppose l'acceptation du fait que les œuvres réalisées pour les Rencontres internationales d'art et de droits de l'homme du Sahara Occidental, ARTifariti 2015, feront partie du patrimoine culturel du Peuple Sahraoui, et pour les œuvres en art plastique, exposés à l'air libre, où elles ont été créées, ou dans d'autres espaces gérés par le Ministère de Culture de la RASD. De même, les artistes cèdent les droits de propriété, d'image et de reproduction de leurs œuvres à ARTifariti, sans préjudice de leurs droits d’auteurs. Durant les Rencontres seront réalisés des reportages audiovisuels et photographiques de l'activité pour leur diffusion postérieure à travers les média et les expositions physiques et virtuelles. Tout le matériel est intégré à un fond documentaire qui fonctionne comme forum de réflexion et échange d'idées, et permet à d'autres artistes de disposer de matériaux pour développer leurs propres œuvres sous licence « Creative Commons Attribution-NonCommercial 3.0 Unported» (CC BY-NC 3.0).

Les inscriptions sont ouvertes pour la neuvième édition d'ARTiriti qui se déroule du 31 octobre au 10 novembre 2015.
L'inscription à ARTifariti 2015 :
Si le participant gère lui-même vol, visa et assurance, le coût sera de 250 € (inscription, déplacements sur place et hébergement pension complète chez l’habitant) . 
Coordination APSO pour la France, APSOlument   @    yahoo.fr

Au départ de Barajas-Madrid : 750 €. Inclut : Inscription, Vol régulier Madrid – Alger-Tindouf aller-retour, Visa et assurance, Logement et repas chez l'habitant.

Compléments d'information :
ARTifariti - Asociación de Amistad con el Pueblo Saharaui de Sevilla – AAPSS
c/ Virgen de la Antigua, 4- bajo derecha, 41011 Sevilla – España
Tfn. 0034 954 28 22 05 – 0034 954 27 41 04 Fax. 0034 954 28 20 46
www.artifariti.org – facebook.com/ARTifariti
info@artifariti.orgaapss@saharasevilla.org – movilización@saharasevvilla.org

Pour la France : APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental
APSOlument   @   yahoo.fr   ap-so.blogspot.fr