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lundi 25 mars 2013

Hassan Dah, Sahraoui, prisonnier politique, 30 ans de prison

Hassan, 26 ans, un prisonnier sahraoui parmi d’autres, condamné à 30 ans de prison lors du procès de Gdeim Izik

« La torture, c’était il y a 20 ou 30 ans… »  Abdelillah Benkirane, chef du gouvernement marocain

 Né le 18 janvier 1987 à El Aaiun au Sahara Occidental Hassan Dah est un militant de droits de l'Homme  pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Ce n’est pas la première fois qu’il se fait arrêter, torturer et jeter en prison. A partir de 18 ans il est souvent victime de répression.

Voici quelques unes de ses arrestations :
En 2007
Il a été enlevé chez lui  par la police, pendant son sommeil. Avec d’autres militants ils sont torturés à l’électricité, les yeux bandés et laissés sans habits sur le sol par la police qui verse de temps à autre de l’eau sur eux. Ils sont contraints de signer le procès verbal sans pouvoir connaitre ce qui est écris dessus, sous menace de viol. Ils refusent de répondre aux questions du juge sans présence de leur défense, ce qui a obligé le juge de les faire retourner à la prison.

Le 15 septembre 2009
Hassan est avec un groupe d’amis membres de l’Observatoire des droits de l’Homme, un groupe de policiers descend de voiture et se jette  sur eux, en les battant sans raison ni explication. Les yeux bandés ils sont emmenés en voiture, puis encore frappés violemment pendant une demi-heure. A la Willaya de sécurité un autre groupe de policiers, sous les coups et les insultes, les  interroge sur leur affiliation à l’Observatoire Sahraoui des droits de l’homme et leurs plans futurs, puis ils sont isolés chacun dans une pièce. Un autre agent de sécurité demande qui est l’organisateur de la manifestation de quartier Maatallah et si Hassan est  impliqué. Cet interrogatoire a duré plus de 2 heures. La nuit se passe entre le couloir et la salle d’interrogatoire, sans couverture. Les gardiens les empêchent de dormir en leur donnant régulièrement des coups de pieds. Le 16 à 19 h du même jour, l’officier Anouch revient les informer qu’ils vont être libérés tout de suite, « mais il nous a d’abord interdit de publier quoi que ce soit sur Internet en nous menaçant. »

Le 19 juillet 2010 au matin
Hassan est arrêté par les autorités marocaines. De nombreux citoyens sahraouis avaient l’intention d’assister à la réception donnée en l’honneur des onze militants sahraouis des droits de l’homme de retour d’une visite aux camps de réfugiés sahraouis en Algérie. Ordre a été donné aux forces de sécurité et aux forces auxiliaires d’intervenir contre eux. La police marocaine fait usage d’insultes et des coups de matraque et autres violences. Hassan fait partie des nombreux blessés.
 .
Le 03 août 2010 Hassan témoigne :
« Nous venions de Casablanca, après un vol en provenance d’Alger. L’avion dans lequel nous étions, a atterri à 20h à l’aéroport de l’El-Aaiun, au Sahara occidental..
L’aéroport était rempli d’hommes des renseignements généraux et de policiers en civil. Ils ont accéléré les procédures avec le reste des passagers. Tout a duré très longtemps pour nous.
Ils nous ont isolés un par un, fait déshabiller et fouillé, y compris dans nos chaussures. J’avais acheté des chaussures neuves en Algérie, et ils ont été très intéressés. Ils m’ont demandé si c’était Mohamed Abdelaziz (ndt : président de la république arabe sahraouie démocratique) qui me les avaient données. C’était comme des questions qui n’étaient pas dans la réalité.
En sortant vers 23h, nous avons trouvé devant l’aéroport les militants Brahim Sabar, Hassana Alouat et Mohammed Rashid N’dour. Ils devaient nous conduire dans leurs voitures vers le lieu de réception. Quand nous sommes arrivés, nous avons fait le signe de la victoire en descendant de voiture.
Les forces de police ont considéré ça comme une provocation, et ils nous ont attaqués. J’ai été la première cible, accompagné de Mme Khaddjto. Elle a été frappée à la tête et a perdu connaissance. J’ai été roué de coups par sept personnes et j’ai perdu connaissance aussi.
Je me suis réveillé dans ma maison, il y avait des cris et des hurlements, et des pierres pénétraient par les fenêtres. C’est la police qui les jetait. La pression est montée quand la rumeur a circulé qu’un policier avait été poignardé par une personne présente dans la maison.
Vers 3h du matin, j’ai décidé de partir en compagnie de Mohammed Manolo. Quand je suis sorti de la maison, et j’ai été entouré par un grand nombre de policiers en civil. Quatre d’entre eux me prenaient en photos.
J’ai été menotté, et on m’a bandé les yeux avec un chiffon qui sentait l’urine. Puis ils m’ont forcé à monter dans une voiture de police, et sans parler ils ont commencé à me frapper, gifler, coups de pied, avant de m’amener à la préfecture de police. J’ai su que j’étais au siège de la préfecture parce que j’ai vu le sol et les escaliers en baissant les yeux sous le tissu.
Ils m’ont emmené dans une pièce, et j’ai senti qu’il y avait beaucoup d’hommes avant qu’ils commencent à me poser des questions. Ils m’ont demandé si c’est moi qui avais donné le coup de couteau au policier, puis qui avait donné un coup de couteau au policier, et combien le front Polisario a payé pour faire ça ? J’ai été surpris par les questions que j’ai trouvées étrange, alors que c’est moi qui recevais des coups sans raison.
Ils m’ont menacé de me forcer à m’asseoir sur une bouteille en verre, ensuite ils ont ligoté mes mains devant mes tibias. Ils ont passé un bâton sous mes genoux pliés et par-dessus mes bras.
Ils m’ont suspendu en hauteur. J’avais la tête en bas (les policiers appellent ça « poulet rôti »). Ils m’ont frappé pendant qu’ils répétaient les mêmes questions : qui a poignardé le policier ?
Ils ont dit qu’ils avaient des preuves photographiques que c’était moi. Je leur ai dit que s’ils avaient des preuves qu’ils les donnent.
Ensuite ils ont versé de l’eau sale sur moi. Ça a coulé jusqu’à ma bouche et mon nez, jusqu’à ce que je me sente étouffer. La torture a duré deux heures, je pense. A ce moment, j’ai dit « arrêtez, arrêtez, je vais dire la vérité ». Un chef a donné l’ordre de me changer de position et ils m’ont descendu sur le sol. J’ai demandé qu’ils enlèvent le bandeau de mes yeux.
Ils l’ont fait et j’ai vu qu’il y avait une vingtaine d’officiers. J’ai désigné du doigt un homme parmi eux et j’ai dit « c’est lui. C’est lui qui a poignardé le policier ». Ils ont été énervés, et ils ont remis le bandeau sur mes yeux et ont menotté mes mains dans mon dos.
Je suis resté dans cette position, de 6 heures du matin jusqu’à 1 heure de l’après midi. Toutes les dix minutes les policiers me frappaient pour m’empêcher de dormir. Je leur ai demandé un peu d’eau et à manger parce que j’avais faim et soif. Ils m’ont dit qu’il n’y a pas d’eau, ni à manger pour les Polisarios.
Puis l’un d’entre eux est venu pour m’accompagner dans un bureau. Ils voulaient que je signe le procès verbal sans le lire. J’ai refusé. Ils ont retiré le bandeau de sur mes yeux. J’ai lu le procès verbal et je l’ai signé parce que j’étais d’accord avec la façon dont ils avaient écrit mes déclarations. Ils m’ont fait signer 17 fois.
J’ai ensuite été accompagné dans une autre pièce, dans les mêmes conditions qu’avant. Sur le sol, menotté et les yeux bandés. Ils m’ont libéré et dit de partir vers 21h.
Sources : Documents de l’ ASVDH et Agoravox (le témoignage)

Pourquoi ces lourdes peines ?

Début octobre  2010, quelques jeunes Sahraouis, exaspérés par leur vie de sous-citoyens sans cesse réprimés par le colonisateur marocain, ont monté les premières tentes à Gdeim Izik, à une trentaine de km d’El Aaiun, en territoire occupé, en signe de protestation. D’autres Sahraouis se sont joints à eux et c’est bientôt un énorme campement de plus de 4000 tentes et de plus de 20 000 personnes, hommes, femmes enfants, bébés, qui s’étend à perte de vue dans cette partie du désert. Un formidable espoir gagne la population sahraouie. Un camp tour à tour appelé camp de protestation, camp de l’espoir, puis camp de la liberté et de l’indépendance…
Mais le 8 novembre au milieu de la nuit, l’armée et toutes les forces de police marocaine démantèlent  le camp avec une violence inouïe : gaz lacrymogènes, aspersion à l’eau chaude, sirènes, hélicoptères sèment la panique…. On apprend que des militaires ont été tués. 24 Sahraouis sont arrêtés, pour la plupart des militants des droits de l’Homme, présents ou pas au moment des évènements.

Pas des tueurs. Hassan en fait partie.

Ils restent plus de 2 ans en détention préventive à Salé, fréquemment torturés pour arracher des aveux de crimes qu’ils n’ont pas commis. Jugés dans un tribunal militaire. Le verdict, préparé d’avance, sans rapport avec les plaidoiries qui affirment le manque total de preuves, tombe comme une bombe. De lourdes peines allant de 20 ans de prison à perpétuité. Hassan est condamné à 30 ans de prison.

Le 17 novembre 2012  l’ASDHOM   lance  une campagne de parrainages de prisonniers politiques. 67 prisonniers sont maintenant parrainés (sur 177) C’est ainsi que je suis devenue « marraine » de Hassan Dah. 
Je lui ai écrit plusieurs fois, j’ai eu la chance de recevoir une réponse, grâce à un réseau d’amis : il se dit« inébranlable en dépit de la condamnation injuste et des honteuses exactions que nous recevons ici.»... Il « remercie une fois de plus pour le message encourageant »

J'encourage tous les militants des droits de l'Homme à prendre contact avec l'ASDHOM pour demander à parrainer un des ces jeunes hommes pour leur envoyer des bouffées d'espoir et d'amitié. http://www.asdhom.org/

Marie-Jo Fressard
Solidarité Maroc 05
http://solidmar.blogspot.com


dimanche 17 février 2013

Procès du goupe "Gdaym Izik", le verdict



Le procès des 24 Sahraouis prisonniers politiques après la manifestation pacifique de Gdaim Izik en 2010, s'est terminé aujourd'hui 17 février avec huit condamnations à perpétuité, quatre condamnations à 30 ans de prison, sept condamnations à 25 ans et deux condamnations au temps déjà effectué en prison.

Le procès a duré neuf jours sans interruption et le verdict a été prononcé par la cour martiale aux premières heures ce matin. Les délibérations à huit clos ont duré sept heures.
 Il est probable que le verdict n’a été rendu ce matin que pour éviter les manifestations devant la cour toute la nuit, comme celles qui ont eu lieu toute la semaine.

Le verdict, pas plus que les chefs d’accusation ou la parodie de procès n’ont de réalité. Tout n’est que mise en scène, et l’objectif réel et l’atteinte à la résistance Sahraouie contre l’occupation.

En effet, alors que les détenus politiques Sahraouis ont déjà passés deux ans et trois mois en détention, ont régulièrement nié devant la cour les chefs d'accusations et ont déclaré qu'ils  avaient été torturé dans le but de leurs soustraire des aveux, le juge a refusé d'enquêter sur leurs déclarations.

Les armes présentées comme preuves de la violence des accusés ne portent  aucune trace d'empreintes des détenus. La projection vidéo présentée comme preuve elle aussi, ne permettait d'identifier aucun des accusés.

L'absence d'autopsie sur le corps des victimes et l'absence de tests d'ADN ont été certains des arguments de la défense sur la faiblesse des autres tests.

Et dernière trouvaille, le procureur du roi a présenté, comme nouvelles preuves plus «fortes» contre les accusés, des vieilles photographies de certains des accusés avec le président de la RASD.

La défense a démontré que les vraies raisons et motifs des arrestations des accusés sont leurs convictions politiques mais aucunement  leurs implications dans les incidents du 8 novembre 2010

Les verdicts pour chacun des accusés sont les suivants

Condamnation à perpétuité
SIDAHMED LEMJAYED
ABDELJALIL LEMGHAIMAD
ISMAILI BRAHIM
MOHAMED ELBACHIR BOUTENGUISA
ABDELAHI LEKHFAWNI
ABDELAHI ABHAH
AHMED SBAI
MOHAMED BANI
HASSANA ALEYA

30  ans
NAAMA ASFARI
CHAIKH BANGA
MOHAMED BOURIAL
DAH HASSAN

25  ans
DAICH DAFI
MOHAMED LAMIN HADDI
MOHAMED EMBAREK LEFKIR
MOHAMEDJUNA BABAIT
ELBAKAY LARABI
HOSSEIN ZAOUI
ABDELAHI TAOUBALI

20 ans
BACHIR KHADDA
MOHAMED TAHLIL

Peine du temps déjà effectué
 SIDI ABDERRAHMAN ZAOU
TAKI ELMACHDOUFI

20 ans de prison avec sursis
MOHAMED LAYOUBI

EM, Sahara Occidental occupé
Le 17 février 2013

Procès Gdaym Izik, plaidoiries des juristes



Du 14 au 16 février, la cour a poursuivi ses audiences pour le procès des 24 civils Sahraouis prisonniers politiques du groupe de Gdaim Izik.

Au cours de ces deux jours, plusieurs éléments sont à retenir.

La cour a considéré comme recevable la forme la requête présentée par les avocats de défense de procéder à une expertise médicale pour viol pour quatre détenus Abdeljalil Laaroussi, Daich Daf, Zaoui Hussein et Mohamed El Ayoubi. Néanmoins, après délibération, la demande a été rejetée.

Lors de la lecture des chefs des accusations contre les 24 détenus, il a ajouté que Hassana Aalia était considéré comme fugitif et a demandé que les sanctions lui soient appliquées en fonction des actes qui lui sont attribués.

Le procureur a reconnu qu'il y avait des détenus pour lesquels il n’est pas prouvé qu’ils étaient dans le camp, mais cela n'empêche pas qu'ils ont joué un rôle actif dans la planification de la mise en place du camp.  Ils considèrent ainsi Bolsan le cerveau et l'esprit supérieur de la conception du camp.

Les plaidoiries de défense a commence par Mr Mohamed Lehbib Rguaibi qui a évoqué tous avec le rapport des associations marocain sur Gdaim Izik notamment le paragraphe titré " l'installation et l'organisation  de camp " et qui parle sur les tabous (la situation juridique sur les territoires)
Mr Lahbib a comparé le jugement avec trois procès en Histoire humain dans des trois différents périodes   

Maitre Masoudi a abordé la responsabilité des autorités marocaines dans les événements qui se sont passé à Gdaim izik et dans la ville les jours suivant. Il a souligné que ces autorités n'ont de cesse d'encourager le conflit entre les deux peuples.
Selon lui la cour ne sera pas en mesure de prononcer un verdit équitable, tant qu'il y aura 4 jurés militaires et un juge civil.

Il a confirmé que les chefs d'accusations ne sont pas légaux, conformément à la loi de justice militaire, l'article 56 ayant été violé ainsi que les chapitres 58 et 60 de cette même loi.
Les accusés ont nié tous les accusations, que ce soit devant le juge d'instruction ou le juge de ce procès.

Il y a des témoins qui déclarent  que M. Ennama a été arrêté le 7 novembre, témoignage contraire aux chefs d'accusations où il est stipulé que M. Ennama avait été arrêté le jour des incidents.
En ce qui concerne les chiffres des personnes décédées noté aux chefs d'accusations, il y en aurait 15, mais le procureur a déclaré 9 personnes, c'est encore une violation de la loi.
Le procureur a déclaré que les accusés avaient écrasé des agents des forces publiques, mais sans aucune preuve matériel, où sont les voitures mises en cause? 
« Nous implorons  le tribunal d'abandonner tous les chefs d'accusations » a ajouté Maitre Masoudi .

Maitre Errachedi, avocat de la défense est intervenu au nom de l'AMDH. Il a rappelé que la constitution marocaine est bafouée  devant cette cour parce qu'elle a jugé des civils.
« Tous ceux qui ont cru que les années de plomb sont passées se trompent. »
La responsabilité des assassinats de toutes les personnes, que se soit les agents des forces de l'ordre ou de les civils sahraouis est imputable aux autorités marocaines.
Maitre Errachedi a déclaré que le comité de dialogue a été de bon niveau. Il s’est étonné que M. Ennama Asfari ait pu laisser 5 milles euros, 10 milles dollars et 300 milles dinars algériens dans sa tente  sans aucune surveillance.  Il a donc conclu que soit enaama est fou, soit l’ensemble de l’argument est un mensonge.

Les autorités ont donné la légitimité  au dialogue durant les réunions du comité, comité représentatif des citoyens sahraouis.
Il a rappelé les positions des deux politiciens marocains Abderahaim Baoubaid, ancien secrétaire général de l'UFCP qui a emprisonné parce qu'il avait refusé l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental 1981, et Abrahm Serfati emprisonné aussi pour avoir soutenu la RASD.
Deux autres avocats ont demandé d'innocenter  les accusés tant que la cour n'a pas de preuves et arguments à présenter.

Un avocat représentant le forum de la dignité a déclaré qu'il n'est pas d'accord avec les convictions politiques des accusés mais qu’ils sont innocents. Il a ajouté que le procureur n'a présenté aucun argument. Il a ajouté que le Maroc était arrivé maintenant dans un carrefour et il est observé au microscope. Ce procès est un test qui va permettre de voir la façon dont est traitée l'indépendance et la légitimité du pouvoir judiciaire.
D'autre part, maitre Jaiaf de la défense a déclaré que les accusations du procureur ne sont faites que de généralités sans vraiment de précision sur qui a tué qui.

Maitre Masoudi a abordé la responsabilité des autorités marocaines dans les événements qui se sont passé à Gdaim izik et les incidents qui ont suivi, que ces autorités n'ont de cesse d'encourager le conflit entre les deux peuples.
Selon lui la cour ne sera pas en mesure de prononcer un verdit équitable, tant qu'il y aura 4 jurés militaires et un juge civil.
Il a confirmé que les chefs d'accusations ne sont pas légaux, conformément avec la loi de justice militaire, l'article 56 ayant été violé ainsi que les chapitres 58 et 60 de cette même loi.
Les accusés ont nié tous les accusations, que ce soit devant le juge d'instruction ou le juge de ce procès.
Il y a des témoins qui déclarent  que Mr Ennama a été arrêté le 7 novembre, témoignage contraire aux chefs d'accusations où il est stipulé que Mr Ennama avait été arrêté le jour des incidents.
En ce qui concerne les chiffres des personnes décédées noté aux chefs d'accusations, il y en aurait 15, mais le procureur a déclaré 9 personnes, c'est encore une violation de la loi.
Le procureur a déclaré que les accusés avaient écrasé des agents des forces publiques, mais sans aucune preuve matériel, où sont les voitures mises en cause ? 
Nous implorons  le tribunal d'abandonner tous les chefs d'accusations a ajoute Maitre Masoudi .

Le maitre Errachedi de la défense a assisté au nom de l'AMDH, il a rappelé que la constitution marocaine est bafouée  devant cette cour parce qu'elle a jugé des civiles devant elle.
Tous ceux qui on cru que les années de plomb sont passées  c'est faux.  
La responsabilité des assassinats de toutes les personnes, que se soit les agents des forces de l'ordre ou de les civils sahraouis sont de la faute des autorités.
Ce dernier  a déclaré que le comité de dialogue a été au niveau. Ce qui l'a étonné c'est pour comment Mr Ennama Asfari a pu laisser 5 milles euros, 10 milles dollars et 300 milles dinars algériens dans sa tente  sans aucune surveillance, il n'a pas été volé, est ce qu'a reflète de la folie et des mensonges ? 
Les autorités ont donné la légitimité  au dialogue durant les réunions du comité, comité représentatif des citoyens sahraouis.
Il a démontré  les deux positions des deux politiciens marocain Abderahaim Baoubaid ancien secrétaire général de l'UFCP qui a emprisonné parce qu'il avait refusé l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental 1981 et Abrahm Serfati emprisonné aussi pour avoir soutenu la RASD.
Deux autres avocats ont demandé d'innocenter  les accusés tant que la cour n'a pas de preuves et arguments a présenter.
Un avocat représentant le forum de la dignité a déclaré qu'il n'est pas d'accord avec les convictions des accusés mais ils sont innocents et le procureur n'a pas présentés d'arguments, il a ajouté que le Maroc était arrivé maintenant dans un carrefour et observé au microscope et ce procès est un test qui va permettre de voir la façon dont est traitée l'indépendance et la légitimité du pouvoir judiciaire.
D'autre part, maitre Jaiaf de la défense a déclaré que les accusations du procureur ne sont faites que de généralités sans vraiment de précision sur qui a tué qui.

M. El Masaoudi a réagit aux photos présentées par le procureur général des photos de quelques détenus lors de leurs visites aux campements des réfugiés Sahraouis alors qu’ils sont en tenues militaires. Selon lui, ceci ne constitue pas de preuve ni d’arguments contre ces détenus. Ces photos ne démontrent rien d’autre que leur persistance dans leurs convictions politiques.

Les sahraouis prisonniers politiques ont pu chacun à leur tour pu prendre la parole quelques minutes au cours de ces trois journées.

EM, Sahara Occidenta occupé
le 16 février 2013

jeudi 14 février 2013

Procès des 24 de Gdaym Izik, audience des accusés et témoins



Procès des 24 de Gdaym Izik, audience des accusés et témoins

Le procès des Sahraouis emprisonnés pour des raisons politiques après l’attaque par les autorités marocaines le 8 novembre 2010 du camp de protestation sahraouie dit de « Gdaym Izik » a commencé le 8 février à Rabat devant la cour militaire marocaine, après avoir reporté à 2 reprises. Tous les prisonniers ont dénoncé les chefs d’accusation et démontré leur caractère factice et fabriqué pour la circonstance. Nombreux ont affirmé avoir été régulièrement  torturés et humiliés au court des interrogatoires, au point de craindre d’en mourir.

Le déroulement global et quotidien du procès est rapporté ici, ainsi que quelques particularités de l’intervention de chaque prisonnier politique devant la cour.

Premier jour
Vendredi 8 février, en présence d'une bonne centaine d’observateurs étrangers, la cour martiale marocaine,  à Rabat a commencé le procès des 24 prisonniers politiques sahraouis.
Cette première journée a fixé le cadre général du procès, donnant la parole aux juristes.
Certaines familles ont pu entrer dans le tribunal, d’autres ont été bloquées à l’entrée par les marocains. Les amis des accusés et les activistes ont été interdits d’entrer. Les observateurs internationaux ont eux été admis, qu’ils aient été invités par les autorités marocaines ou qu’ils soutiennent les sahraouis.
Si l’ouverture des portes a été à 9h, les audiences ont commencé à 11h, et fini à 21h avec une interruption de 2 h pour le déjeuner.

Au court de cette journée, le procureur du roi a annoncé qu’il voudrait entendre les témoignages de 9 personnes.
La défense s’y  est opposée à moins que leurs identités ne soient rendues publiques et qu’il soit évident qu’il ne s’agissait pas d’agents à la solde du régime. Le juge a décidé de reporter l’audition de ces témoins à la fin du procès après avoir entendu les accusés, sans préciser si alors il serait exigé que leur identité soit dévoilée.

Une deuxième critique sur la forme a été avancée par les avocats de la défense concernant la compétence du tribunal militaire. En effet la constitution marocaine ne reconnait pas les tribunaux d’exception. La cour a rejeté les arguments de la défense et s’est reconnue compétente au regard l'article 75 au code de la justice militaire. 

Deuxième jour
Le deuxième jour, samedi 9 février, la cour a limité l’entrée des sahraouis à  45 personnes. En signe de protestation contre cette mesure discriminatoire, les familles ont refusé d’entrer sans les militants. Seuls sont finalement entrés 3 représentants de l’ASVDH et 5 du CODESA. Les familles et les autres activistes sont restés devant le tribunal où ils ont manifesté leur mécontentement.

5 prisonniers ont été entendus : Ennama Asfari, Mohamed Tahlil, Hassan Eddah, Bachir Khadda et Abdallahi Toubali.
 La cour a commencé par écouter Ennama Asfari, activiste sahraoui co-président de l’organisation française le  CORELSO.
Celui-ci a parlé du cadre juridique du conflit du Sahara Occidental  et expliqué qu'il avait été arrêté le 7 novembre soit un jour avant l’attaque du campement, et les événements de ce jour-là.
Il a expliqué aussi qu’il avait été maltraité et torturé à plusieurs reprises.
Il a ajouté qu’en tant qu’intellectuel, il était tout à fait en mesure de signer sa déposition et a dénoncé qu’on l’ait forcé à apposer son empreinte digitale en place de signature sur le procès verbal qu’il refusait d’approuver.
Mohamed Tahlil , Hassan Eddah , Bachir Khadda ont tous nié les chefs des accusations. Ils ont rappelé à la cour qu’ils sont des militants connus par leur action de revendication en faveur de l'autodétermination du Sahara Occidental.

Mohamed Tahlil a parlé en Hassanya et demandé la présence d’un traducteur en arabe classique. Une personne a assuré la traduction sans qu’il soit assuré que c’était un traducteur assermenté. Il semblerait que ce soit plutôt un sahraoui intégré dans l’armée marocaine.
Tahlil a affirmé qu’il n'était jamais entré dans le campement de Gdaym Izik, et qu’il n’avait pas non plus participé à la création du camp. Il a été arrêté avec les deux autres dans un café à El Aaiun, le 5 décembre 2010, soit près d’un mois après le démantèlement du campement.

Abdallahi Toubali, membre de comité de dialogue au campement de Gdaim Izik a expliqué pour sa part que la marginalisation des sahraouis et les pillages de leurs ressources naturelles ont été la base de la création de Gdaim Izik . Il a nié les chefs d’accusations, et accusé les autorités d'occupation de l’avoir enlevé. Il a demandé à ce que soit entendu le témoignage de Mm Gajmoula Mint Abbi, une parlementaire qui lui a rendu visite le 7 novembre 2010. Il avait été ce jour là, soit la veille de l’intervention marocaine sur le camps, gravement blessé dans un accident avec une voiture de la police marocaine qui l’avait écrasé.

Troisième jour
Dimanche 10 février, la cour a repris en écoutant le prisonnier Ettaqui Lmachdoufi qui a expliqué que le camp de gdaim Izik était la preuve du refus des Sahraouis de l'occupation du Maroc. Lamin Haddi, Brahim El Ismaili, Banga Chaikh, Lmjayed Sid Ahmed, El Ayoubi Mohamed ont été entendus ensuite.

Pour sa part, le prisonnier politique Mohamed Lamin Haddi s’est dit surpris par les faits qui lui ont été imputées et a nié la totalité des accusations portées à son encontre.
« Oui, on peut mourir pour arrêter l'injustice contre notre peuple » a-t’il affirmé.
Au début de son intervention, il a souligné que sa santé ne lui permettrait pas de parler longuement.
Il s’est présenté comme un militant pour l'indépendance du Sahara Occidental, et a affirmé que les autorités marocaines avait commencé leur harcèlement contre lui parce qu’il avait participé avec 71 autres personnes à un colloque international en Algérie sur « le droit des peuples à la résistance », qui avait eu lieu en septembre 2010 .
M. Haddi a affirmé que son refus de chanter l'hymne nationale marocain ou de prononcer «  vive le roi » lui avait valu d’être davantage torturé par les militaires marocains que lors du début des interrogatoires.

Brahim el Ismaili a dit qu’il avait avant cette fois déjà subi une arrestation par enlèvement.  En 1987 il avait été enlevé et avait passé plus de 8 mois dans un bagne secret à El Aaiun.
Il a rappelé la légalité internationale, et les décisions des Nations Unies  concernant le conflit du Sahara Occidental.
Il ajouté que les crimes commis par le Maroc contre les populations sahraouies n'ont jamais cessés depuis 1975,  et souligné que les renforts de sécurité et paramilitaires qui sont arrivés actuellement dans les villes du Sahara Occidental prédisent l'intention des autorités de commettre de nouvelles violences. M. Ismaili a salué le peuple sahraoui pour sa solidarité avec eux tous.

La quatrième intervention est celle de Banga Chaikh. Le jeune homme a d’abord commencé par évoquer devant la cour le fond du conflit lié à la décolonisation et le droit de son peuple à l'autodétermination. Il a cité les déclarations du penseur American Noam Chomsky,  qui avait affirmé que le printemps arabe avait commencé à Gdaim Izik.
Il a rappelé avoir été arrêté le 8 novembre 2010 au sein du camp de Gdaim Izik alors qu’il avait  apporté des médicaments pour sa tante installée là. Il a affirmé avoir été ensuite transporté au siège de la gendarmerie où il avait subi la torture morale et physique.
Il a expliqué aussi que chaque ville du Sahara Occidental exprime d'elle-même la non souveraineté du Maroc sur ce territoire. Les voitures des Nations Unies et autres organisations étrangères prouvent cette vérité par leurs présences dans les rues, malgré la fausse propagande du pays colonisateur.

Lmjayed Sid Ahmed s’est présenté comme président de CSPRON, un comité qui de surveillance du pillage des ressources naturelles  du Sahara Occidental. Ce comité milite aussi pour l'autodétermination et le respect des droits de l’homme, et publie des rapports réguliers sur le pillage et les violations des droits de l'homme.
Il a rappelé qu’il a participé à des colloques et conférences en Europe et Algérie et qu’il est connu pour ses activités politiques.
Il dénonce avoir été enlevé par des agents en civil et avoir subi la torture lors des interrogatoires. Il a nié toutes les accusations, et affirmé n’avoir jamais incité les jeunes à se déplacer vers le campements de Gdaym Izik.

M. El Ayoubi Mohamed, 60 ans, peut à peine marcher, mais a refusé l'assistance des gendarmes, les traitants d'assassins.
Ensuite il s'est déshabillé pour que les juges puissent constater les traces des tortures sur son corps. Puis il a demandé à la cour comment un homme souffrant de maladies chroniques et n'ayant pas le permis, ni de voiture pouvait écraser des personnes. Il s'est ensuite expliqué sur les raisons qui l'avaient poussé à se déplacer avec des milliers d'autres Sahraouis en dehors de El Aaiun : le pillage des ressources naturelles et la marginalisation mais aussi l'entrave du peuple sahraoui à son droit à l'autodétermination.

Quatrième jour
Le 11 février 2013, la cour martiale de Rabat a poursuivi son audition des prisonniers politiques sahraouis et a écouté Mohamed Khona Babait, Lkhfaouni Abdellah, El Bakai Laarabi, Lafkir Mohamed M'barek, Abderahman Zayou, Sidi Abdellah Abahah, Mohamed Bachir Boutngiza.

L’accusé M. Mohamed Khona Babait est entré dans la salle en chantant des slogans en faveur de l'autodétermination et de l'indépendance du Sahara Occidental.
Cette fois et contrairement à ce qui s’était passé la veille, le juge a interrompu plusieurs fois l’accusé pour lui demander de rester dans le contexte  et de répondre aux questions concernant les chefs d'accusation.
Le prisonnier Lkhfaouni Abdellah a nié les chefs d'accusation et accusé les services marocains de l’avoir torturé et humilié durant la garde à vue et dans l'avion.
Il a expliqué qu'il est un ancien « disparu », enfermé toute l’année de 1994 dans un centre secret à El Aaiun et qu’il avait été arrêté en 1995 après avoir participé dans une manifestation à Boujdour.
Il a ajouté qu’il avait été arrêté en 1998 quand il avait essayé de rejoindre les camps des refugiés sahraouis.
A la question  de savoir pourquoi il avait empêché le gouverneur de El Aaiun  d'entrer dans le camp de Gdaim Izik, Il a déclaré qu’il avait suivi les consignes, parce qu’il était un participant au camp et pas dirigeant. Il a ajouté qu'il avait été arrêté avec une journaliste espagnole (Erena Calvo) au barrage de la gendarmerie prés du camp.
Le juge l’a interrompu plusieurs fois, ce qui a entrainé des protestations de la défense. La décision du juge d’une interruption de 2h de l’audience pour la pause repas a écourté l’intervention de Lkhfaouni Abdellah.

Deux autres prisonniers, El Bakai Laarabi et Lafkir Mohamed M'barek ont également nié les accusations et expliqué les circonstances de leur arrestation.

M. Lafkir a affirmé être militant pour l'indépendance du Sahara Occidental, et n’avoir jamais usé de violence pour cela.
Il a expliqué comment les autorités d'occupation avaient construit un mur pour encercler le camp de Gdaym Izik, le comparant au mur de Berlin. Il a dénoncé la torture et les humiliations que lui avaient fait subir les policiers et militaires marocains. Ceux-ci lui ont arraché la barbe, les ongles de pieds, et ont uriné sur lui.

El Bakai a été arrêté le 9 septembre 2012 à Dakhla alors qu’il travaillait dans le transport clandestin. Reconnu comme membre du comité de dialogue du campement de Gdaym Izik, Il a été transporté à El Aaiun où il a subi la torture. Il a ensuite été incarcéré à Salé avec les autres prisonniers pour sa position politique.

Abderahman Zayou est un fonctionnaire. Il a affirmé aimer la paix et dénoncer la violence. Il est militant associatif, et a dit que son arrestation était liée à sa déclaration à la chaine internationale Al Jazeera. Il a affirmé avoir été torturé lui aussi et nié tous accusations. Il a répété que l'Etat sahraoui est la solution.

Mohamed Bachir Boutngiza est lui aussi entré la salle en criant des slogans politiques. Il a commencé par expliquer l'histoire de son engagement politique. Il a rappelé avoir été arrêté en 1992 et avoir passé 8 mois dans un bagne secret a El Aaiun.
Il a été  forcé d'immigrer hors de El Aaiun parce qu’un faux dossier avait été fabriqué par la police l’accusant d’être lié à la drogue. Malgré que le Sahara Occidental soit un pays riche, il a immigré clandestinement au bord d'un petit bateau. Il a toujours été actif et a participé à de nombreuses manifestations contre l'occupation marocaine.
Il a affirmé avoir été violé à la bouteille après son arrestation par le divisionnaire Hamid Bahri qui l’accusait d’avoir tué un soldat et d’avoir uriné sur lui.
M. Boutngiza  a nié les accusations portée contre lui et a affirmé être prêt à être confronté aux vidéos et à répondre à toutes les questions. Il a fini son intervention par " l'état sahraoui est la solution".

Sidi Abdellah Abahah a lui salué l'AMDH, le parti politique « la voie démocratique » et tous les honorables marocains, observateurs, les solidaires avec la cause sahraouis venus assister au procès.
Selon lui le Maroc a envoyé plus de 180.000 marocains dans les villes du Sahara Occidental et les a  parqué pendant des dizaines d’année dans des campements autour des villes des territoires occupés pour fausser le referendum, sans leur laisser de réelles possibilités de mouvement ou d’évolution.
Il a fait un parallèle entre cette pratique du régime marocain et l’accusation portée à leur encontre d’avoir séquestré des citoyens venus volontairement et de plus en plus nombreux dans le campements de Gdaym Izik pour protester contre l'occupation.

Cinquième jour
Mardi 12 février 2013, la cour a entendu Ahmed Sbaai, Daich Dafi, Abdeljalil Laaroussi¸ Mohamed Bani, Hussein Zaoui, Mohamed Bourial. Puis 5 témoins sahraouis, et 1 des 9 témoins marocains prévus.

Ahmed Sbaai s'était pour commencer son intervention, a déclaré que durant les séances d'interrogatoire, les enquêteurs lui avaient posé des questions sur d’autres sujets que sur les incidents de Gdaim Izik, sur ses actions et activités politiques.
Il souffre d'une maladie cardiaque et a affirmé s’être évanoui à plusieurs reprises durant l'enquête. Un médecin de l'hôpital avait fini par demander qu’on cesse de le torturer.
Selon lui, les conditions étaient à tel point difficiles et douloureuses, qu’il pensait à cette période qu’il allait mourir et devenir martyr de la cause.
A la question du juge sur ses liens avec Hassana Alaia, M. Sbaai a répondu que c’était un collègue militant comme lui, et a critiqué les contradictions de la police marocaine qui sachant M. Alaia impliqué dans la manifestation de Gdaym Izik, l’avait arrêté, puis libéré au bout de 3 jours et laissé partir pour l'Espagne.

Daich Dafi ,membre de comité de dialogue, est lui aussi est entré dans la salle d'audience en chantant des slogans pour l'autodétermination et l'indépendance du Sahara Occidental.
Il s’est présenté comme un activiste associatif et sportif.
Pour lui, la violente attaque du campement le 8 novembre est une trahison et une mise en œuvre des mensonges marocains. Selon ses explications, le général Abdelaziz Benani, chef d'état major, leur avait promis 2700 postes de fonctionnaires, et cela devant les trois gouverneurs qui représentent  le ministre de l'intérieur marocain. Ils avaient ainsi donné l’illusion que les revendications sociales sahraouies étaient entendues, alors que dans les faits c’est tout le contraire.
Dafi a déclaré avoir été violé avec un outil tranchant  durant les interrogatoires. Il a montré les traces de torture sur son visage. Cette violence n’a pas entamé sa détermination et il a répété des slogans politiques.

Abdeljalil Laaroussi , directeur de sécurité au campement, a lui aussi dénoncé avoir été violé avec un objet tranchant durant son interrogatoire. Il a expliqué le but du campement et pourquoi les habitants sahraouis avaient  décidé de se déplacer. Il a dit que les deux raisons en étaient la revendication du respect de l'autodétermination de son peuple, et l’opposition au pillage de ressources naturelles de leur territoire.
Les questions du juge ont porté sur sa responsabilité réelle comme chef de la sécurité du campement, sur ses relations avec le Polisario. Il lui a demandé si son chef était Boulsan.

Mohamed Bani, a dit qu'il est né en 1969. Il a fui avec le peuple sahraoui pour l'exil des campements de réfugiés du sud ouest algérien en 1975. Il a étudié à l'école du 9 juin (date de la mort du martyr El Wali, fondateur du front Polisario). Il a rejoint l'armée de libération sahraouie qui lui enseigné des solides valeurs morales, et il ne peut donc avoir tué quiconque, contrairement à ce qui lui est reproché.
Il était au moment des faits fonctionnaire au ministère de l'équipement marocain et affirme qu’il ne s'est jamais absenté de son travail.
Une attestation signée par son directeur régional confirme qu'il était sur son lieu de travail jusqu'au 5 novembre 2010. Le procureur s'est opposé à l’argument en le qualifiant de sans importance.

Hussein Zaoui, a commencé son intervention en saluant l'AMDH et toutes les personnes solidaires avec la cause des sahraouis. Il a ajouté qu'il était membre du comité de dialogue, et qu'il avait donc participé aux négociations avec les autorités marocaines représentée par des hauts responsables.
Le ministre de l'intérieur et trois gouverneurs ont assisté à ces négociations qui été dirigées par le dénommé Ilias El Ammari, ce dernier se présentant comme délégué des organes suprêmes (c'est-à-dire le roi et ses amis)
M. Zaoui a déclaré qu'il avait subi des tentatives de corruption mais avait refusé toutes les propositions. Il a ajouté qu'il avait subi le viol et les tortures à un point qu’il avait du être transporté plusieurs fois à l'hôpital. Il a fini son témoignage en clamant des slogans pour l'autodétermination du peuple sahraoui.

Mohamed Bourial, lui aussi  membre du comité de dialogue au camp de Gdaim Izik a parlé le dernier pour le groupe des prisonniers. Il a interrogé la cour de la raison pour laquelle une enquête n'avait pas été ouverte suite à l'assassinat du jeune Ennajem Lgarhi, ce jeune sahraoui tué par l'armée marocaine.
Il a également confirmé que Ilias El Amari était présent comme représentant du palais aux séances de dialogue et négociations, assisté par le ministre de l'intérieur marocain, démontrant ainsi la duplicité de la parole de l’Etat marocain. Il a nié tous les chefs d'accusations et clamé des slogans en faveur de l'autodétermination.

Cinquième jour, l’audition des témoins
La Cour est entrée ensuite dans une autre phase, l'écoute de témoignages.
5 sahraouis - Dalil Lahsen, Mohamed et Bachir Salmani , Bachir Belgasem, Abhaou Mohamed- ont expliqué ce qui s'est passé le 8 novembre 2010. Ils ont également réfuté toute implication des prisonniers présents dans le tribunal et nié les allégations des chefs d'accusations.

Selon Dalil Lahsen l'un des témoins, les sahraouis avaient décidé de se déplacer  pour des raisons sociales, le campement était bien organisé et sécurisé aussi.
 Il a expliqué comment les agents de sécurité du camp avaient éloigné toutes les personnes qui étaient arrêtées en possession de drogue ou qui étaient susceptibles de commettre des actes de violence ou des agressions.
Il a assuré être un homme de classe moyenne, et donc ne pas être concerné par les revendications sociales, mais il a admiré la gestion du camp. Selon lui, personne ne s’attendait à une intervention de démantèlement du camp par la force.  Il a visité le camp deux fois, afin « de profiter de la liberté de vivre les traditions Sahraouies ».

Mohamed Salmani et son frère Bachir ont expliqué comment les forces de police ont saccagé leur maison et ont arrêté Ennama Asfari le 7 novembre 2010.

Abhaou Mohamed  a affirmé que le jour de l'intervention militaire marocaine contre le camp, il était avec le prisonnier Zayou Abderahman dans une maison sur le  boulevard de Tan-Tan à El Aaiun. 
Et à la question  « est ce que Zayou  a donné ordres à ses collègues du comité sahraouis pour casser le blocus imposer contre le campement  en utilisant la violence contre les forces de l'ordre », il a répondu par la négative. Il a affirmé : « Nous les sahraouis détestons la violence,  que ce soit contre les forces de l'ordre, ou contre quiconque».

Le juge a ensuite appelé les témoins marocains.
Il a commencé par écouter M. Radouan Lhalaoui, agent de la protection civile.
Celui ci a déclaré qu'il avait accompagné le chauffeur d'une ambulance allant au  camp le jour de l'intervention. Ils ont transporté 8 ou 9 soldats blessés vers l'hôpital militaire, et l'ambulance a été encerclée par des hommes enturbannés qui n’ont eu aucun geste de violence envers eux.
Il a ajouté n’avoir jamais vu de personnes mortes, ni de sahraouis attaquant les forces de l'ordre. Il a aussi affirmé ne reconnaître aucun des sahraouis présents dans la salle.

Le juge a exprimé sa volonté de continuer à auditionner le témoin mais la défense s'y est opposée. Le témoin ne reconnaissant pas les prévenus, l’audition d’avait plus lieu d’être.

Le juge a alors décidé de ne pas poursuivre l'audition et d'annuler celles des 8 autres témoins marocains. Il a suspendu l'audience jusqu'au lendemain.

La journée de jeudi 14 février sera consacrée aux plaidoiries des avocats et du procureur du roi. Après délibération des jurés, le verdict est attendu pour vendredi 15 février.
Ces deux jours feront l’objet de nouveaux articles.

EM, Sahara Occidental, territoires occupés
Le 13 février 2013

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