mardi 24 avril 2012

Prorogation d'un an, Minurso 2012


Conseil de sécurité
CS/10621 
 
Conseil de sécurité 6758e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITE PROROGE LE MANDAT DE LA MINURSO JUSQU’AU 30 AVRIL 2013


Le Conseil de sécurité a, ce matin, prorogé le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) jusqu’au 30 avril 2013.

Le Conseil de sécurité, par la résolution 2044 (2012), adoptée à l’unanimité, a demandé à toutes les parties de « coopérer pleinement  aux opérations de la MINURSO » et de « continuer de faire preuve de volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin d’engager des négociations plus résolues et plus axées sur le fond ».

Le Conseil de sécurité a également demandé aux parties de « poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable. »

Le Secrétaire général, dans son rapport* sur la situation concernant le Sahara occidental, soumis au Conseil de sécurité, avait recommandé à ce dernier de proroger le mandat de la MINURSO pour une nouvelle période de 12 mois, jusqu’au 30 avril 2013, en demandant aux deux parties, le Maroc et le Front Polisario, de coopérer pleinement avec la MINURSO pour atteindre ses objectifs.

Le représentant du Maroc a salué le contenu d’une résolution qui, a-t-il dit, « pousse les parties à accélérer le rythme des négociations et appelle les pays voisins à participer à une solution réaliste ».  Il a jugé que le Conseil de sécurité avait eu raison de refuser pour la troisième année consécutive des tentatives d’élargir le mandat visant à couvrir des questions qui n’ont rien à voir avec la Mission. 

Le délégué marocain a en outre estimé que la revendication d’un référendum ne pourrait que mener à une discorde, et a précisé que le Maroc défendrait toujours son intégrité territoriale au Sahara occidental dans l’intérêt de la stabilité de la région. 

Pour sa part, le représentant de l’Afrique du Sud a salué les efforts du Maroc en faveur des droits de l’homme.  En revanche, il a exprimé sa préoccupation devant l’incapacité du Conseil, dans sa résolution, à répondre pleinement aux problèmes relatifs aux droits de l’homme, notamment au regard de ses récentes avancées importantes dans ce domaine en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.  « La poursuite de cette tendance menace de saper la Mission, a-t-il dit, invitant également les parties à respecter le mandat de la MINURSO.




Texte du pro jet de résolution S/2012/249

Le Conseil de sécurité,

Rappelant et réaffirmant toutes ses résolutions antérieures sur le Sahara occidental,

Réaffirmant son ferme appui aux efforts que font le Secrétaire général et son Envoyé personnel en vue de l’application des résolutions 1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008), 1871 (2009), 1920 (2010) et 1979 (2011),

Réaffirmant sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et notant le rôle et les responsabilités des parties à cet égard,

Demandant à nouveau aux parties et aux États de la région de coopérer plus pleinement avec l’Organisation des Nations Unies et les uns avec les autres et de s’impliquer plus résolument pour mettre fin à l’impasse actuelle et avancer vers une solution politique,

Se félicitant des efforts que fait le Secrétaire général pour suivre de près toutes les opérations de maintien de la paix, y compris la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), et soulignant que le Conseil doit adopter une approche rigoureuse et stratégique en matière de déploiement au service du maintien de la paix,

Se déclarant préoccupé par les violations des accords en vigueur et demandant aux parties de se conformer à leurs obligations,

Prenant note de la proposition marocaine présentée au Secrétaire général le 11 avril 2007 et se félicitant des efforts sérieux et crédibles que fait le Maroc pour avancer vers un règlement; prenant note également de la proposition du Front Polisario présentée au Secrétaire général le 10 avril 2007,

Engageant les parties, dans ce contexte, à faire preuve d’une plus grande volonté politique de parvenir à une solution, notamment en examinant de façon plus approfondie leurs propositions respectives,

Prenant note des quatre séries de négociations tenues sous les auspices du Secrétaire général et des séries de pourparlers informels en cours, et se félicitant des progrès accomplis par les parties sur la voie de négociations directes,

Se félicitant des progrès accomplis par les parties dans l’examen de nouveaux modes de négociation et de questions ponctuelles, de l’engagement qu’elles ont pris d’approfondir l’examen de ces questions et d’autres, de la réunion sur les ressources naturelles, qu’elles ont tenue le 9 novembre 2011, et des progrès réalisés en ce qui concerne le déminage,

Se félicitant du succès du séminaire sur la culture hassaniya, qui s’est tenu du 12 au 16 septembre 2011 sous le parrainage du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, de l’accord des parties concernant l’organisation de deux autres séminaires en 2012, et de la tenue, les 24 et 25 janvier 2012, d’une réunion de haut niveau sur les mesures de confiance pour le Sahara occidental, facilitée par le Haut-Commissariat pour les réfugiés,

Soulignant qu’il importe d’améliorer la situation des droits de l’homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf, et engageant les parties à collaborer avec la communauté internationale pour mettre au point et appliquer des mesures indépendantes et crédibles qui garantissent le plein respect des droits de l’homme, en gardant à l’esprit les obligations que leur impose le droit international,

Se félicitant de l’installation à Dakhla et Laayoune de commissions régionales du Conseil national des droits de l’homme, et des mesures que le Maroc a prises pour remplir l’engagement qu’il a pris d’assurer un accès sans réserves ni restrictions à tous les titulaires de mandats relevant des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies,

Se félicitant également de l’application du programme renforcé de protection des réfugiés que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a élaboré en coordination avec le Front Polisario et qui comprend des activités de formation et de sensibilisation aux droits des réfugiés et aux droits de l’homme,
Demandant à nouveau que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés continue à envisager d’enregistrer les réfugiés des camps de Tindouf,

Attendant avec intérêt l’application du plan d’action actualisé sur les mesures de confiance adopté à Genève les 24 et 25 janvier 2012, notamment le début des visites familiales effectuées par la route, l’utilisation des nouvelles technologies de l’information afin de faciliter la communication entre les familles, et la poursuite et l’expansion du programme actuel de transport par voie aérienne, et engageant les parties à œuvrer en coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à l’application de ce plan,

Se félicitant que les parties se soient engagées à poursuivre les négociations dans le cadre de pourparlers tenus sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies,

Considérant que la consolidation du statu quo n’est pas acceptable et notant en outre qu’il est essentiel que ces négociations progressent pour que tous les aspects de la qualité de vie des habitants du Sahara occidental s’améliorent,

Affirmant son soutien à l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et à l’action qu’il mène pour faciliter les négociations entre les parties, se félicitant des consultations qu’il mène actuellement avec les parties et les États voisins et attendant avec intérêt la visite qu’il doit faire prochainement dans la région, y compris au Sahara occidental, selon le communiqué publié à l’issue de la réunion informelle sur le Sahara occidental des 11 au 13 mars 2012,


Affirmant son soutien au Représentant spécial du Secrétaire général pour le Sahara occidental et Chef de la MINURSO, Hany Abdel-Aziz,


Ayant examiné le rapport du Secrétaire général en date du 11 avril 2012 (S/2012/197),


1.    Décide de proroger jusqu’au 30 avril 2013 le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO);

2.    Réaffirme que les accords militaires conclus avec la MINURSO concernant le cessez-le-feu doivent être pleinement respectés et exhorte les parties à y adhérer pleinement;
3.    Demande à toutes les parties de coopérer pleinement aux opérations de la MINURSO, y compris en ce qui concerne sa liberté d’interaction avec tous ses interlocuteurs, et de prendre les mesures voulues pour garantir la sécurité, ainsi qu’une totale liberté de circulation et un accès immédiat, au personnel des Nations Unies et au personnel associé dans l’exécution de leur mandat, conformément aux accords existants;

4.    Se félicite que les parties se soient engagées à continuer à tenir des pourparlers informels restreints dans la perspective d’une cinquième série de négociations et rappelle qu’il a fait sienne la recommandation formulée dans le rapport daté du 14 avril 2008 (S/2008/251) selon laquelle il est indispensable que les parties fassent preuve de réalisme et d’un esprit de compromis pour faire avancer les négociations;

5.    Demande aux parties de continuer de faire preuve de volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin d’engager des négociations plus résolues et plus axées sur le fond et de garantir ainsi l’application de ses résolutions 1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008), 1871 (2009), 1920 (2010) et 1979 (2011), ainsi que le succès des négociations, entre autres, en continuant d’examiner les idées que le Secrétaire général a présentées au paragraphe 120 du rapport paru sous la cote S/2011/249;

6.    Affirme son soutien sans réserve aux efforts déterminés que font le Secrétaire général et son Envoyé personnel pour qu’une solution soit trouvée à la question du Sahara occidental dans ce contexte et demande que le rythme des réunions soit accéléré et que les contacts soient renforcés;

7.    Demande aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et prend note du rôle et des responsabilités des parties à cet égard;

8.    Invite les États Membres à prêter le concours voulu à ces négociations;

9.    Prie le Secrétaire général de lui faire régulièrement, et au moins deux fois par an, des exposés sur l’état et l’avancement des négociations tenues sous ses auspices, l’application de la présente résolution, les difficultés auxquelles se heurtent les opérations de la MINURSO et les mesures prises pour les surmonter, déclare son intention de se réunir pour entendre ces exposés et les examiner, et, à cet égard, prie également le Secrétaire général de lui présenter un rapport sur la situation au Sahara occidental bien avant la fin du mandat de la Mission;

10.   Se félicite que les parties et les États voisins se soient engagés à tenir des réunions périodiques avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés afin d’examiner et, autant que faire se peut, renforcer les mesures de confiance;

11.   Engage les États Membres à verser des contributions volontaires pour financer des mesures de confiance qui permettent aux membres séparés d’une même famille de se rendre visite, ainsi que les autres mesures de confiance dont les parties conviendraient;

12.   Prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures voulues pour faire pleinement respecter par la MINURSO la politique de tolérance zéro instituée par l’Organisation des Nations Unies en ce qui concerne l’exploitation et les violences sexuelles et de le tenir informé, et demande instamment aux pays qui fournissent des contingents de prendre les mesures préventives voulues, notamment de mener avant tout déploiement des activités de sensibilisation à ces questions, et d’adopter d’autres mesures pour faire en sorte que les membres de leur personnel qui seraient mis en cause soient amenés à répondre pleinement de leurs actes;

13.   Décide de rester saisi de la question.
 

lundi 16 avril 2012

Manifestation du 14-04-12, Sahara Occidental, sous-titres

Le 14 avril 2012, manifestation Sahraouie à El Aaiun occupé, à l'appel de la coordination Gdaim Izik. Le même jour des manifestations pour dénoncer l'inutilité de la Minurso, - Mission de l'ONU pour le Référendum au Sahara Occidental- ont lieu dans 14 villes d'Europe et aux USA.
Transcription et traduction (non officielle)




رغم كل الجبروت نحن شعب لا يموت
المغرب يا جبان اين هي حقوق الانسان

En dépit de toutes les personnes puissantes nous ne mourons pas

Maroc, le lâche ! Où sont les droits de l'homme ?

يا سلام على ديمقراطية المغرب،سجنوا معتقلينا ونسوا
Ma paix sur un Maroc démocratique !!! nos prisonniers ont été emprisonnés et oubliés

اذا الشعب يوما اراد الحياة فلابد ان يستجيب القدر
ولابد لليل ان ينجلي ولابد للقيد ان ينكسر

Lorsqu’un jour, le peuple aspire à vivre,
Le destin doit répondre !
Les ténèbres se dissiperont !
Et les chaînes se briseront !

حقوقي حقوقي دم في عروقي لن انساها ولو قتلوني
Mes droits mes droits sont comme le sang dans mes veines
Je ne les oublierai pas même s'ils me tuent

هم يقولوا انتصروا ونحن هزمناهم
Ils disent qu'ils ont été victorieux et nous les avons battus

8'25
في هدا اليوم العالمي لحقوق الانسان نقول ان بعثة الامم المتحدة في الصحراء الغربية تشبه اسطورة القرد الهندية الدي يوحي بأنه لا يتكلم لا يرى لا يسمع،حيث انها لاترى معاناة الصحراويين ولا تتكلم عن حقوقهم المنتهكة ولا تسمع صرخاتهم و انينهم تحت ايدي الجلاد.ولهذا فهناك العديد من الوقفات امام اكثر من 12 سفارة مغربية في اوربا يقوم بها شباب صحراويون وفي امريكا و مخيمات اللاجئين كذلك. ام في مايخص المناطق المحتلة و خصوصا العاصمة ولما من اكراهات فان الشباب الصحراوي لم يتمكن من الوقوف امام بعثة الامم المتحدة بل ارغمنا على الوقوف امام مكتب حقوق الانسان التابع للاحتلال لندد بما تنهجه هذه البعثة من محاباة للمغرب

En cette Journée mondiale des droits de l'homme nous disons que la mission de l'ONU au Sahara Occidental est comme la légende indienne du singe, qui ne veut ni parler, ni voir, ni entendre. La Minurso ne voit pas la souffrance des Sahraouis, ne parle pas de leurs droits violés, et n'entend pas aussi leurs cris et leurs gémissements sous les mains du bourreau. Pour dénoncer cela, il y a aujourd'hui des manifestations de jeunes devant 12 ambassades du Maroc en Europe, aux USA et dans les camps de réfugiés Sahraouis.
En territoires occupés, en particulier dans la capitale, la jeunesse sahraouie n'a pas pu manifester devant la mission de l'ONU, et nous avons été forcés de manifester devant l'Office marocain des droits de l'homme. Nous disons que la Minurso ne fait rien au Sahara, elle est l'ami des marocains.

10'33
السلام عليكم و تحية لكل المتضامنين مع الشعب الصحراوي ومنهم جمعية الصداقة بباريس التي دعت لوقفة تضامنية مع معتقلي لكديم ازيك هاجمت فيها بعثة الامم المتحدة في الصحراء التي تبيع ضمير العالم بثمن زهيد وهذه الوقفات للشباب الصحراوي في كثير من الدول الاجنبية هي رسالة للامم المتحدة وغيرها من منظمات حقوق الانسان لمراقبة و التحقيق في ما يحدث للشعب الصحراوي

Paix sur vous et salutations à tout le monde dans la solidarité avec le peuple sahraoui, y compris l'association d'amitié à Paris, qui a appelé à une manifestation de solidarité avec les détenus de Gdaim Izik pour dénoncer la mission des Nations Unies au Sahara, qui vend pour pas cher l'âme du monde.
Ce que nous faisons et ce que font les jeunes sahraouis en manifestant dans de nombreux pays étrangers, c'est un message à l'Organisation des Nations Unies et à toutes les organisations des droits de l'homme pour qu'ils viennent surveiller et enquêter sur ce qui arrive au peuple Sahraoui
Le nouveau gouvernement marocain à trouvé des solutions pour les prisonniers islamiques mais pas pour les prisonniers de Gdaim Izik.

APSO, 16 avril 2012, vidéo EM

samedi 7 avril 2012

Les scouts de Tantan n’auront que leurs pieds pour aller à Rabat

Le groupe de "scoutisme Hassania Marocain" de Tantan au Maroc est constitué d'enfants et d'animateurs marocains et sahraouis.

Tantan, du fait de l’histoire du Sahara Occidental, est une ville où vivent de nombreux Sahraouis, qui, comme au Sahara Occidental subissent des discriminations continues de la part des autorités marocaines.

Du 8 au 21 avril, le mouvement scout marocain organise un camp de vacances au grand centre scout de Rabat. Le groupe de Tant Tan, invité le 8 mars, avait prévu d’y participer.

Le séjour a un double objectif et intérêt, les vacances pour les enfants et la formation des animateurs.
Les responsables du groupe de Tantan ont demandé à la ville de prendre en charge le déplacement du groupe. Et cela notamment par un courrier le 2 avril au gouverneur de Tantan, et une autre le même jour au président de la municipalité.
Le 4 avril, la même demande est adressée au responsable de Tantan auprès du Roi. (voir courriers)
La municipalité détient en effet tous les véhicules nécessaires à ce transport qui lui incombe.

La demande est restée sans réponse alors que le groupe doit être à Rabat demain.

Le 6 avril, le groupe de scout de Tantan a donc fait une information au public, expliquant le désintérêt de la ville pour leur demande de transport. Par le même communiqué, Ils informent les membres du club de scout que les enfants et les animateurs ont décidé de partir à pied. (voir info et vidéo ci-dessous)

La distance Tantan - Rabat représente plus de 900 km.

APSO, le 7 avril 2012
Source : Apso Sahara

Note : Hassania vient de Hassan, ex roi du Maroc, et non de la langue et culture Hassanya des Sahraouis



jeudi 5 avril 2012

Résolution du PE du 25-11-2010 sur la situation au Sahara occidental


Résolution du Parlement européen du 25 novembre 2010 sur la situation au Sahara occidental

P7_TA(2010)0443

Le Parlement européen,

– vu les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara occidental,

– vu la résolution 1920 (2010) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a prorogé le mandat actuel de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO),

– vu les derniers rapports du secrétaire général des Nations unies au Conseil de sécurité, en date du 14 avril 2008, du 13 avril 2009 et du 6 avril 2010, sur la situation au Sahara occidental,

– vu le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le Maroc le 3 mai 1979,

– vu l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre l'Union européenne et ses États membres, d'une part, et le Royaume du Maroc, d'autre part, et notamment son article 2,

– vu la déclaration de l'Union européenne du 7 décembre 2009 sur la 8e session du Conseil d'association UE-Maroc et la déclaration conjointe du 1er sommet UE-Maroc qui s'est tenu le 7 mars 2010,

– vu, en particulier, les conclusions tirées des visites effectuées en septembre 2006 et janvier 2009 par la délégation ad hoc du Parlement pour le Sahara occidental, qui demandaient la prorogation du mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental (MINURSO), sous réserve de l'accord de toutes les parties concernées, afin de la charger de surveiller le respect des droits de l'homme au Sahara occidental, et qui demandaient également à la Commission, le cas échéant, par l'intermédiaire de sa délégation à Rabat, de suivre la situation des droits de l'homme au Sahara occidental et d'envoyer régulièrement des missions sur place,

– vu ses résolutions antérieures sur le Sahara occidental, en particulier celle du 27 octobre 2005(1) ,

– vu la déclaration de Catherine Ashton, haute représentante de l'Union européenne, sur le Sahara occidental, en date du 10 novembre 2010,

– vu les déclarations du Conseil et de la Commission du 24 novembre 2010 sur la situation au Sahara occidental,

– vu l'article 110, paragraphe 4, de son règlement,

A. considérant que plusieurs milliers de Sahraouis ont quitté leurs villes et installé des tentes dans la banlieue de Laâyoune, édifiant le camp de Gdim Izik pour protester pacifiquement contre leur situation sociale, politique et économique et contre leurs conditions de vie,

B. considérant qu'après plusieurs semaines, leur nombre s'est élevé à quelque 15 000 personnes, selon les observateurs des Nations unies; considérant que le dialogue a été établi avec les autorités,

C. considérant que, dimanche 24 octobre 2010, Nayem El-Garhi, un adolescent sahraoui de 14 ans, a été tué, et cinq autres ont été blessés par les forces militaires marocaines alors qu'ils essayaient de gagner le camp situé dans la banlieue de Lâayoune,

D. considérant que, le 8 novembre 2010, un nombre encore inconnu de personnes, y compris des officiers de police et des agents de sécurité, ont été tuées au cours d'une intervention menée par les forces de sécurité marocaines en vue de démanteler le camp de protestation de Gdim Izik; considérant qu'il est également fait état d'un nombre important de blessés civils du fait que les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et de matraques pour faire évacuer le camp,

E. considérant que ces incidents se sont produits le jour de l'ouverture, à New York, du troisième cycle de pourparlers officieux sur le statut du Sahara occidental, auxquels participent le Maroc et le Front Polisario, ainsi que l'Algérie et la Mauritanie, en qualité de pays observateurs,

F. considérant que les journalistes, les députés des parlements nationaux et régionaux de l'Union européenne et les députés au Parlement européen se sont vu interdire l'accès à la ville de Laâyoune et au camp de Gdim Izik, et que certains d'entre eux ont même été expulsés de Laâyoune,

G. considérant que le citoyen espagnol Babi Hamday Buyema est mort de façon violente dans des circonstances qui n'ont pas encore été établies,

H. considérant qu'après plus de 30 années, le processus de décolonisation du Sahara occidental demeure inachevé,

I. considérant que l'Union européenne demeure préoccupée par le conflit sévissant au Sahara occidental et par ses conséquences et implications pour la région, y compris la situation des droits de l'homme au Sahara occidental, et qu'elle soutient pleinement les efforts du secrétaire général des Nations unies et de son envoyé spécial pour trouver une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, ainsi que le prévoient les résolutions des Nations unies,

J. considérant que plusieurs rapports ont montré que les ressources naturelles du Sahara occidental étaient exploitées sans qu'il y ait de retombées pour la population locale,

1. exprime sa profonde préoccupation face à la nette détérioration de la situation au Sahara occidental et condamne fermement les violents incidents qui se sont produits dans le camp de Gdim Izik lors de son démantèlement, ainsi que dans la ville de Laâyoune;

2. appelle toutes les parties à garder leur calme et à s'abstenir de toute nouvelle violence;

3. déplore la perte de vies humaines et manifeste sa solidarité avec les familles des personnes décédées, blessées et disparues;

4. prend acte de la mise en place, par le parlement marocain, d'une commission d'enquête chargée d'étudier les faits qui ont mené à l'intervention des autorités marocaines, mais considère que les Nations unies constitueraient l'organisation la plus à même de mener une enquête internationale indépendante en vue de clarifier les événements, les décès et les disparitions;

5. regrette les atteintes à la liberté de la presse et de l'information auxquelles ont été exposés de nombreux journalistes européens, et demande au Royaume du Maroc d'autoriser la presse, les observateurs indépendants et les organisations humanitaires à accéder librement au Sahara occidental et à y circuler en toute liberté; déplore l'interdiction d'accès au Sahara occidental imposée par les autorités marocaines pour les députés, les journalistes, les médias et les observateurs indépendants;

6. insiste sur la nécessité d'inviter les organes des Nations unies à proposer l'instauration d'un mécanisme de surveillance des droits de l'homme au Sahara occidental;

7. se félicite de la reprise des réunions informelles entre le Maroc et le Front Polisario, sous les auspices de l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, même dans un contexte aussi tendu, et invite les acteurs régionaux à jouer un rôle constructif;

8. rappelle son soutien à la reprise des pourparlers officieux entre les parties au conflit en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui soit conforme aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies;

9. invite la Commission à veiller à ce que toute l'aide humanitaire nécessaire, moyennant une augmentation du financement, soit accordée aux réfugiés sahraouis vivant dans la région de Tindouf, dont le nombre oscille, selon les estimations, entre 90 000 et 165 000, afin de les aider à satisfaire leurs besoins essentiels en termes de nourriture, d'eau, de logement et de soins médicaux, et d'améliorer leurs conditions de vie;

10. exprime sa préoccupation face à la détention et aux allégations de harcèlement des défenseurs sahraouis des droits de l'homme sur le territoire du Sahara occidental; demande que les défenseurs des droits de l'homme emprisonnés sur ledit territoire ou au Maroc soient traités dans le respect des normes internationales et qu'ils soient jugés rapidement et de façon juste;

11. demande à l'Union européenne d'exiger du Royaume du Maroc qu'il se conforme au droit international en ce qui concerne l'exploitation des ressources naturelles au Sahara occidental;

12. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et à la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au secrétaire général des Nations unies, au secrétaire général de l'Union africaine, à la délégation du Parlement européen pour les relations avec les pays du Maghreb, au bureau de l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée, au gouvernement et au parlement du Maroc, au Front Polisario, ainsi qu'aux parlements et aux gouvernements de l'Algérie et de la Mauritanie.


(1) JO C 272 E du 9.11.2006, p. 582.


Voir l'original ici

jeudi 29 mars 2012

Bras de fer à l’OCP pour un droit au logement égal pour tous

120 travailleurs sahraouis de Phosboucraa du groupe OCP manifestent aujourd’hui 29 mars 2012 pour demander le respect de l’avantage logement et manifester leur solidarité avec le syndicaliste Mouloud Amidan.

Suite à la réunion qui s'est tenue en février entre le directeur de la société Phosboucraa et la société Al Omran pour construire des logements pour les employés de le société à Agadir et Marrakech, le Syndicat UGTM (Union générale des travailleurs au Maroc ) a revendiqué l’octroi d’une compensation financière identique pour les salariés qui souhaitent une maison au Sahara Occidental et non au Maroc. La société Al Omran est une entreprise marocaine de construction de maisons et de bâtiments. Cette demande portée par l’UGTM n’a pas été jugée recevable par l’administration centrale qui a renvoyé la question au directeur.

Faute d’avoir pu aborder la question en réunion de discussion avec l’employeur, le syndicaliste Mouloud Amidan, représentant du syndicat UGTM a commencé un sit in de protestation le 29.02.2012, dans la salle de la réunion qui n’a pas pris fin parce que les employeurs sont partis au milieu de la séance.
La revendication est la suivante : les salariés demandent à bénéficier d’un logement au Sahara Occidental ou de la somme équivalente pour construire eux-mêmes leur logement.

Le 8.03.2012 une autre réunion de discussion de ce sujet s'est tenue en l’absence de M Amidan. Selon l’employeur, les autres syndicats ont approuvé à l’unanimité la décision de construction de logement pour les salariés à Agadir et Marrakech.

M Amidan considère que son absence à la réunion, à laquelle il n’a pas été convié, invalide les décisions prises. Il pense que la décision n’a pas reçu un accueil unanime et que le procès-verbal est faux. Il se base sur le fait qu’il représente une large partie des employés.

Le 9.03.2012 M Amidan décide d'entamer une grève de la faim au siège de la société
Les motifs :
- Ses doutes sur l’unanimité de la décision affirmée par l'administration
- Il demande à obtenir le procès-verbal de la réunion du 8 mars
- Il proteste contre la pression faite par l’administration sur sa famille et sur les travailleurs solidaires avec lui
- Le médecin du travail a eu interdiction de le visiter
- La ligne téléphonique de la salle de réunion où il est en Sit In a été coupée

Le 9.03.2012 les travailleurs de syndicat UGTM et des solidaires sont en Sit in devant le siège de la société

Le 14.03.2012 les forces sécuritaires (police) interdisent aux travailleurs d'organiser un sit in devant le siége de la société Phosboucraa
Les revendications sont toujours que l'administration accepte la demande des travailleurs de bâtir des maisons à El Aaiun ou de verser une compensation financière.

Le 13.03.2012 la société envoie un courrier à M Amidan lui demandant de justifier son absence irrégulière, faute de quoi il sera rayé des contrôles de la société. Voir document.

Le 14.03.2012 M Amidan cesse sa grève de la faim.

Le 27.03.2012 M Amidan est reçu en réunion avec le directeur de la société. La discussion porte sur les logements mais n’aboutit à rien.

Phosboucraa dispose de sa propre équipe de salariés pour la sécurité des usines.
Néanmoins, le 9.03.2012 le directeur de Phosboucraa signe des contrats avec les 2 sociétés privées de sécurité Zayou Raha et Afrique Charaka pour le déploiement de 60 gardiens et 12 chiens.
Le 26.03.2012 un troisième contrat est signé, avec la société internationale Group 4 Securicor dont le siège est à Londres, pour 40 autres gardiens attachés à la surveillance du siège de Phosboucraa et 3 autres chargés de la surveillance de la villa de directeur de la société Phosboucraa.

Le 29.03.2012 l’appel à sit in rassemble 120 salariés de 07.00 du matin jusque 23.00 gmt au siège du syndicat UGTM dans le quartier Maatala à El Aaiun. Ils revendiquent leurs droits légitimes et sont solidaires avec le représentant des travailleurs.

Un appel à manifester en Sit-in au sein de l’entreprise est lancé pour les 2 et 3 avril.

EM, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 29 mars 2012



vendredi 23 mars 2012

ASVDH : Après les événements de Dakhla en sept 11, procès encore repoussé pour 17 sahraouis

D'après leurs avocats, 17 prisonniers politiques sahraouis devaient comparaître devant la cour mardi 20 et mercredi 21 mars derniers. Ils sont parmi les 27 hommes Sahraouis, dont un mineur, arrêtés après les événements de Dakhla, à la fin de septembre 2011


Seuls Sidaty Dlimi et Laamer Bosseif, deux des prisonniers ont comparu mercredi, et ont été informés de leur accusation composée des chefs d’accusation suivants : complicité d’assassinat, blocage de la route, formation d'un gang criminel. Ils n’ont pas été jugés.

4 jeunes marocains, responsables de l’assassinat de 2 Sahraouis et de violences contre les forces de police, accusés dans le même dossier que les 2 Sahraouis ont été accusé des même chefs : complicité d’assassinat, blocage de la route, formation d'un gang criminel.

Le procès des 2 sahraouis et 4 marocains a été reporté au 4 avril 2012.


Les 15 autres sahraouis incarcérés à El Aaiun n’ont pas été informés de la date à laquelle est reportée leur comparution.


Les 17 prisonniers en incarcération préventive dans la prison Noire de El Aaiun sont :



Nom prénom

date et lieu d'arrestation

Jugement

Lieu d’incarcération

n° d'écrou

1

Sidati Haibab Elmekhtar

27/09/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36331

2

Elmahjoub Aoilad Cheikh

02/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36344

3

Kamal Trayah

03/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36345

4

Mohamed Manolo

02/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36346

5

Barekallah Dalbouh

03/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36347

6

Abdelaziz Barray

03/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36359

7

Anwar Sadat Lehmaid

03/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36360

8

Khalid Amimo

03/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36358

9

Balla Chyakhto Ali Salem

04/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36364

10

Elhaj H’maida

04/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36365

11

Saleh Seghayer

18/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36450

12

Hamza Khatari Elaalawi

22/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun


13

Aomar Elmahjoub Elkazzazi

22/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36462

14

Laamar Cheikh Boussef

31/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36504

15

Chrif Nasseri

31/10/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36505

16

Atiko Barray

14/11/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun

36540

17

Hassana El Wali

06/03/2011 à Dakhla

Détention provisoire.

Prison Noire. El Aaiun




Les10 autres incarcérés à Dakhla, condamnés à des peines de 8, 10 ou 12 mois de prison sont :



Nom prénom

date et lieu d'arrestation

Jugement

Lieu d’incarcération

n° d'écrou

1

Ladour Mohamed Hayya ( Mineur )

28/09/2011 à Dakhla

1 an de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


2

Mansour Sidi Graymish

28/09/2011 à Dakhla

8 mois de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


3

Mohamed Sidi Graymish

28/09/2011 à Dakhla

8 mois de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


4

Mansour Najem B’hay

27/09/2011 à Dakhla

10 mois de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


5

Abdelaziz Mohamed Elmami Elhafed

27/09/2011 à Dakhla

10 mois de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


6

Mohamed Eddeoi Akmach

27/09/2011 à Dakhla

1 an de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


7

Mohamed Salem Elhassan

27/09/2011 à Dakhla

1 an de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


8

Hafdallah Boujemaa Baija

27/09/2011 à Dakhla

8 mois de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


9

Soylam Chaybani

27/09/2011 à Dakhla

10 mois de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla


10

Lafdal Mohamed M’barek

27/09/2011 à Dakhla

1 an de prison ferme

Essejn Al Maddani, Prison civile. Dakhla



Parmi le groupe des hommes incarcérés à El Aaiun, 5 prisonniers sont en grève de la faim illimitée depuis le 1er mars. Ils revendiquent un jugement ou une libération sans condition.

Ce sont : lmahjoub Aoilad Cheikh, Abdelaziz Barray,Atiko Barray, Hassana Lwali ,et Chrif Nasseri


Ces hommes sahraouis, dont un mineur, ont été arrêtés suite à des attaques policières contre des manifestants pacifiques dénonçant des violences perpétrés par des résidents marocains dans la ville de Dakhla, soutenus par les forces sécuritaires, après un match de foot le 25 septembre 2011.


Pour les détails en français sur les événements de Dakhla :

http://asvdh.net/5966

http://asvdh.net/5984

http://asvdh.net/5999

Déclaration conjointe contre la violence (GB) par les organisations sahraouies :

http://asvdh.net/5993


ASVDH, le 21 mars 2012

El Aaiun, Sahara Occidental



lundi 19 mars 2012

Les manifestations et les revendications s’intensifient à El Aaiun occupé


Les manifestations réclamant le respect du droit du peuple du Sahara Occidental à l'indépendance se poursuivent dans les villes du territoire occupé, mais aussi les violences policières gratuites.

Hier soir 17 mars, à El Aaiun, plus de 80 personnes ont participé à deux manifestations dans les quartiers Douirat et Erraha. Ils ont crié et répété des slogans en faveur de l'indépendance, de l’autodétermination. Ils ont aussi exprimé leur solidarité avec tous les détenus politiques sahraouis.

Les manifestants ont également demandé à la communauté internationale d'intervenir pour arrêter que le Maroc vole et détruise les richesses naturelles du Sahara Occidental.
Ils ont aussi crié qu’ils approuvaient la décision du Parlement Européen d’arrêter l'accord de pêche avec le Maroc, et qu’ils voulaient que ce même Parlement prenne des décisions similaires au sujet des importations de phosphate et de produits agricoles venant de leur pays.

Au même moment, une troisième manifestation regroupait plus d’une cinquantaine de chômeurs sahraouis devant la section du ministère marocain de l'Emploi dans la ville occupée.
Ils revendiquaient le respect de leurs droits à un emploi, protestaient contre les discriminations et dénonçaient le pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental.
Quatre chômeurs sahraouis ont été blessés quand les forces d'occupation ont attaqué la manifestation sans avertissement.
Sidaty Ebbak, membre du groupe des organisateurs du sit-in, a été blessé et soigné à l’hôpital.
Mm Khadjatou Chobeida, et M Moulod Bourekba et Mahfoud Moulaain ont été blessés aussi et ont été soignés à domicile, ils ont peur d’aller à l’hôpital.

En marge de la manifestation, le jeune Aadel Abdel Salam Ahmed a déclaré avoir été arrêté vers 20h dans le quartier Douirat, et roué de coups.
Dans son témoignage, il déclare qu’il a été tabassé à la préfecture de police en raison de ses opinions politiques concernant le conflit sahraoui. Il a été libéré rapidement après le tabassage et c’est sa famille qui est venu le chercher pour le conduire à l’hôpital où les docteurs ont dû lui faire 25 points de suture à la tête.

La veille de ces manifestations, vendredi à 20h30, une patrouille a arrêté le jeune Said Bouba Ould Sid Ahmed dans le quartier Douriat. Il partait en voiture. Il n’a pu présenter ses documents d’identité qu’il avait laissés chez lui, et a refusé d’user de la corruption pour repartir sans encombre. C’est alors que 9 autres policiers se sont joints aux premiers pour l’insulter et le provoquer, avant de le frapper violement et de le conduire au poste de police où il est resté sans soin. C’est sa famille qui l’a conduit à l’hôpital où le docteur lui a fait 7 points de suture à la tête.


EM, Sahara Occidental occupé, le 18 mars 2012



Vidéo EM