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jeudi 29 mars 2012

Bras de fer à l’OCP pour un droit au logement égal pour tous

120 travailleurs sahraouis de Phosboucraa du groupe OCP manifestent aujourd’hui 29 mars 2012 pour demander le respect de l’avantage logement et manifester leur solidarité avec le syndicaliste Mouloud Amidan.

Suite à la réunion qui s'est tenue en février entre le directeur de la société Phosboucraa et la société Al Omran pour construire des logements pour les employés de le société à Agadir et Marrakech, le Syndicat UGTM (Union générale des travailleurs au Maroc ) a revendiqué l’octroi d’une compensation financière identique pour les salariés qui souhaitent une maison au Sahara Occidental et non au Maroc. La société Al Omran est une entreprise marocaine de construction de maisons et de bâtiments. Cette demande portée par l’UGTM n’a pas été jugée recevable par l’administration centrale qui a renvoyé la question au directeur.

Faute d’avoir pu aborder la question en réunion de discussion avec l’employeur, le syndicaliste Mouloud Amidan, représentant du syndicat UGTM a commencé un sit in de protestation le 29.02.2012, dans la salle de la réunion qui n’a pas pris fin parce que les employeurs sont partis au milieu de la séance.
La revendication est la suivante : les salariés demandent à bénéficier d’un logement au Sahara Occidental ou de la somme équivalente pour construire eux-mêmes leur logement.

Le 8.03.2012 une autre réunion de discussion de ce sujet s'est tenue en l’absence de M Amidan. Selon l’employeur, les autres syndicats ont approuvé à l’unanimité la décision de construction de logement pour les salariés à Agadir et Marrakech.

M Amidan considère que son absence à la réunion, à laquelle il n’a pas été convié, invalide les décisions prises. Il pense que la décision n’a pas reçu un accueil unanime et que le procès-verbal est faux. Il se base sur le fait qu’il représente une large partie des employés.

Le 9.03.2012 M Amidan décide d'entamer une grève de la faim au siège de la société
Les motifs :
- Ses doutes sur l’unanimité de la décision affirmée par l'administration
- Il demande à obtenir le procès-verbal de la réunion du 8 mars
- Il proteste contre la pression faite par l’administration sur sa famille et sur les travailleurs solidaires avec lui
- Le médecin du travail a eu interdiction de le visiter
- La ligne téléphonique de la salle de réunion où il est en Sit In a été coupée

Le 9.03.2012 les travailleurs de syndicat UGTM et des solidaires sont en Sit in devant le siège de la société

Le 14.03.2012 les forces sécuritaires (police) interdisent aux travailleurs d'organiser un sit in devant le siége de la société Phosboucraa
Les revendications sont toujours que l'administration accepte la demande des travailleurs de bâtir des maisons à El Aaiun ou de verser une compensation financière.

Le 13.03.2012 la société envoie un courrier à M Amidan lui demandant de justifier son absence irrégulière, faute de quoi il sera rayé des contrôles de la société. Voir document.

Le 14.03.2012 M Amidan cesse sa grève de la faim.

Le 27.03.2012 M Amidan est reçu en réunion avec le directeur de la société. La discussion porte sur les logements mais n’aboutit à rien.

Phosboucraa dispose de sa propre équipe de salariés pour la sécurité des usines.
Néanmoins, le 9.03.2012 le directeur de Phosboucraa signe des contrats avec les 2 sociétés privées de sécurité Zayou Raha et Afrique Charaka pour le déploiement de 60 gardiens et 12 chiens.
Le 26.03.2012 un troisième contrat est signé, avec la société internationale Group 4 Securicor dont le siège est à Londres, pour 40 autres gardiens attachés à la surveillance du siège de Phosboucraa et 3 autres chargés de la surveillance de la villa de directeur de la société Phosboucraa.

Le 29.03.2012 l’appel à sit in rassemble 120 salariés de 07.00 du matin jusque 23.00 gmt au siège du syndicat UGTM dans le quartier Maatala à El Aaiun. Ils revendiquent leurs droits légitimes et sont solidaires avec le représentant des travailleurs.

Un appel à manifester en Sit-in au sein de l’entreprise est lancé pour les 2 et 3 avril.

EM, El Aaiun, Sahara Occidental occupé
Le 29 mars 2012



mercredi 5 mai 2010

Déclaration du 1er mai 2010, CSTS, Sahara Occidental

Déclaration du Premier mai 2010, Confédération Syndicale des Travailleurs Sahraouis, CSTS

Depuis 1975, le peuple Sahraoui souffre de l’occupation Marocaine de son territoire. Il y a des milliers de disparus, victimes, un peuple exilé et séparé en deux parties.

Depuis 1975, une politique raciste est menée  par les autorités coloniales Marocaines, à l’encontre de la population Sahraouie, qui vise la destruction du tissu social et de l’identité culturelle. C’est une politique d’exil et d’appauvrissement  :

- en 1989, le Roi Hassan II a  déscolarisé plus de 6000 jeunes Sahraouis, le but annoncé était de les intégrer au tissu social au  nord du Maroc

-  licenciements abusifs, permutations, dégradations, violations des contrats du travail, sont les lots des travailleurs de Phosboucraa, grande mine de phosphate du Sahara Occidental.

- des milliers des travailleurs Sahraouis réclament leurs droits de retraite, pour l’époque espagnole jusqu’à 1975, date de la signature de la convention tripartite de Madrid qui a répartit le Sahara entre la Maroc et la Mauritanie.

- des milliers des travailleurs de la « promotion nationale » marocaine sont exploités par l’administration marocaine, ils ne bénéficient  ni des allocations familiales, ni du congé annuel, ni du respect du salaire minimum.

Le Maroc viole toutes les conventions internationales du travail, en l’absence d’un mécanisme qui contrôle le respect des droits de l’homme par la  MINURSO.

Ni les nations unies, ni la confédération syndicale internationale (CSI), n’ont réagit pour assumer leurs responsabilités devant cette situation grave dans un territoire non autonome comme le Sahara Occidental.

La confédération Syndicale des travailleurs Sahraouis  (CSTS) du territoire occupé au Sahara occidental s’est mobilisée pour défendre la cause des travailleuses et travailleurs Sahraouis. Nous poursuivons notre campagne pour la justice sociale contre la discrimination menée par le Maroc à l’encontre de notre population dans le territoire occupé du Sahara occidental,

C’est un conflit social dans la mesure où il y a des violations des droits des travailleurs Sahraouis dont le Maroc assume la responsabilité.

C’est un conflit politique dans les nations unies matérialisés par le refus de la France d’élargir les missions de la Minurso et par conséquent de bloquer toutes sortes de progression pour la résolution du problème de décolonisation  du territoire Sahraoui.

Bureau exécutif de la CSTS, El Aaiun, le 1er mai 2010

CONFEDERATION SYNDICALE DES TRAVAILLEURS SAHAROUIS, Sahara Occidental – territoire occupé