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vendredi 10 juin 2016

Parution de "Generacion de la amistad", L'Atelier du tilde

http://www.atelier-du-tilde.org/
L'Atelier du tilde vient d'éditer : Generacion de la amistad, la toute première anthologie bilingue espagnol-français de poésie sahraouie contemporaine réunissant les voix de huit grands poètes.

A travers une sélection de leurs plus beaux poèmes, cet ouvrage raconte l'exil du peuple sahraoui dans les camps de réfugiés de Tindouf en Algérie, mais aussi l'exil à Cuba, terre d’accueil pour des milliers d'enfants du désert ; sans oublier la beauté des dunes du Sahara, et bien d'autres thèmes qui leur sont chers.

Un ouvrage qui peint avec beaucoup de beauté et de force le Sahara Occidental et les luttes de tout un peuple.

mardi 12 janvier 2016

Sahara Occidental, gouvernement de la RASD, janvier 2016



Rôles et responsabilités des membres du secrétariat national du Front Polisario et gouvernement de la Rasd

Les membres du secrétariat national sont élus au congrès du front Polisario. Selon la loi nationale, l'élu secrétaire général assume la présidence de l'État Sahraoui (Rasd).
Le Président de la république (Rasd) nomme les membres du gouvernement.

Mohamed Abdelaziz, président de la République et secrétaire général du front Polisario
Premier ministre : Abdelkader Taleb Oumar Rasd

Les membres du bureau du secrétariat national du front Polisario
1.- Mohamed Abdelaziz  2.- Abdelkader Taleb Omar  3.- Brahim Gali  4.- Bachir Mustafa Sayed   5.- Mohamed Salem Salek 6.- Mohamed Lamin Bulahi 7.- Hama Salama 8.- Mhamad Jadad  9.- Mohamed Lamin Ahmed  10.- Abdalahi Lehbib 11.- Jatri Aduh


Gouverneurs Wilaya des camps de réfugiés sahraouis
1.-Wilaya d'El Aaiun : Mohamed Yeslem Beissat
2. Wilaya Smara : Salem Lebsir
3. Wilaya Auserd : Mariam Hmada
4. Wilaya Boujdour : Fatma Balla
5. Wilaya Dakhl a: Salek Baba Hassana

Liste complète de gouvernement de la République Sahraouie (Rasd)
1er Ministre : Abdelkader Taleb Oumar
Min. Défense : Abdalahi Lehbib Balal
Min. Intérieur : Hamma Salama
Min. Etrangères : Salem Mohamed Salek
Min. Justice : Mrabih El-Mami
Min. Zones Occupées : Moh. El-Wali Akeik
Min. Territoires Libérés : Mohamed Lamin Bouhali
Min. Education et enseignement : Moh. Moulud Moh. Fadel
Min. Santé Publique : Mohamed Lamin Daddi
Min. Information : Hamada Salma Daf
Min. Culture : Khadija Hamdi
Min. Cooperation : Sid Bulahi
Min. Professionnels et Fonction Publique : Moh.Elmami Tamek
Min. Jeunesse et Sport : Ahmed Lehbib
Min. Bien-être et Promotion de la Femme : Mahfuda Rahal
Min. Eau et Environnement : M. Brahim Mokhtar Bumajrota
Min. Equipement : Sidahmed Batal
Min. des Transports : Chia Babia
Min. Développement : Adda Ehmaim
Min. d'État et Ministre de la Présidence: Bachir Mustafa Sayed
Sec. d’État à la Sécurité et la Documentation : Brahim Ahmed Mahmoud (Gregau)
Min. conseil à la Présidence : Neema Saïd Yumani
Min. délégué pour l’Amérique Latine : Mansur Omar
Min. délégué pour l'Europe : Mohamed Sidati
Min. Délégué pour l'Afrique : Hamdi Mayara
Secrétaire Général de la Présidence : Daf Mohamed Fadel
Secrétaire Général du Gouvernement : Sid-Ahmed Etiyeb
Min. Directeur du Premier Ministère: Salek Babih
Trésor Central : Mohamed Lamin Ahmed
Chargé du Comité National pour le référendum, affaires juridiques et ressources naturelles : Mhamad Jadad
Directeur National du Protocole : Hamma Mohamed Salem Kori (Ould Bunia)
Directeur National à l'inspection : Abdelwadud Mohamed Amar.
Président du Croissant Rouge Sahraoui : Buhubeini Yahya

Armée et sécurité
Deuxième Région : Sidi Wagag
Septième Région Militaire: Salem Lehbib Chadad
Cinquième Région Militaire: Mahfud Zain (Kanafani)
Directeur Central de Transmission: Yehdid Kayed Saleh
Ecole Militaire Principal "Martyr Luali Mustafa Sayed" : Bachir Moulud Mhamad
Attaché Militaire en Algérie: Mohamed Said Abdallah Salem
Police Nationale Directeur : Mahmud Abdi

Ministère des Affaires Étrangères, Corps Diplomatiques et Représentants
Sec. Général du MAE : Hamdi Bayha
Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Algérie : Bucharaya Beyun
Ambassadeur d'Afrique du Sud : Bachir Esgayer
Ambassadeur au Nigeria : Malainin Sadik
Ambassadeur en Angola : Bah Edeh Chejembajador Au Zimbabwe: Salha Labeyd
Représentant à l’Onu : Ahmed Boukhari
Représentante en Espagne : Jira Bulahi
Représentant pour la France : Ubi Bucharaya
Représentant pour les USA : Mouloud Saïd
Amb. pour les Pays Arabes: Cheikh Malainin Lekbir
Amb. au MAE : Saïd Filali
Amb. au MAE : Saleh Ahmed Salek Kayed
Amb. au MAE : Deych Mohamed Saleh.

Autres responsabilités et fonctions
Sec. Général au Min. Information : Mohamed Salek (Omar) Bulsan
Sec. Général Wilaya Smara : Brahim Ezza Babeh
Directeur Central le Premier Ministère : Tami Mohamed
Directeur Central Min. Intérieur : Cheikh Brahim
Président de la Commission Droits de l’Homme : Abba El-Haysen
Chargé de la communauté du Sud : Ahmad Aliyen
Direct de l’office de coordination avec TO et Iles Canaries : Abdullah Esweylem
Commissaire Adjointe à Boujdour: Maluma Larabas Yumani
Dir. du Centre "Husein Tamek" : Malainin Ehmäd Achiahu


vendredi 18 septembre 2015

Apso répond à Milena Rampoldi pour ProMosaik

Sahara Occidental : "Une occupation coloniale qui dure depuis 40 ans"
Interview de l'association APSO

Commander le livre:
apsolument@yahoo.fr
15 € (+ frais de port si envoi)


par Milena Rampoldi, ProMosaik e.V.
Un entretien très important avec François de l’association APSO, Amis du
Peuple du Sahara Occidental, une association française qui a pour but de faire connaitre la tragédie de l’occupation marocaine du Sahara Occidental. L’association représente une source d’information essentielle sur ce pays tombé dans l'oubli. ProMosaik e.V. vient de parler avec François pour lui poser de questions sur l’association et ses activités, sur la situation du pays et sur les similarités avec la PALESTINE. Il faut lutter pacifiquement pour permettre la décolonisation du Sahara Occidental et son indépendance. Au nom de l’anti-impérialisme il faut s’opposer à cette occupation et à l’injustice. Et il faut aider les prisonniers politiques sahraouis. 

Milena: ProMosaik voit la question du Sahara Occidental comme une question coloniale. Le peuple du Sahara Occidental a le droit de vivre en liberté et dans son identité culturelle. Que vous pensez de cela ?
François : Votre formulation est intéressante, parce que dans la question sahraouie, ce que nous pensons ou considérons personnellement n’est pas très important puisque c’est une question de droit international. Les Nations Unies disent et répètent depuis 1963 que le Sahara Occidental est un territoire à décoloniser et que le peuple sahraoui, qui l’a toujours revendiqué, a le droit d’autodéterminer son avenir et celui des ressources de sa terre, ce qui veut dire aussi le droit de choisir pour l’indépendance. Choisir de parler sa langue, la Hassanya, et de vivre selon sa culture ancestrale nomade… Le Sahara Occidental était depuis 1884 une colonie espagnole. Le mouvement de décolonisation de l’Afrique valait aussi pour ce territoire. La Cour Internationale de Justice l’a réaffirmé en 1975 juste avant l’invasion du territoire par le Maroc et la Mauritanie. L’Assemblée Générale de l’ONU l’a répété en 1979 quand la Mauritanie s’étant retirée et ayant reconnu la République Sahraouie, le Maroc a persisté dans son occupation militaire et a tenté d’envahir tout le territoire, en construisant dans les années 80 un mur de défense qui fait maintenant plus de 2500 km de long.
La charte de l’ONU, et particulièrement le chapitre 73 (chapitre XI) pose précisément les devoirs des colonisateurs, envers le peuple, envers la terre et les ressources qu’ils occupent. Ils « reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires. Ils acceptent comme une mission sacrée l'obligation de favoriser dans toute la mesure possible leur prospérité, dans le cadre du système de paix et de sécurité internationales établi par la présente Charte » … voir http://www.un.org/fr/documents/charter/chap11.shtml
Chaque année, l’ONU répète donc que les Sahraouis ont le droit à s’autodéterminer, et jamais le référendum d’autodétermination n’a encore eu lieu. Le blocage vient du Maroc qui, depuis la signature du cessez le feu en 1991 dont c’était la condition, ne tient pas l’engagement pris. Si l’ONU a pris en compte cette volonté de destin sahraoui, c’est que le peuple l’a manifesté, qu’il s’est organisé. En effet, les mouvements de résistance des Sahraouis - quelques soient leurs formes - contre les envahisseurs ont toujours existé, d’abord contre l’Espagne, puis contre les deux nouveaux occupants. Maroc et Mauritanie.
En 1973, les Sahraouis refondent un mouvement de résistance qu’ils appellent le front Polisario, Front pour la libération de Saguia el Hamra et Rio de Oro. En 1976, au lendemain de l’annonce officielle de son départ par l’Espagne, les Sahraouis proclament en exil leur République, la RASD.
Géographiquement, le territoire dont les frontières sont internationalement reconnues est actuellement et depuis la fin des années 80, coupé en deux par le mur évoqué plus haut. C’est un mur militaire marocain, technologiquement très équipé, un mur de défense de la partie dans laquelle le Maroc exploite et pille pour son compte les ressources naturelles du Sahara Occidental. Là encore le droit international ne laisse pas matière à interprétation.
En 2002, Hans Corel, conseiller juridique et secrétaire général adjoint de l’ONU a rendu un avis portant spécialement sur les ressources minérales du Sahara Occidental, leur exploration et exploitation, reprenant les règles du droit international. Sa conclusion était que pour utiliser les ressources naturelles du territoire sahraoui il fallait l’avis et l’autorisation du peuple et que cela soit pour son bénéfice. Cela vaut pour toutes les ressources du territoire. Cette partie occupée représente les ¾ du territoire à l’ouest, côté océan. La partie gérée par les Sahraouis est à l’est, côté désert.
Le territoire dans son ensemble est encore largement pollué des restes de la guerre, mines terrestres et autres engins explosifs, et donc très dangereux. Le mur est un vrai mur, qui sépare les familles sahraouies qui vivent sur leur terre, ou en territoire libéré et à proximité en exil en Algérie comme réfugiés. Concrètement donc les Sahraouis vivent actuellement dans les territoires libérés, en exil, ou dans les territoires occupés militairement par le Maroc, à l’ouest du mur.
De 160 à 200 000 Sahraouis vivent dans les campements de réfugiés, dans le désert salin et aride du sud ouest algérien, proche de la ville de Tindouf, en total dépendance de l’aide humanitaire internationale et dans des conditions extrêmes, 50° d’amplitude thermique, aucune végétation… En territoire occupé, les Sahraouis qui revendiquent leur nationalité le font au risque de leur liberté et parfois de leur vie. Les discriminations par la puissance coloniale sont quotidiennes dans tous les domaines, et les droits humains des Sahraouis bafoués dans tous leurs articles, nous en parlerons plus après dans ce texte.
Cette situation bloquée depuis 40 ans est possible parce que les puissances occidentales la tolèrent et ne font pas suffisamment prévaloir l’impératif du respect du droit international. La France notamment, tout en affirmant que le conflit doit se régler dans le cadre du plan de paix de l’ONU soutient tacitement le Maroc, même au pire de ses exactions, et sans aucune cohérence avec les valeurs nationales de notre pays des droits de l’homme.

 Milena : Quel sont les objectifs principaux de votre organisation ?
François : APSO, les Amis du Peuple du Sahara Occidental, est une association française de solidarité avec les Sahraouis, Nous avons deux axes, l’information et la solidarité directe aux Sahraouis. Nous informons les francophones sur la question du Sahara Occidental par des textes d’actualité ou d’analyse publiés sur les blogs Apso, des contributions dans des médias engagés ou sans concessions comme les vôtres. Nous venons aussi de contribuer à un dossier Sahara Occidental qui paraitra dans le prochain Afrique en Lutte ». Nous assurons des conférences pour tous publics et sur les différents domaines de nos interventions, des débats…
Nous avons aussi réalisé et produit un film documentaire « L’autre côté du mur » (2011) grâce aux compétences d’un de nos membre, Denis Véricel. Ce film documentaire est un support que nous utilisons pour nos conférences, et qui peut aussi s’acquérir en DVD pour des projections privées de ceux que ça intéresse. Et nous avons publié cette année un ouvrage collectif rassemblant des textes que des spécialistes et témoins directs ont écrit à notre demande, c’est « Lutter au Sahara ». C’est aussi Denis qui a coordonné cet énorme travail. Nous y consacrons une partie de cet article plus loin.
La solidarité directe avec les Sahraouis est multiforme, et tient compte de ce que nous avons des compétences mais très peu de moyens financiers. Nous partageons donc avec les Sahraouis connaissances et expériences, avec ceux qui sont en exil en France, dans les campements de réfugiés, où nous soutenons plus particulièrement les démarches en direction de la jeunesse, ou en territoire occupé où nous soutenons les média locaux sahraouis. Nos thématiques d’intervention sont le sport, les arts, les sciences, la culture, les ressources naturelles, l’information et les problématiques jeunesses, la question en général…
Milena : ProMosaik part de l’idée que pour changer quelque chose il faut de l’information engagée, et qu’il faut se mettre en réseau. Comment est-ce que vous pratiquez ça dans votre organisation ?
François : APSO est une association et un réseau. Nous essayons de partager entre nous les actions que nous menons, les courriers, documents, nos expériences, connaissances… ce que nous produisons. Il nous semble plus efficace de ne pas toujours refaire un travail déjà fait, et de garder l’énergie pour autre chose. Nous essayons d’entrer en contact avec d’autres organisations, et de créer et garder des relations, pour croiser les problématiques et occasions d’action. Et nous appartenons au réseau international WSRW, Western Sahara Resource Watch, qui est un observatoire des ressources naturelles du Sahara Occidental. Nous sommes coordinateurs pour la France et de fait spécialistes ici de cette question. Travailler en réseau n’est pas évident, et représente un investissement, mais qu’il faut effectivement faire pour espérer faire changer les choses.
Milena : Parlez à nos lecteurs de votre publication « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental ».
François :  « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental » est un ouvrage très important, et qui fait référence sur la question du Sahara Occidental. L’ouvrage a été édité par APSO en avril 2015, avec les encouragements de Noam Chomsky. Les auteurs des 15 articles sélectionnés pour cet ouvrage sont des témoins ou spécialistes directs, qui proposent leur récit ou analyse. Ce sont : Denis Véricel, Edouardo Galeano, Francesco Bastagli, Anna Theofilopoulou, Oliver Quarante, Bill Fletcher Jr, Jacob Mundy, Vincent Chapaux, Ayad Ahram, Juan Soroeta, Jeffrey Smith, Erik Hagen, Alice Wilson, Tara Deubel, Sebastien Boulay, Mohamed Mouloud Mohamed Fadel.
Les chapitres et thématiques sont : Géopolitique du conflit, Le Maroc face au Sahara Occidental, Le Droit - Les ressources naturelles, Regards anthropologiques Les titres des textes : Murs, Fragments du Sahara Occidental, La saga du Sahara Occidental continue aux Nations Unies : Un point de vue de l’intérieur, Le rôle de la France, La lutte au Sahara Occidental : dépasser son invisibilité aux États-Unis, Les Colons marocains au Sahara Occidental : Colonisateurs ou cinquième colonne? , Le rôle de la monarchie dans la fabrique de l’opinion publique marocaine, Sur le conflit du Sahara Occidental et les Droits de l’Homme dans la région, Palestine et Sahara Occidental : Analyse comparative des deux conflits et du droit applicable, L’appropriation du Sahara : Le rôle des ressources naturelles dans l’occupation du Sahara Occidental, Le poisson passe avant la paix, Comment sont organisées les élections dans les camps de réfugiés sahraouis?, Identité sahraouie et intégration des minorités : Point de vue des étudiants sahraouis vivant au Maroc, Résister par la culture, résister pour sa culture. La poésie sahraouie face aux politiques d’occupation du Maroc au Sahara Occidental, Notre jeunesse sahraouie.
Après avoir lu l’introduction et le très beau texte d’Eduardo Galeano qui le suit, il est possible de lire le livre dans l’ordre que l’on veut, selon ses intérêts premiers.
Milena : Comment on peut connecter la question du Sahara Occidental aux autres mouvements anti-impérialistes comme par exemple en Palestine ? Quels sont les points communs ?
François : Les questions sahraouie et palestinienne ont effectivement de grandes similitudes au regard du droit international. Colonies, pratiques coloniales, colons, mur, pillage des ressources naturelles, guerre et bombardements, mines terrestres … Israël et Maroc assoient leur occupation illégale des territoires de Palestine et Sahara Occidental sur une violation constante des résolutions de l'ONU. L’information est très contrôlée dans les deux cas, les médias ou délégations d’étrangers ne peuvent travailler ni attester par leur venue dans les territoires occupés. Une version officielle subjective est diffusée avec insistance, et reprise au niveau international. Cette version ne parle jamais de la répression brutale, des enlèvements, tortures, assassinats, incarcérations arbitraires et abusives… des infrastructures construites pour les colons et militaires, leurs présences, leur maintien, bâtiments dans les villes les ports, les routes et les murs de défense.
Les droits humains violés au Sahara Occidental, que nous avons évoqués ci-dessus, le sont aussi en Palestine. Dans notre ouvrage « Lutter au Sahara, du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental », Juan Soroeta propose une analyse comparative des deux conflits et du droit applicable. Cela peut permettre d’approfondir pour ceux qui le souhaitent.
Au niveau populaire, et pour ce que nous avons pu contraster, les Sahraouis rencontrés dans les campements ou en territoire occupé du Sahara Occidental sont très au fait de l’actualité de la Palestine, attentifs, inquiets et solidaires. Nous ne savons pas si la réciproque existe. Les échanges dont nous avons connaissance ont lieu en diaspora. La très belle rencontre entre le réalisateur palestinien devenu anglais, Saeed Tajy Farouki, et l’athlète sahraoui Salah Amaidan, a donné le poignant film « The Runner », Regard d’un Palestinien sur un Sahraoui… En France les nombreux militants de la cause palestinienne sont à l’écoute de ce nous expliquons du problème sahraoui similaire, mais ils ont beaucoup à faire. Peut-être serait-il intéressant de faire plus d’actions - sensibilisations communes, comme une action pour la journée des prisonniers politiques où l’attention avait été attirée conjointement sur Kurdes, Palestiniens et Sahraouis.
Milena : Quelles sont les violations des droits humains les plus importantes en Sahara Occidental ?
François
: La première des violations des droits humains des Sahraouis est celle du non respect de l’autodétermination du peuple. De là découlent toutes les autres. En territoire occupé, le colonisateur marocain use de tous les artifices « classiques » d’un occupant pour priver le peuple de sa dignité, pour tenter de le faire disparaître, et par le pillage de ses ressources naturelles en lui confisquant son avenir. Pour développer en quelques lignes, et considérant les 30 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, on peut ajouter les aspects suivants. Les Sahraouis en territoire occupé n’ont donc pas le droit d’exprimer leurs pensées si elles ne suivent pas la ligne officielle marocaine qui nie leur existence. Ils n’ont pas le droit d’utiliser leur langue, de suivre leurs coutumes, de donner à leurs enfants les prénoms qu’ils souhaitent. Ils ne peuvent pas posséder leur terre, choisir librement leur travail et y être traités équitablement, ils ne peuvent développer leur personnalité sous un régime de peur, espionnage et délation…
Certains Sahraouis reçoivent une allocation de survie accordée par le Maroc pour le prix de leur docilité, et à cette condition, leur indignité. La discrimination quotidienne, violence psychologique, côtoie la violence physique sur les Sahraouis. La violence, la torture et l’assassinat, les arrestations et incarcérations arbitraires, les procès truqués, et aveux extorqués sous la torture sont des pratiques courantes. L’iniquité de la justice marocaine garantit de fait l’impunité aux Marocains, policiers, militaires ou civils qui agressent des Sahraouis.
 
Milena : Parlez-nous de la souffrance des prisonniers politiques
François : Il n’est pas facile de parler de la souffrance des prisonniers politiques sahraouis parce qu’eux-mêmes sont très discrets et pudiques sur leurs ressentis, leurs vécus et quand nous arrivons à être en contact direct avec eux, ils s’inquiètent plus volontiers de notre santé que de nous livrer les difficultés de leur quotidien. Néanmoins, être condamné pour ses opinions, ou en fonction de ses opinions politiques est une injustice fondamentale. Les familles sahraouies ne s’y trompent pas qui fêtent le retour de leurs parents libérés comme des héros quand ils ont purgé la peine qui leur a été imposée pour leurs activités en faveur du respect du droit dû à leur peuple. Nous savons que les prisonniers sahraouis sont particulièrement maltraités dans les prisons marocaines. Ils sont incarcérés avec les prisonniers de droits communs puisque le Maroc nie la présence de prisonniers politiques – Sahraouis et Marocains – dans ses prisons. Ils sont brimés, dévalisés, torturés, mis au cachot aux premiers prétextes… Des membres de notre association ont plus particulièrement soutenu ou parrainé des jeunes hommes pour lesquels des articles ont été écrits. Ce sont Salek Laasairi, condamné à perpétuité, Hassan Dah, condamné à 30 ans après Gdaym Izik, et Saleh Amidan, maintenant libéré après 10 ans de prison. Pour Salek, lire http://apsoinfo.blogspot.fr/2014/05/em-38-jours-sans-manger-pour-protester.html et http://ap-so.blogspot.fr/2014/04/destin-brise-double-peine.html, pour Hassan http://apsoinfo.blogspot.fr/2013/03/hassan-dah-sahraoui-prisonnier.html et pour Saleh http://apsoinfo.blogspot.fr/2012/08/info-em-les-sahraouis-prisonniers.html et http://apsoinfo.blogspot.fr/2012/09/appel-de-jeunes-prisonniers-au-maroc.html.
Saleh avait fait parvenir un message à son cousin lui aussi incarcéré pour ses actes politiques et sorti avant lui, ce sont quelques mots presque poétiques qui sont lisibles ici :
Les prisonniers sahraouis de droit commun emprisonnés à la Prison Noire de El Aaiun, outre des conditions d’incarcérations inacceptables et proches de l’insalubre, subissent eux aussi des violences de la part des autorités coloniales. Les journalistes sahraouis de l’Équipe Média en ont récemment fait état dans un article qui est disponible dans sa traduction en français en suivant ce lien : http://apsoinfo.blogspot.fr/2015/08/abus-et-violences-la-prison-noire-el.html.

mardi 16 juin 2015

ARTIFARITI 2015, quarante ans de résistance. Les inscriptions sont ouvertes


9ème rencontres internationales Arts et Droits de l'Homme du Sahara Occidental.
Wilaya de Bougdour (Camps de réfugiés sahraouis. Tindouf, Algérie)
Du 31 octobre au 10 novembre 2015.

« Seul l'acte de résistance résiste à la mort, que ce soit sous la forme d'une oeuvre d'art ou sous la forme d'une lutte des hommes. » Gilles Deleuze

1975-2015. Quarante ans.
Au printemps 1975 allait s’organiser au Sahara Occidental le référendum d’autodétermination annoncé par le gouvernement espagnol, son colonisateur. La même année, le Tribunal de Justice de La Hayes affirmait que le Sahara Occidental n'avait aucun lien de souveraineté avec le Maroc ni avec la Mauritanie, et qu'il fallait donc appliquer le principe d’autodétermination. Mais l'Histoire s'est écrite et s'écrit autrement. Le 6 novembre 60.000 marocains entrent en territoire sahraoui au cours de la « marche verte ». C’est une partie de la stratégie d’occupation organisée par le monarque marocain Hassan II. Le gouvernement espagnol évacue la population “espagnole”, et le 14 novembre signe un accord tripartite où il remet illégalement le territoire sahraoui au Maroc et à la Mauritanie, qui commencent à occuper les principales villes. “On ne fait pas de prisonniers. Les tanks marocains passent sur les blessés sahraouis” disaient les télégrammes reçus par les derniers soldats espagnols avant de se retirer. La population sahraouie fuyait alors le massacre, s'échappant vers le désert où elle était encore bombardée au napalm et au phosphore blanc.
Mai 2015, le Sahara Occidental est la seule colonie africaine restant à décoloniser. Le territoire est toujours partiellement occupé par le Maroc, et les familles sont séparées par un mur miné de 2700 kilomètres de long. En territoire occupé, les Sahraouis subissent la répression, sont emprisonnés, torturés, disparaissent. Les ressources naturelles sont pillées et volées. En exil, réfugiés sur la hamada algérienne de Tindouf (sud ouest), des milliers de Sahraouis survivent de l'aide humanitaire internationales dont ils sont dépendants. Aujourd'hui, le conflit du Sahara Occidental continue à être un conflit ignoré et muet.

Quarante ans d'occupation, quarante ans de résistance

Pour sa neuvième édition, ARTifariti propose de réfléchir sur la résistance du peuple sahraoui, sur les résistances citoyennes, les modes de résistance à travers de l'art, à travers le travail des créateurs sahraouis et internationaux, dans les espaces de débats. ARTifariti considère que l'art n’a pas fonction de diffuser et informer, mais qu'il est une force, une résistance, une rébellion, une façon de questionner et de repenser le présent, de mouler et créer un futur qui n'existe pas encore, mais dont nous rêvons.

Présentation de propositions :
Les artistes qui souhaitent participer à ARTifariti 2015 devront envoyer leur proposition à l'organisation (info  @  artifariti.org, cc à apsolument   @   yahoo.fr) avant le 18 septembre 2015 pour son évaluation par l'équipe de commissaires. Les projets seront examinés rapidement et les artistes acceptés recevront une lettre d'invitation leur permettant le cas échéant de rechercher des soutiens financiers pour leur participation.
Autres formes de participation : conférenciers, assistants ou maîtres d'ateliers
Les séminaires et des activités d’ARTifariti 2015 auront aussi pour axe central « Quarante ans de résistance ». Les propositions de participation sont à adresser à l'organisation avec une lettre de motivation. L'acceptation sera également communiquée aux personnes intéressées par lettre d'invitation.

La participation suppose l'acceptation du fait que les œuvres réalisées pour les Rencontres internationales d'art et de droits de l'homme du Sahara Occidental, ARTifariti 2015, feront partie du patrimoine culturel du Peuple Sahraoui, et pour les œuvres en art plastique, exposés à l'air libre, où elles ont été créées, ou dans d'autres espaces gérés par le Ministère de Culture de la RASD. De même, les artistes cèdent les droits de propriété, d'image et de reproduction de leurs œuvres à ARTifariti, sans préjudice de leurs droits d’auteurs. Durant les Rencontres seront réalisés des reportages audiovisuels et photographiques de l'activité pour leur diffusion postérieure à travers les média et les expositions physiques et virtuelles. Tout le matériel est intégré à un fond documentaire qui fonctionne comme forum de réflexion et échange d'idées, et permet à d'autres artistes de disposer de matériaux pour développer leurs propres œuvres sous licence « Creative Commons Attribution-NonCommercial 3.0 Unported» (CC BY-NC 3.0).

Les inscriptions sont ouvertes pour la neuvième édition d'ARTiriti qui se déroule du 31 octobre au 10 novembre 2015.
L'inscription à ARTifariti 2015 :
Si le participant gère lui-même vol, visa et assurance, le coût sera de 250 € (inscription, déplacements sur place et hébergement pension complète chez l’habitant) . 
Coordination APSO pour la France, APSOlument   @    yahoo.fr

Au départ de Barajas-Madrid : 750 €. Inclut : Inscription, Vol régulier Madrid – Alger-Tindouf aller-retour, Visa et assurance, Logement et repas chez l'habitant.

Compléments d'information :
ARTifariti - Asociación de Amistad con el Pueblo Saharaui de Sevilla – AAPSS
c/ Virgen de la Antigua, 4- bajo derecha, 41011 Sevilla – España
Tfn. 0034 954 28 22 05 – 0034 954 27 41 04 Fax. 0034 954 28 20 46
www.artifariti.org – facebook.com/ARTifariti
info@artifariti.org – aapss@saharasevilla.org – movilización@saharasevvilla.org

Pour la France : APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental
APSOlument   @   yahoo.fr   ap-so.blogspot.fr