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lundi 18 avril 2016

EM : Un mur autour d’El Aaiun occupée, protection ou agression


Du 17 mars au 13 avril, une entreprise marocaine inféodée aux autorités d’occupation a construit un mur de 4 km à 500 mètres le long du quartier du 25 mars, dans la banlieue est de la ville de El Aaiun, au Sahara Occidental occupé. Selon les informations recueillies par l’Equipe Média, cette portion est la première tranche d’un mur destiné à entourer toute la ville, soit de 20 à 25 km de long.

Le mur de 1,70 m de hauteur et de 2 mètres de largeur va de la bande de l’Oued Essaguia jusqu’au check point établi sur la route entre El Aaiun et Essmara occupée. Il a été construit en sable et roches par la société Omar Sbayou, qui a mobilisé pour le chantier 60 ouvriers, 4 bulldozers Poclain et 6 camions.
Le responsable Omar Sbayou est un ancien élément de l’armée marocaine chargé des arrestations de civils sahraouis, devenu un homme d’affaires très riche au Sahara Occidental. Ses ouvriers sont des colons marocains.

Les terres sur lesquelles passe le mur appartiennent à la commune. Les autorités d’occupation ont décidé de la construction du mur sans aucune consultation avec le peuple sahraoui, le propriétaire légitime de la terre. Aucun affichage n’est disponible au public à la willaya, pas plus qu’il n’y a d’information dans les média autorisés par le colonisateur. Sous couvert d’anonymat, quelques journalistes sahraouis reconnus par les autorités d’occupation ont admis avoir l’information, mais avoir reçu l’interdiction de la Wilaya d’en faire écho.

Le mur a des conséquences sur la libre circulation des citoyens sahraouis et sujets marocains, mais va surtout entraver le passage des familles de bédouins sahraouis avec leurs troupeaux.

C’est un mur similaire que l’armée marocaine avait construit autour du camp de protestation de Gdaim Izik en 2010, pour pouvoir contrôler les 20 mille Sahraouis déplacés là en signe de protestation contre leurs médiocres conditions de vie.

En 1975 et les années suivantes, après l’invasion et l’occupation militaire d’une partie du Sahara Occidental par le Maroc, celui-ci avait construit des murs autour de toutes les villes du Sahara Occidental pour empêcher les citoyens sahraouis de fuir vers les camps des réfugiés mais aussi pour protéger ses colons et ses intérêts au sein des villes occupées. Ces murs n’avaient plus été entretenus après la construction en dur des quartiers périphériques par des colons marocains et avaient progressivement été détruits par le vent.

Ce mur construit dans un contexte international particulier soulève l’inquiétude chez de nombreux sahraouis. Après l’annulation par la Cour européenne de justice en décembre 2015 de l’accord agricole de libre échange UE-Maroc du fait de son application sur les terres occupées, et la rupture des relations diplomatiques entre ces deux protagonistes, puis la visite du Secrétaire Général de l’ONU dans les campements et sa conséquence l’expulsion par le Maroc des agents onusiens de maintien de la paix en territoire occupé, l’isolement de la région laisse craindre la multiplication de violence à huis clos.

Equipe Média, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 18 avril 2016

mercredi 30 mars 2016

1976-2016, 40 années d'exil, 40 années d'occupation

1976-2016, 40 années d'exil, 40 années d'occupation
«Sahara Occidental, dernière colonie d’Afrique, urgence Référendum ! »
Les Sahraouis doivent enfin pouvoir exercer leur droit à l’autodétermination.
C’est le sens de l’appel de la pétition internationale lancée depuis le 1er janvier 2016, appel que vous trouverez sur http://www.westernsahara-referendum.org/?section=2&lang=fr

Sachez que depuis le 1er mars, 13 des 21 prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, incarcérés dans la prison militaire Rabat-Salé sont en grève de la faim illimitée ; ils se sont engagés dans cette action au nom de tout le groupe qui comporte des prisonniers malades ou très affaiblis par la détention et les mauvais traitements depuis novembre 2010 ou avant. La situation des grévistes se détériore chaque jour. Ils ne bénéficient d’aucun suivi médical ou sanitaire, bien que requis par le droit international.

Ces prisonniers politiques sahraouis demandent :
- leur transfert à la prison d’El Aaiun, à proximité de leurs familles dont ils sont éloignés de plus de 1200 km depuis plus de 5 ans ;
- l’annulation du jugement du tribunal militaire de Rabat de février 2013, qui les a condamnés, eux qui étaient tous des civils, a des peines extrêmement lourdes (de 20 ans à perpétuité), sur la seule base d’aveux obtenus par la police ; leurs allégations d’avoir été soumis à des actes de torture pour obtenir ces aveux n’ont fait l’objet d’aucune enquête par les magistrats du tribunal militaire ;
- leur libération immédiate suivant cette annulation ;
- un nouveau procès devant un tribunal civil, si besoin est.

Les autorités marocaines n’ont pas encore bougé à ce jour ni répondu à ces demandes.

Par contre, elles viennent de prendre la décision de réduire leur participation au fonctionnement de la Minurso, mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental. Cette mission onusienne créée en 1991 est la seule mission de l'ONU au monde qui n’est toujours pas autorisée à contrôler le respect des droits de l’homme et à enquêter sur leurs violations dans ce « territoire non-autonome », malgré les demandes régulières des Sahraouis, les appuis de diverses organisation non gouvernementales et de nombreux pays, y compris le Parlement européen en décembre dernier favorable à cet élargissement.

Cette décision marocaine est probablement destinée à faire pression sur le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon - dont le mandat finit cette année -, avant la remise du rapport annuel de son envoyé spécial, Christopher Ross, aux membres du Conseil de sécurité en avril prochain.

Notons néanmoins que le 10 décembre 2015, le tribunal de la Cour européenne de justice a prononcé l'annulation de l'accord UE-Maroc relatif aux mesures de libéralisation réciproques en matière de produits agricoles, de produits agricoles transformés, de poissons et de produits de la pêche, du fait de l'exploitation de ces richesses dans un territoire encore «occupé», le Sahara Occidental !!

Constatons enfin l'attitude contradictoire du peuple marocain et de sa diaspora qui soutiennent les Palestiniens mais s’accoutument sans état d’âme à l'occupation du Sahara Occidental.
Les marocains seraient-ils encore victimes d'un régime totalitaire et de sa propagande mensongère multiforme dans les médias de leur pays, victimes du silence de la plupart des médias en France, mais aussi victimes de l'hyperactivité des lobbies dans les antichambres de Bruxelles ?

M. BRUN, citoyenne française

Le 30 mars 2016

lundi 15 avril 2013

WSRW commente le rapport du Secrétaire Général de l'ONU sur le Sahara

Tout en félicitant Ban Ki-Moon d’exprimer la nécessité d'une surveillance des droits humains au Sahara Occidental, WSRW déplore que le rapport ne traite pas de l'ampleur de la question du pillage des ressources naturelles du territoire par le Maroc.

Le 8 avril 2013, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a présenté son rapport au Conseil de Sécurité sur la situation au Sahara Occidental.

"Nous regrettons que le rapport n'aborde pas pleinement la question de l'exploitation des ressources naturelles dans ce qui reste un territoire non autonome, en absence d'un pouvoir administrant de jure. C'est précisément le manque de puissance administrante légale et légitime qui confère aux Nations Unies un droit spécifique pour gérer les ressources jusqu'à ce que le statut du territoire soit résolu", écrit WSRW dans sa deuxième lettre au secrétaire général Ban Ki-moon.

WSRW a écrit au Secrétaire Général en février, demandant d'appeler à l'inclusion d'une capacité de surveillance des droits de l'homme dans le mandat de la MINURSO, ainsi que la mise en place d'un mécanisme plaçant le produit de l'exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental sous administration internationale jusqu'à ce que le statut du territoire soit résolu. L'organisation a écrit à tous les membres du Conseil de sécurité, leur demandant de soutenir ces suggestions.

WSRW félicite le Secrétaire Général de souligner la «nécessité d'une surveillance indépendante, impartial, durable de la situation des droits de l'homme au Sahara Occidental et dans les camps". Mais alors que le rapport fait référence à des manifestations sahraouies contre l'exploitation continue des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc, il n’aborde pas pleinement la question.

"C'est regrettable, surtout alors que la compagnie pétrolière française Groupe Total SA, la compagnie même dont les activités ont incité, il y a une décennie, le Conseil de sécurité à demander un avis juridique sur l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental - qui a conclu que ces activités serait illégales si elles omettaient de prendre en compte les souhaits et les intérêts des sahraouis comme peuple d'origine du territoire - a repris ses activités d'exploration pétrolière au large des côtes du Sahara Occidental en vertu d'accords avec le gouvernement marocain ", écrit l'organisation.

Lire la lettre complète WSRW en réponse au rapport du Secrétaire général ci-dessous.

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L'honorable Ban Ki-moon
Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies
760 United Nations Plaza
Nations unies
New York, NY 10017

10 avril 2013

Votre Excellence,

Western Sahara Resource Watch tient à féliciter le Secrétaire Général de faire valoir la nécessité d'une surveillance indépendante,  impartiale, et durable de la situation des droits humains au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis dans le sud-ouest de l'Algérie, dans le «Rapport du Secrétaire Général sur la situation concernant le Sahara Occidental "(S/2013/220) du 8 avril 2013. Nous espérons que les membres du Conseil de sécurité vont conférer à la MINURSO la capacité de surveiller et d’émettre des rapports sur les droits de l'homme.

Le rapport rappelle avec pertinence les manifestations pour les droits sociaux et économiques qui continuent à avoir lieu sur le territoire. Nous sommes convaincus que la présence d’un suivi des droits humains par l'ONU au Sahara Occidental prendra également en compte des violations des droits de l'homme de cette nature. C'est notre ferme conviction que la pauvreté endémique et la marginalisation économique parmi les Sahraouis, qui sont la cause de ces manifestations, sont le résultat direct de l'exploitation par le Maroc des ressources naturelles du territoire.

Par conséquent, nous regrettons que le rapport n'est pas pleinement abordé la question de l'exploitation des ressources naturelles dans ce qui reste un territoire non autonome, en l’absence d'un pouvoir d’administration de jure. C'est précisément le manque de puissance administrante légale et légitime qui confère un droit spécifique à l'Organisation des Nations Unies pour la gestion des ressources jusqu'à ce que le statut du territoire ait été résolu. Donc, nous avons l'honneur d’être en désaccord avec le fait que le rapport admet des «efforts du Maroc pour améliorer les conditions sociales dans le territoire et ... de sa préparation d'une stratégie de développement régional pour le territoire». Bien qu'aucune objection ne puisse être faite sur l’amélioration des conditions pour le peuple sahraoui qui continuent de vivre sous occupation étrangère, il n’incombe pas légalement ni pratiquement au Maroc de développer les trois quarts du Sahara Occidental sous son contrôle comme s'il s'agissait d'une région de son territoire national.

Bien que le rapport contienne des références à des manifestations du peuple sahraoui, à la fois au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf, en réponse à une exploitation permanente par le Maroc des ressources naturelles du Sahara Occidental, il n'aborde pas pleinement le problème.

C'est regrettable, surtout alors que la compagnie pétrolière française Groupe Total SA, la compagnie même dont les activités ont incité, il y a une décennie, le Conseil de sécurité à demander un avis juridique sur l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental - qui a conclu que ces activités serait illégales si elles omettaient de prendre en compte les souhaits et les intérêts des sahraouis comme peuple d'origine du territoire - a repris ses activités d'exploration pétrolière au large des côtes du Sahara Occidental en vertu d'accords avec le gouvernement marocain.

Le prélèvement continu et illégal exercé sur les ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc s'est avéré être un obstacle majeur à la réalisation du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. Un droit une fois de plus noté comme capital par la Cour Internationale de Justice dans son avis consultatif de 2010 sur le Kosovo. Permettre au Maroc de profiter systématiquement des richesses du territoire, non seulement mine la confiance bien nécessaire des parties pour les négociations, mais il contribue également au financement de la poursuite de l'occupation illégale tout en privant le peuple sahraoui de l'utilisation actuelle et future de ses ressources.

La Charte des Nations Unies impose aux Nations Unies d’assurer la souveraineté territoriale et la protection des peuples sous occupation et de leurs ressources. Nous félicitons le présent rapport, et vous demandons de faire tous les efforts pour la pleine application du droit international, à la fois par les Nations Unies et la communauté internationale, pour une administration acceptable des ressources naturelles du Sahara Occidental jusqu'à ce que le peuple sahraoui ait accompli son droit de l'autodétermination.

Sincèrement,

Sara Eyckmans
Coordinatrice international
Western Sahara Resource Watch

coordinator@wsrw.org
0032 475 45 86 95